‹ Les Achéménides et les Inscriptions de la PerseChapitre 19 sur 32 · VAN · texte numérisé non relu

VAN

Ce que Ton appelle aujourd'hui le château de Van n'est qu'un énorme rocher vif, d'une masse calcaire extrêmement dure, et très-escarpé ; il est taillé à pic du côté du sud et un peu en talus des côtés nord et nord-ouest; il s'allonge de Test à l'ouest. Ce rocher est couronné de plusieurs rangs de murs et de différentes fortifications turques. A l'endroit où le rocher est le plus escarpé on voit, à peu près à' soixante pieds au-dessus du niveau de la plaine, une grande table carrée, creusée dans le roc et divisée par des lignes perpendiculaires en trois colonnes. La première est presque aussi large que les deux autires. Les caractères cunéiformes dont elles sont couvertes sont d'une grande beauté; on peut les voir et les copier facilement de la plaine. Ces trois colonnes se composent de vingt-sept lignes chacune; elles ont été copiées pour la première fois par l'infortuné Schulz, qui mourut quelque temps après, assassiné par les Kurdes. Ces inscriptions ont été publiées dans le Journal asiatique, avec la série des inscriptions arméniaques que Schulz avait recueillies dans ces contrées.

Le texte des inscriptions trilingues rédigé par Xerxès

nous apprend que Darius avait fait exécuter dans ces lieux un ouvrage que le texte perse désigne sous le nom de Çtana (i), mais dont nous aurions perdu le souvenir si Xerxès n'avait signalé à la postérité les travaux que son père avait fait exécuter dans ces lieux.

C'est la seule inscription trilingue qui ait été découverte dans ces parages. Les autres inscriptions recueillies par Schulz appartiennent aux anciens rois de l'Arménie; elles résistent encore à Tinterprétation; on a pu constater seulement qu'elles sont d*une époque de beaucoup antérieure et, les plus récentes, contemporaines de Sargon ; elles datent par conséquent de Tan 700 à 720 avant J.-C.

Voici la traduction de l'inscription achéménide (2).

Inscription K.

« Ormuzd est un grand dieu , il est le plus grand des dieux, il a créé cette terre, il a créé le ciel (3), il a créé l'homme, il a donné à l'homme le bonheur, il a fait Xerxès

(i) Le mède transcrit astana (c'est le nom technique de la con* struction). On connaît déjà Vardastana de PersépoHs, inscription L.

(2) Conf. Journal de la Société asiatique^ t. IX, iii« série, p. 277, — Sur le texte perse : Lassen, Zeitschrift, vol. VI, p. 146; — Rawlinson, Journal ofthe R, A. S., t. X, p. 334; — Benfey, Die Per~ sisch, KeilinSj p. Ç^Ç^) — Oppert, les Inscriptions des Achéménides, p. 281 ; — Spîegel, Die Alt Pers., p. 63. — Sur le texte mcdo-scythique : Westergaard , dans les Mém, de la Société des antiq. du Nord, p. 256; — De Saulcy, Recherches, etc, p. 239; — Norris, dans le Journal ofthe R. A. 5., t. XV, p. i56. — Sur le texte assyrien : De Saulcy, Mém, autog., p. 48; — Oppert, Expéd, scient, en Mésop,, t. II, p. 121.

(3) Le texte assyrien dit : Il a créé le ciel, il a créé la terre, etc.

roi [roi des rois] (i), seul roi sur des milliers d'hommes, seul arbitre sur des milliers d'hommes.

(( Je suis Xerxès, le grand roi, le roi des rois, le roi des nations qui parlent toutes les langues, roi de cette vaste terre, (qui commande) au loin et auprès, fils de Darius, roi, Achéménide.

« Xerxès le roi déclare : Darius, mon père^ a fait ici par la grâce d'Ormuzd beaucoup de belles œuvres ( Çfana) ; il avait aussi donné l'ordre d*ériger une stèle, mais il n'avait rien écrit sur la pierre. Alors j'ai fait un décret pour écrire cette inscription. Qu'Ormuzd, avec les autres dieux, me protège, moi et mon empire, et mon œuvre. »

(i) Ces mots sont ajoutés sur le texte assyrien.

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