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VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXXIHII

dans les temps où il vivait avec lui. Or, si nous en exceptons les épitres de la captivité, il paraît certain que Luc n'a pas été le compagnon de Paul, lorsque celui-ci écrivit les autres épitres. Luc est l’auteur du journal de voyage, ainsi que nous l’avons démontré. Mais ce journal commencé à Troas, xvi, 10, s'arrête au moment de l’emprisonnement de Paul à Philippes, xvi, 17, pour reprendre au passage de Paul à Philippes, lors de son troisième voyage missionnaire, xx, 5. Luc n’a donc pas été avec Paul pendant les années qui se sont écoulées depuis le premier voyage de l’apôtre en Grèce jusqu'à son dernier voyage de Grèce à Jérusalem. C’est précisément pendant ce temps qu'ont été écrites les épîtres aux Thessaloniciens, aux Corinthiens, aux Galates, aux Romains. Luc n’a donc pas connu ces épîtres et n’a pas pu les utiliser dans son récit. Pour les épitres de la captivité, écrites à une époque où il était à Rome avec Paul, elles ne rentraient pas dans le cadre de son livre. Ces constatations nous expliquent

pourquoi Luc, si attentif à utiliser ses sources, a omis pour son récit tant de

détails et même de faits importants, qu'il aurait connus, s’il avait eu les épitres de Paul entre les mains. Comment n’aurait-il pas mentionné ces lettres, s’il les avait eues et s’il s’en était servi, lui qui cite dans leur entier des lettres beaucoup moins importantes, xv, 23-29; xx1r1, 26-30? Il aurait trouvé dans les épîtres les solutions aux problèmes de discipline et de dogme que soulevait le premier contact des gentils avec les Juifs. Si nous examinons les récits où Luc et Paul sont en contact, nous constatons que, lors même qu’ils racontent les mêmes faits, il n'y a pas ressemblance formelle entre leurs récits; de plus, Luc a omis de

nombreux faits qu'il aurait trouvés, dans les épîtres de Paul : la lutte avec les

bêtes, à Éphèse, I Cor. xv, 32; le voyage en Arabie, Gal.. τ, 17; la part qu'a prise l’ethnarque du roi Arétas au complot contre Paul, ΠῚ Cor.-xr, 32; les rapports personnels de Paul avec Pierre et Jacques, Gal. 1, 18 s.; divers faits de la vie de Paul, IT Cor. xr, 23-26, dont quelques-uns seulement sont rapportés. Des récits racontés par Paul, 1 Cor. 1x, 1; xv 8; Gal. τ, 12, 16; II Cor. 1v, 6, 1] aurait donné une relation plus claire que celle de Acé. 1x, 17, 27; χχιι, 14, 15. Et même, lorsque les mêmes faits sont racontés, il n'y a pas de ressemblance entre les termes : dans le récit de la fuite de Damas, 1x, 24 — IT Cor. χι, 32 tous les mots sont différents. Il serait difficile d'extraire de Gal. 1v, 14 5. la description si vivante de Ac£., xiv, 11-18. En résumé, les rapports entre les Actes et les épitres pauliniennes sont ceux d’un historien véridique et les sources originales

des faits racontés, qu'il n'aurait pas vues. Cf. xv, 40-xvurr, 17 avec 1 Thess.r, 1; » q P

IT Thess. 1, 1; 11 Cor. 1, 19; PAlp. ur, 3, etc. Ce que nous apprenons de I Cor. 1, 1, 14; xvr, 19 touchant Sosthène, Crispus, n'a aucune rapport avec ce qui nous est dit de ces personnes, Act. xvur, 8, 17. Ce qui est dit d'Apollos, Act. xvur, 24-28 se rapporte à 1 Cor. 1, 12-1v, 6; xvi, 12, mais rien n'indique que Luc ait connu l'opinion de Paul sur Apollos et les résultats de l’œuvre de celui-ci.

Les Actes des apôtres et les épîtres pauliniennes sont donc deux decuments indépendants les uns des autres et qui se fortifient mutuellement au point de vue historique, puisqu'ils sont en accord sur de nombreux faits et ne présentent que des divergences qu’on peut expliquer. Rappelons cependant que des critiques de valeur, tels que Ramsay, croient que Luc a connu les épiîtres pauliniennes.

Nous verrons plus tard que Luc en écrivant Act. xv, 1-33 n'avait pas lu

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