CHAPITRE PREMIER
1, 1-26 : INTRODUCTION
PROLOGUE, 1, 1-3; DERNIÈRES PAROLES ET ASCENSION DE NOoTRE-SEIGNEUR, 1, 4-14; Retour
DES APOTRES A JÉRUSALEM, 1, 12-14; ÉLECTION D'UN APOTRE EN REMPLACEMENT DE JUDAS,
NL:45-06.
1, 1:8. Prococure. — Luc relie ce livre au premier qu'il a écrit, dans lequel il avait raconté ce que Jésus-Christ avait fait et enseigné jusqu'à son ascension. Il complète son récit au sujet de la résurrection du Seigneur et des preuves que celui-ci en a données.
Le récit de Luc dans son évangile et dans les Actes sur les événements qui ont suivi la résurrection de Notre-Seigneur est assez divergent de celui des autres
évansiles. Il représente une tradition qui relatait seulement ce qui s'était passé à g P P
Jérusalem. Il ne parle pas du retour des apôtres en Galilée, ni du moment où ils sont
revenus à Jérusalem. Tout se passe dans ce récit comme si les apôtres n'avaient pas
quitté Jérusalem, mais il n’y est rien dit qui exclut un voyage de ceux-ci en Galilée. ! En fait, les traditions sont divergentes, mais ne sont pas contradictoires. Luc, cependant, a dû connaître la tradition galiléenne, mais il n’en a pas tenu compte, parce qu'elle
n’entrait pas dans le cadre de son récit. 11 n'avait pas à parler de ce qui s'était passé en Galilée. Son but étant de raconter la naissance et le développement de l'Église:
chrétienne, il devait borner son récit aux événements qui en étaient le début et qui tous se sont passés à Jérusalem. Nous ne voyons en Galilée aucune trace de l'Église naissante.
ὖ 1) Il n'y a pas en tête des Actes, comme dans le troisième évangile un προοίμιον, mais seulement une προοιμιαχὴ ἔννοια, BLASs.
Τὸν μὲν πρῶτον λόγον ἐποιησάμην. Ce début présente plusieurs particularités : la construction est anormale; μέν, dans la protase, appelle δέ, dans l'apodose, et ici μέν reste solitaire ; cf. Le., van, 5 — πρῶτον λόγον appelait aussi un δεύτερος λόγος pour la régularité de la construction. Cette construction du pév solitaire que l’on trouve aussi dans Paul : πρῶτον μὲν εὐχαριστῶ, Rom. 1, 8, est fréquente dans les Actes, où elle forme anacoluthe, 1, 18: π, 41, πι|, 21; v, 41; xIm1, 4; xvn, 30, etc.; en tout 45 fois. Ce μέν anacoluthique n’est pas inconnu au grec classique; cf. Jannaris, Hisior. Greek Grammar, p. 410 et
les Dictionnaires grecs, ΕἸΒΤΙΕΝΝΕ, Baizzy, Passow. Quelquefois μέν, disent Riemann et
Gülzer, Grammaire comparée du grec et du latin, Syntaxe, p. 382, paraît n'avoir pas de corrélatif : c'est ce qui a lieu dans des cas où, bien que la contre-partie ne soit pas exprimée, la corrélation est néanmoins impliquée dans l’ensemble même de la phrase, Homère, Od., vu, 237; Xénornon, Anab., 1, 9, 14. D'après Robertson, Grammar of the
ACTES DES APOTRES, 1, 1. o
1, 1. J'ai fait le premier livre (discours) sur tout ce que, ὁ Théophile, Jésus
sreek N. T., p. 440, μέν n’exige un δέ corrélatif ni par l’étymologie ni par l'usage.
