‹ Les Actes des ApôtresChapitre 121 sur 358 · VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXXXVIL · texte numérisé non relu

VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXXXVIL

Col [onia] Aug [usta] Jul |ia] Philip [pensis]. Les στρατηγοί étaient les duovirz | curt dicundo, chargés de l'administration civile et criminelle dans la ville. Les | dpyovreçsont les magistrats en général et les στρατηγοί étaient des fonctionnaires | pour un office particulier.

Les premiers magistrats de Thessalonique s'appellent « politarques », titre peuusité en dehors de la Macédoine, non mentionné par les anciens, mais attesté aujourd'hui par des inscriptions de l’époque trouvées à Thessalonique même. Muratori, en 1740, avait déjà donné une liste de sept politarques ; diverses: autres listes de politarques ont été fournies, entre autres une de l'an 46 après J.-C., par conséquent, à peu près à l'époque où Paul visita cette ville ; elle nommaït deux politarques. Duchesne publia deux listes de cinq politarques. Cf, le commentaire, ἐπ loco.

À Corinthe, chaque sabbat Paul allait à la synagogue. Or, on a retrouvé dans cette ville le Hinteau d’une synagogue, peut-être celle où parlaït l’Apôtre, portant l'inscription : [ouvalywyn E6ofatwv]. Deissmann en donne la transcription, Lécht von Osten, p. 9 n. 2.

LeP. Jalabert (1) faitbien ressortir la valeur historique durécit des Actes sur la ville d'Éphèse et sur la sédition des « argentiers ». « Je ne sais, dit-il, si les Actes renferment des pages plus vivantes et plus mouvementées que ce petit récit de 16 versets; nulle part, en tout cas, les mouvements tumultueux et irréfléchis de la foule n’ont été saisis et rendus avec plus de vérité. Maïs ce qui nous intéresse davantage peut-être, c’est la richesse de connaissances et l’étonnant don d’observation que cette page décèle chez saint Luc. Il n’y ἃ pas un détail du récit qu’on ne puisse appuyer de multiples citations d'inscriptions contemporaines. Si la corporation des ἀργυροχόποι, si puissante à Éphèse, ne nous est connue que ra saint Luc, du moins en trouve-t-on de semblables à Smyrne (CIG, 3154) et à Palmyre (Wappineron, 2602) : ἁργυροχόποι καὶ χρυσοχόοι. Comme le fait remarquer M. Chapot (La province romaine proconsulaire d'Asie, Ὁ. 516), la mode était alors de déposer dans le sanctuaire, comme hommages à la déesse, des objets, parfois en marbre ou en terre cuite, en argent, quand le pèlerin était riche, représentant une statuette ou affectant la forme d’un petit temple, d'où le nom de ναός qu'on leur donnait (xx, 24). Le nombre de ces ex-voto était considérable; un collège de ναοφόροι les portait dans les processions. La corporation vivait des pèlerinages : ce détail concorde au mieux avec ce que nous savons de la célébrité mondiale du temple d'Éphèse à l'époque romaine. Menacés dans leur négoce, les argentiers se réunissent tumultueusement au théâtre. Nous pouvons reconstituer le cadre de la scène, car le théâtre, fouillé d'abord par Wood (1866) a été entièrement dégagé par les archéologues autrichiens, de 4897 à 1899, Cf. Paury-Wissowa, Realencyclopädie, s.v. Ephesos, col. 2816, 7. Dans cet immense fer à cheval, de 140 mètres de diamètre, pouvant réunir 24.500 personnes, ce sont des cris, des acclamations sans fin; deux heures durant (xix, 34) la foule hurle : μεγάλη ἡ Ἄρτεμις. Ce trait suffirait à révéler un témoin, car le populaire ne pouvait acclamer sa déesse autrement qu'en employant le titre même que les inscriptions lui donnent; cf. Woon, Discoveries at Ephesus… Inscriptions from the great Theatre, n° 1, passim; Seymour DE Rrccr, Proc. of the Soc. of bibl.

(1) Epigraphie dans Dict. apologélique de la foi cath., Vol. E, col. 1430, Paris, 1913.

ΟΠ COXXXVIII : INTRODUCTION.

