OUI
ogne. 1 etite cause et grands effets ! Sans cette svnhiHQ llenn IV ne régnait pas otlegu.libre derEuroprétoft tout aïe’
En 1586, on espérait que Louise de Lorraine était enceinte et on frappa deux médailles (fig. 57, 58) pour célébrer cet événement, mais bientôt on s’aperçut que cette espérance était vaine.
Naissance de Henri IV. — On cite souvent, comme exception à la règle d’hygiène défendant à la femme enceinte les fatigues des voyages, l’exemple de Jeanne d Albret qui, dans son neuvième mois, entreprit un voyage de quinze jours, pour venir, de Compiègne à Pau, accoucher de Henri IV (1).
Voici le récit d’André Favyn, historien du temps : « La princesse de Navarre se sentant grosse et peu éloignée de son terme, prit congé de son mari et partit de Compiègne le 15 novembre; elle traversa toute la France jusqu’aux Pyrénées et se dirigeant vers Pau, où se trouvait alors son père, le roi de Navarre (Henri H ), elle arriva dans cette ville après dix-huit jours de voyage. Le roi Henri avait fait son testament, que la princesse désirait voir, parce qu’on lui avait rapporté qu’il était à son désavantage et en ■ faveur d’une dame qui gouvernait son père. C’est pourquoi, bien quelle eût mis toutes pièces en oeuvre pour en obtenir la vue, ce lui fut une chose impossible, d’autant plus qu’à son arrivée, ayant trouvé le roi malade, elle n’osait pas lui en parler. Mais la venue de sa bonne fille, ainsi l’appeloit-il, le réjouit et le remit sur ses pieds. Cette princesse étoit douée d'un beau jugement naturel formé par la lecture des bons livres, à laquelle elle étoit fort adonnée ; son humeur était si joviale, que l’on ne se pouvoit ennuyer auprès d’elle. Docte et éloquente entre les princesses de son époque, elle suivoit les traces de la princesse Marguerite, sa mère qui s’étoit rendue maîtresse en toutes belles connoissances de ce temps. Le roi, averti de son désir à l’éprd du testament, lui dit qu’il le lui donneroit lorsqu'elle lui aiu’oit montré ce qu elle portoit dans son sein ; et, tirant de son cabinet une grosse boite fermée à clef avec une chaîne d'or qui pouvoit bien faire vingtcinq ou trente fois le tour du cou, il ouvrit cette boîte et lui montra son testament (2). Mais il ne le montra que d un peu loin, et puis ayant renfermé tout cela, il lui dit : Cette boite sera tienne et ce qui est dedans ; et afin que tu ne me fasses une pleureuse
m On s-iit aue Marie-Thérèse, reine de Hongrie, guerroyait pendant ses grossesses, et aie lî^flrel Jean Sobiéski, roi de Pologne, accoinpagua son mar. dans les camps, à l’approche de son terme.
(2) Le peintre Revoil a reproduit cette scène sur u toiie i,ng. ou; y de 1819.
jMOYEN AGE ET TEMPS MODERNES
OU un enfant rechigné, je te promets de te donner tout, à la charge c]u en enfantant, tu me chantes une chanson béarnoiseou gasconne. Et si, quand tu enfanteras, j’y veux être.
Sa/ûtu Jt' jâiû .
NcrmoAd JîLr j-o
Fio. CO. - Grossesse do Jeanne d'Albret, d'après Revoil.
à laquelle il luy donna un de ses vieux vallets de chambre, nommé Cotin, auquel il commanda de ne bouger jour et nuit d auprès la princesse, sa fille, la servir à la chambre, et le venir advertir de l’heure qu’elle commenceroit d’ètre en travail, quelque heure que ce fust, mesmes s’il estoit en son plus profond sommeil.
« Deux jours après l’arrivée de la princesse à Pau, les douleurs pour enfanter la prirent entre la minuit et une heure, le jour de saincte Luce, treizième décembre au dit an mil cinq cens cinquante et trois Le roy, adverty par Cotin, descend tout aussitôt. La princesse l’oyant entrer dedans sa chambre, commença de chanter en musique ce motet en langue béai noise .
