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profession. C’est en raisonnant ainsi que quelques Syndicats agricoles en sont venus à fonder de véritables bazars où l’on trouve de tout indistinctement, où les sacs d'engrais voisinent avec les tonneaux de pétrole, où le rayon de l’épicerie s'étale à côté de celui des vêtements. Mais le rôle des tribunaux est précisément de réprimer ces abus et il nous paraît que s’il est difficile d'établir un critérium exact auquel reconnaître l'utilité réelle de tel ou tel objet pour l'exercice de la profession agricole, la jurisprudence pourrait fort bien délimiter au moyen de solutions d'espèces le droit des Syndicats. M. Salmon-Legagneur, dans la note qu'il a consacrée dans le recueil périodique de Dalloz à l’arrêt de la Cour de Cassation du 29 mai 1908, fait observer avec raison qu’il serait facile (1) « de trouver dans notre législation un « grand nombre de cas où l'application d’une « règle générale posée par la loi donne naissance à « des difficultés non moins grandes dans la prati- « que. Sans sortir, dit-il, de la matière qui nous « occupe, ne serait-il pas fort délicat de déter- « miner avec une exactitude absolue quelles sont « les opérations concernant l’industrie agricole, « dont la-loi du 5 novembre 1894 autorise la ga- « rantie par les sociétés de crédit agricole, ou « pour lesquelles la loi du 29 décembre 1906 et le
(1) D. P. 1909 — 1 — 25 — note de M. Salmon-Legagneur, avocat à la Cour d’appel de Paris.