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la respiration n’est pas totalement arrêtée. On l’a aussi associée à la méthode suivante dite de Sylvester. Pour l'application de la méthode de Laborde, il faut un tirelangue et un ouvre-bouche qu’on n’a pas toujours sous la main. En outre, les dents serrées résistent à l'ouverture de la bouche. On risque de provoquer des fractures dentaires et des déchirures de la langue. Un sauveteur occasionnel inexpérimenté perd un temps précieux en essais et efforts vains. Cette méthode ne doit donc plus être recommandée.

La méthode de Sylvester est celle qui, jusqu’à présent était la plus connue et la plus appliquée. Pour la pratiquer, le sauveteur placé à la tête du malade, lui prend les avantbras au-dessous du coude et les tire vigoureusement à lui, pour produire l'inspiration ; puis, il repousse les avant-bras et les ramène repliés sur les bras contre la poitrine, de manière à la comprimer. Cette méthode est efficace, mais on lui reproche de très graves inconvénients :

Elle est fatigante, et le sauveteur sera vite épuisé.

La langue tombe en arrière et bloque l’orifice des voies respiratoires ; ceci implique l'association de la méthode de Laborde et par suite une autre main-d'œuvre.

Si le malade vomit ou rend des muscosités, les matières restent dans la bouche, empêchent l’entrée de l’air à l’inspiration, moussent à l'expiration et rendent les manœuvres inefficaces.

Cette méthode, ainsi que la précédente, cède la place à une troisième, moins fatigante, praticable partout et sans le concours d’aucun instrument.

La méthode Schæfer, connue depuis 1907, consiste en une pression exercée sur la base du thorax, le sujet étant couché sur le ventre.

Voici comment on la pratique :

Le malade est étendu sur le sol à plat-ventre, les bras allongés en avant. Le sauveteur se place à genoux, les cuisses du patient entre ses jambes, de manière à pouvoir s'asseoir sur les mollets de l’asphyxié. Il étend les bras et pose ses mains ouvertes sur le dos, au niveau des dernières côtes,

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les pouces se touchant presque ; il appuie progressivement et sans brusquerie de tout son poids sur le thorax, de manière à provoquer l'expiration ; 1l cesse alors de presser, tout en laissant ses mains en place, s’asseoit sur les molléts ; l'inspiration se produit par l’élasticité des côtes et du ventre ; il recommence la pression progressive et continue ainsi, à raison d’une quinzaine de pressions par minute.

Cette méthode a de multiples avantages :

Elle peut être appliquée immédiatement sans préparatifs.

Elle exige peu d'espace.

Elle peut être pratiquée par un seul homme et sans fatigue notable.

La langue tombe en avant et les muscosités ne stagnent pas à l'entrée des voies respiratoires ; leur expulsion est facilitée par la position du patient.

La méthode de Schæfer est donc la méthode de choix pour les manœuvres de respiration artificielle ; elle doit être substituée partout et par tous aux autres méthodes encore seules d’un emploi général en France. Le Conseil Supérieur d'Hygiène Publique l’a approuvée et le Ministre des Travaux Publics, dans un décret du 23 janvier 1927, l’a fait figurer sur les affiches apposées à l'extérieur des locaux contenant des: installations électriques. Cette méthode est encore bien plus intéressante par l’adjonction de l’appareil très ingénieux qu'a imaginé, il y a quelques années, un jeune médecin de Paris, le Docteur Panis. Cet appareil permet de produire la compression et la décompression thoracique, selon le. procédé de Schæfer, par la seule manœuvre d’un levier. L’effort à réaliser sur ce levier est si faible qu’un homme quelconque peut le manœuvrer d’une seule main et cela pen-. dant des heures entières sans la moindre fatigue. Le front du patient étant maintenu par un bandeau frontal, sa face reste libre et on peut y appliquer un masque à inhalation. d'oxygène. L'appareil R. A.P. de Panis devrait être obligatoire dans toutes les usines où peuvent se présenter des cas d’asphyxie.

