‹ Les Actes des ApôtresChapitre 104 sur 358 · DT PP NT · texte numérisé non relu

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ENSEIGNEMENTS DOCTRINAUX DES ACTES DES APOTRES. CCXxÉ

témoins que Jésus est ressuscité, τι, 32: il a été élevé par la droite de Dieu, 11, 33. Pierre répète son aflirmation aux Juifs assemblés dans le Portique de Salomon, ln, 15 : Hommes Israélites, vous avez fait mourir le Prince de la vie, que Dieu a ressuscité des morts, ce dont nous sommes témoins. Devant le Sanhédrin, il déclare que Dieu a ressuscité des morts Jésus que les grands prêtres, les anciens et les scribes ont crucifié, τν, 10. Il fera la même déclaration plus tard, v, 29-32 et ajoutera que le Saint-Esprit est témoin avec eux de la résurrection de Jésus, S'adressant au centurion Cornélius et à sa famille, Pierre parle plus en détail de la résurrection de Jésus : Et nous sommes témoins de toutes les choses que Jésus de Nazareth ἃ faites, lui que les Juifs ont fait mourir. Dieu l’a ressuscité le troisième jour et il a permis qu'il apparût, non à tout le peuple, mais aux

témoins choisis d'avance par lui, à nous qui avons mangé et bu avec lui, après

qu'il a été ressuscité des morts, x, 39-41.

A Antioche de Pisidie, Paul répète le message apostolique : « Après que les.

Juifs eurent mis Jésus au tombeau, Dieu a ressuscité celui-ci d’entre les morts et il ἃ apparu pendant plusieurs jours à ceux qui étaient montés de Galilée avec lui à Jérusalem, lesquels sont maintenant ses témoins devant le peuple, χπὶ, 29-31. Paul cite aussi le psaume xv et prouve que ces paroles : « Tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption » ne peuvent s'appliquer à David, mais doivent l'être à Jésus que Dieu a ressuscité, χπὶ, 34-37. Paul explique et enseigne encore par les Écritures aux Juifs de Thessalonique que Jésus le Messie avait dû souffrir et ressusciter des morts, xvir, 3. [l enseigne aussi aux Athéniens, xvnr, 31, au roi Agrippa [1], xxvi, 23 la résurrection de Jésus.

A ce titre de Messie les Actes ajoutent celui de Seigneur : Dieu a fait Jésus, Seigneur et Messie; c'est la déclaration de l’apôtre Pierre dans son discours le jour de la Pentecôte, τι, 36, et cette affirmation sera répétée souvent dans les Actes, où Jésus est appelé Seigneur et Messie, 1v, 33; x1, 17; xv, 26; xx, 21; xxvir, 31, ou simplement le Seigneur Jésus, 1, 21; vir, 59; ναι, 16; xx, 20 ; xv, 11; xvi, 31; χιχ, 5, 13, 17; xx, 24, 35; χχι, 13. Enfin, il est des passages où le titre de Seigneur s'adresse visiblement à Jésus : 1,6; 11, 21; vir, 60; vur, 25; 1x, 1, 5, 10, 13, 15, 27, etc. Il ressort nettement de ces textes que, dès l’origine, Jésus a reçu le titre de Seigneur. Nous reconnaissons que, dans quelques passages, 1, 6; 1x, 5; x, 11, cette appellation est purement honorifique, mais presque toujours,

elle est, si l'on peut dire, dogmatique, τι, 21, 36; 1v, 33; χι, 17, 20; xv, 11, 26:

ou bien cultuelle, virr, 16; xuxr, 2, 14, 48; 1x, 42; xvir, 26, etc. L. Cerfaux, Le titre Kyrios et la dignité royale de Jésus : Revue des sciences philosophiques et théologiques, 1923, p. 125, a établi que Κύριος n’est pas de soi un titre divin, un nom affirmant la divinité de celui auquel il est donné; il signifie proprement souverain ou empereur. Le nom divin c'est Θεός. « Le titre Kyrios a été imposé d’abord à Jésus à cause de sa dignité de Roi-Messie. Le mouvement théologique qui s’est incorporé dans ce prédicat s’est produit par le jeu du concept de souveraineté. Le mouvement a été seulement plus intense dans le monde grec que dans le monde araméen. Les communautés judéo-chrétiennes ont pu accepter la souveraineté céleste du Christ, sans réfléchir beaucoup sur la dignité de nature qui correspondait à la dignité de la fonction. Les églises du Monde grec, guidées par la notion claire de "3 situation unique que le Christ occupait Fe la foi de Le primitive et son culte, par l’enseignement même de Jésus, ont médité

