‹ Les Actes des ApôtresChapitre 105 sur 358 · ENSEIGNEMENTS DOCTRINAUX DES ACTES DES APOTRES. CCXITE · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENTS DOCTRINAUX DES ACTES DES APOTRES. CCXITE

deux questions ont été étudiées en détail par Mangenot (1); nous renvoyons à son’ travail, nous contentant d'en donner les conclusions. « Des traits qui ont été: réunis on peut conclure que le Messie, prêché par les apôtres, quoiqu'il doive être et qu'il soit un Juif, un rejeton d'Abraham et un fils de David, n'avait pas: pour mission de rétablir le royaume terrestre d'Israël. Son but était d'ordre” spirituel : il devait fonder sur terre le règne spirituel de Dieu, et, durant son ministère public, il avait prèché les conditions morales à remplir pour être membre de ce royaume et recevoir le salut messianique. Il est maintenant au ciel, dans la gloire, debout à la droite de Dieu, où il doit demeurer jusqu’à ce qu’il vienne renouveler le monde et juger les vivants et les morts au jour fixé par Yahveh. Il faut donc, d’après cela, distinguer avec Bovon deux venues de Jésus ᾿ς Messie : l’une, déjà passée et correspondant à son ministère historique; l’autre, future et consistant dans sa descente du ciel sur les nuées pour rétablir toutes. choses. En attendant, il reste au ciel dans la gloire. Quant à la date de cette venue glorieuse, elle n’est pas indiquée dans les Actes qui ne parlent pas explicitement de la proximité de la parousie. »

2 Jésus est donc le Messie; il est Fils de Dieu. Si les textes formels où Jésus: est déclaré Fils de Dieu, 6 υἱὸς τοῦ Θεοῦ; 1x, 20; x, 33, peuvent à la rigueur être interprétés d'une filiation divine au sens messianique, quoique l'affirmation soit très nette, et si l’apôtre Pierre a dit seulement de Jésus qu'il était un homme autorisé de Dieu, ἄνδρα ἀποδεδειγμένον ἀπὸ τοῦ Θεοῦ, 11, 22, le saint serviteur, ἅγιος: παῖς, que Dieu a οἰηΐ, 1v, 27, 30, il a déclaré aussi dans le même discours, que Dieu a fait Jésus, Seigneur et Messie, Κύριον αὐτὸν καὶ Χριστὸν ἐποίησεν 6 Θεός, 11, 36.

Dans tout le livre des Actes, Jésus est appelé Seigneur, Κύριος, nom qui, dans les Septante, était celui de Dieu. Dans les Actes, ce nom désigne tantôt Dieu lui-même, τι, 20, 21; πὶ, 20, 22, etc. et tantôt Jésus, τ, 6; 1, 36; 1v, 335 vx, 60; 1x, 1; x, 36; var, ὅθ; xxvinr, 35 ; Jésus possède les qualités et les pouvoirs. de Dieu, mr, 15; v, 31; xu, 23; il a été désigné par Dieu comme juge des vivants et des morts, x, 42; il fait les mêmes actions que Dieu, r, 2; χιν, 2; xvur, 10; xxvr, 47; c'est à lui qu’on se convertit, 1x, 35; xr, 21. On le prie, vrr, 60; les chrétiens invoquent son nom, 1x, 14, 21; Paul doit prêcher son nom, 1x, 15 et. souffrir pour son nom, 1x, 16.

La double nature de Jésus, Dieu et homme, est nettement enseignée par Paul aux presbytres d'Éphèse : Προσέχετε ἑαυτοῖς καὶ παντὶ τῷ ποιμνίῳ ἐν ᾧ δμᾶς τὸ Πνεῦμα" τὸ ἅγιον ἔθετο ἐπισχόπους ποιμαίνειν τὴν ἐχχλησίαν τοῦ Θεοῦ, ἣν περιεποιήσατο διὰ τοῦ αἵματος. τοὺ ἰδίου, χχ, 28,

Nous n'avons pas appelé en témoignage de la divinité de Jésus la profession: de foi de l’eunuque éthiopien : Πιστεύω τὸν υἱὸν τοῦ Θεοῦ εἶναι τὸν Ἰησοῦν Χριστόν,. vur, 37, parce que l'authenticité de ce passage est très discutée; cf. le commentaire in loco pour la citation des autorités pour et contre ce ÿ. Observons seulement: que cette profession de foi était connue par la tradition occidentale et cela dès la fin du n° siècle, puisque nous trouvons ce ÿ dans saint Irénée, Ado. Haer. rm, 8, 12, par conséquent deux siècles avant que les manuscrits grecs les plus anciens. que nous possédons n'aient été écrits. Toute la tradition occidentale, y compris. saint. Cyprien et saint Augustin, l’a tenu pour authentique, excepté probable-

(1) Jésus, Messie et Fis de Dieu d'après les Actes des apôtres, p. 30-45.