Nouste-Dame d’oü cap d’oü poün,
Adyudat-me à d’aquest’ hore!
Pregats à d’aquest Dioü d’oü ceoü Queu brouille bé délioüra leü,
D’u maynat quem hassio loü doua ;
Tout d’inqu’aü haut d’ous mounts l’implore.
Nouste-Dame d’oü cap d’oü poün,
Adyudat-me à d’aquest’ hore.
Traduction littérale de ce cantique :
Notre-Dame du bout du pont,
Secourez-moi à l’heure qu’il est !
Priez ce Dieu qui est au ciel Qu’il veuille bien me délivrer tôt,
D’un enfant mâle qu’il me fasse don :
Tout jusqu’à la cime des montagnes 1 implore. Notre-Dame du bout du pont,
Secourez-moi à l’heure qu’il est !
« Cela se void dans toute la Casgone qu’au bout de tous les pontt ll y a «roi-atoU-e dédié Ma Vierge Marie, dite par cette oraison Notre-Dame demi cape demi pouii. Au bout du pont du OarÆseenBéa^^^^^^^^^
au coi et la boite où était le testament dans les mains de la pu -
cesse, en lui disant : « Voilà, qui est à vous, ma fille, mais voici qui est à moi ». Et prenant 1 enfant nouveau-né dans sa grande
pînce'vin?'’"'''* «ù i' le fit emmaillotor. Ce petit
LKS ACC0ÜCHKM1;.S-T.S A LA COUIl.
pris une gousse d’ail, il lui en frotta ses petites lèvres 5 puis, dans sa coupe d’or, il lui présenta du vin, à l’odeur duquel l’enfant ayant levé la tête, il lui en mit dans la bouche une goutte qu’il avala très bien. A quoi le bon roi étant rempli d’allégresse, se mit à dire devant les gentilshommes et dames qui étaient dans sa chambre :
« Tu seras un vrai Béarnais>->, tout en baisant ce petit enfant entre les bras de sa nourrice. Il fut difficile à élever ; ou essaya pour lui huit nourrices différentes, la dernière qui en eut l’honneur fut Lasansàa deBilhères. »
Eugène Devériaa fait un tableau remarquable sur la naissance d’Henri IV (tlg- 61). Au haut d’une estrade, couchée sur un lit de repos, qu’entourent à moitié de larges rideaux de brocard d or à fond rouge, Jeanne d’Albret sourit au fils qu’élle vient de mettre au iour; ses femmes s’empressent autour d’elles. Le pere de Jeanne, Henri d’Albret, roi de Navarre, présente son petit-fils a la foule de ses vassaux ; près du roi de Navarre est un page tenant à la main un flacon de ce vin de Jurançon dont le vieil Henri fit boire quelques gouttes à son petit-fils, au moment de sa naissance. Ce tableau, exposé au Salon de 182’/, orne maintenant une des
salles de la bibliothèque de Pau. ^ • wr.. r-r.
Le peintre Laffite a traité différemment le meme sujet (fig. 6.). On conserve encore au château de Pau, dans la chambre de Henri IV, le berceau du grand roi (fig. 63); il est forme dune écaille de tortue de 1 m. 08 cent, sur 0 m. 81 cent., une cordelière d’or à un trophée qui se compose de six lancer ornées de drapeaux en soie blanche, où sont brodees en lelie d’un côté, les armes de France et, de l’autre, celles de Na\aiie , il
est surmonté d’un casque à cimier
Voici la copie de l’inscription à demi effacee qui est collce dans
^ ^^lleirny le Grand, naquit en cette chambre entre minuit et ime heure du 13 au 14 décembre 1553. H fut baptisé par le ca t c
d’ Armagnac. Les rois de IH-ance et de Navarre furent ses pan-m^^^^^
et une coquille de tortue son bei-ceau, et
gouvernante, qui eut ordre de l’élever au chateau de Coaiia/.c, en fimple particulier. Là, allant souvent tête et pieds fut préparé à la vie dure et pénible de la gueii , 1
sur la Ligue, se trouva à 70 combats, comm^ en Ums^ tailles rangées, constamment le premier â la chaigt, la retraite, toujours inférieur et toujours victorieux.
