CCLXIV INTRODUCTION
de Pierre : 1, 16-22; τι, 14-36; τιι, 12-26; 1v, 19, 20; v, 29-32; x, 34-43; x1, 5-17. Observons tout d’abord que tout en s'adaptant bien à la circonstance qui les a motivés, ces discours répètent tous les mêmes idées : Jésus est le Messie, il a été injustement mis à mort, il a été ressuscité par Dieu et exalté, les péchés seront pardonnés en son nom par la pénitence et la conversion du pécheur, en lui ont été réalisées les Écritures. C’est bien ainsi que les choses devaient se présenter. Nous pouvons constater ensuite que ces discours sont tels qu'ils ont dû être prononcés, car ils reproduisent bien la manière de parler du temps, les idées régnantes et l'idée que les apôtres avaient de leur Maître. Ils ont une touche archaïque et présentent une simplicité de doctrine qui en démontrent l’authenticité. La christologie de ces discours est apparentée de près à celle de l’évangile de Marc. Ces formules : ἄνδρες ἸΙσραηλεῖται, ἄνδρες ἀδελφοί, rappellent les formules de la synagogue (1). Les « fils de l'alliance », ur, 25, se retrouvent dans les Psaumes de: Salomon, xvrr, 17. Le Messie sauveur et purificateur du péché, que prêche Pierre, répond à une des conceptions qu’on avait alors du Messie (2). Comme le Messie Juif, Jésus est appelé « le saint », mr, 14; 1v, 27, 30 (3). À quatre reprises,
x, 43, 26; rv, 27, 30, il est dit en parlant de Jésus à Dieu : παῖς σου. L'expression
est particulière et ne se retrouve que dans la Didachè, où elle est employée de la même façon, 1x, 2,3; x, 2, ὃ, οὗ plus tard dans l’Apocalypse de Baruch, Lxx, 9, en parlant du Messie, si toutefois, ce qui nous est affirmé, l'expression syriaque, traduite par « My servant Masshiah » d’après Charles (4), représente le terme “παῖς.
Aoire Seigneur est appelé : Ἰησοῦς Χριστὸς ὁ Ναζωραῖος, τι, 22; ππι, G; 1v, 10, épi- - thète qu’on retrouve six fois dans les évangiles et nulle part Fer dans le Nouveau Testament. D'après le [γ5 Évangile, x1x, 19, c'est l'épithète que portait l'inscription de la croix. L’universalité du salut est plutôt indiquée qu’enseignée, τι, 39; ur, 25; c'est pour Israël d’abord que Dieu a envoyé son serviteur, τι, 26; c'est pour donner la repentance à Israël, que Dieu a ressuscité Jésus et l’a élevé
à sa droite en qualité de chef et de sauveur : ἀρχηγὸν καὶ σωτῆρα, v, 31. L’escha-
tologie de ces discours est peu développée. Les pécheurs sont exhortés à se repentir, afin que les temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur et qu'il envoie le Messie qui leur a été prédestiné, Jésus, que le ciel doit recevoir jusqu’à l’époque de la restauration universelle, xx, 20, 21. Il n’est pas question de la résurrection des corps, ni de rien de ce qui devait se passer lors de la parousie du Christ. Enfin, on pourrait montrer que tout ce qui est dit de Jésus et de sa vie, dans les discours de Pierre, est conforme à ce que rapportent les évangiles canoniques : la seule différence qu'on relève est ce qui est dit de la mort de Judas, Act. 1, 18 — Mt. χχνιι, 5; elle n’a aucune importance et est expliquée dans le commentaire.
L’authenticité des discours de Pierre est enfin établie nettement par leur comparaison avec l’épitre que toute la tradition s’accorde à lui attribuer. On y retrouve des expressions qui ne se rencontrent, dans le sens où elles sont employées, qu'ici et dans son épître et sont étrangères au style de Luc. Citons ξύλον dans le
(4) IV Macch. vin, 19.
(2) Dazman, Die Worle Jesu, p.244, 245, Leipzig, 1898 (3) HÉNOCE, {π|, 6; XLVI, 3. Cf. DALMAN, op. cit., Ὁ. 241. (4) The Apocalypse of Baruck, p. 114, London, 1896.
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