‹ Les Achéménides et les Inscriptions de la PerseChapitre 18 sur 32 · L. (4) Darius le roi déclare : J*ai fait cette tablette · texte numérisé non relu

L. (4) Darius le roi déclare : J*ai fait cette tablette

(i) Robe courte, suivant le costume de Babylone.

(2) Le texte perse est sur la robe courte de ce personnage.

(3) L'inscription de ce dernier personnage, plus haut de taille que les autres et portant un bonnet pointu, n'est pas traduite en scythique ni en assyrien.

(4) Cette inscription est écrite en médo-scythique seulement. Conf. Norris, Journal ofthe R, A, 5., vol. XV, pi. i, p. 145.

en texte arien telle qu*il n'en existait pas de semblable jusqu'alors. Je l'ai faite... le graqd.... le grand.... et je l'ai écrite, et j'ai envoyé cette tablette dans les provinces pour que le peuple puisse la connaître.

L'ELVEND

Noua savons que les Perses^ suivant en cela les traditions assyriennes^ avaient Thabitude d'élever des monuments à la limite de leurs Etats, ou sur les points qui devaient frapper l'attention par le souvenir de quelque glorieux épisode de leur règne. Hérodote nous a parlé de la stèle que Darius fit ériger sur les bords du Bosphore, lors de son passage en Europe; nous connaissons déjà les inscriptions de Persépolis, de Nach-i-Roustam et de Bisitoun; mais il est difficile de comprendre le motif qui a pu porter Darius à laisser son nom dans les gorges de TElvend.

Cette montagne domine Hamadan^ l'ancienne Ecbatane; elle est devenue célèbre par les chroniqueurs et par les poètes qui en ont décrit la beauté, en prose et en vers. Mohamed ben Bescharel Hamadani s'exprime ainsi :

« Bénie soit ton ombre^ montagne de TElvend , à qui j'ai jeté un adieu douloureux.

« Qui saura pourquoi je regrette ta source, qui guérit de tous les maux?

c Puisses-tu revêtir chaque printemps ta robe de verdure et de fleurs humides de rosée,

c Afin que les jeunes filles viennent folâtrer à Tombre de tes collines, comme de légères gazelles. »

L'Elvend renferme^ en effet, une source qui, au lieu de jaillir du pied de la montagne, coule de son sommet.

Un jour, un habitant de Hamadan rencontre Abou-Abd- Allah-Dja'far, fils de Mohamed-el-Sadeq : « D'où es-tu ? lui demande l'iman. — De la montagne, répond le passant. — De quelle ville? — de Hamadan. — Connais-tu la montagne qu'on nomme Rawend? — Que ma vie soit votre rançon! répondit Tétranger, mais on la nomme Erwend. — Soit, reprit Dja'far, mais elle renferme une source qui jaillit du Paradis (i). v

Les habitants sont convaincus que ces paroles s'appliquent à la source qui sort du sommet de la montagne. Elle possède des qualités mystérieuses. D'abord, elle coule chaque année un nombre limité de jours, et elle a une influence salutaire sur les malades qui de tous côtés viennent s'y désaltérer. Puis, on prétend qu'elle est d'autant plus abondante, que le nombre des buveurs est plus nombreux; mais elle tarit à une époque fixe, qui n'est jamais dépassée.

Suivons, du reste, M. Flandin à travers les gorges de la montagne, et nous connaîtrons par son récit le site que Darius et Xerxès ont choisi pour y déposer leur pensée. .

A trois kilomètres de la ville (d'Ecbatane) , dit l'artiste voyageur, s'ouvre une vallée étroite qui porte le nom de Abbas-Abad. Elle est traversée dans toute sa longueur par un torrent qui descend par une pente rapide des sommets de la montagne, couverte d'une neige éternelle. On remonte le ravin en passant plusieurs fois le torrent, qui serpenteau milieu de vergers parfaitement cultivés; mais au fur et à

(i) Barbier, Dictionnaire géographique de la Perse, v® Elvend.

mesure que Ton monte, la riante verdure fait place à des rocs sauvages. Des roches escarpées se rapprochent et ne laissent plus qu'un étroit passage aux eaux^ qui, arrêtées par elles et furieuses, bondissent de Tune à l'autre avec un fracas assourdissant. Il n'y a plus de chemin frayé, il faut escalader les rochers, et, après avoir franchi mille obstacles produits par la nature des lieux, on arrive à un espace peu étendu, mais dégagé, situé à environ cinq kilomètres de la gorge.