Archaeology, ΧΧχπι, p. 396 ss. Comme dans les inscriptions, dans les Actes, θεός et θεά sont employés alternativement pour désigner la déesse. D'ailleurs, 5. Luc connaît les traditions éphésiennes, le discours du « secrétaire » en fait foi (χιχ, 35). De fait, Éphèse se glorifiait d’ être néocore d'Artémis; elle le fut aussi des Césars divinisés, et ce double fait a de multiples attestations aussi bien dans les inscriptions (v. g. DirrenserGer, Orientis graecr, 481, 493, 496; Sylloge? (656) que sur les monnaies (Cnapor, op. cit., p. 445 suiv.). Il n’y a pas jusqu’à l’allusion mythologique au διοπετές qui ne réponde exactement au contenu de nos sources (οὗ, Bennporr, Forschungen in Ephesos, |, p. 237, suiv. passim). Saint Luc ne touche pas avec moins de sûreté aux institutions locales : le γραμματεύς qui intervient, secrétaire du sénat ou du peuple, était un personnage, et l'on s'explique aisément l'ascendant qu'il prit toût de suite sur la foule. Son discours, si bref qu’il soit (x1x, 35- 20) n’est pas un résumé décoloré, il est plein de faits. Il est visible que l’orateur s’inspire d'abord de la ΠΣ ἘΞ qui chàtiait certains délits touchant au culte. Or, Wood a découvert dans le théâtre, un texte, d’après lequel la mutilation des statues et des images, ainsi que quelques autres délits, sont considérés comme ἱεροσυλία καὶ ἀσέδεια ( Woon, /nscriptions from the great Theatre, 1, col. 1v, lig. 39-41). Qui sait si ce n’est pas précisément à cette loi que le γραμματεύς fait appel? S'agit-il, au contraire, de griefs particuliers à la corporation? il rappelle qu’il y ἃ des assises, des proconsuls. Sur le rôle du proconsul dans l’administration de la justice, cf. Cuaror, op. cit., p. 351 suiv. L'expression ἀγοραῖοι ἄγονται (x1x, 38) trouve sa justification dans l'usage épigraphique de la région (DirreNBerGEr, Orientis graeci, 517,

- n. 7). Si, au contraire, la foule ἃ d’autres questions à mettre en délibération, qu’on

attende une assemblée « régulière ». Cmapor, op. cit., p. 208. Un détail cependant du récit de saint Luc demeure obscur. Il nous montre {(xix, 31) quelques-uns des « asiarques » restés fidèles à Paul; qui sont ces asiarques? Si la question demeure sans réponse certaine, la faute n’en est pas à l’auteur des Actes, mais au problème lui-même qui n'a pas encore été éclairci, οἵ, Cmapor, op. cit., p. 478-489 et 517. » — On croit communément que l’asiarque était le prêtre élu comme président de l'assemblée et des jeux institués en l'honneur des Césars divinisés; il portait le titre d’Aotéoyns ou d’Apyuegsebs ᾿Ασίας. » Cf. Commentaire, in loco.

Nous trouvons une autre confirmation du récit des Actes dans une inscription trouvée à Jérusalem. Au chapitre xxr, 28, il est raconté que les Juifs excitèrent un tumulte et mirent la main sur Paul sous prétexte qu'il était un adversaire de la Loi et qu’il avait violé le Lieu saint en y introduisant des gentils. Il était en effet défendu à ceux-ci d'entrer dans le parvis des Juifs : entre ce parvis et celui où ils étaient admis, il y avait des balustrades et des stèles, portant des inscriptions en grec et en latin, lesquelles prohibaient cette entrée aux gentils sous peine de mort, Joskpne, Ant. jud. xv, 11, 7; Guerre jud. v, 5, ἃ. Une de ces stèles a été découverte par Clermont-Ganneau et publiée dans la Revue archéologique, nouv. série, xxin, 1872, p. 214-234; 290-296. Cette stèle était un bloc de pierre calcaire, ayant la forme d’un parallélipipède rectangle et mesurant 39° ᾿ς 90° >< 60 centimètres. L'original de cette stèle est actuellement conservé au Nouveau Musée Impérial de Constantinople; il y en a au Louvre un surmoulage en plâtre, exécuté d’après l’estampage de Clermont-Ganneau. Celui-ci croit

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