Ve héro; fut plus graml par la bouté de son cœur pour ses su-
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jets que pui' 1 éclut de la victoire sur ses ennemis j un monstre
Naissance do Henri IV, d’après Laffite.
Vio. 63. — Berouau de Henri IV.
Tp^ Maîtresses de Henri IV. - Les galanteries (le lenri IV eurent pour celles qui en étaient l’objet les consé- [uences ordinaires, des grossesses et des accouchements p u^
)U moins heureux.
infernal ravit à la France, le 14 mai IGIO, son bonheur et ses délices, aux monarques de l’univers le modèle des princes, et à l’Europe celui qui en aurait fait une même famille. »
Une médaille (fig. 64), frappée à la naissance du prince de Navarre, semble présager ses hautes destinées.
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A la petite cour de Nérac, la fille de Pierre de Montmorency, baron de Fosseux, Françoise, surnommée la belle Fosseuse (1), était fille d’honneur de la reine Marguerite et, en cette qualité, maîtresse du roi. Henri voulut dissimuler la grossesse de Fosseuse ; il partit avec elle aux eaux d’Aigues-Chaudes où il espérait la faire accoucher loin de la cour, mais il fut obligé de revenir. Il avoua son embarras à la reine elle-même. Margot, bonne personne, proposa à sa fille d’honneur de la conduire au Mas d’Agénois, maison écartée qui appartenait au roi. On ne pouvait y mettre plus de complaisance ; cependant, soit crainte de se livrer à une ennemie, soit pour tout autre motif, Fosseuse ne fut point contente de 1 expédient ; la demoiselle montra de l’humeur et la fit partager a son amant. Mais le moment critique arriva. La reine, dans ses Mémoires , nous donne les détails de cet événement :
sçachant bien que, malgré ce qui s’étoit passé, il metrouveroit toujours prête de le servir eu ce qu’il lui plairoit. 11 ouvre mon rideau, et me dit : « Ma mie, je vous ai célé une chose qu’il faut que je vous avoue ; je vous prie de m’en excuser, et de ne point vous souvenir de tout ce que je vous ai dit pour ce sujet ; mais obligez-moi tant que de vous lever tout à l’heure pour secourir Fosseuse, qui est fort mal ; vous sçavez combien je l’aime ! je vous prie, obligez-moi en cela. » Je lui dis que je l’honorois trop pour m’offenser de chose qui vient de lui ; que je m’y en allois, et y ferois comme si c’étoit ma fille, que cependant il s’en allât à la chasse, et emmenât tout le monde, afin qu’il n’en fut point ouï parler. Je la fis promptement ôter de la chambre des filles, et la mis dans une chambre écartée avec mon médecin et des femmes pour la servir, et la fis très bien secourir. Dieu voulut qu’elle ne fit qu’une fille, qui encore étoit morte... Le roi, mon mari, étant revenu de la chasse, me trouva que je m’étois remise au lit, étant lasse de m’être levée si matin, et de la peine que j’avois eue à la faire secourir : il me pria de me lever, et de l’aller voir. Je lui dis que je l’avois fait, lorsqu elle a\oit eu besoin de mon secours ; mais qu’à cette heure, elle n’en avoit plus affaire ; que si j’y allois, je découvrirois plutôt que je ne cacherois ce qui en étoit, et que tout le monde me montreroitau doigt; il se fâcha fort contre moi ; ce qui me déplut beaucoup, ne méritant pas, ce me semble, cette récompense de ce que j’avois fait le matin. »
Passons à Gahrielle d’Estrées dont la mort rappelle celle de Marie de Clèves. On raconte que libelle Gabrielle, étant enceinte, mangea chez le financier Zamet un citron qui l’empoisonna. D’après Sully, Gahrielle crut elle-même au poison, dès la première attaque du mal subit qui l’emporta en quelques jours. Tout le monde l’a à peu près répété après lui : nous verrons ce qu’il faut
en penser. . a.
