‹ Les acides aminés dans l'expectoration. Tyrosino et Tryptophano-réactions des crachats dans la Tuberculose pulmonaireChapitre 9 sur 37 · AR TOUS · texte numérisé non relu

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azotique, la tyrosine fournit un résidu jaune de nitrate et de nitro-tyrosine virant à l'orange foncé par addition de soude ;

3° Réaction de Piria : En dissolvant à chaud de la tyrosine dans SO‘H? concentré, puis en étendant d’eau et en neutralisant par CO*Ba filtrant et ajoutant FeCF, on obtient une coloration violette ;

° Réaction d’Aloy et de Rabaut : La tyrosine, successivement traitée par l’eau chlorée et l’ammoniaque, donne une coloration rouge passant peu à peu au jaune brunâtre ;

5° Réaction de Denigès : En mettant dans un tube à essai 2 cc. de SO‘H? pur et [Il à IV gouttes d’une solution alcoolique de paraldehyde au tiers en volume, puis en ajoutant quelques parcelles de tyrosine ou | ou IT gouttes de solution, on obtient une teinte groseille plus ou mioins accentuée suivant les doses.

En remplaçant l'éthanal par le formol, on a une coloration verte. En mettant dans un tube à essai 2 à 3 centigrammes de tyrosine, 4 cc. d'acide acétique cristallisable et IV gouttes de formol, portant à une franche ébullition, ajoutant aussitôt 1 ce. de SO‘? (D — 1,84) et agitant, il se forme une coloration rouge. Si l’on chauffe de nouveau en retirant du feu dès que la teinte fonce très franchement, la coloration passe au vert feuille morte et tend peu à peu à verdir davantage par refroidissement. On peut déceler ainsi un centième de milligramme de tyrosine dans la prise d'essai ;

6° Réaction de Bed Reurdielo En ajoutant à 8 ou 10cc. du liquide où l’on veut déceler la tyrosine quelques gouttes de macération glycérinée d’un champignon, le Russula delica, au bout de quelque temps on obtient une coloration qui, suivant la teneur en cet acide, va du brun clair au noir.

M. Monceaux, au début de ses recherches, a pratiqué concurremment toutes les réactionssus-indiquées ; s’il s’est arrêté pour sa Tyrosino-réaction à cette toute dernière, c'est-à-dire à celle de Bertrand-Bourquelot, c'est qu'elle lui a paru très sensible et capable de déceler des traces infimes de tyrosine. Il pense d'ailleurs, avec M. Pissavy, que son extrême simplicité la met à la portée de tous les praticiens, même.en campagne, où ilest facile de trouver des Russules.

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Nous avions pensé, pour notre compte personnel, faire appel non plus à un réactif biologique qui, comme nous le verrons plus loin, présente pour sa conservation quelques écueils, mais à un des réactifs chimiques et opérer avec le réactif de notre maîlre M. le Professeur Denigès. Sur les conseils de M. Monceaux, qui à eu l'amabilité de nous répondre à ce sujet ainsi que sur quelques points de lechnique, nous n'avons pas donné de suite à cetle idée, car pour lui, en milieu sulfurique, au contact de la paraldehyde, on obtient des teintes rouges avec de nombreux corps. La réaction de Denigès ne serait done caractéristique qu'avec de la fyrosine pure. 11 nous a confirmé l’efficacité de la tyrosinase du Russula delica ; c’est pourquoi nous nous en sommes tenu également à la macération glycérinée de ce champignon. C'est à l'extrême obligeance de M. le Professeur Herissey, pharmacien-chef de l'Hôpital Saint-Antoine à Paris, que nous devons l'échantillon de ce réactif; nous le prions de trouver ici l'expression de notre respectueuse gratitude.

Qu'est-ce que le « Russula delica » et comment obtient-on sa macération glycérinée ?

Les Russules sont des Leucosporées comestibles très fréquents en France, surtout en Bourgogne et aux environs de Paris. Blancs (R. delica), verdâtres ou jaunâtres (R. virescens), roses ou rougeâtres (R. rubescens), ces champignons ont un chapeau charnu, convexe et non strié au bord, déprimé au contraire vers la partie centrale, avec une face inférieure tapissée de lamelles hyménales libres descendant vers un pied court et épais. MM. Em. Bowrquelot et Bertrand, dans un très intéressant travail Sur les ferments oxydants des champignons, ont montré, pour la première fois, que certains champignons du genre Russula contenaient des ferments oxydants, et nous lisons dans le Journal de pharmacie et de chimie, 1896, IT, 607, l'article suivant :

« On sait avec quelle rapidité le suc de racine de betterave se colore en rouge, puis en noir au contact de l'air, et qu'il en est de même pour d’autres sucs végétaux, comme ceux des tubercules de dahlia ou de pommes de terre, du Russula nigricans.

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Ces colorations sont dues à l'oxydation de la tyrosine sous l'influence d'un ferment soluble. Cette oxydation n’est pas due à la « laccase », mais à une oxydase particulière, la « tyrosinase ».

» La tyrosinase est effectivement, très instable quand on la pr ue du suc de betterave ou de dahlia par addition d’aleool. Elle est déjà si atténuée que le plus souvent l’eau dans laquelle on fait macérer le précipité n'acquiert pas d'action sur la tyrosine. Certains champignons, au contraire, fournissent aisément un liquide très actif, tels les Russules. On peut utiliser Le suc de ce champignon soit aussitôt après la récolle, soit le conserver pour des expériences plus tardives. Dans ce dernier cas, on le divise en tranches minces qu'on fait sécher dans le vide. Au moment du besoin, on fait macérer le résidu dans un peu d’ eau froide. et on filire après quelque temps... »

Plus loin, nous lisons encore : « Quand on verse un peu de macération de Russule faite à froid dans une solution de tyrosine, le mélange se colore successivement en rouge, puis en noir et laisse finaleinent déposer un précipité amorphe de même couleur. É |

» Avec un dispositif convenable, on constate en même temps une certaine absorption d'oxygène : sous une cloche reposant sur le mercure, le mélange se colore faiblement en rose au début de l'expérience parce qu'il est impossible d'éliminer toute trace d'oxygène, mais il reste ensuite dans cet état, quelle que soit la durée de l'observation.

» Avec une macération bouillie de Russule, la tyrosine ne ce jamais la coloration. »

M. Herissey, reprenant les expériences déjà à anciennes de Bourquelot, chercha quelle préparation permettrait le mieux de ‘conserver au champignon ses propriétés, elaprès de nombreuses expériences, 1l en est arrivé aux résultats suivants : « C’est que le suc solide préparé par lui avec deux fois sen poids d’une solution de gomme arabique stérilisée dans son poids d'eau avait perdu ses propriétés après plusieurs années, alors que 1 ce. de macéré ou de suc agissait encore nettement sur 100.000 ec. du réactif (soit du gaïcol en solution aqueuse saturée de pyramidun,

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soit de la tyrosine en solution aqueuse à 0,50 p. 1.000 ce.) (Prof. Herissey, Journal de pharmacie et de chimie, T° série, 1919, p. 241).

Aussi, la préparation actuelle du réactif est-elle la suivante :

Un champignon du genre « Russula delica », frais et en bon état, est débarrassé avec soin de sa couche superficielle puis coupé en fragments. On les introduira dans de petits flacons colorés en jaune, bouchant à l'émeri, dans lesquéls on mettra deux fois le poids des fragments de glycérine neutre à 30 degrés Baumé. Ces flacons seront conservés à l'obscurité. Il suffira de filtrer au moment de l'emploi la quantité nécessaire du réactif.

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