"CCXIV INTRODUCTION

ment saint Jérôme, puisque ce ἡ n’est pas dans les meilleurs manuscrits de la Vulgate. Il l'a peut-être rejeté sous l'influence de la tradition orientale.

3° Jésus de Nazareth, le Messie, est notre Sauveur. Repentez-vous, dit Pierre aux Juifs qui demandent ce qu'ils doivent faire, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour la rémission de vos péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit, 11, 38. Les conditions du salut : pardon des offenses et don du Saint-Esprit, sont donc la repentance, μετάνοια, et la réception du baptême au nom de Jésus-Christ, ce qui implique la foi en celui-ci, foi par laquelle le paralytique a été guéri, τι, 16, par laquelle aussi tous ceux qui la possèdent reçoivent le pardon de leurs péchés, x, 43. La foi devient même le nom de la vie nouvelle du chrétien, vi, 7; xur, 8; χιν, 22. C’est elle qui purifie les cœurs, xv, 9; c'est par la foi en Jésus que l’on recoit le pardon des péchés

δ une part parmi ceux qui sont sanctifiés, xxvi, 18.

Jésus est donc le médiateur entre Dieu et les hommes; il est le principe, le facteur principal de notre salut, ainsi que cela ressort encore et plus explicitement des passages suivants : Et maintenant, frères, dit Pierre aux Juifs après

la guérison de l'impotent, je sais que vous avez agi par ignorance, de même

qu’aussi vos chefs; mais Dieu a accompli ainsi ce qu'il avait annoncé d'avance

par la bouche de tous les prophètes, que son Christ souffrirait. Repentez-vous

donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés; afin que viennent de la face du Seigneur les temps de rafraîchissement et qu'il envoie celui qui

| vous ἃ été destiné d'avance, comme Messie, Jésus, qu'il faut que le ciel reçoive

jusqu'aux temps de la restauration de toutes choses, ur, 17-21. C'est à vous

__ premièrement, dit encore Pierre, que Dieu ayant suscité son serviteur, l’a

envoyé pour vous bénir, afin de détourner chacun de vous de vos iniquités, , 26. C'est par Jésus-Christ que l’impotent s’est présenté en pleine santé.

Et le salut n’est dans aucun autre : car pas d'autre nom sous le ciel n’a été

donné parmi les hommes, par lequel il nous faille être sauvés, 1v, 10, 12. Pierre répète cet enseignement à Cornélius : Et Dieu nous a commandé de

prêcher au peuple et d’attester que c’est lui [Jésus] qui ἃ été établi par Dieu juge

des vivants et des morts. ἃ lui tous les prophètes rendent témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom la rémission des péchés, x, 42, 43. A la conférence de Jérusalem, Pierre est tout aussi affirmatif : Mais nous croyons être sauvés par la grâce du Seigneur Jésus, de la même manière que les Gentils, χν, 11.

A Antioche de Pisidie, Paul avait donné aux Juifs le même enseignement : Qu'il soit donc connu de vous, hommes frères, que c’est par lui [Jésus] que le pardon des péchés vous est annoncé et que de tout ce dont vous n'avez pu être

justifiés par la Loi de Moïse, par lui tout croyant est justifié, xr1, 38, 39. Aux

philosophes païens d'Athènes Paul expose la même doctrine : Négligeant donc ces temps d'ignorance, Dieu a annoncé maintenant à tous les hommes en tous lieux, qu'ils se repentent, parce qu'il a fixé un jour où il doit juger le monde en justice par un homme qu'il y a destiné, fournissant à tous la conviction {la foi) en le ressuscitant des morts, xvir, 30, 31. — L'enseignement est moins clair, moins explicite que précédemment, mais il va être donné aux presbytres d'Éphèse en termes très nets : Prenez garde à vous-mêmes et à tout le troupeau sur

lequel l'Esprit-Saint vous a établis évêques, pour paître l'Église du Seigneur

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