On sait que Henri IV, invoquant la stérilité de la reine Marguerite, était en instance auprès du pape pour obtenir le divorce et parlait sérieusement d’épouser Gahrielle. Marguerite déclara qu’elle consentait à se retirer devant une personne de son rang mais non pas devant une femme « de basse extraction et qui avoit mene une vie si sale et si vilaine que Gahrielle d’Estrées » ; elle fut nécessairement accusée d’avoir ordonné le crime commis sur la favorite du roi. Or, nous pensons, avec M. J. Loiseleur (l), que cette mort s’explique fort bien par des causes naturelles etque(n\bnelle
(1) ÇaentioM hiftoriqvrs du A'I’7i* siècle.
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Us
Kio. 05. — Gabriollü d’Eslrdcs.
LES ACCOL'CIIEMENTS A LA COUIl
succomba à des attaques de convulsions éclamjjtiques. Faisons remarquer toutefois qu’elle avait déjà eu trois enfants (1) et que l’éclampsie s’observe, le plus souvent, chez les primipares. Voici nos preuves.
Jean de Vernliyes, l’un des plus fidèles amis de Henri IV, écrivait, six jours après la mort de Gabrielle : « En ce contentement, l’amer commença à s’y mesler par une appréhension qu’elle eust de la mort, dont elle affligea souvent le Roy, lui recommandant ses enfants, laquelle recommandation elle luy réitéra le jour quelle partit de Fontainebleau pour se rendre en ceste ville, ceste semaine saincte, avec beaucoup de larmes dont Sa Majesté s estonna grandement, et l’accompagna jusques à Melun, le jour de Pasques fleuries, d’où elle se rendis! en ceste ville, le mardy sur les trois heures, ayant fait sa couchée à Savigny. Elle souppa le mardy chez le seigneur Zamet, et se venist loger au Doyenné de Sainct- Germain, d’où elle despescha à Madame de Sourdis, laquelle estoit à Chartres, pour la venir trouver.
« Le mercredy elle entendis! ténèbres au Petit Sainct-Antoine et ne peust aller prendre un second soupperqui luy estoit préparé, mais se retira audit Doyenné où, sur le retour de son laquay de Chartres, lequel avoit fait une extrême diligence de nuit, elle redespécha un autre laquay à sa tante, la conjurant la venir trouver, si elle désiroit la voir vive. Elle estoit demeurée à Chartres pour pacifier une émeute de peuple avec M. le chancelier, pour un soufflet que M. de Sourdis avoit baillé à un lecepveur des
tailles.
