‹ Les Actes des ApôtresChapitre 106 sur 358 · ENSEIGNEMENTS DOCTRINAUX DES ACTES DES APOTRES. CCXV · texte numérisé non relu

ENSEIGNEMENTS DOCTRINAUX DES ACTES DES APOTRES. CCXV

qu'il s'est acquise par son sang, xx, 28. C’est donc par sa mort que le Seigneur Jésus a sauvé les hommes. Paul dira plus tard aux Juifs de Rome que le salut de Dieu a été envoyé aux païens et qu'eux aussi l’écouteront, xxvrir, 28.

Le salut, opéré par la foi en Jésus-Christ, x1, 21; χπὶ, 39; xvr, 31; xx, 21; xxIV, 24; xxvI, 18 et par sa grâce, xv, 11, est donc pour tous les hommes, Juifs et gentils. Jésus, avant de monter au ciel, envoie ses apôtres dans le monde entier pour être ses témoins et prècher sa doctrine, 1, 8. Pierre déclare aux Juifs de Jérusalem que la promesse de l’Esprit-Saint est pour eux, pour leurs enfants et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que Dieu les appellera, τι, 39; à Joppé, Pierre est averti dans une vision que Dieu ne fait pas acception de personnes, par conséquent, que tout homme est appelé à faire partie de la communauté des fidèles et il en conclut qu’il doit donner le baptême à Cornélius, d'autant plus que celui-ci a déjà reçu l'Esprit-Saint, x, 44. Il atteste d’ailleurs à celui-ci que quiconque croit en lui [Jésus] reçoit par son nom rémission des péchés, x, 43.

Philippe avait baptisé l’eunuque éthiopien et Pierre tone et sa famille. Paul et Barnabé sont envoyés par l’Esprit-Saint pour prêcher Jésus aux gentils, χαι, 2, 4; dans les synagogues ils essayent de convaincre les Juifs que Jésus est le Messie; devant leur obstination, ils se tournent vers les païens, car le Seigneur l'a ainsi ordonné : « Je t'ai établi, a-t-il dit, Isaïe, xuix, 6, en lumière des nations pour que tu sois en salut jusqu'aux extrémités de la terre, xinr, 46, 47. » Paul fera la même déclaration aux Juifs de Rome : « Qu'il vous soit connu que ce salut de Dieu a été envoyé aux païens et eux, ils l’écouteront, xxvirr, 28.

Paul prêcha donc Jésus, Messie et Fils de Dieu, Sauveur et médiateur, aux païens d'Asie mineure, de Macédoine et de Grèce, et cela avec l'approbation des apôtres. À Jérusalem lorsque fut traitée la question de l'admission des païens dans la communauté chrétienne, tous acceptaient cette admission ; quelques-uns cependant y mettaient cette restriction que les païens devaient pratiquer les observances mosaïques, restriction qui n’a pas été admise par l'assemblée apostolique. Pierre rappelle que Dieu l’avait choisi depuis longtemps pour faire

entendre aux païens la parole de l'Évangile, afin qu'ils devinssent croyants. Dieu n’a point fait de différence entre les Juifs et les païens, ayant purifié leurs cœurs par la foi, xv, 7, 8. Jacques adhère à ces paroles de Pierre et estime qu'il n’y a pas lieu d'imposer aux païens convertis les observances légales, mais seulement de leur écrire de s'abstenir des souillures des idoles, de la fornication, de ce qui est étouffé et du sang, xv, 20.

VI. Cette admission dans la communauté chrétienne avait lieu par le baptême. Cela ressort clairement de vus, 12 : Lorsque les Samaritains eurent cru à Philippe, les évangélisant sur le règne de Dieu et sur le nom (la personne) de Jésus-Christ, hommes et femmes étaient baptisés.

Dans les Actes, nous avons, d’après Foakes Jackson et Kirsopp Lake (1), sur le baptême trois points de vue différents : 1° Le baptême dans l'Esprit-Saint était donné aux chrétiens au lieu du baptème ὍΛΕΣ l’eau de Jean; le baptême dans l'Esprit remplace le baptême dans l’eau, 1, 5. 2° Le baptême dans l’eau conférait le Saint-Esprit, mais seulement s’il était administré au nom du Seigneur Jésus.

