AT
L'étude du chimisme gastrique montre qu’il n'existe pas d’acide chlorydrique libre après injection d’histamine.
Un examen radiologique de l'appareil gastro-intestinal et du thorax ne montre rien.
On porte le diagnostic d’anémie en rapport avec les pertes de sang utérines. Pour préparer la malade à un curetage et à une laparotomie éventuelle, on voulut pratiquer une transfusion.
La malade et le donneur choisi étaient classés par le laboratoire comme appartenant au groupe II. L'examen direct des sangs n’a pas montré d’agglutination au bout de deux heures.
(Après la transfusion, on trouva que, après deux heures; les globules du donneur montraient une légère agglutination dans le sérum du receveur. En recherchant les groupes, on trouva que si le donneur était bien du groupe II, le receveur était du groupe IV).
On employa pour la transfusion du sang frais citraté.
Le 5 avril dans l’après-midi, on pratique la transfusion.
Réactions immédiates :
La transfusion était contrôlée par une seringue de 20 ce. et faite avec lenteur.
Pendant l'injection des premiers 20 cc. il y a une brusque chute du pouls de 90 à 70.
La malade se plaint de chaleur de la face. On attend 5 minutes.
Puis, on injecte les deuxièmes 20 cc.; le pouls qui battait de nouveau à 90 retombe à 70.
La malade se plaint de céphalée intense, rougeur de la face, dyspnée, état nauséeux bientôt suivi de vomissements.
Tension artérielle : 12 — 6.
On arrête la transfusion.
UE
Au bout dune cemi-heure, a malade se seni mieux On recommence la transfusion.
On injecte en cinq minutes les troisièmes 20 cc.
Le pouls tombe de 90 à 60. Pas d’autres symptômes.
Tension artérielle : 12-6.
On arrête 5 minutes, puis on injecte les quatrièmes 20 cc.
Le pouls tombe de 90 à 70.
À peine 10 cc. de la cinquième seringue ont-ils été injectés que, soudain, la malade se plaint de douleurs lombaires, céphalées, nausées, faiblesse, dyspnée; elle se cyanose, le pouls s’accélère.
La transfusion est arrêtée à 16 h. 30, après une injection de 90 cc.
À 16 h. 45, violent frisson. La malade a une selle involontaire. Température : 38°8; pouls: 128; respiration :
À 17 h. 115, le frisson se termine. La malade est très cyanosée, sa respiration est rapide.
On note un saignement notable au niveau des piqüres, aux bras.
À 17 h. 30, température : 40°; pouls : 142; respiration : 38.
À 18 heures, température : 40°1.
A 19 heures, température : 40°; pouls : 118: respiration : 28.
On observe un léger saignement vaginal (les règles devaient survenir 7 jours après).
Après une nuit de sommeil, amélioration.
Le 6 avril, à 5 heures : émission de 100 cc. d’urines, couleur de café, contenant de l’hémoglobine, de l’albumine et quelques globules rouges.
À 6 heures. température : 38°2: pouls : 98; respiration : 22.
À 8 heures, émission de 100 cc. d’urines brun foncé,
À 12 heures : nausées, vomissements.
En
en A9 ——
À 17 heures : 25 cc. d’urines foncées. Température : 38°8.
Amélioration, la malade mange un peu.
Réactions plus tardives :
Les 7, 8 et 9 avril, la malade semble se remettre, l’hémoglobinurie avait disparue.
Le 7 et le 9 avril, on pratique deux transfusions de sang citraté du groupe IV, 550 et 500 cc. suivies de légères réactions (dues au citrate).
Le 7 et le 8, mictions peu abondantes qui n’ont pas été recueillies.
Le 9 avril, dans l’après-midi, vers 16 heures, malaise, angoisse.
Le 10 avril, l'agitation est plus marquée. La nuit, elle entretient une conversation qu’elle ne se rappelle plus le lendemain.
Le 11 avril, elle semble délirer. Sensation de mort imminente.