« Le mercredy, elle reposa sans douleurs. Le jeudy, elle s’habilla et alla à la messe à Sainct-Germain, et se recoucha sur ■ les deux heures. Sur les quatre, elle commença à endurer les
(1) D’Aliboust et Lavivière rivalisèrent de zèle et d’intrigues pour etre admis auprès de la belle Gabrielle, en cas d’urgence, dans ses couches ; ce dernier ayant été agréé, D’Aliboust en mourut de chagrin. Quelques-uns, sans gmnde vraisemblance, attribuèrent sa fin au poison qui lui aurait été donné par les ordres de Gabriel^ d’Estrées, irritée d’une remarque imprudente faite au sujet de la nais^nce de Ce.a , duc de Vendôme. Pierre de l’Estoile, dans son journal (Dimanche 23 juillet lotU), a accueilli complaisamment ce que nous croyons être une calomnie :
« Ce jour même, on eut des nouvelles de la mort de M. Daliboust , rj^mier i deciu du roy, auquel on disoit qu’une parole libre qu il avoit dite i\ ^a Majesté tou cS son peÙt César, avoit cousté la vie, non de la part du roy, qui ne cogno t point ces bestes et monstres de poisons, mais de la part de celle (comme tout le monde tenoist) qui s'y sentoit intéressée, il laquelle le roi, contre ‘
redit, ne pensant pas qu’il en deust couster la vie il ce bonhomme de médecin, fidèle
serviteur de Sa Majesté. »
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douleurs de son fruict qui luy appaisèrent sur les huit. Le vendredy, sur les deux heures après midy, elle parvindrent à leur période par une grande évacuation de sang. L’on luy tira, puis après, un enfant mort-né, à pièces et loppins; fust saignée trois fois, receut trois chrystères, quatre suppositoires, lesquels ne luy seniient seulement, mais n eurent aucun effet pour attirer le second flux d’après le fruict. Elle demeura jusques aux six heures avec des douleurs et convulsions (s’affligeant elle-mesme au Aisaige et aultres parties de son coiq3s), non jamais veues par médecins, apothicaires et chirurgiens, comme ils me l’ont dit. A ladite heure de six, elle perdit le parler, l’ouïe, la vue et le mouvement, et demeura en cest estât jusques à cinq heures du matin du sabmedy, qu elle rendis! 1 esprit, après des mouvements dans l’agonie effroyables.
« ... Elle feust ouverte le sabmedy, trouvée avoir le poulmon et le foie gastés, une pierre en poincte dans le roignon et le cerveau offensé. Les médecins disent qu’un citron qu’elle mangea chez Zamet luy ficst mal. Dieu luy ait pardonné ses faultes et sa vie puisque sa mort a esté si heureuse au public. »
Une autre relation de M”® de Guise, qui ne quitta pas d’un instant (>ahrielle jusqu’à sa mort, ne diffère pas sensiblement de celle de M. de Vernhyes. Pendant l’office du mercredi, Gabrielle lessent les premières douleurs de l’accouchement, M"® de Guise a distrmtdeson mieux et reçoit d’elle communication de deux lettres du roi « pleines de l’impatience de la voir reine ». A la fin de a ceremonie, (gabrielle dit à la princesse qu’elle allait se mettre au ht et 1 invite a 1 accompagner. A peine de retour à son logis du Doyenné, des convulsions la prennent, mais cèdent aux remèdes eneigiques qu on lui administre. Elle entreprend alors de répondre HT R correspondant ; « mais une autre convulsion Pen cZmP Th! roy (la troisième de lajournée),
UrTl T convulsion, la voulant
lire, 1 lui en prit une autre qui, augmentant toujours, lui dura
levendiedy. parlaforce des remèdes qu'on lui fit, et mourut le
arntorrri’ssane:':’:' -
ladS
iorv:âUerdi“'ur-’‘’ -«S "u
P umons constatée à l’autopsie, sont autant de
symptômes et de lésions qui se rattachent à l’éclampsie. Quant à l’empoisonnement, il est difficile de l’admettre avec l’absence de toute lésion dans l’estomac : et d’ailleurs le roi n’aurait-il pas, dans ce cas, ordonné une enquête ?
Cette année 1599 fut funeste pour les amours de Henri IV : Une autre de ses maîtresses, la connétable de Montmorency (1), mourut à la suite d’une couche. Sa mort offre une ressemblance frappante avec celle de Gabrielle d’Estrées 5 son cadavre païut si hideux et si défiguré qu’on ne pouvait le regarder sans horreur. Empoisonnement ou éclampsie ?
