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vendre les denrées obtenues à un prix rémunérateur. C’est certainement un grand point pour le cultivateur que de se procurer à bon compte les matières premières, les instruments dont il a besoin, mais l'essentiel est surtout de trouver un bon prix des produits qu'il tire de l'exploitation du sol. Il faut que la terre assure à ceux qui la cultivent un juste dédommagement de leurs efforts et de leurs peines.
Les syndicats le comprirent dès la première heure et après s'être occupés du prix d’achat des engrais, 1ls s'intéressèrent aux prix de vente des produits : Ils s’organisèrent pour vendre en commun à des prix rémunérateurs les produits agricoles récoltés par les syndiqués, ils s’efforcèrent de remédier à la mévente de certaines denrées ou à la baisse exagérée des cours par le groupement des offres et la garantie d'authenticité, par la recherche de débouchés nouveaux et la suppression des intermédiaires.
Habitué à travailler et à vivre isolément, absorbé d’ailleurs par ses occupations de chaque jour, n’ayant pour tous renseignements que ceux qu'il recueille de temps à autre au marché de la ville voisine, le paysan est mal armé pour lutter contre les exigences du commerce et tirer de ses produits le bénéfice auquel il pourrait Justement prétendre. Il est souvent poussé par le besoin d'argent ou le manque de place à vendre immédiate-
ment après la récolte et les ventes précipitées sous l'influence de cette double nécessité amènent un abaissement parfois considérable dans le prix des produits, elles donnent enfin Hbre cours à toutes les spéculations : N'est-ce pas là une des principales causes de la persistance de la crise viticole dans le Midi ?
Le paysan ne connaît que le commerçant de la ville voisine ou le courtier qui, chaque année, achète sa récolte, il est d’ailleurs sans défense pour lutter contre eux, n'ayant point d’autres débouchés à sa disposition.
Une autre cause de la crise qui pèse lourdement sur l’agriculture, c’est la multiplicité des intermédiaires entre le producteur et le consommateur, intermédiaires qui n’ont qu'un but : acheter au meilleur compte pour revendre le plus cher possible, d'où toutes sortes d'abus dont souffrent à la fois producteurs et consommateurs, manœuvres de spéculation pour provoquer la baisse au moment de la récolte (1),falsifications de denrées pour augmenter artificiellement la masse des produits
(1) C’est pour lutter contre la spéculation qu’en 1900 sur l'initiative de M. Alfred Paisant le congrès de la vente du blé, tenta d'organiser en France la vente collective du blé : Les résultats obtenus n'ont pas été très satisfaisants. En Allemagne et en Autriche, au contraire, la vente collective des céréales est pratiquée avec suecès au moyen des Kornhaüser et Lagerhaüser. Voir sur cette question : Bouillon. La vente coopérative des céréales à l'étranger et en France, thèse p. 178 et suivantes.