‹ Les Actes des ApôtresChapitre 147 sur 358 · VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCLXXIL · texte numérisé non relu

VALEUR HISTORIQUE DES ACTES DES APOTRES. CCLXXIL

| CCLXXIV INTRODUCTION.

qui portaient cette inscription : « aux dieux inconnus », βωμοὶ δὲ θεῶν re ὀνομαζομένων ἀγνώστων xx ἡρώων. [l en signale encore une autre à Olympie : πρὸς αὐτῷ ᾿ δ᾽ ἐστὶν ἀγνώστων θεῶν βωμός, V, χιν, 2. Nous avons cité plus haut le passage de la Vie d'Apollonius de Tyane par Philostrate, où il est dit qu'il y avait à Athènes des autels « aux dieux inconnus ». Tertullien (1) mentionne deux fois l'autel d'Athènes « aux dieux inconnus ». |

Par contre saint Jérôme observe (2) que l'inscription n’était pas telle que l’a rapportée Paul : /nscriptio autem arae non ita erat, ut Paulus asseruit : ignoto Deo, sed diis Asiae et Europae et Africae, dis ignotis et peregrinis; verum quia Paulus non pluribus diis indigebat ignotis, sed uno tantum ignoto deo, singulari verbo usus est; ut doceret illum suum esse deum, quem Athenienses in arae tilulo praenolassent, et recte eum scientes colere deberent quem venerebantur et nescire non poterant. Il est probable que saint Jérôme ἃ emprunté ce renseignement à Origène.

D'autre part, Œcumenius nous donne la même inscription, qui doit provenir de la même source, mais avec une variante importante : Θεοῖς ᾿Ασίας καὶ Εὐρώπης καὶ Λιδύης, θεῷ ἀγνώστῳ καὶ ξένῳ (3).

On n'avait pas retrouvé jusqu'ici cette inscription sur des monuments. Elle vient peut-être d'être découverte dans les fouilles exécutées en 1909 par W. Dôrp- - feld, à Pergame. Elle a été publiée par H. Hepding (4), en 1910. Sur le front d’un autel, qui est probablement du n° siècle après J.-C., on lit cette inscription . mutilée :

θεοις ayvlwotots] Καπιτωΐν].

Le second mot est incomplet et le ν n’est qu'une conjecture, de sorte que l’on pourrait lire ἀγγέλοις, qui rappelle une inscription latine du n° ou mi siècle après J.-C., trouvée à Viminacium en Serbie. On pourrait lire aussi : ἁγί[οις], ἅγι[ τάτοις] ou ἁγν[οἷς]. Hepding croit qu’il faut lire ἀγνώστοις et Deissmann (5) se range à son

opinion. — On élevait des autels aux dieux inconnus pour n'en oublier aucun et réparer ainsi l’absence d’un culte; mais existait-il un δαδουχός de dieux inconnus ? Ou pourquoi le δαδουχός de dieux connus aurait-il élevé un autel aux inconnus?

Nous ne pensons pas qu’il y ait lieu d'accepter l'interprétation que Birt a proposée sur le singulier, ἀγνώστῳ θεῷ, au lieu du pluriel mentionné par Pausanias, Philostrate, Tertullien, saint Jérôme. D’après lui, il n’y aurait jamais eu d’autel consacré à un dieu inconnu ou à des dieux inconnus, Dans les inscriptions on trouve la formule θεῷ ou τῷ θεῷ, qui, n’indiquant le nom d’aucun dieu, impliquait que l'autel était consacré à un dieu (inconnu). Mais en supposant même que cette hypothèse réponde aux faits, en quoi atteint-elle l’origine paulinienne du

(1) Ad. nationes, τι, 9; Advw. Marcionem, 1, 9.

(2) In Tilum, τ, 12. |

(3) Citation de KNABENBAUER, Actus aposlolorum, p. 304, ἢ. 1. Il renvoie aussi à Théophylacte.

(4) Athenische Milteilungen, 35 (1910), pp. 454-457.

(5) Paulus : eine Kultur -und religionsgeschichtliche Skizze, p. 180, Tübingen, 1911.

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