Henriette de Balzac d’Entragues, marquise de Verneuil, consentit à devenir la maîtresse de Henri IV, à la condition qu il l’épouserait si, dans l’année, elle avait un enfant mâle , il y eut un engagement signé par le roi. Voici comment ce beau plan fut mis à néant. « Pendant un violent orage, la foudre tomba dans la chambre de la marquise, passa près de son lit, et lui causa une telle frayeur qu’elle mit au monde un enfant mort. Elle resta longtemps malade ; enfin les soins, les remèdes et, plus que tout cela, la présence du roi qui revint aussitôt près d’elle, et ne la quitta presque point tant que dura le danger, assurèrent sa guéiison Pendant sa convalescence, elle apprit qu’on négociait à Rome le mariage de Henri avec Marie de Médicis ; elle en fut au désespoir. Cependant, après ce mariage, elle garda un logement voisin des appartements de la reine. L’épouse et la maîtresse donnèrent le iour presque en même temps à un fils. La reine accoucha la première, le 27 septembre 1601, du Dauphin (Louis XIH), et, un mois après, la marquise mit au monde Gaston Henri. Ce double événement fut célébré par des réjouissances extraordinaires ; on y remarqua surtout un ballet, dont la reine elle-même avait composé les quadrilles des quinze plus belles dames de la coin, auxquelles elle s’était jointe, et parmi lesquelles elle voulut que Madame de Verneuil figurât, bien que chaque danseuse représentât
une vertu. »
Prétendue grossesse de Marguerite de Valois. On
sait que Henri IV n’eut pas d’enfant de sa première femme, ^ arguerite de Valois. Cette dernière était-elle stérile ? Ron, si 1 01 en croit le Divorce seUjriqiie, pamphlet composé, dit-on, sous
(1) Ne pas coolondre avec Charlotte-Margeerite do Monlmorencj, doul Henri IV fut aussi épris, mais sans eu rien obtenir.
MOrEN AGE ET TEMPS MODERNES
1 inspiration de son mari. « Elle s’en prit, dit ce document dont
Fio. 60. ■ - Henriette d’Entragues.
les affirmations sont d’ailleurs fort
suspectes, au triste
Aubiac,
comme au mieux peigné de ses domestiques, qu’elle enleva de
FiQ. C7. — Mai’guorito, fommo
do Henri IV, d’après los Portraits historijurs de M. N.el
ressu ie eu la chambre, et s'enfrt tellement picquer que ^ heureux eu telle rencontre, en devint roiul et enfle comme b
MOYEN AGE ET TEMPS MODERNES
Ion, vomissant en son terme un petit garçon, avec le secours d’une sage-femme que la mère de cepicqueur,'’pour l’amour de son fils, y
Fig. 68. - Naissanco do Louis XIU, d’ai rès Rubons.
Icssion et de .lui panser quelque apostume sur son derri
fc>v3I V 11 cl
■rière, lui
ce coup, de porter ce jeune prince, nouveau Ly sandre
mal emmaillotté, en nourrice au village d’Escoubiac, là au près, si fraîchement nay, que néantmois, pour le froid enduré le long
du chemin, il en demeura pour toujours privé de l’ouïe et de la parole et, pour ces imperfections, abandonné de l’amour et du soin de sa propre mère, qui ayant oublié les plaisirs de la conception, a longtemps permis qu’il ait gardé les oisons en Gascogne. »
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Accouchements de Marie de Médicis. — Le livre de Loyse Bourgeois. — Des i3as de danse ne suffisaient pas à perpétuer le souvenir de la naissance de Louis XIII. Si la poésie ne nous a rien laissé qui soit digne de mémoire, Rubens, dans la
série de ses toiles allégoriques, en a peint une qui représente la venue au monde de ce prince assez nul (üg. 68). La reine^contemple
'LTactrd dT -f: f -
P , . , , ’ Justice donne le nouveau-né en garde au
corne dtbonTa^^^^ ^'^^^^l'écondité, montranfdans sa
coined abondance, les cinq enfants qui naîtront de la reine. Nous
signalerons dans ce tableau deux erreurs de composition : la présence du soleil qui prend sa course dans son char indiquerait que l’accouchement eut lieu le matin; mais Louis XllI vint au monde le jeudi 27 septembre IGOl, à 10 heures 1/2 du soir. En second lieu, la constellation de Castor est figurée dans le haut du tableau; or le Dauphin n’est pas né sous ce signe, qui répond au mois de mai ; il vit le jour en septembre, sous le signe de la balance; c’est même à cette particularité qu’il dut son nom de Juste.
