ENSEIGNEMENTS DOCTRINAUX DES ACTES DES APOTRES. CCIX
D’après quelques passages, τ, 5; 11, 39; vin, 39 (variante), le baptême implique le don de l'Esprit-Saint; d’après 1x, 12, 17, l'Esprit-Saint est donné par l’imposition des mains préalable au baptême; d’après xix, 1-7, il est donné après le baptême par l'imposition des mains de Paul; d’après vrr, 15-17, le baptême n'était pas suffisant, il fallait qu'intervint l'imposition des mains des apôtres, xix, 6. En un passage, x1, 44, l'Esprit-Saint est répandu sur des païens, à l'audition des paroles de l’apôtre Pierre, mais avant le baptême.
Rien ne nous permet de répondre nettement à la question si l'Esprit-Saint était conçu comme une personne ou s’il était regardé comme un élément impersonnel, envoyé par Dieu ou venant de lui. D’un côté, l'Esprit parle, τ, 16; vurx, 29, ce qui est un acte personnel; d'autre part, il tombe, κι, 15, cf. x, 44; ce qui semble indiquer un élément.
V. Les enseignements des Actes sur Jésus (1), Messie et Fils de Dieu, Seigneur, Sauveur sont très précis, mais d'un caractère tout particulier. Tout au moins dans les premiers chapitres, principalement dans les discours de Pierre, quelques-uns de ceux-ci, par exemple sur la personne de Jésus, sont présentés sous une forme archaïque. Nous avons ici les croyances de la première généra-. tion chrétienne, reproduites avec une fidélité particulière : elles doivent provenir d’une source ancienne et originale.
Pierre, dans ses discours, ne pouvait enseigner nettement et clairement la filiation divine de Jésus. Les Juifs, ses auditeurs, strictemeut monothéistes, ne l'auraient pas compris, ou s’ils l’avaient compris, ils n'auraient pas supporté une semblable affirmation. Cependant, Pierre parle de la divinité de Jésus, mais d'une manière voilée, car ce qu'il voulait démontrer en premier lieu, c'est la messianité de Jésus. « Dans ce premier contact avec les Juifs qui viennent de rejeter Jésus, parce qu'il s’est dit Fils de Dieu, les apôtres affectent de parler la langue reçue en matière de messianisme. Cependant, ces locutions de plano n’ont d'autre but que d'introduire celle de Fils de Dieu : cf. 1x, 20; χα, 88». Duraxp (2).
Toutelois, Pierre affirme que Jésus est le Messie, que Dieu l’a fait Seigneur, 11, 36. Était-ce une affirmation positive de la divinité de Jésus? Pour les Juifs le Messie était un roi puissant, glorieux, qui devait rétablir le royaume d'Israël, τ, 6. Pour eux, le Messie n'était Fils de Dieu qu’au sens théocratique, Ps. τι, 7, et non au sens naturel. Mais, comme Seigneur, Jésus est au-dessus de tous les autres hommes et il lui est attribué des qualités et des pouvoirs divins, qui l'égalent à Dieu. Ce n’est en aucun autre qu'est le salut, 1v, 12; Dieu l’a exalté prince et sauveur, v, 31; juge des vivants et des morts, x, 42. On lui attribue les mêmes fonctions qu'à Dieu, Il protège par sa présence, xvirr, 10, comme Dieu. lui-même, ναι, 9. De nombreux croyants se convertissent au Seigneur, xr, 21, probablement à Jésus nommé au ÿ. précédent. « Enfin, dit Mangenot(3), la position que Jésus occupe auprès de Dieu et les relations de ses disciples avec lui ne peuvent, sans blasphème, s'expliquer que s’il est Dieu. Il est à la droite de Dieu,
(3) J. Ανβιαν, Jésus-Christ d'après les Actes des apôlres, thèse de doctorat en théologie, présentée à la Faculté catholique de Lyon, Lyon, 1922. (2) L'Évangile de l'enfance : Revue pratique d'apologétique, 15 déc. 1906, p. 830. (3) Jésus, Messie et Fils de Dieu, d'après les Actes des apôtres, Paris, 1908, p. 59 ACTES DES APOTRES. τ
‘CCX INTRODUCTION