Le 12 avril, à 16 heures (c’est-à-dire huit jours après la transfusion, convulsions généralisées, durant un quart d'heure. Elle tombe dans un état de semi-coma, dans la soirée, le coma devient complet. Convulsions généralisées fréquentes.
À 19 heures, apparition de taches purpuriques sur les deux bras, hémorragie du fond de l’œil, à droite. Quelques heures plus tard, une fine éruption pétéchiale est notée à la base du nez.
Temps de saignement et de coagulation normaux.
Rétraction du caillot normale.
Plaquettes : 110.000.
Réaction de Van den Berg : négative.
Urée sanguine : 1 gr. 32 par litre.
Le 13 avril, de bonne heure, la malade reprend conscience.
Les urines contiennent quelques traces d’albumine et quelques globules rouges,
LÉGENDRE À
te
La diurèse reprend.
Le 14 avril, diurèse : 5.000 cc. en 48 heure. À mesure que la diurèse augmente, la femme devient plus lucide.
L’urée sanguine diminue.
Le 15 avril, urée sanguine : 1 gr.
Le 16 avril, à l'examen du sang :
Urée : 0 gr. 80 par litre.
Acide urique : 5 mmgr. 4 %. Créatinine : 2 mmgr. p. 100 cc.
Réserve alcaline : 49,4 %.
Phosphore : 7 mmgr. 5.
Le 20 avril, urée sanguine : 0 gr. 20 par litre. Le 23 avril, formule sanguine normale.
Le 25 avril, la guérison semble complète.
Le 9 mai, la malade semble dans d’excellentes conditions pour être opérée.
Le curettage ramène un polype du col.
Le diagnostic gynécologique est : polype bénin du col avec endocervicite.
Le 15 mai, la femme sort de l'hôpital.
L’urée sanguine est de : 0 gr. 30 par litre.
L’élimination de la phtaléine est de 50 % en deux heures.
Les urines sont normales.
Tension artérielle : 13,5-8.
La femme revient à plusieurs reprises à l'hôpital. Le 1* juillet, elle semblait en excellent état. Augmentation de poids de 9 kilos.
Formule sanguine, élimination de la phtaléine, urée sanguine absolument normale.
OBSERVATION X (J. BORDLEY). —— Anurie et urémie
après une transfusion sanguine (Archives Of Internal Medicine, t. 47, 1931).
Un homme de 52 ans, malade depuis trois ans, est ad-
mis àl’hôpital en juillet 1922 avec une anémie pernicieuse.
L'examen du sang révèle :
Globules rouges : 1.200.00.
Hémoglobines : 32 %.
Globules blancs : 5.200.
Les urines sont normales, l’examen de la phtaléine montre une excrétion de 57 % en 2 heures. Le sang est du groupe 4.
On pratique 5 transfusions avec un donneur du groupe 4, on constate une amélioration :
Globules rouges : 4.000.000.
Hémoglobine : 60 %.
Globules blancs : 8.000.
Le 26 janvier 1923, il revient à l’hôpital.
Le 28 janvier, on pratique une transfusion de 500 cc. de sang citraté.
Une demi-heure après, le malade a un léger frisson. Une heure après, la température est à 38°. Deux heures après, la température est à 40°. Trois heures après, la température atteint 41,5. Le malade a des nausées péni- , bles et vomit. Au bout de 4 heures, la température est à 40°, les bruits du cœur sont faibles et irréguliers.
Elimination de la phtaléine : 42 %.
La tension artérielle ne peut être prise, le pouls est imperceptible.
Le 31 janvier, le malade est ictérique.
Miction de 275 cc. la première depuis la transfusion.
Urée sanguine : 1,25 par litre.
Créatinine : 5 mmgr. pour 100 cc.
Les urines rouges contienent des globules rouges, des cylindres, de l’albumine et une grande quantité d’urobiline.
Le 1* février, une éruption purpurique apparaît sur les bras et les jambes, phtaleïne : 10 %.
Le 2 février, une amélioration se produit, l’ictère est moins intense, l’éruption est légèrement surélevée et ne pâlit pas à la pression. Elle est composée de pétéchies.