La numismatique fut aussi de la fête : la Monnaie frappa plusieurs médailles assez curieuses, non seulement à la naissance du Dauphin (fig. 69 à 74), mais encore pendant la grossesse de la reine (fig. 75, 76).
La mode était alors aux chronogrammes, sottise laborieuse consistant en mauvais distique dans lequel toutes lettres numérales, c’est-à-dire celles qui chez les Romains tenaient lieu de nombres, donnent le millésime ou la date d’un événement mémorable. Etienne Bernard, lieutenant-général auhaillage de Châlons, comprit, dans le chronogramme suivant, l’an, le jour et le mois de la naissance de Louis XIll ;
LUCe JoVls prIMa, qVa soL sVb LanCe refVLget Nata saLVs regno est IVstltIæq^ e CapVt.
Additionnez les lettres capitales, vous aurez le chiffre 1601, date delà naissance du Dauphin ; luce Jovis prima, nous appiend que le prince qu’on devait surnommer le Juste, nata, salas regno Cbt justitiæ que caput naquit un jeudi ; qua sol sub lance refulget dénonce à la postérité qu’on était en septembre, sous le signe de la balance (1).
Lajoie qui accueillit la naissance de Louis XllI est fort naturelle ; on comprend que le roi, voyant la maison de Bourbon définitivement établie sur le trône, ait couru entendre un Te Deuni d’actions de grâces avec un tel empressement qu’il en ait }mrdu son chapeau, et que la France, épuisée par les dissensions anterieures, demandait le maintien d’une dynastie que Henri IV avait su
lui faire aimer. .
D’ailleurs, aucune reine n’accoucha plus allègrement que Marie
(1) l’om- en finir avec ces futilités, nous i-.ipporterons encore .sur la naissance de Louis XI V, qui eut lieu en 1638, le jour où la constellation , l’Aigle se trouvait en conjonction avec le Cœur du Lion :
EXorlens UeLphlu aiiVlLæ CordIsqVe Leonls CongressV giiLLos spc Lietltlaq^ e refeC It.
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tle Médicis ; le travail avait été laborieux et pourtant, deux jours après, elle songeait à quitter son lit. Le 29 septembre, Henry IV écii\ait à Sully .■ « Il est impossible de croire comme ma femme se porte bien. Vu le mal qu’elle a eu, elle se coiffe d’elle-même et parle déjà de se lever. »
Fig. 77. — Mario de Médicis.
laisse sur les cminlipa rm lo • temps. Oelle-ci nous a
.'csanto, ‘let
-V.COUCUUMKNTS A LA TOUlî.
Chereau (1). Outre la Relation de la naissance des enfants de Franco, le livre de Loyse Bourgeois contient des Conseils à ma fille (2), un Recueil de secrets et des observations sur la stérilité,
Fia. 78. — Loyse Bourgeois.
verte de fruict, fœcondité, accouchements et maladies des femmes et enfants nouveaux-nez ; il est orné de deux portraits graves pai Pier/e Firens et par Thomas de Leu(fîg. 77, 78); lun représente
(1) Nous devons i\ l’oblisennce de lediteur, M. Brunox, de reproduire ce8 notes que
reproduite i. ..te, «e dans notre volume dotei et Curionités sur les accouchements.
MOYEN AGE ET TEMPS MODERNES
Ici 1 6iii6 Mciiiô dô Médicis 6t 1 ciutro Loyso BourgGois coifféG du chapGi'on
Au-dGSSOiis du luédaillon dG la rGiuG on lit cg (juatrain, rGuiarquablG p£ir sa platitudG :
Quand l’auguste grandeur dont tu vois le pourtrait Prist naissance ça bas le Ciel, la terre, Ponde S^esjouirent disants : Voicy l’œuvre parfait D’üu naistront des enfants tous Monarques du Monde.