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Nous ordonniors le transfert immédiat du malade à l’hôpital, Le traitement aussitôt institué consistait en inhalations d'oxygène, une injection souscutanée de 5 cmc. d'huile campbhrée et d’un demi cmc. d’adrénaline (solution au millième). Une saignée de 500 cmc. de sang fut pratiquée et donna issue à un sang très noir et épais. Ce sang fut conservé en vue d’une recherche de laboratoire qui dès lors nous paraissait intéressante, étant donnés les caractères tout particuliers de l’asphyxie, caractères qui ne ressemblaient en rien à ceux d’une asphyxie par l’oxyde de carbone.
Après une heure de traitement, le malade allait sensiblement mieux. Le pouls était mieux frappé et moins rapide et la cyanose moins prononcée: Le malade répondait aux questions qui lui étaient posées et pouvait donner plus facilement des renseignements sur son accident.
Des injections d'huile camphrée et de caféine furent données alternativement. La respiration d'oxygène fut continuée avec intervalles.
À huit heures, l’état s’aggrava. Le maiade perdit connaissance et vers neuf heures, la respiration devenait extrêmement bruvante, très rapide et de la bouche sortait une écume blanche. Une nouvelle saignée de trois cent grammes ne modifia pas les symptômes et à dix heures la mort survenait.
L'autopsie fut pratiquée le lendemain à huit heures. L'examen des viscères de l’abdomen ne révéla rien d’anormal. A l’ouverture du thorax les poumons ne s’affaissent pas, mais remplissent toute la cavité. A l’incision, ils laissent sourdre un liquide spumeux rosâtre, très abondant. Pas de, lésions tuberculeuses. Au cœur, rien d’anormal.
En somme, l’autopsie ne révéla qu’un œdème prononcé et, généralisé à toute l’étendue des deux poumons.
L'agent causal de la mort n’était donc pas trouvé. Les gaz toxiques pouvaient êtres mis en cause. Pour en avoir la confirmation et pour déter-, mination exacte de la nature de l’agent morbide, nous avons adressé à notre maître, le Professeur Chavigny, un envoi comprenant : du sang, un fragment de poumons, de foie et de cœur. De la réponse qui nous parvenait, nous relevons ce passage :
« En raison de l’état de putréfaction du sang, il ne m’a pas paru possible d'utiliser le procédé par l'extraction des gaz du sang, et je me suis décidé à me servir de la méthode spectrométrique.Le liquide, sur lequel portait la recherche, a été traité d’abord de façon à éliminer les produits: provenant de la putréfaction, puis clarifié par filtration. C’est ce liquide ainsi clarifié qui a été examiné au grand spectroscope.
Il a été constaté que, dans ce liquide, des produits autres que l’oxyhémoglobine atteignaient la proportion de 40 % environ et n'étaient pas constitués par de la carboxyhémoglobine.
D'ailleurs, si l’hémoglobine n'avait été transformée en carboxyhémoglobine que dans la proportion de 30 à 40 %, la mort du sujet n’en serait pas résultée. Les travaux de MM. Nicloux et Balthazard ont montré que le coefficient d’empoisonnement n’est atteint qu’au moment où la carboxyhémoglobine est dans la proportion de 66 %.
D'après la situation des bandes d'absorption observées dans le spectre, il y a lieu d'admettre que le corps modificateur de l’oxÿyhémo-