VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXXXI
(CCXXXITI INTRODUCTION.
et dans Josèphe des notices historiques et archéologiques : le tombeau de David à Jérusalem, la Porte Belle du temple, la famine au temps de Claude, que nous ne retrouvons nulle part ailleurs. Cela prouve l'accord, mais non la dépendance. Moffatt, 1 p. 30, croit que Luc a connu par Josèphe l’histoire de Theudas, mais l'a mal placée dans son ordre historique; K. Lake, Dict. of apost. Churce, 1, p- 20, affirme que Luc dépend de Josèphe pour le récit de la révolte de Theudas et pour quelques détails de la mort d'Hérode, H. Windisch, Jackson, Lake, The Begin. of Christianity, 11, Ὁ. 312, ne peut se persuader que la dépendance de Luc envers Josèphe est un fait prouvé. D'après Goguel, Le livre des Actes, p. 129, l'œuvre de Luc est indépendante de celle de Josèphe; les ressemblances qui existent entre ces deux historiens proviennent de ce qu’ils ont puisé aux
οἰ mêmes sources.
Avant d'entrer dans la discussion des faits de dépendance qu'on a allégués, observons que Luc et Josèphe sont tous les deux historiens, qu’ils ont raconté les faits de la même époque : recensements, révolte de Theudas et de Judas le Galiléen, la famine au temps de Claude; qu'ils ont connu les mêmes personnages, Anne et Caïphe, Gamaliel, Félix et sa femme Drusilla, Hérode Agrippa 15 et son chambellan Blastus, Agrippa 11 et sa sœur Bérénice, Festus, et que, nécessairement, s’ils étaient véridiques, ils devaient se rencontrer sur les personnages et les événements. Luc a trouvé dans la tradition de son temps, chrétienne ou non, orale ou écrite, tout ce qu'il aurait, dit-on, emprunté à Josèphe. Celui-ci a eu des sources; pourquoi Luc n’aurait-il pas puisé aux mêmes ? Les personnages se présentent dans les Actes avec les mêmes caractéristiques que dans Josèphe; cela prouve que l'écrivain chrétien a bien connu les hommes et les événements dont il parle, et l'historien Josèphe rend témoignage de cette véracité historique, puisque, à presque tous les points de contact, ils se confirment mutuellement. a. On prouve surtout La dépendance historique de Luc par rapport à Josèphe par le passage du discours de Gamaliel, v, 36, où il est question de la révolte de Theudas et de celle de Judas le Galiléen, racontée aussi par Josèphe. Voici les textes :
Act. v, 36, 37 : ’Avéorn Θευδᾶς λέγων Sp. € / A = 2 \ / ῳ εἶναί τινα Éaurov..… ὃς ἀνηρέθη χαὶ πάντες ὅσοι 2 / λαοῖς ἢ S / \ Θ᾿ 2 a ἐπείθοντο αὐτῷ διελύθησαν χαὶ ἐγένοντο εἰς οὐδέν.
Antiqg. jud. xx, 5, 1 : Θευδᾶς... πείθει.
Guerre juive, τι, 8, 1 : Ἐπὶ τούτου.
Ant, jud. xviu, 1, 1.
À la condition d'enlever du texte de Josèphe tout ce qui n'est pas identique
à celui de Luc, on obtient deux textes assez parallèles quant aux expressions, et encore, remarquons qu'il ne pouvait en être autrement. Mais les faits racontés, bien que presque les mêmes, ne s'accordent pas dans les détails. D’après les Actes, la révolte de Theudas aurait eu lieu avant l'an 30-35, époque où parlait Gamaliel, et se serait éteinte d'elle-même, tandis que, d'après Josèphe, elle