29 Respiration artificielle et inhalation d'oxygène.

Dans les cas d'intoxication par l’oxyde de carbone, l’oxy- ‘gène est le remède spécifique indispensable. Mais, quelle que soit l’origine de l’asphyxie, on active beaucoup son traitement par l'introduction dans les poumons de l’oxygène pur. À cet effet, le « Pulmotor » et le masque Nicloux-Legendre ont été les plus recommandés.

Le Pulmotor allemand (Dräger, Lübeck) a comme principe l'insufflation dans le poumon d'oxygène et son aspiration au moyen d’un système approprié. L'ensemble du Pulmotor se trouve logé dans un coffret en bois que peut transporter une seule personne ; 1l pèse vingt et un kilogrammes. Pour se servir de l'appareil, on fixe le masque sur la bouche et le nez, après avoir attiré la langue au moyen d’un tire-langue approprié et joint à l’appareil. Dès qu’on ouvre le robinet de la bouteille à oxygène comprimé, l’appareil fonctionne avec un rythme régulier d’une vingtaine d’insufflations et d’aspirations par minute. Une pression légère ‘exercée avec le doigt sur le larynx du patient empêche la pénétration de l’air dans les poumons.

Cet appareil a l'avantage d’être facilement transportable et de réaliser à la fois la respiration artificielle et l’mhalation d'oxygène. Celle-ci peut aussi être pratiquée seule une fois la respiration spontanée établie, moyennant une seconde circulation d'oxygène et des masques annexés à l'appareil. Remarquons toutefois que l’inhalation d'oxygène pratiquée au moyen de ce second dispositif est bien au-dessous du besoin. Les masques ne s'appliquent pas bien à la figure, ce qui permet l’arrivée d'air; à l'expiration, une partie de l’air expiré est refoulée dans la conduite d’arrivée de l'oxygène venant ainsi abaisser encore plus le taux de ce gaz que la prochaine inspiration fera passer dans les poumons. L'apport d'oxygène devant être le plus grand possible pour assurer une élimination rapide de l’oxyde de carbone, nous devons rejeter l’inhalation d'oxygène au moyen de ce dispositif. | |

Les professeurs Nicloux et Legendre ont imaginé un masque pour l’inhalation de l'oxygène. C’est une installation

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de sauvetage à la fois plus économique et plus efficace que celle constituée par le Pulmotor. C’est un masque métallique en forme de tronc de cône entourant le nez et la bouche et s'appliquant hermétiquement sur la face, grace à un bourrelet de caoutchouc. Le masque est muni de deux soupapes très souples n’opposant aucune résistance à la circulation de l'air. L’adjonction d’une soupape d’entrée constitue le gros avantage de ce masque ; il ne peut, ainsi, pas se produire de reflux d’air expiré dans la conduite d’accès de l’oxygène pur. La capacité du masque est très minime et, par conséquent, l’espace nuisible réduit au minimum. L’oxygène qui arrive dans les alvéoles pulmonaires et au contact du sang se trouve donc sous une concentration maximum. Par sa base solide, le masque peut se poser sur le sol. Ainsi, il suffit de le poser au-devant de la figure du malade soumis à la respiration artificielle, selon la méthode de Schæfer, pour faire respirer le patient dans une atmosphère d'oxygène pur. Cet oxygène est fourni par une bouteille d'oxygène comprimé telle qu’elles sont usage courant dans l’industrie, notamment pour la soudure autogène. Il suffit donc d’avoir ce masque monté sur une poche de caoutchouc pour pouvoir, dans toute usine, pratiquer l'inhalation d'oxygène pur.

Il existe dans le commerce un nécessaire complet et transportable contenant le masque, le sac régulateur de pression et un petit cylindre à oxygène sous pression. Ce coffret plus léger que l’ensemble du Pulmotor, constitue l’appareil le plus pratique pour l’inhalation d'oxygène.

Dans un poste de secours, la respiration artificielle peut être faite au moyen de l’appareil de Panis.

S1 le patient respire spontanément, ce masque lui assure une respiration d'oxygène pur, sans aucune gêne respiratoire, le tuyau afférent étant très large et les soupapes très souples.

Le masque Legendre et Nicloux se distingue donc par de multiples avantages dont le principal consiste dans le fait qu’il permet la respiration de l’oxygène avec une pureté qui n’a été atteinte par aucun autre appareil.

