‹ Les Actes des ApôtresChapitre 125 sur 358 · CRE · texte numérisé non relu

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ὉΘΧΙΗΥ͂ INTRODUCTION

jours conformes à la législation criminelle de l'époque. L'Apôtre n’est pas traduit devant les tribunaux pour ses doctrines ou ses enseignements ; la loi romaine ne s'occupait pas de ces questions. L’accusateur devait formuler un acte criminel qu'il attribuait à celui qu’il appelait devant le magistrat. Ainsi, à Philippes, Paul était intervenu dans l'exercice d'un commerce privé; à NE dans celui d'une puissante corporation ; à Thessalonique, il avait, dit-on, prêché un autre souve=h rain et était, par conséquent, coupable de trahison ; à Corinthe, il avait touché aux lois juives; à Athènes, il avait usurpé sur les privilèges de la corporation reconnue des professeurs de philosophie; chaque cas est différent et chacun d’eux est bien dans la suite des événements et en plein accord avec la société où se déroule le procès.

Ce quiest caractéristique dans ces procès, c’est que, dans aucun d'eux, le délit n’est religieux. À dater de la période flavienne, être chrétien fut tenu pour un <rime et il n’était pas nécessaire qu’on relevât d'autres charges pour la condam= nation de l'accusé. Cette constatation établit que les Actes ont été écrits avant

Je temps où le christianisme fut persécuté comme tel; un auteur du n° siècle, insuffisamment au courant de la situation, aurait introduit l’accusation de chris-

tianisme dans les procès de Paul.

Ramsay fait remarquer en passant que Luc tient compte des nuances les plus

minimes de la langue. À Antioche de Pisidie, colonie romaine, le peuple est

désigné sous le terme de ὄχλος, plebs, tandis qu'à Iconium, cité grecque, il est -appelé τὸ πλῆθος. — Cette observation est exacte pour les deux villes citées, mais

“al n’y ἃ pas lieu d’en tirer des conséquences exagérées, car, parlant du peuple à

Lystres, qui n’était pas, croyons-nous, une “AE romaine, Luc le qualifie d'éoc, ταῖν, 11, 13, 14, 18.

Ramsay est mieux dans le vrai quand il remarque que les accusations portées -contre Paul ressortaient bien des circonstances et sont caractéristiques de l’état -de la société gréco-romaine en Orient. Dans l’île de Chypre, le magicien Elymas Barjesus craint que Paul ne détruise son influence sur le gouverneur romain; à Philippes, les maîtres de la jeune esclave, possédée d’un esprit de Python et prédisant l'avenir voient leur fortune ruinée par l’Apôtre qui ordonne à l'esprit de Python desortir de la jeune fille; à Athènes, les professeurs de philosophie sont jaloux de Paul qui leur enlève leurs auditeurs, épreuve très cuisante pour des professeurs. Dans plusieurs villes, les Juifs sont furieux contre Paul, parce, qu'il plaçait les païens sur le même pied qu'eux au point de vue religieux et qu’il détournait d'eux leurs prosélytes, of φοδούμενοι Θεόν, et de ce fait les privait de leurs contributions, source de revenus pour la synagogue et d'influence pour la nation des Juifs.

Ramsay nous parle ensuite des magiciens dans les Actes. Ils étaient très nombreux à cette époque; on leur attribuait le pouvoir de changer l'ordre de la nature, de prévoir l'avenir et l'on s’adressait à eux pour obtenir ce que les moyens naturels ne pouvaient donner. Il est probable que Paul, en disant aux Athéniens qu'ils étaient plus religieux que d’autres, ὡς δεισιδαιμονεστέρους, ἃ pu vouloir faire aussi allusion à leur superstition ; δεισιδαίμων signifie aussi bien superstitieux que religieux.

ΠῚ ne faudrait pas croire cependant que tous les magiciens étaient des imposteurs. Il y en avait qui possédaient une certaine connaissance des secrets de la

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