II. — La tyrosine. Ses réactions chimiques et biologiques
LA
La tyrosine est un acide paraoxyphényl amino-propionique contenant un noyau aromatique CH‘. Sa formule est
O°’H (cu — cu ) C°HAz0* ou En | - AzH:
OH
Elle fut découverte par Liebig en fondant de la caséine avec de la potasse. Elle se produit, ainsi que la leucine, lorsqu'on chauffe longtemps la caséine, la fibrine, l'albumine, etc., avec de l'acide sulfurique. Elle accompagne cette dernière dans la
rate, le pancréas, le foie, le sang des veines sus-hépatiques et les produits de digestion trypsique. On la signale chez les arthropodes et dans la cochenille.
Soluble dans l’eau bouillante, elle l’est très peu dans l’eau froide; insoluble dans l’alcool-éther, elle l’est très dans l'ammoniaque. On peut l’isoler à l'état de cristaux. Dans l'expectoration bacillifère, M. Monceaux procéda de Ja façon suivante :
Il recueille les crachats dans un récipient bien propre, il les additionne d'eau, puis les porte pendant cinq minutes à l'ébultion. Après filtration, le liquide obtenu est déféqué au sousacétate de plomb et filtré de nouveau. Dans ce filtrat, il fait passer un courant lent et prolongé d'hydrogène sulfuré qui élimine le plomb. Il filtre encore une fois puis il concentre au bain-marie jusqu'à consistance sirupeuse. Il reprend alors par l’'ammoniaque, filtre aue dernière fois, et obtient la tyrosine en solution ammoniacale. Cette solulion est concentrée au bainmarie jusqu'à consistance sirupeuse. À partir de ce moment, on a le choix entre deux moyens. Le premier consiste à abandonner la solutiou concentrée pendant quelques jours dans un endroit frais. Elle laisse alors déposer des cristaux de tyrosine qui, au microscope, se présentent sous la forme de houppes soyeuses ou de fines aiguilles caractéristiques.
Le second moyen consiste à évaporer à sec la solution concentrée et à reprendre le résidu par l'animoniaque pur. Quelques gouttes de cette nouvelle solution placées sur une lame de verre et évaporées à la température du laboratoire laissent déposer des cristaux qne l’on reconnaît au microscope. Malheureusement, dans ces 2 cas, la cristallisation est souvent gênée par la présence d'albumine;aussi vaut-il mieux s'adresser pour caractériser la tyrosine aux réactions déjà connues etqui sont les suivantes :
1° Réaction d’'Hoffmann : Bouillie avec du réactif de Millon étendu au quart (c'est-à-dire un mélange d'acide nitrique et nitreux; de nitrate et de nitrite de mercure); la tyrosine donne une teinte puis un précipité rouge brique;
% Réaction de Scherer : Évaporée à sec avec un peu d'acide