‹ Les Actes des ApôtresChapitre 134 sur 358 · CCLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCLVIII INTRODUCTION

Au dernier voyage de Paul à Jérusalem, l’hostilité des Juifs convertis, zélateurs de la Loi, contre Paul, est nettement marquée, xxr, 20, 21; ils sont plusieurs qui ont appris que Paul enseigne la déchéance des observations légales, et Paul doit, sur le conseil de Jacques et des presbytres assemblés, les apaiser en -accomplissant un vœu au temple.

Que Luc n'ait pas relaté ce qui s’est passé à Corinthe ou dans les églises de Galatie, cela peut s'expliquer avec assez de vraisemblance, soit parce que ces discussions entre chrétiens n’entraient pas dans son plan, soit par la manière dont il paraît avoir composé son travail. Luc a suivi dans la composition de son livre la méthode de ce temps-là et des écrivains orientaux en particulier. Ce n'est pas un historien suivant la méthode classique. Il n’a eu nullement la prétention de faire une œuvre d’art; il a reproduit ses sources orales ou écrites, à peu près telles qu'il les possédait, et quand, sur un événement, il n’avait pas de source antérieure, il s’est tu. C’est ainsi, on le remarquera, que sur tout ce qui concerne l'église primitive de Jérusalem et ce qui se passe à Jérusalem, il est très complet. Π a dû posséder un document où ces faits étaient racontés ou les avoir appris en détail de témoins contemporains. Sur l’activité missionnaire de Paul, tantôt il est très complet, tantôt il est muet. Il n’est pas difficile de voir qu'il insère ici dans son travail son livre de voyage. Donc, si Luc a omis de nous parler des événements de Galatie ou de Corinthe, c'est qu'il ne possédait aucun document les lui transmettant. Il ἃ dû les connaître, mais il ne les racontait pas de lui-même, n’en ayant pas été témoin oculaire. En outre, ces événements ont eu un intérêt très passager, et la question perdit toute son importance lorsqu'elle eut été tranchée. La preuve en est dans ce fait que Paul n'y fait plus aucune allusion dans les épîtres qui-ont suivi l’épitre aux Philippiens et que dans celle-ci il n’en parle qu’en passant, m1, 2. Déjà, à cette époque (62-63), la controverse, qui se renouvela plus tard, était bien apaisée. Il est donc possible encore que Luc, écrivant vers la fin de la vie de l’Apôtre, n'ait pas jugé nécessaire de donner dans son livre un grand développement à une question enterrée depuis quelque temps déjà. Il en avait dit le nécessaire, au point de vue général, et les événements de Galatie et de Corinthe étaient locaux. On leur a donné de nos jours une grande importance parce qu’ils tiennent beaucoup dé place dans ce qui nous a été conservé des épitres de Paul; mais Luc ayant raconté comment, à Jérusalem, avait été résolue la question des observances légales, avait-il ensuite à raconter le conflit dans tous ses détails? Evidemment non.

Qu'on le remarque d’ailleurs, il semble, ainsi que nous l’avons déjà dit, que Luc n’a pas connu les épîtres de Paul; jamais il ne les mentionne, et tout ce qui a donné occasion à ces lettres est passé sous silence. Que de faits connus par les épîtres sont omis par les Actes! Luc ἃ fait un choix parmi ces faits, choix déterminé par ses documents, et par le but qu'il voulait atteindre, mais de ce qu'il n’a pas’ raconté tous les événements, s’ensuit-il que les faits rapportés soient faux ? Luc était probablement de ces personnes qui passent toujours sous silence les divergences, les discussions, les désaccords. Il n’y a donc aucune conclusion à tirer de ces omissions sur la valeur historique du livre des Actes,

On ἃ reconnu d’ailleurs que, d'un côté, les partis, les tendances diverses chez les premiers chrétiens, les nuances de doctrines aux temps apostolique et postapostolique étaient plus variés et plus complexes que ne l'avaient cru les repré-

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