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ὍΟΧΠ INTRODUCTION

davantage sur la nature du Christ et ont professé explicitement qu'il est Θεός. Cela :s'est fait sans rupture avec les données primitives, sans poussée violente du paganisme. » Nous ne pouvons donc accepter l’ Rrpothèse récente, soutenue prin- -cipalement par Bousset (1), que le titre de Seigneur n’a pas été donné à Jésus par 1165 fidèles de Jérusalem, mais que ce furent les chrétiens d’Antioche, lesquels avaient subi les influences gréco-orientales, qui les premiers donnèrent à Jésus le titre de Seigneur. Cf. pour la discussion de cette hypothèse le commentaire sur 11, 36, et ADRIAN, op. cil., p. 155.

Observons enfin que le terme Χριστός est employé dans les Actes, tantôt comme un titre appliqué à Jésus, τι, 36; πὶ, 18, 20; 1x, 22; xvur, 3, xvut, 5, 28; Χχνι, 23, “tantôt comme addition au nom de Jésus pour former un nom propre ᾿Ιησοὺς Xororoc, 11, 38; 111, 6; 1v, 10; 1x, 34; x, 48; xx, 17; xv, 26; xvi, 18; xxiv, 24; xxvint, 31. Il est douteux si, 11, 313 v, 42; vi, δ᾽ Χριστός est un titre ou un nom propre. Ce changement de l’emploi de Χριστός à ἀὰ se produire sous l'influence des chrétiens helléniques pour qui le terme de Χριστός n'avait pas une signification spéciale, celle de Oint, Messie. Si nous le trouvons employé comme un nom propre dès les premiers chapitres, ce doit être du fait de Luc, l'employant dès le commencement de son récit au même sens que ses coreligionnaires helléniques. Dans les épitres pauliniennes, il est presque toujours employé comme un nom “propre.

Jésus a reçu une fois dans les Actes un titre qui est reconnu par presque tous les exégètes comme un titre messianique; il est appelé Fils de l'homme par Étienne, vu, 55 : Étienne, qui était rempli de l’Esprit-Saint, regardant le ciel, vit Ja gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu et il dit : « Voici que je wois 165 cieux ouverts et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. »

Jésus est aussi le Serviteur souffrant dont il est parlé dans Isaïe, Lu. Le Dieu 4e nos Pères, dit Pierre aux Juifs, a glorifié son serviteur Jésus, ἐδόξασεν τὸν παῖδα αὐτοῦ ᾿Τησοῦν, 11, 18; οἵ, Jsaïe, ir, 13. Le passage d’fsaïe, zur, 7: « Comme une brebis il a été mené à la tuerie et comme un agneau muet devant celui qui le tond » est appliqué par Philippe à Jésus, vurr, 35. C’est, dit Pierre, contre le saint serviteur [de Dieu], Jésus qu'Hérode et Pilate et les païens et les peuples d'Israël se sont ligués pour faire tout ce que la main et la volonté de Dieu avaient arrêté d'avance, 1v, 17, 2, c'est-à-dire de mettre Jésus à mort; cf. Ps. τι, 1, 2. C'est d’ailleurs surtout en s'appuyant sur les souffrances du serviteur de Yahveh

que Pierre et Paul ont prouvé que le Messie, d’après le dessein de Dieu, devait .

souffrir et mourir.

Dieu a donc ressuscité Jésus; il l’a élevé par sa droite et l’a fait Seigneur et Messie. lei se pose une double question : 1° Quels caractères messianiques les apôtres voyaient-ils en Jésus et que pensaient-ils des espérances messianiques de leurs contemporains ? 2° Est-ce que la foi en la messianité de Jésus serait née après sa mort de la foi de ses disciples à sa résurrection, ainsi que l’ont supposé quelques exégètes? D’après eux, il serait devenu Messie dans l'esprit des apôtres et il remplirait ce rôle plus tard, quand il viendra dans la gloire dont il jouit auprès de Dieu pour juger tous les hommes. C’est alors seulement qu’il fondera sur terre le royaume messianique. Est-ce là ce qu'ont prêché les apôtres? Ces

. (4) Kyrios Christos, Gütiingen, 1913.

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