Là, au pied d'une cascade qui se précipite du haut des sommets successifs d'une suite de pyramides gigantesques de granit rouge , entre lesquels le soleil cherche vainement à fondre la neige, se trouve un rocher sur la face méridionale duquel sont gravées, dans deux niches taillées à dix pieds du sol, -deux groupes d'inscriptions en caractères cunéiformes.

Les inscriptions de gauche appartiennent à Darius, celles de droite à Xerxès; elles ont été copiées pour la première fois par M. Steward et par M. Vidal, drogman du consulat de France à Alep. Ë. Burnouf en a également trouvé des copies dans les papiers de Schulz , et elles ont été publiées dans le Journal asiatique.

Voici d'abord l'inscription de Darius (i) :

Inscription O.

<t Ormuzd est un grand Dieu ; il a créé la terre^ il a créé le ciel, il a créé l'homme, il a donné à l'homme le bonheur^ il

(i) Il existe un moulage de ces inscriptions au musée de la Société asiatique de Londres. — Voyez, sur le texte perse: Burnouf, Mémoire sur deux inscriptions, p. 20; — Lassen, Zeitschri/t, p. 122 ; — Rawlinson. Journal ofthe R. A, S., vol. X, p. 276 ; — Benfey, Die Persisch, Keilins, p. 62 ; — Oppcrt, Inscriptions des Achéménides, p. 21 3; — Spiegel, Die Persisch. Keilins, p. 44. — Sur le texte médo-scythi-

a fait roi Darius, seul loi sur beaucoup de rois, seul maître sur beaucoup d'empereurs.

« Je suis Darius le grand roi, le roi des rois , le roi des pays bien peuplés, le roi de cette vaste terre qui commande au loin et auprès, fils d'Hystaspe, Acfaéménide. »

Voici maintenant l'inscription de Xerxès, qui ne diffère de celle de Darius que par le nom (i).

Inscription F.

« Ormuzd est un grand Dieu , il est le plus grand des dieux^ il a créé cette terre, il a créé le ciel, il a créé l'homme, il a donnée I- homme le bonheur, il a fait Xerxès roi, seul roi sur beaucoup de rois, seul maître sur beaucoup d'empereurs.

« Je suis Xerxès^ le grand roi^ le roi des rois, le roi des pays bien peuplés, le roi de cette vaste terre^ qui commande an loin et auprès, fils de Darius, roi, Achéménide. »

que : Westergaard , dans les Mém, de la Société des ant. du Nord, 1844, P» 3o6; — De Saulcy, Recherches analytiques, p. 122 ; — Norris, Journal of the R, A, 5., vol. XV, p. i, p. 146. — Sur le texte assyrien : De Saulcy, Mém, autog, du 27 novembre 1849, P* ^•

(i) Voyez, sur le texte perse : Burnouf, Mémoire sur deux inscriptions, p. 121; — Lassen, Zeitschrift^ vol. VI, p. 143; — Rawlinson, Journal ofthe R, A, 5., vol. X,.p. m, p. 3ig, d'après sa propre copie; — Benfey, Die Persisch. Keilins^ p. 66 \ — Oppert, Inscript, des Achém,, p. 280 j — Spiegel, Die Alt Persisch, Keilins^ p. 60. — Sur le texte médo-scythique : Westergaard, dans les Mém, des antiq^ du Nord^ 1844, p. 340; — De Saulcy, Recherches analytiques, p. 14, 2241; — Norris», dans le Journal oftheR, A', S\, t. XV, p. i, p. 164 — Sur le texte assyrien : De Saulcy, Mém, autog, du 14 septembre «849». p. 38.

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