(1) The Acts of the Apostles, Prolegomena, I, p. 337.

CEXVI INTRODUCTION.

3° Le baptême dans l’eau ne conférait pas de soi l'Esprit-Saint, qui était donné seulement par l'imposition des mains des apôtres. D’après Jackson et Lake, le ‘baptême dans l’eau ne remonterait pas au temps de Jésus ou de ses disciples immédiats. Ce furent les Sept qui, les premiers, baptisèrent dans l’eau, ainsi qu’on le constate par l’action de Philippe, baptisant dans l’eau l’eunuque éthiopien, vur, 36-38. Nous renvoyons au commentaire pour l'explication de ces divers passages. Observons seulement que la parole de Notre-Seigneur, τ, 5, n'exclut. pas le baptême dans l’eau; elle vise seulement le don de l’Esprit-Saint qui va être conféré aux apôtres dans quelques jours. C’est seulement par analogie que cette effusion d'Esprit-Saint est appelée un baptême. L'opposition porte sur l’effusion de l’Esprit-Saint et l’infusion dans l'eau, entre la vertu purificatrice de l'Esprit-Saint et celle de l’eau. k

Que le baptême dans l’eau existe en dehors du don de l’Esprit-Saint et qu'il ait été donné dès les premiers jours de l’évangélisation, cela ressort des paroles de Pierre aux Juifs, le jour de la Pentecôte : Repentez-vous et que chaeun de. vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés et vous recevrez le don du Saint-Esprit, τι, 38. Cornélius et ses familiers avaient reçu l'Esprit-Saint, x, 44; alors, Pierre demande si lon peut refuser l’eau pour baptiser ceux qui ont recu l'Esprit-Saint, et il ordonne de les baptiser au nom du Seigneur Jésus, x, 47, 48. Les Samaritains qui avaient cru Philippe, leur annonçant l'Évangile du royaume, furent baptisés; puis, ils reçurent l’Esprit- Saint par l'imposition des mains des apôtres, Pierre et Jean, vir, 12, 17.

- Le baptême était conféré au nom de Jésus-Christ, ἐπὶ ou ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ, 11, 38; εἰς το ὄνομα τοῦ Κυρίου ᾿[ησοῦ, vint, 16; x1x, 5; ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ, x, 48. Nous renvoyons au commentaire du ch. τι, 38, pour l’explication de ces expres-

sions. Remarquons seulement que l'emploi de ces diverses prépositions n’implique pas une véritable différence de sens si elles sont simplement la traduction de l’hébreu, nw%. D'ailleurs, ἐπί est peut-être employé pour ne pas répéter εἷς, qui vient immédiatement après; enfin, εἰς et ἐν sont interchangeables

dans le N. FT. Remarquons aussi que ces expressions ne représentent pas la formule liturgique du baptême, ainsi que le prouve la Didachè qui, après avoir déclaré que l’on devait baptiser le catéchumène au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, vin, 1, 3, ajoute, x, 5, que, seuls peuvent participer au repas eucharistique, ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur, εἰς ὄνομα Κυρίου. Ces formules étaient probablement employées pour distinguer 16 baptisé chrétien du baptisé juif ou du baptisé qui avait reçu le baptême de Jean. Celui qui était baptisé au nom de Jésus-Christ était incorporé à la personne de Jésus-Christ:

il faisait partie de la communauté dont Jésus était le chef; il avait été baptisé dans le nom, c’est-à-dire dans la personne de Jésus-Christ; il était chrétien.

VII. Nous venons de dire qu'au baptême était quelquefois uni le don de l'Esprit-Saint, mais en plusieurs autres passages le baptême n'implique pas la réception de l’Esprit-Saint. En Samarie, Philippe baptise les hommes et les femmes, vin, 12, mais c’est Pierre et Jean qui leur confèrent 1" Esprit-Saint, par l'imposition de mains, ἐδ. 17. Δ Éphèse, x1x, 5, les disciples, qui avaient reçu le baptème de Jean, se firent baptiser au nom de Jésus, et Paul, leur ayant imposé

les mains, l’'Esprit-Saint vint sur eux. Voilà deux exemples où l’on ΤῊΝ nettement apparaître le sacrement de confirmation.

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