L’urée sanguine est de 1,42 par litre.
Créatinine : 5 mmgr. pour 100.
Le 3 février, le malade est faible, nauséeux, mais n’a plus de vomissement depuis le 31 janvier.
Urée sanguine : ‘1,50.
L’anorexie est absolue, l’éruption s’est étendue, elle est presque confluente à la face interne des mollets et de lavant-bras droit.
L’abdomen et le thorax sont parsemés de pétéchies.
Il existe une épistaxis légère, mais pas d’autres hémorragies.
Le 4 février, élimination de la phtaleïne : 32 %.
Créatinine : 2 mmgr. %.
Le 5 février, on constate une amélioration : les nausées ont diminué, l’ictère pâlit et l’éruption s’atténue. Urée sanguine : 1 gr. 10.
Créatinine : 2 mmgr. 2.
Le 6 février, le malade rentre chez lui.
Urée sanguine : 0 gr. 60.
Créatinine : 1 mmgr. 2.
Phtaleine : 30 %.
Le 15 février, 15 jours après la dernière transfusion,
on constate que le malade est du groupe 2.
Urée sanguine : 0 gr. 32 par litre.
Créatinine : 1 mmgr. 2 %.
Phtaleïne : 42 %.
On lui fit 5 transfusions avec du sang du groupe 2. Certaines furent suivies de légères réactions et d’autres d'aucun symptômes.
Le malade mourut le 10 avril 1924, après une transfu-
sion de 250 cc. du groupe 2, dont on avait cherché l’incompatibilité.
Do
Somme toute, ce malade n’a toujours reçu que du sang d’un donneur uiversel ou de son propre groupe. Il a manifesté, à partir de la troisième transfusion, une néphrite caractérisée par l’urée sanguine élevée, une diminution de l’excrétion de la phtaleïine, une légère élévation de la tension artérielle.
Il ne s’agit pas là d’un accident dû à une incompatibilité véritable, mais ne s’agit-il pas plutôt d'accidents dûs à l’hémonocivité.
Ne s’agit-il pas là d’une intolérance acquise à des sangs d’abord bien tolérés. Il n’est pas question de changement de groupe, mais d’intolérance acquise.
OBSERVATION XI (KONEN). — La néphrite anaphylactique (Thèse de Paris, 1931).
Il s’agit d’une femme âgée de 26 ans, il n’y a rien à noter dans ses antécédents, a fait une typhoïde sans séquelles.
Elle était en bonne santé quand, le 23 mars, elle présente des symptômes de rupture de grossesse extrautérine.
Après l’intervention, la malade étant choquée, on pratique une transfusion de 200 cc. avec un donneur du groupe IV, qui était le père de la malade.
On n’observe aucune réaction immédiate, a fait une ascension thermique à 39°, 39°8.
Le 25 mars, on note une dyspnée assez intense et l’auscultation révèle de nombreux râles dans les deux champs pulmonaires.
La tension artérielle n’est pas élevée : 11 — 5.
On fait à la malade de l’ouabaïne et de l’huile camphrée.
Le 29 mars, 5 jours après l'intervention, on constate l'apparition sur la face d’une éruption s’étendant à tout le corps.
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Les urines sont peu abondantes, 100 à 150 cc. par 24 heures, de couleur foncée, contiennent de l’albumine.
La malade vomit fréquemment.
Le 30 mars, l’urée sanguine atteint 4 gr. 30. On ne constate pas de symptômes nerveux d’azotémie; mais les vomissements et l’urticaire persistent.
Le 31 mars, on constate une amélioration. Les urines sont plus abondantes, mais les vomissements sont encore fréquents.
À partir de ce jour, la diurèse se déclenche :
Le 1* avril, la quantité d’urines est de 380 cc.
Le 2 avril, de 680 cc.
Le 3 avril, de 1.350 cc.
Le 5 avril,, de 2.250 cc.