πρῶτος est ici employé probablement pour πρότερος qu'on ne trouve pas dans Luc. πρότερος, comme les autres termes qui dénotent le duel, πότερος, ἑχάτερο:, οὐδέτερος, avañt disparu de la langue populaire, BLass. Dans les huit volumes de Grenfell, Hunt reproduisant des papyrus, on ne trouve πρότερος que 9 fois dans sept documents. La disparition du duel dans le Nouveau Testament explique celle de πρότερος. 1] n'existe pas dans le Nouveau Testament dans Île sens de premier de deux, πρῶτος indique le premier d'une série comprenant deux ou plusieurs objets. Dans Ze, 11, 2, πρῶτος marque le
premier de deux; dans x1, 26, il désigne plusieurs choses. Il ne semble donc pas que
Luc ait envisagé la publication d’un troisième volume.
λόγος ἃ des sens divers : parole, sentence, exemple, mention, entretien, récit d'histoire, composition en prose, ouvrage, ete. Chez Hérodote, 2, 88: 5, 36; Xénophon, Anabase, λόγος désigne chaque livre ou volume, c’est-à-dire rouleau d'un ouvrage d'histoire. Luc aurait donc probablement nommé son évangile « le premier rouleau » et indiquerait qu'il va donner un « second rouleau », qu’il ne nomme pas explicitement, mais qui est indiqué par πρῶτον λόγον. λόγος pourrait aussi signifier un récit contenu dans un ouvrage comme chez les classiques; cf. Wersrein, in loco, des ‘exemples de Xénophon. Dans Platon, Phédon, p. 61, B, λόγος est opposé à μῦθος : ποιεῖν pÜPovs ἀλλ᾽ où λόγους.
ἐποιησάμην, à l'aoriste moyen, est une forme très rarement employée dans le χανε ‘Testament; elle l’est seulement par Luc et par Paul. Elle est idiomatique dans le sens de raconter un récit, Héropore, ou d'écrire un traité : περὶ πρώτων τῶν δαχτύλων ἐποιησάμην τὸν λόγον, GALIEN, de usu Part. II. Cf. Ze, v, 38. C’est probablement un moyen potentiel qui marque le sens de : faire de soi-même, avec ses propres moyens; il indique l'action mentale de l’auteur. L'emploi de ποιεῖσθαι avec un nom pour remplacer un verbe seraït populaire d’après Moulton, p. 159, où il cite des exemples tirés des papyrus.
Par ces mots, τὸν πρῶτον λόγον, Luc rattache le récit qui suit à celui qu'il avait fait précédemment sur tout ce que Jésus avait fait et enseigné. Il l'adresse comme celui-ci à Théophile, ὦ Θεύφιλε, Cette interjection employée ici comme adresse, est conforme à l'usage attique. Dans le 1119 évangile l'adresse était χράτιστε Θεόφιλε. Ici, l'écrivain a remplacé χράτιστε par ὦ : Θεόφιλε seul aurait été dur. On a suggéré que l’omission de χράτιστε provenait de ce que les rapports entre Théophile et Luc étaient devenus moins cérémonieux, ou encore que Luc ἃ omis ce titre dans les Actes parce que Théophile n’était plus en charge. Il emploie, en effet, ce titre plutôt comme une désignation de l'office, xxur, 26; xx1v, 3; xxvi, 25, que de la personne. C’est une épithète technique et non une pure usitata appellatio hominum dignitate praestantium, Ramsay.
