CETT +, CR
OBSERVATION VIII (Professeur DANIEL, I. FLORIAN et Mircea IONESCO). — Néphrite aiguë urémigène après transfusion sanguine entre individus compatibles. (Société Roumaine d'Hématologie, 25 mai 1932 : Le Sang, n° 8, 1932, p. 937).
Une femme âgée de 34 ans entre, le 22 novembre 1931, à la Clinique gynécologique du Professeur DANIEL, pour métrorragies ayant déterminé une anémie importante.
On ne note rien dans ses antécédents héréditaires.
Dans ses antécédents personnels, elle a eu, trois ans auparavant, une bronchite à la suite de laquelle sont survenues trois crises d'asthme.
Il y a deux ans, la malade a commencé à avoir de légères hémorragies vaginales qui sont devenues plus abondantes depuis quelques mois. L'examen révèle l'existence d’un fibrome du corps de l’utérus de la taille d’une gestation de trois mois et demi.
La température est de 37°2, le pouls à 80-90.
La tension artérielle (Vaquez) est de 13-8.
A l'examen du sang, on trouve :
Globules rouges : 2.000.000.
Globules blancs : 6.250.
Hémoglobine : 40 0/0.
Valeur globulaire : 0,90.
Temps de saignement : 2 minutes.
Temps de coagulation : 8 minutes.
Le Wassermann est négatif.
L’urée sanguine est de 0,36.
Les urines sont normales.
Devant cette anémie intense, on décide de faire une transfusion. On choisit un donneur et on recherche la compatibilité des sangs par l’épreuve directe.
Les sangs sont parfaitement compatibles.
Le 26 novembre, on pratique une transfusion de 200 cmc. à l’aide de la seringue de Jubé. La malade est agi-
AN
tée, pâlit, accuse de la céphalée. Au bout de dix minutes surviennent des vomissements, des frissons.
Le pouls est accéléré à 120. La malade a des tendances au collapsus, mais une amélioration se produit, grâce à l'injection d’adrénaline et de caféine, inhalations d’oxygène.
Les jours suivants, l’intolérance gastrique est complète.
La malade est oligurique.
La quantité d’urines émises en 24 heures est de 175 à 200 cmc.
Le 2 décembre, les vomissements cessent, mais l’oligurie persiste.
Les urines contiennent 1 gramme d’albumine avec de rares cellules rénales, de rares hématies.
On ne trouve ni cylindres, ni sédiment, jamais d’hémoglobinurie.
L’urée sanguine est de 3 grammes.
On fait des ventouses scarifiées dans la région lombaire.
On pratique des injections de scillorène et de sérum chloruré hyperionique à 20 %.
Le 5 décembre, la malade est transportée à la clinique médicale du Professeur Nanu MUuscEL.
On refait les épreuves de compatibilité avec le donneur. La compatibitité se montre parfaite.
L’urée sanguine est toujours de 3 gr. 68.
Les urines ont le même aspect.
La réserve alcaline est abaissée : 40 D.
Le 8 décembre survient une maladie du sérum typique (12 jours après la transfusion), la température s'élève, la malade se plaint d’arthralgies.
Des éruptions papulo-urticariennes sont observées.
Le 10 décembre, brusquement, la diurèse se rétablit, la malade urine 1.000 srammes en 24 heures et 1.500 cmc. les jours suivants.
ME
L’urée sanguine diminue.
Le 21 décembre, l’urée sanguine est de de 1 gr. 51.
Une amélioration notable se produit.
Le 23 décembre, la malade atteinte d’un érysipèle de la face quitte le service.
Le 18 janvier 1932, la femme revient, elle est encore asthénique, a des vomissements fréquents.
L’urée sanguine est de 0 gr. 66.
L’urine contient des traces d’albumine.
A l’examen, le fibrome est réduit à la taille d’une gestation de cinq semaines.
L'examen du sang montre :
Globules rouges : 2.450.000.
Globules blancs : 8.500.
Hémoglobine : 40 %.
Valeur globulaire : 0,91.
Donc il s’agit :
1° Incompatibilité entre individus du même groupe;
2° Urémie aiguë précoce et maladie du sérum tardive;
3° Impossibilité de prévoir les accidents, les sujets n’avaient reçu, auparavant, aucune injection de sérum ni de sang.
Intérêt pratique. — Avant de pratiquer la transfusion désensibiliser le malade par le procédé de Besredka, en faisant précéder la pransfusion d’une petite injection de 20 à 80 cc.
Cesser la diffusion si le receveur accuse de la céphalée.
OBSERVATION IX (J. BORDLEY). — Anémie et urémie consécutives à la transfusion du sang (Archives of Internal Médicine, tome 47, 1931).
Une femme âgée de 46 ans est admise à l’hôpital le 1° avril 1929, se plaignant de faiblesses, pertes de forces, insomnie.
SHA6 0e
Dans ses antécédents, aucune maladie sérieuse pouvant faire prévoir une atteinte rénale. Cinq enfants bien portants. Après la naissance du cinquième, elle avait eu une modification de ses règles, devenues plus abondantes durant plusieurs jours. Ses forces avaient diminué, pàleur progressive, agitation, palpitations, dyspnée, perte de poids en deux ans de 22 kilos : de 68 kgs à 45 k. 400.
À l’examen : maigreur, pâleur intense des téguments et des muqueuses.
Cœur augmenté de volume à la percussion, choc apexien nettement visible. Souffle systolique à maximum dans la région de l'artère pulmonaire.
Pouls plein : 100. Tension artérielle : 10,5 — 4,5.
Rate augmentée de volume, dépassant le rebord costal de 4 à 5 cm.
Reins facilement palpables.
Leucorrhée jaunâtre, fétide, abondante. Utérus un peu gros.
Léger œdème des malléoles.
Urines acides contenant de l’albumine et des leucocytes.
À l'examen du sang :
Hémoglobine : 20 %.
Globules rouges : 1.800.000.
Globules blancs : 5.000.
Formule normale.
Poikilocytose marquée.
0,6 & réticulocytes.