D'après ce que nous venons de voir, nous pouvons résumer le traitement et en particulier celui de l’intoxication oxycarbonée par cet aphorisme :

Ut =

Respiration artificielle par l'appareil de Panis selon la méthode de Schæfer, inhalation d'oxygène pur par le masque de Legendre et Nicloux.

IT. Traitement de l’intoxication par les vapeurs nitreuses et l'hydrogène arsénié.

Le traitement de ces deux intoxications peut être étudié simultanément, étant donné qu'il est identique à beaucoup de points de vue.

Il importe avant tout d’insister sur la nécessité de la mise en œuvre précoce du traitement. Une observation rapportée par Irvine et que nous avons mentionnée ailleurs déjà a une véritable valeur expérimentale à ce sujet: de quatorze ouvriers treize qui furent soignés immédiatement après l’absorption du gaz toxique, furent sauvés, tandis

qu’un seul, pris en traitement seulement quatre heures après, succomba rapidement.

La difficulté en ce point consiste dans le caractère bénin des symptômes initiaux, suivis d’une certaine période de latence, comme nous l’avons vu. Il faut que la connaissance de ces symptômes, légers en apparence, soit vulgarisée dans les milieux industriels. Il faut que, outre les médecins, les ingénieurs et directeurs de travaux sachent les reconnaître et y attacher l'importance qu’ils comportent. Un ouvrier qui se plaint de toux, brûlures rétrosternales et maux de tête à un endroit et une heure où l’on a effectué des tirs, ou à tout endroit où des gaz toxiques ont pu être dégagés, ne doit pas être poussé à continuer son travail, en attendant que cette «indisposition passe ». Il ne doit pas, non plus, être renvoyé à son domicile. Par contre, même contre sa volonté, il doit être adressé à un médecin, qui devra instituer immédiatement le traitement contre l’intoxication, sans attendre l'indication urgente. C’est seulement dans ces conditions que le traitement sera efficace.

Les vapeurs nitreuses et d'hydrogène arsénié produisent dans l’organisme une véritable intoxication suivant le plein sens du mot: le traitement doit donc être aussi celui d’une intoxication et le succès dépendra de la précocité de l’intervention, fait bien connu pour toute autre intoxication.

11 faut tendre à évacuer autant que possible le poison avant qu’il ait pu exercer son influence nocive. |

Les émétiques satisfont à cette première indication. L'ipéca peut être donnée à haute dose. Le calomel et le sulfate de cuivre trouvent la même indication. On peut faire des lavements purgatifs pour exciter la sécrétion intestinale.

Dans les cas un peu avancés, une saignée abondante est indiquée. Irvine conseille la section complète d’une grosse veine. En la faisant suivre d’une injection intraveineuse de sérum artificiel, on pratique un véritable lavage du sang.

Si les symptômes graves (oedème pulmonaire, asthénie nerveuse et cardiaque) sont apparus, on instituera un traitement approprié.

L'inhalation d'oxygène doit dès lors être pratiquée. Elle assurera l’hématose à la fois par les altérations sanguines et pulmonaires.

La révulsion sur la poitrine au moyen de sinapismes atténuera la douleur de l'inspiration.

Pourlutter contre l’asthéniecardiaque et vasculaire, on fait des injections d'huile camphrée et de caféine. Zadek conseille des injections intraveineuses de strophantine et adrénaline à parties égales (un demi milligramme de strophantine et un demi centimètre cube de la solution d’adrénaline à 1 : 1000).

L'emploi de l’adrénaline en tous cas est indispensable pour lutter contre la dilatation vasculaire et pour remonter la pression artérielle.

Le sulfate de strychnine est indiqué contre l’asthénie nerveuse.

Aucun remède spécifique contre l’intoxication par les vapeurs nitreuses et d'hydrogène arsénié n’est connu.

Zadek, se basant sur ce fait qu'il s’agit d’une intoxication acide, conseille l'administration de bicarbonate de soude per os ou en injections intraveineuses.

En somme, le traitement a d'autant plus de chances d'être efficace qu’il est installé plus tôt, et il est d'autant plus problématique qu’il intervient à un moment tardif daus l’intoxication.

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