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dans la gloire divine, vi, 55, 56, et on le prie, vir, 60. Étienne remet directement son âme entre ses mains, vir, 53, comme lui-même avait remis la sienne à son Père, Le. xxim, 46. Les apôtres sont heureux de souffrir persécution, d'endurer les outrages, d'affronter la prison et la mort pour lui, v, 41; xv, 26. Ils rapportent à sa puissance les miracles qu’ils opèrent en son nom, 111, 46; 1v, 10;
1x, 24; χυι, 18; οἷ, x1x, 13, 14. C’est en son nom aussi qu’ils confèrent le baptème,
1, 38; x, 48; x1x, 5; xx, 16. Or, étant donné que les Juifs résumaient dans le nom de Yahveh (le tétragramme ineffable) tout ce que la révélation leur avait appris sur Dieu, il est remarquable que, dans les Actes, 6 nom est toujours celui de Jésus. Les fidèles sont ceux qui invoquent son nom, 1x, 14, 21 et les apôtres prêchent son nom, 1x, 15 ou en son nom, vin, 12. »
Nous devons conclure de ces relevés que si les Actes n’enseignent pas nettement, en propres termes, la divinité de Jésus, ils l’enseignent cependant, quoique indirectement, en termes, suffisamment explicites et nous pouvons affirmer qu'elle ressort des faits racontés et des enseignements du livre des Actes. Entrons maintenant dans l’exposé détaillé.
1° Jésus de Nazareth est le Messie promis par les prophètes : telle est l'aflirmation de Pierre dans ses divers discours : 111, 22, 34; 1v, 27, de Paul, 1x, 22; XVII, 3; XVI, 5. Pierrelaprouve par le fait que les temps messianiques sont arrivés, 11, 6, par les miracles que Jésus a opérés pendant sa vie, par sa mort sur la croix, par sa résurrection et sa séance à la droite de Dieu dans le ciel. Jésus a été un homme approuvé de Dieu par les miracles, les prodiges, les signes» que Dieu a faits par lui au milieu des Juifs, comme ils le savent eux-mêmes,
αι, 22, il a été cloué à la croix, et il est mort de la main des iniques, mais
d'après un dessein voulu et la prescience de Dieu, τι, 23, qui ἃ accompli ainsi ce qu'il avait annoncé d'avance par la bouche de tous les prophètes, à savoir que son Christ devait souffrir, nr, 18; 1v, 25-29; les prophètes avaient annoncé aussi que le Christ ressusciterait, 11, 24; Ps. xv, 8-11. Il a été élevé à la droite de Dieu, n1, 32; vu, 56 et il reste au ciel jusqu’au rétablissement de toutes choses, 111, 21. Les apôtres sont les témoins de la résurrection de Jésus, 11, 32; τι, 15; τν, 33; v, 30-32; x, 40-42; χππι, 30, 31, etc.
C'est le jour de la Pentecôte, que Pierre démontre avec le plus de développement la résurrection de Jésus. Il voulait proclamer que Jésus de Nazareth était
le Messie. Mais la mort de Jésus paraissait être une négation de sa messianité;
sa résurrection en sera l’affirmation éclatante. Pierre établit donc celle-ci : 4° par la preuve scripturaire qui devait surtout impressionner et convaincre les Juifs et 2° par l'attestation que lui et ses compagnons ont été les témoins de la résur-
- rection de Jésus.
1° Dieu a ressuscité Jésus en rompant les douleurs de la mort, attendu qu'il
n'était pas possible qu'il restât au pouvoir de celle-ci, τι, 24. Pierre cite un
passage du psaume xv, 8-11 et raisonne ainsi. David, l’auteur du psaume, est mort et a été enterré à Jérusalem; son tombeau est encore parmi nous. La déclaration du psaume ὁ 10, 11 : « Tu n'abandonneras pas mon âme dans le Hadès et tu ne permettras pas que ton saint voie la corruption; tu m'as fait connaître les chemins
de la vie » ne peut s'appliquer à David et doit être entendue d'un personnage
ressuscité des morts et vivant. C’est de Jésus, dont aucun tombeau ne contient le cadavre et qui est donc ressuscité que parle David, 11, 29-39. Et 2° nous sommes
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