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VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCLIX

sentants de l’école de Tübingen et que, d’autre part, les indices desquels on pouvait conclure à une tendance éclectique de l’auteur étaient si dissemblables qu'on ne pouvait s'en servir comme d’un critérium assuré. Holtzmann (4), Weizsäcker (2), Pfleiderer (8) se rendent compte que cette tendance eclectique n’exerça pas sur les Actes le rôle prépondérant qu'on lui avait attribué. Les inexactitudes historiques du récit qu’ils prétendent découvrir s'expliquent d'après eux par la reproduction des idées et des vues de l’époque où l’auteur a écrit.

De ces considérations diverses nous pouvons conclure qu'aucune des objections présentées contre la valeur historique des Actes des apôtres ne reste debout, si nous les examinons attentivement, à la lumière des documents que nous possédons, et surtout si nous replaçons les événements dans le milieu et les

. circonstances qui les ont vu naître. Nous avons donc le droit d’affirmer que les

récits des Actes, envisagés tant au point de vue positif que négatif, possèdent une valeur historique incontestable.

Ι1, — Discours des Actes des Apôtres.

L’authenticité et, par suite, la valeur historique des discours des Actes ἃ été très discutée et même niée par de nombreux critiques. Nous avons : 1° à exposer les difficultés qu'ils ont soulevées; 2° à répondre aux objections présentées, et 3° à établir d'une manière positive l’authenticité des discours.

Rappelons tout d'abord que ces discours sont au nombre de dix-huit, contenant en tout 255 versets, environ un quart des Actes : sept discours de Pierre, 69 versets: six discours de Paul, 108 versets: un discours d'Étienne, 52 versets; un discours de Jacques, 8 versets; un discours de Gamaliel, 5 versets ; un discours du Grammate d'Éphèse, 6 versets; un discours de Tertullus, 7 versets.

19 Ossecrions. — Les discours des Actes, a-t-on dit, sont des compositions libres, dues à l’auteur et analogues à celles que les historiens de l’antiquité mettaient dans la bouche de leurs personnages, se préoccupant seulement de leur faire dire ce qu'ils jugeaient être conforme aux circonstances (4). Ces discours des Actes sont des morceaux écrits à tête reposée; il est difficile de supposer qu'un homme pris à l’improviste, comme l’a été l’apôtre Pierre, à diverses reprises, ait pu immédiatement improviser un discours, où les preuves rangées en bon ordre concouraient à une démonstration effective des faits. De plus, l’auteur n'a pas pu reproduire des documents écrits, qui n’existaient pas, puisque ces discours ont été prononcés à des moments où il n'était pas possible de les relater par écrit; l’eût-ce été, que personne, à cette époque, ne se serait avisé de prendre des notes pour les conserver. Ces discours ne peuvent être regardés que comme des résumés; le plus long aurait pu être prononcé en six ou sept minutes, ce qui ne répond guère aux situations qui leur ont donné naissance. Peut-on admettre qu'ayant à exposer à leurs auditeurs une doctrine ou absolument étrangère, comme c'était le cas pour des auditeurs païens, ou

(1) Die Apostelgeschichte, Freiburg Br., 1899.

(2) Das Apostolische Zeilalter der christ. Kirche, Freiburg Br., 1886, 1902. . (3) Das Urchristentum, Berlin, 1902.

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