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VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. : CCXXXV

des identités de mots entre Josèphe et d’autres écrivains du Nouveau Testament. B. Brüne (1) a fait ce travail; il a relevé tous les mots de chaque écrivain du N. T. que l’on retrouve dans Josèphe. Voici le résultat de son enquête :

Matthieu, 40 mots Romains, 30 mots Marc, 14 — 1 Corinthiens, 295 —= Luc, 215 — If Corinthiens, 29 Jean, 21 — Galates, 1: — Actes, 269 — Ephésiens, 10 — Philippiens, 13 — I Pierre, 9 — Colossiens, 14 — IT Pierre, 22 — 1 Thess., 7 — I Jean, 3 — II Thess., 2 — IT Jean, 2 — Tim, 39 — IT Jean, 2 — Tite, 8 —\ Hébreux, 58. — Philémon, 2 2 Jacques, 27 — Jude, 5 — Apocalypse, Dee

L’écrit qui se rapproche le plus de Josèphe est la première épitre à Timothée ; viennent ensuite la deuxième épitre de Pierre, l’épître de Jacques, les Actes, l’évangile de Luc, la deuxième épiître à Timothée, l'épitre aux Hébreux. Les épîtres de Paul s’en rapprochent aussi beaucoup. Il n’y a donc aucune conclusion ferme à tirer de la comparaison du vocabulaire de Luc avec celui de

Josèphe, puisque celui-là n'est pas même celui qui se rapproche le plus de …

celui-ci.

Enfin, une preuve que le récit des mêmes faits nécessite l'emploi des mêmes termes ressort des ressemblances nombreuses, que l’on constatera entre les deux voyages à Rome de Luc et de Josèphe, signalés par des incidents analogues.

Nous n'irons pas jusqu’à dire avéc Belser (2) que Josèphe a connu le {115 évangile et les Actes et s’en est servi; Zahn ne serait pas loin de partager ce avis; il est plus naturel, d’après lui, de supposer que Josèphe dépend de Luc que de supposer le contraire; nous nous contenterons de conclure qu’à tous les points de

, contact où Josèphe et Luc se rencontrent, ils se confirment mutuellement. Chez

tous les deux les mêmes personnages et les mêmes faits se présentent avec les mêmes caractéristiques parce qu'ils ont puisé aux mêmes sources. Donc, Luc ἃ bien connu les hommes et les événements dont il parle, et l'historien Josèphe en rend témoignage.

B. Pour l'accord avec les autres écrits profanes, nous ne pouvons le montrer pour l’ensemble des faits, puisque aucun d’eux ne couvre le même terrain historique, mais il est possible de prouver que, toutes les fois que les Actes se trouvent en contact avec eux pour des détails historiques, géographiques, administratifs ou politiques, ils sont en accord.

(1) Flavius Josephus und seine Schriften in ikrem Verhülénis sum Judentume, sur griechischrümischen Welt und zum Christentume, Gütersloh, 1913, pp. 237-273. (2) Th. Quartalschrift, Tübingen, 1896, p.78.

agiens 10

ΟΌΧΧΧΥΙ INTRODUCTION

Luc a fait allusion à quelques événements de l’histoire profane et toujours 1] s'accorde avec ce que nous en savons par ailleurs. Il rappelle que Notre-Seigneur a été crucifié au temps de Ponce-Pilate et d'Hérode Antipas, 1v, 27, qu'à Antioche Manaen, un des chefs de la communauté chrétienne était probablement frère de lait, σύντροφος, d'Hérode le tétrarque, xur, 1. 1l parle de la famine, prédite par Agabus et qui devait avoir lieu sous le règne de Claude, χι, 28, du roi Hérode Agrippa I etde ses démêlés avecle peuple de Tyret de Sidon, de son chambellan Blastus, de son orgueil et de sa mort, x11, 20-23, tous événements confirmés par Josèphe. Il mentionne à propos d’Aquila et de Priscille qu'ils ont été chassés de Rome à la suite de l’édit porté par Claude, ordonnant que tous les Juifs s’éloignent de Rome, xvur, 2, édit relaté par l'historien Orose; il parle aussi de Sergius Paulus, proconsul à Chypre, x, 7, de Gallio, proconsul à Corinthe, xvin1, 12, personnages connus par les documents.

Luc, dans son récit, s'est montré très bien au courant des mœurs, des usages, des coutumes, des lois, des institutions, des cérémonies religieuses, non seulement de la Palestine, mais de tous les pays qu'ont évangélisés les apôtres : la Syrie, l’Asie mineure, la Macédoine, la Grèce, l'Italie. Partout et toujours se révèle 16 témoin oculaire ou l'historien qui parle d’après un témoin oculaire. Et certes, ce n'était pas tâche aisée que de décrire sans erreur l'administration de ce temps-là, de donner à chacun le titre qui lui convenait, dans ces modifications, sans cesse renaissantes, d’attributions de province tantôt au sénat, tantôt à l’empereur, et d’assigner à chaque région et à chaque ville sa position adminis- trative, dans ces fluctuations de pays, appartenant tantôt à une province romaine, tantôt à une autre. Tout autre qu’un témoin oculaire s’y serait trompé et aurait commis des erreurs, sans même s'en apercevoir. Un faussaire aurait eu soin, d’ailleurs, d'éviter ces particularités de détail qui pouvaient l’induire en erreur, ou les aurait omises, parce qu’elles ne pouvaient lui être connues. Luc, au contraire, loin de les éviter, glisse à chaque page dans son récit ces détails qui se trouvent être toujours exacts. Ainsi, l’île de Chypre est une province « proconsulaire ». En l’an 27 avant Jésus-Christ, Chypre était province impériale, mais en l'an 22, après J.-C., elle devint province sénatoriale et avait à sa tête un proconsul, ἀνθύπατος et Luc qualifiera avec raison Sergius Paulus d’&vOéraros. Sous Adrien, 117-138, Chypre redevint province impériale, puis en 198, province sénatoriale. Les inscriptions nomment aussi ἀνθύπατοι les gouverneurs de Chypre à l’époque du passage de Paul dans cette île.

La ville de Philippes est une « colonie romaine », xvr, 12, dont les magistrats portent le titre de στρατηγός, xvi, 20, et sont précédés de licteurs. Luc parait avoir bien connu la ville de Philippes; il donne sur elle plusieurs détails topiques. Elle était πρώτη τῆς μερίδος [τῆς] Μακεδονίας πόλις, xvr, 12, pour qui venait de l’est; le lieu de prières était en dehors des portes de la ville, près de la rivière, xvr, 13; la scène entre Paul et l’esclave qui a un esprit de Python est vivement décrite, xv1, 16 ss.; les missionnaires furent recueillis par une femme nommée Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Thyatire, τό, 14. Enfin, l'arrestation de Paul, son emprisonnement, sa délivrance, la conversion et le baptême du geôlier de la prison et de sa famille sont racontés par un homme qui a bien connu les faits. La ville de Philippes avait reçu d'Auguste, après sa victoire sur Brutus et Cassius le titre et les privilèges de colonie, ainsi qu’en fait foi une monnaie :

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