CT RS
Le 6 avril : 2 litres 200, le 7, elles atteignent tout près de 3 litres et à partir de ce jour, l’excrétion urinaire se maintient entre 1.500 eme. et 1.750 eme. par 24 heures.
En même temps et au fur et à mesure que la diurèse augmente, les vomissements suivent une courbe inverse. Ils deviennent de plus en plus rares, jusqu’à cesser le 8 avril. |
L'état est très amélioré, la malade se sent beaucoup mieux, la langue est humide, le pouls régulier et calme. Il faut cependant noter la persistance de crises urticariennes qui continueront encore pendant quelques jours. Le 9 avril, on a fait à nouveau un dosage d’urée, et, contre toute attente, on trouve un chiffre encore plus élevé que la première fois. I atteint 5 gr. 30. Rappelons qu’à cette date, la diurèse était établie et les vomissements avaient disparu. L’entourage est très inquiet et on considère, en raison du chiffre persistant de l’urée sanguine, et aussi de son augmentation, que le pronostic est très grave et même fatal. On interprète l’éruption urticarienne comme une manifestation d'intoxication par lurée. Cependant l’état général de la malade est bon, et ne serait-ce l’urticaire, aucun signe pathologique ne dénoterait une affection.
C'est à ce moment que le D' Tzanck, consulté, porta en raison des commémoratifs et, surtout, de laffection cutanée, un bon pronostic.
En effet, le 13 avril, un nouveau dosage d’urée montrait déjà une diminution à gr. 10; le 16 avril à 1 gr.85; et enfin, le 21 avril, un taux normal à 0 gr. 49. C’est à peine à cette date que les crises d’urticaire disparaissent complètement. On ne trouvait plus aucun symptôme de l’affection; un examen d'urine montrait des traces infimes d’albumine. La guérison était complète.
OBSERVATION XXI (GOORMARTIGH). — Note sur un
cas de blocage consécutif à une transfusion (Archives médicales belges, décembre 1918).
TT de
Un jeune soldat subit une hémorragie grave avec choc intense.
Comme le temps presse et que l’on n’a qu’un donneur sous la main, on ne groupe pas les patients.
L'état du malade semble s'améliorer tout d’abord, mais le lendemain le malade est extrêmement agité, couvert de sueurs profuses. Les vomissements deviennent très fréquents.
Les urines sont très abondantes et diminuent progressivement de quantité.
Il n’y a pas d’hémoglubinuerie; pas de globules dans les urines.
Le sixième jour après la transfusion, l’anurie est complète, le malade comateux et la mort survient l’aprèsmidi du sixième jour.
L’autopsie a montré des lésions de néphrite tubulaire aiguê.
OBSERVATION XXII (MILLER). — Société Chirurgicale de Brooklin, 1919.
Il s’agit d’un malade atteint d’anémie pernicieuse qui reçoit deux transfusions sanguines qui sont bien tolé- Fées.
Le même donneur avait été choisi pour ces deux transfusions et la compatibilité recherchée entre ces deux sangs avait été parfaite.
L'état du malade ne s’améliorant pas, on décide une autre transfusion. On prend un second donneur et on recherche la compatibilité de son sang qui semble parfaite.
Au bout de 20 cc., le malade se plaint de malaises et la transfusion étant arrêtée au bout de 60 ce. Œdème et rougeur de la face, frisson violet.
Anurie complète pendant 48 heures, vomissements, diarrhée,
Dares
Le pouls était rapide et faible et l’état général très inquiétant.
Au bout de 48 heures de coma, émission de 30 cc. d’urines rouges noirâtres.
Progressivement, la diurèse se produit et l’état général s’améliore.
Le malade meurt quelques temps après de son anémie pernicieuse.
Après la transfusion, on trouva que les sangs du donneur et du receveur hémolysaient.
(Pour cette observation, il n’y a évidemment aucun doute. Il y avait erreur dans le groupement des sérums et les accidents relatés sont typiques. Il faut remarquer que les épreuves de compatibilité furent des épreuves directes.)
Déductions
De l'examen des divers faits que nous venons de relater, il résulte que nous pouvons considérer d’une part :
— Des néphropathies bénignes qui correspondent généralement à des transfusions faites avec de bons groupes, ou encore à des transfusions faites avec des groupes non compatibles, mais à toute petite dose.
— Des néphropathies graves qui sont dues :
à des erreurs de groupe; à des Nürnberger.
Peut-être même l'atteinte hépatique est-elle plus fréquente et plus prononcée que nous l’avons noté. C’est elle qui déterminerait le pronostic des néphropathies de la transfusion. Elle ne s’observe que dans les transfusions faites avec de mauvais groupes qui, seuls, déterminent des accidents multiples.
L’intolérance rénale individuelle qui s’observe en présence de tous groupes, traduit la réaction d’un seul organe. Nous aurons une symptomatologie semblable, mais un pronostic différent. C’est pourquoi nous pouvons écrire qu'entre les néphropathies graves et bénignes, il n’y a qu’une différence de degré.
Remarquons encore que les accidents que nous
avons pu relater, sont obtenus parfois avec des agents thérapeutiques qui n’ont rien de commun avec le sang, si ce n’est, sans doute, la réaction des sujets à leur égard.
C’est ainsi que la chimiothérapie nous donne des réactions semblables avec cette différence, que ici les érhytrodermies ou l’ictère domineront, tandis que là, les néphropathies seront prédominantes.
Ces accidents portent la marque du sujet beaucoup plus que l'agent thérapeutique. Nous reviendrons sur ce point spécial.
De plus, nous avons observé des accidents rénaux, avec des bons et des mauvais groupes. Nous venons même de dire qu’entre les deux catégories, il ne nous semblait y avoir qu’une différence de degré. Peutêtre même avons-nous dit l'atteinte du foie réglerait le pronostic, elle n’existe que dans les transfusions faites avec des sangs incompatibles.
D'une façon générale, les accidents généraux précoces appartiennent aux mauvais groupes, cependant ils peuvent exister en dehors de toute incompatibilité.
À quoi donc sont dûs ces accidents ?
Autrefois, on a incriminé toutes sortes de facteurs. Ce fut d’abord l'injection de l’air dans les veines (ORE), la production d’embolies (LANDoIs) puis JEAN- BREAU parla de la dilatation du cœur. Actuellement c’est l’hémolyse qui réunit tous les suffrages.
Cependant cette théorie ne donne pas entière satisfaction. Si l’hémolyse est manifeste alors qu'il s’agit
de transfusions faites avec des groupes incompatibles, elle n’explique pas le fait que des accidents surviennent avec des sangs de même groupe, ou avec un donneur universel.
Ces accidents sont-ils dus à l'existence de sousgroupes ? Le fait n’est pas démontré.
Seraient-ils dus à l’action des hémolysines du donneur? P.-E. WE cite une observation qui aurait tendance à montrer cette action. Elle ne démontre pas, cependant, la nocivité de cette hémolyse. D'ailleurs, dans une observation typique comme celle de JoLTRAIN ou comme la nôtre, il s'agissait de deux groupes semblables. TzANCK n’at-il pas pu injecter à un groupe II, 2 litres de sang d’un donneur universel et LE RASLE, dans son service d’enfants de l'Hôpital de Caen, a pu noter l’observation suivante, que nous
citons entre plusieurs semblables