VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCLXV
sens de croix, ἀθέμιτος, πρόγνωσις, λαγχάνειν, μισθὸς τῆς ἀδικίας, καρδιογνώστης, ῥῆμα Κυρίου, προσωπολήμπτης, Act. et ἀπροσωπολήμπτως, Pr. κλῆρος, ἐν ταῖς ἐσχάταις ἡμέραις, δωρεῖσθαι, σχόλιος, etc. On pourrait établir aussi des rapports très frappants de doctrine et de pensées entre les discours de Pierre dans les Actes et son épître. Remarquons que Pierre, seul dans le Nouveau Testament, parle, dans les Actes, τι, 24, et dans sa première épître, x, 19, de la descente de Jésus-Christ aux enfers. Comme doctrine, spéciale à saint Pierre et énoncée dans ses discours et son épître, signalons la mort de Jésus-Christ, par suite d’un décret divin, Act. 1, 23; 1v, 28; x, 42 et 1 Pr. τ, 2, 20; 11, Δ, 6; la résurrection du Seigneur, fondement de notre espérance, Act. τι, 32; ax, 15, etc. et I Pr. 1, 5; Jésus-Christ placé à la droite du Père et glorifié, Ace. τι, 32 et I Pr. τ, 21, est juge des vivants et des morts, Act. x, 42 et [ Pr. 1v, 5: il est la pierre fondamentale rejetée par les architectes, etc. Ac£. 1v, 11 etI Pr. 11, G. Jésus ἃ été annoncé par les prophètes, Act, ax, 18 = 1 Pr. 1, 10; il est le Seigneur de tous, Act. x, 36 — I Pr. ur, 15- 18. Comme dans son épître, Pierre rappelle que Dieu ne fait pas acception de personnes, Ï, Pr. 1,17 — Act.. x, 34. Enfin, examinés dans leur ensemble, les discours des Actes et la première épitre présentent les caractères communs suivants : exposition concrète des choses, description pittoresque des lieux et des événements ; préférence pour les synonymes, les phrases parallèles et les verbes composés. Toutes ces constatations nous permettent de conclure à l'identité d’auteur pour les discours des Actes et l'épitre de Pierre. Les cinq premiers discours de Pierre ont été prononcés en araméen, et de ce fait contiennent dans le texte grec que nous en avons des aramaïsmes et des phrases grecques assez mal construites que nous signalerons dans le commentaire. Le discours à Cornélius, x, 34-43, a dû être prononcé en grec; en tout cas, le texte grec que nous en avons contient des expressions familières à Luc : Pere Ÿ. 34; ἀποστέλλειν, N. 36; καθ᾽ ὅλης τῆς ᾿Ιουδαίας, ᾧ. 37; διέρχεσθαι, ἰᾶσθαι, κ΄. 38; τέ-χαΐ, Κ᾽. 39; παραγγέλλειν, διαμαρτύρεσθαι, Ÿ. 42. En résumé, nous relevons, dns ces discours, d’une part, des enseignements doctrinaux de caractère archaïque, des expressions sémitiques et quelques phrases grecques mal venues, et, d'autre part, une argumentation assez serrée, des preuves bien en ordre et en général la phraséologie de Luc et des expressions, d’où il semble résulter que Luc ἃ établi les discours de Pierre d’après des sources orales ou écrites, mais plus probablement écrites, qu’il en a conservé les enseignements et même, à un certain degré, la forme, mais qu'il a disposé les arguments etles a mis en ordre et les a exprimés dans sa manière ordinaire.
2. Pour les discours de Gamaliel et du diacre Étienne, nous ne pouvons les comparer à leurs écrits, puisque, s'ils en ont composé, nous ne les avons pas; mais nous devons reconnaître qu’ils présentent des caractères indéniables d’au-
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thenticité. Les paroles de Gamaliel au Sanhédrin répondent au caractère bien
connu de ce docteur juif, disciple du libéral Hillel. Quant au discours d’ Étienne, outre qu'il est tissu d’aramaïsmes (1), et qu’on y signale des traces d’alexandrinismes (2), que n'y aurait pas introduites Luc,
(1) Norpew, Die antike Kunstprosa, II, Ὁ. 484, Leipzig, 1898. (2) B. Wisner BACON, Séephen’s Speech; its argument and doctrinal relationship, Ὁ. 230; p. 231-236. Citation de W. Socrau, Die Herkunft der Reden in der Apostelgesch. — Zeitschr.
für die neutest. Wiss., 1903, p. 144, Giessen.
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