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VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCXXXIX

‘qu'on peut rapporter la stèle, avec certitude, au règne d'Hérode le Grand. Elle

| est en caractères majuscules. La voici en minuscules avec la traduction :

Μηθένα ΤῸΝ Lt ἐντὸς τοῦ! Qu’aucun étranger n'entre à l'intéπερὶ τὸ ἱερὸν τρυφάχτου χαὶ περιθόλου᾽ ὃς δ᾽ ἄν | rieur de la balustrade autour du hiéron

ληφθῇ ἐαυτῷ αἴτιος ἔσται διὰ τὸ ἐξαχολουθεῖν | et dans l'enceinte. Celui qui serait pris

θάνατον. devra s’accuser lui-même de la mort qui suivra.

Nous indiquons seulement l’argument, car il a été développé avec beaucoup de

science par Vigouroux (2). Pour les détails, nous renvoyons le lecteur à cet

ouvrage et au Commentaire. Sur ce point d’ailleurs Vigouroux avait été devancé par Lightfoot (3).

Sur la géographie en particulier Luc se montre très bien renseigné, et les auteurs qui ont écrit la vie des apôtres et de Paul ont pu suivre dans le détail les voyages de l’Apôtre des gentils. Qu'on lise, par exemple : À Trève (4), et les vies de saint Paul par Lewin, Conybeare et Howson, Farrar, Fouard. Inutile de répéter ce qui a été déjà dit bien des fois. Nous pouvons trouver encore quelques preuves nouvelles de l'exactitude historique et géographique des Actes dans les ouvrages de Ramsay (5); l’auteur mérite toute confiance, puisqu'il parle de pisu, ayant parcouru, à diverses reprises, les routes qu'avait suivies Paul dans ses voyages à travers l'Asie Mineure. Or, il a reconstitué les itinéraires de l’Apôtre et a constaté que le récit des voyages de celui-ci est exact dans les plus petits détails. Voici quelques exemples.

Dans son premier voyage en Asie mineure, Paul évangélisa Antioche, la Pisidienne, xurr, 14, et non, comme on lit quelquefois dans les manuscrits plus récents et le Texte reçu : Antioche de Pisidie. Les Actes l’appellent ainsi, parce qu’en réalité Antioche était, historiquement, une cité de la Phrygie, et administrativement, appartenait à la province romaine de Galatie, mais était englobée dans cette partie de la province qui, par une extension populaire du terme séographique de Pisidie, reçut le nom de Pisidie, quoique ne faisant pas partie de cette région. Elle était donc Pisidienne, mais non de la Pisidie (6).

Iconium, qu'évangélisa aussi Paul, était une cité phrygienne, mais de très

bonne heure ellè fut rangée parmi les villes de la Lycaonie. Luc ne s’y trompe

pas, et il nous dit que Paul, fuyant [Iconium, entra en Lycaonie, xiv, 6. Il savait donc qu'Iconium n'était pas une cité lycaonienne (7). À Lystres, Paul et Barnabé sont pris pour des dieux, et le prêtre de Jupiter, « qui est avant la ville » comme

(1) Infinitif de commandement, usité dans les édits et les ordonnances; cf. DEISSMANNW, Bibel-Studien, p. 260.

(2) Le Nouveau Testament el les découvertes archéologiques modernes, p. 183-332, Paris, 1896.

(3) Contemporary Review, London, mai 1878.

(4) Une traversée de Césarée de Palestine à Putéoles au temps de saint Paul : La Controverse, Lyon, 1887.

(5) The Church in the Roman Empire before A. D. 170, London, 1893. Paul, the Traveller and the Roman Citizen, London, 1895. The cities of St. Paul, London, 1907.

(6) Ramsay, The Church, p. 25.

(7) Idem, p. 37.

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CEXL: : INTRODUCTION.

on traduit ordinairement, veut leur offrir un sacrifice. Ce temple de Jupiter, qui était avant la ville, devait porter le titre de Διὸς προπόλεως, ainsi que le prouve une inscription semblable, trouvée à Claudiopolis. C’est donc le Codex de Bèze qui a conservé la bonne leçon : τοῦ ὄντος Διὸς προπόλεως, le prêtre de Jupiter propôleos. Les copistes, ne comprenant pas que Jupiter pût porter ce titre, ont transposé et Lu : τοῦ Διὸς τοῦ ὄντος πρὸ τῆς πόλεως (1). Une inscription, trouvée par Ramsay en 1909, rapportait la dédicace d’une statue à Zeus et à Hermès, par des Lycaoniens, ce qui prouve que dans le culte local ces deux dieux étaient réunis comme nous le trouvons dans les Actes, χιν, 12.

A diverses reprises, dans les Actes, on constate l'influence bonne ou mauvaise qu'eurent les femmes d'Asie mineure sur la propagation de l'Évangile; on s’en est étonné. Sans rappeler la légende des Amazones, née dans ce pays de faits exagérés, nous trouvons en Asie mineure des femmes magistrats, présidentes de jeux publics, et même, à Smyrne, une femme chef de synagogue, ’Apytouvéywyos (2). Là aussi se retrouve cette coutume de la généalogie se formant par les femmes, le matriarcat.

Signalons aussi ce fait qui a été relevé comme invraisemblable, et qui, cependant, doit être historique. Paul a été chassé d'Antioche, d'Iconium et de Lystres par des émeutes populaires encouragées par les magistrats. Comment a-t-il pu rentrer dans ces villes peu de temps après? Il semble même qu’à Antioche les apôtres ont été chassés par ordre des magistrats. Mais eussent-ils été expulsés par ordre des magistrats, cette expulsion, d'après la loi romaïne, en vigueur dans ce pays, — colonie romaine, à Antioche, ou annexé, comme Iconium et Lystres, — ne pouvait avoir qu'un effet temporaire. Les magistrats n'avaient pas le droit de bannir à perpétuité; les châtiments qu'ils imposaient ne pouvaient être que temporaires (3). Ce sont là de petits détails mais bien significatifs,

Nous relèverons encore dans Ramsay quelques autres indications qui confirmeront le récit. On s’est demandé ce que pouvaient être ces ναοὶ ἀργύροι qui étaient l'industrie principale d'Éphèse; car on n’en a jamais trouvé d'exemplaire. Il existe beaucoup de petits temples de marbre et quelques-uns de terre cuite; c'étaient des souvenirs du temple d'Éphèse ou des ex-voto. Il est probable que, . suivant sa richesse, Le donateur offrait un temple d'argent, de marbre ou de terre cuite; les derniers ont subsisté, car ils n'avaient pas de valeur; ceux d'argent ont été fondus quand ils encombraient le temple, ou, plus tard, quand 16 temple fut détruit (4). Nulle part ailleurs nous ne trouvons le mot ναός employé dans le sens de simulacre de temple; mais nous savons que dans les processions il y avait des porteurs de ces simulacres: [gnace d'Antioche dans sa lettre aux Éphésiens, 9, y fait allusion : Soyez, dit-il, θεοφόροι καὶ ναοφόροι. Une fresque de Pompéi nous montre, dans une procession d'Hercule, des ναοφόροι (5).

Un trait à remarquer, qui prouve bien que le récit est dû à un témoin oculaire, c'est la manière dont est présentée l'attitude des prêtres du temple. Tout autre qu'un contemporain, témoin oculaire, aurait cru que ceux-ci auraient été les

(1) Idem, p. 51.

(2) RamsAY, op. cit., p. 67.

(3) Idem, p. 70.

(4) RAMSAY, op. cil., p. 123.

(5) RAMSAY, op. cil,, p. 127 8.

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