‹ Les AccidentsChapitre 4 sur 20 · RU A · texte numérisé non relu

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succombent pas à l'explosion, meurent empoisonnés par ce gaz. En 1805, lors d’une telle explosion, Haldane a constaté que 95 p. 100 des mineurs étaient morts par la seule action de l’oxyde de carbone. Le Docteur Wheeler indique un pourcentage de 8,6 dans les gaz dégagés par une explosion de grisou produite expérimentalement. Pour Haldane, ce pourcentage est beaucoup plus élevé, lorsqu'il s’agit de véritables coups de mines.

Les feux de mines constituent une autre source d'oxyde de carbone. Le fait s’est produit il y a quelques années seulement, dans une mine de Lorraine où on a compté un un bon nombre de victimes.

Les fumées des explosifs utilisés pour l’abatage dans les mines renferment aussi une quantité plus ou moins forte de ce gaz toxique. Cependant, les règlements qui écartent les ouvriers un certain temps après le tir, sont bien établis et une ventilation quelque peu effective arrive rapidement à abaisser la concentration de l’oxyde de carbone à une valeur qui n'offre plus de danger. Nous verrons qu'il n’en est pas ainsi des vapeurs nitreuses, également mélangées aux fumées de tir, mais dangereuses à une concentration très faible.

d) L'oxyde de carbone dans les fumées de locomotives. — Les fumées qui se dégagent des locomotives contiennent suivant le degré de la combustion de la houille, des quantités plus ou moins grandes d'oxyde de carbone. Dans une conférence faite, il y a deux ans, à la Société d'Hygiène Publique, Industrielle et Sociale, notre maître, le Professeur Nicloux, insistait sur le danger que peut présenter ce fait. « Lorsqu'un train s'engage dans un tunnel, dit-il, l'atmosphère de celui-ci est immédiatement souillé par la fumée, et l’oxyde de carbone apparaît...» A l'appui, il cite l'accident survenu le 30 mai 1922 dans le tunnel de Mornay, sur la ligne de Bourg à Bellegarde. Sur huit agents d’un train de marchandises, tombé en détresse, sept ont été trouvés morts, asphyxiés par les gaz et les fumées.

e) L'oxyde de carbone dans l’échappement, des. moteurs à explosion. — Les moteurs à explosion et en particulier ceux qui usent de l’essence sont une nouvelle source d'oxyde de

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carbone dans l’industrie. Kohn-Abrest, en prélevant les gaz d'échappement de moteurs à essence et de moteurs à naphtaline, à l’intérieur même du tube d'échappement, a trouvé pour ces gaz la composition indiquée dans le tableau suivant :

Moteurs Moteurs

à essence |à napthaline Acidetcarbonique. MAP IERME ER 5,24 16,01 Y Oxyderder carbone. MEME ar 7,32 0:43 Y Oxygène . j DS PT MO DO QU Te 9,27 0,86 % Carbures d' Ddrine IR TS re ee traces : traces AZOte art AUTÉTENCEMMERE AIMER 772 S27RS

L'auteur conclut à une mauvaise utilisation du combustible dans les moteurs à essence et à une toxicité des gaz qui peut être très dangereuse. Il appelle « indice de toxicité » d’un appareil la valeur du rapport CO /CO? dans les gaz de combustion dont cet appareil est générateur ; ce rapport ne devrait jamais dépasser la valeur de 0,01. D'après ses propres analyses, le rapport a des valeurs de 1,40 à 2,10 dans les gaz d'échappement des automobiles, ce qui démontre nettement le danger qu’elles peuvent présenter.

Henderson et Haggard trouvent un pourcentage de 5 à 6 p. 100 à la sortie du tube d'échappement et ils calculent qu'après dix minutes de marche d’un moteur dans un garage, l'atmosphère peut devenir mortelle.

Aussi des accidents sont-ils survenus, soit dans les garages, soit dans les automobiles elles-mêmes.

Tanon rapporte des cas d'intoxication qui se sont produits pendant la guerre dans les automobiles sanitaires, et il attire l’attention sur les inconvénients que présentent certains modes de chauffage des voitures par le tuyau d’ échappement du moteur.

Ranwez publie l'observation suivante: Dans une voiture fermée, douze personnes furent intoxiquées, parmi lesquelles “un jeuné homme de dix-sept ans. Ce dernier n’a pas pu être ranimé, malgré la respiration artificielle pratiquée avec persévérance. La présence de carboxyhémoglobine fut dé-

montrée dans le sang de la victime. Le gaz avait pénétré dans la voiture par deux fentes du plancher, le pot d’échappement s’arrêtant à mi-longueur de la carosserie.

Dans ces considérations sur les accidents de l’oxyde de carbone dans l’industrie, nous sommes frappés avant tout par l'extrême diffusion de ce gaz et par la multiplicité des conditions dans lesquelles il peut provoquer des accidents. L’attention doit donc être particulièrement éveillée sur les méfaits possibles de ce gaz qui trouve chäque jour dans l’industrie des sources nouvelles de production, des conditions favorables à l’exerice de son action nocive.

Il nous a semblé indispensable de donner en ce lieu un court aperçu de l’action physiologique de l’oxyde de carbone, telle qu’on la comprend aujourd’hui, et des symptômes de l’intoxication oxycarbonique, notions qui sont à la base de tout traitement rationnel.

IT. — Achon de l’oxyde de carbone sur l'organisme.

Les propriétés biologiques de l’oxyde de carbone ont été magistralement étudiées par notre maître, le Professeur Nicloux. Nous nous contentons de les résumer brièvement :

19° L’oxyde de carbone possède une grande affinité pour l’hémoglobine du sang qui, normalement, transporte l’oxygène ; cette affinité pour l’hémoglobine est 220 fois plus grande que celle de l'oxygène et l’oxyde de carbone pur déplace l'oxygène de sa combinaison avec l’hémoglobine suivant la formule :

HbO? + CO = HbCO + OZ.

20 L'oxygène pur déplace l’oxyde de carbone de l’hémoglobine oxycarbonée suivant la formule :

HbCO + Of — HbO? + CO.

3° Lorsque l’hémoglobine se trouve au contact de mélanges d'oxyde de carbone et d'oxygène, elle se combine aux deux gaz dans des proportions définies par leur tension respective dans le mélange et régies par la loi d'action de masse, suivant la réaction réversible :

HbO? + CO #2 HbCO + O2.

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