‹ Les Actes des ApôtresChapitre 119 sur 358 · CCXXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCXXXIV INTRODUCTION

des Actes rappellent, dit-on, ceux des Antiquités judaïques et du traité contre Apion. Le second livre de celui-ci débute comme le livre des Actes : « Dans un premier livre, mon très cher Epaphrodite, j'ai montré l'antiquité de notre nation. » Le commencement du premier livre (1) présente une singulière ressemblance avec celui du III° évangile. « Certains hommes malveillants ont entrepris, ἐπιχεχειρήxaow, de calomnier mon histoire [de la guerre juive]. Celui qui entreprend de transmettre, παράδοσιν, la vérité des faits doit, en premier lieu, les connaître exactement, ἀκριθῶς, soit qu'il ait suivi les événements, ἢ παρηκολουθηχότα τοῖς γεγονόσιν, soit qu'il les ait appris de ceux qui les avaient vus. Pour lui, il a été témoin oculaire, αὐτόπτης. »

Nous reconnaissons ces ressemblances, mais elles ne prouvent pas que Luc se soit inspiré de Josèphe. S'il a eu un modèle, c’est ou Dioscoridès Pedakios, ou peut-être même Hippocrate, avec lesquels la ressemblance est beaucoup plus accentuée. En fait, elle se réduit entre Luc et Josèphe à l'emploi de quelques mots identiques ou à une transition entre deux livres tellement naturelle, que les deux écrivains ont bien pu trouver la même.

On relève aussi des mots ou des expressions identiques dans les ‘deux écri-

vains : ἐχεῖσε, μόγις, πλοῦς, παροίχομαι, παραπλέω, ἀνθύπατος, ναύκληρος, στρατοπεδάρχης, ᾿πετραρχέω; χάριτα, χάριν κατατίθεσθαί τινι ; πυρετῷ συνέχεσθαι; προσπίπτειν τοῖς γόνασίν τινος ; des propositions identiques : Act. xxv, 11 : εἰ μὲν οὖν ἀδικῶ)... πέπραχά τι, οὐ παραιτοῦμαι τὸ ἀποθανεῖν — Vie de Josèphe, 29 : θανεῖν μὲν εἰ δίκαιόν ἐστι οὐ παραιτοῦμαι. — Act. χχιῖι, 11 : σε δεῖ χαὶ εἰς “Ῥώμην μαρτυρῆσαι — Vie de Jos. 42 : ὅτι χαὶ Ῥωμαίοις δει σε πολεμῆσαι.

En ne retenant que les mots qui ne se trouvent dans aucun autre livre du Nouveau Testament que le troisième évangile ou les Actes, Krenkel trouve 309 mots communs à Luc, à Josèphe et aux LXX ; 87 mots qui se trouvent dans Luc et dansles LXX et manquent chez Josèphe; 172 qui se rencontrent chez Luc et Josèphe et manquent dans les LXX; 177 qui se rencontrent chez Luc et manquent chez Josèphe et dans les LXX. (KrenkeL, p.289 s.).

Observons que la plupart des mots cités par Krenkel comme communs à Luc et à Josèphe sont classiques ou bibliques (Septante, principalement I et II Macchabées), ou sont d'usage courant. Quelques-uns même, τὸ παιδίον, αὐξάνω, πορεύομαι, πύλη, νύξ, sont dans tous les écrivains grecs et sont d’ailleurs usuels. La plupart des mots cités se retrouvent chez Thucydide, ce qui peut s'expliquer par ceci que Luc et Josèphe ou ses traducteurs grecs, tous les deux historiens, ont dù connaître etétudier le grand historien grec et que, traitant de faits historiques comme lui, ils ont employé les mêmes mots. Le fait est bien constaté pour Luc. La même observation pourrait être faite à propos de Polybe, 205-123 avant Jésus-Christ. Lorsque ces termes sont des ἅπαξ λεγόμενα, comme νεοχόρος, ναύκληρος, ou des mots qu'on retrouve dans Luc et Josèphe pour la première fois comme ἀνθύπατος, τετραρχέω, ce fait prouve seulement que nous n'avons pas de preuve de leur emploi par d’autres écrivains que Luc οἱ Josèphe, mais qu'ils étaient connus à cette époque; ainsi que cela ressort des papyrus récemment découverts et dont le nombre se multiplie de jour en jour; par conséquent, il est très naturel que nous les trouvions chez ces deux écrivains. En cherchant on pourrait signaler

(1) Contra Apionem, 1, 10.

Page 1