Le 7 avril, de 3.000 ce. et se maintient à partir de ce jour entre 1.350 et 1.750 cc.
Le 8 avril, les vomissements qui avaient diminué cessent complètement.
Les crises urticariennes continuent encore pendant quelques jours.
Le 9 avril, l’état général est meilleur, et pourtant l’urée est élevée à 5 gr. 30.
Le 10 avril, l'examen microscopique des urines après centrifugation donne :
10 à 12 leucocytes par champ, Quelques hématies,
Quelques cellules rénales,
Quelques cylindres hyalins.
De nombreuses cellules hépithéliales.
Le 13 avril, l’urée sanguine a un peu diminué : 3 gr. 10.
Le 16 avril, l’urée sanguine est de 1 gr. 85.
Le 21 avril, elle est presque normale à 0 gr. 49.
Le 22 avril, l'examen microscopique des urines après centrifugation montre :
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Quelques leucocytes,
Pas d’hématies,
Pas de cylindres,
D’assez nombreuses cellules épithéliales.
Les éruptions disparaissent complètement, les urines contiennent quelques traces d’albumine.
En résumé : la guérison est complète.
Cette malade a présenté, peu de temps après la transfusion sanguine une oligurie d’une durée de huit jours, accompagnée d’æœdème pulmonaire, qui a rétrocédé rapidement, suivi d’un œdème généralisé de la muqueuse buccale et de la face, suivi d’urticaire généralisé qui dura jusqu’à la fin de la maladie. Les vomissements ne cessèrent que lorsque la diurèse se rétablit.
La guérison fut parfaite sans qu’on puisse constater par la suite la moindre débilité rénale.
OBSERVATION XII (Wrrrs). — Réaction fatale consécutive à une transfusion (The Lancet, I., 1927, 22 juin 1929).
Une femme de 29 ans présentait, depuis la naissance de deux jumeaux survenue deux ans auparavant, une anémie progressive. L'accouchement avait été normal, sans hémorragie. Depuis, elle se plaignait de dyspnée, de vertiges. Pas de causes apparentes à l’anémie, assez bon état général.
Un traitement pratiqué pendant cinq mois, fer et citrate d’amonium, reste absolument inefficace.
L'examen du sang montre :
Globules rouges : 3.800.000.
Hémoglobine : 44 %.
Globules blancs : 1.300.
Plaquettes, fragilité globulaire, réaction de Van den Bergh normales.
Le repas d’épreuve montre une anachlorhydrie com-
plète.
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Les urines sont normales.
La malade étant du groupe 2, on prend uu donneur du même groupe. De plus, avant la transfusion, on recherche la compatibilité des sangs eh mélangeant les globules du donneur avec le sérum du receveur, et, d’autre part, les globules de receveur avec le sérum du donneur. On ne constate aucune agglutination. Le donneur avait déjà fourni son sang quatre fois auparavant sans accidents.
On emploie la technique du sang citraté et la transfusion est pratiquée lentement.
La malade se plaint de céphalée, mais on ne note aucune autre anomalie.
Quelques heures plus tard surviennent des vomissements répétés. La température s’élève à 39°2, mais retombe à la normale en 48 heures. Pas d’ictère.
On fait un goutte à goutte rectal salé.
L’anurie fut complète jusqu’au sixième jour où 180 cc. d’urines très acides furent émises, contenant 3 gr. 9 d’albumine.
Concentration de l’urée urinaire : 6 gr. 9 par litre.
L'examen du sédiment révèle
des cylindres hyalins; des globules rouges; de nombreux leucocytes; des cellules épithéliales.
L'état ne semblait pas inquiétant, car l'aspect était bon, lucidité parfaite : pouls : 64, tension artérielle : 12-8.
On donne par la bouche du citrate de potassium.
Le septième jour, on injecte du sérum salé isotonique, un demi-litre trois fois par jour.
La malade émet 240 ce. d’urines acides.
Le neuvième jour, la tension artérielle est de 15-9.
La malade est somnolente.
On fait une injection d’un litre de sérum salé, et 30 gr.