Nous ne savons rien sur ce personnage à qui Luc a dédié son évangile et les Actes des apôtres. Il en est qui ont supposé que c'était un personnage symbolique : Théophile, c'est le chrétien qui est aimé de Dieu ou qui aime Dieu, Θεοῦ φίλος. Il est possible que l'appellation de Théophile le désigne comme chrétien et remplace son nom véritable, ou bien que le converti se le soit donné à soi-même. Il était peut-être inopportun de le désigner par son nom véritable,
L'épithète κράτιστε, Le. τ, 3, prouve que Théophile était un personnage réel et même an homme constitué en dignité, puisque Luc désigne par ce terme les gouverneurs romains, Félix, xxmm, 26; xx1v, 3; Festus, xxvi, 25. Théophile devait, tout au moins, être de l'ordre équestre ou de l’ordre sénatorial, C'était peut-être un magistrat romain qui avait été chargé de faire une enquête au sujet des chrétiens; χράτιστος était, au ue siècle, le terme technique pour qualifier les chevaliers. Ceci infirme la supposition de Ramsay que Théophile était chrétien. Au rer siècle, dit-il, un officier romain aurait
PR SEE ETES pe
k ACTES DES APOTRES, 1, 1-2. te de
4 ἐν » Ξ- < = LANTE Ἰησοῦς ποιεῖν τε nai διδάσχειν; 2. ἄχρι ἧς ἡμέρας ἐντειλάμεγος τοῖς ἀποστόλοις διὰ
difficilement porté le nom de Théophile; ce devait donc être un nom qui lui avait été donné à son baptême. Mais nous ne voyons pas qu’à l’époque où Luc écrivit son évangile il y eut des chevaliers parmi les chrétiens, et non plus qu'aux deux premiers siècles un chrétien ait recu ce titre. Et, d’ailleurs, ce nom était assez commun chez les Juifs. Blass croit que Théophile était grec d’origine et habitant d’Antioche, comme Ἤν Luc; il aurait été le patron de ce dernier. Ramsay voit en lui un citoyen romain; 6 È d’autres croient qu il habitait Alexandrie; d’autres, l'Égypte. Toutes ces conjectures sont vaines, ainsi que celles qui l'ont assimilé à Sénèque, à Philon ou au grand prêtre . : juif, Théophile, Josèpue, Ant. juives, xxvint, 1V, 3, qui fut en charge pendant cinq ans de l’an 37 à 41.
περὶ πάντων ὧν : l'emploi de πᾶς, précédé d’une préposition et suivi d’un pronom relatif avec l'attraction, est familier à Luc, 11, 20; 1x, 43; Act. 11, 21; x, 39; xt, 38, etc. πάντων n'indique pas que Luc croit avoir raconté toutes les actions et tous les enseignements de Notre-Seigneur,; l’apôtre Jean avait déclaré dans son évangile, xxr, 25, fi que si l’on rapportait tout ce que Jésus avait fait, le monde ne pourrait pas contenir les livres qu'on en écrirait. Saint Chrysostome se demande comment Luc dit qu'il a parlé de tout. Ἀλλ᾽ οὐχ εἶπε πάντα, ἀλλὰ περὶ πάντων, ὡς ἄν εἴποι τις, ἁδρομερῶς καὶ παχυμερῶς" ἢ περὶ πάντων λέγει τῶν συνεχόντων χαὶ χατεπειγόντων. TR πάντων ὧν ἤρξατο : ὧν, au lieu de & par attraction, forme qu'on trouve surtout dans | Luc; Εν. 1, 62; 1x, 46; χιχ, 48, etc.; en tout, 30 fois; Act. πι, 21, 25 : vi, 17. Cette forme est peu employée dans le reste du N. T., cf. Rom. vin, 26; 7 Thess.1v, 1, mais elle est classique, RIEmANN-Gü1zEr, p. 786. — ἤρξατο ποιεῖν : cette expression peut s'expliquer de deux façons; ἤρξατο est simplement pléonastique, et il faudrait traduire: toutes les choses que Jésus a faites et enseignées : Est enim ἄρξασθαι cum infin. seriptoribus : N. T. perquam usitatum, neque enim in ἄρξασθαι magna vis inesse solet, quamvis ᾿ plerumque sit quaedam. H. 1. initium significatur propter finem mox indicandum, δὶ Υ 2. Brass. ἤρξατο peut aussi être regardé comme emphatique : l'œuvre que Jésus ἃ faite sur terre est continuée dans le ciel, ou mieux, ce que Jésus a commencé de faire et d'enseigner et ce qu’il continue à faire et à enseigner par ses apôtres :ce qui est raconté dans le livre des Actes; ou bien ce que Jésus ἃ commencé, s’est mis à A faire et à enseigner [et qu’il ἃ achevé de faire et d'enseigner] jusqu'au jour où il fut enlevé. ἤρξατο implique xai διετέλει, devant ποιεῖν τε χαὶ διδάσχειν. C’est un cas de brièveté, d'exposé abrégé. Continet, dit Bengel, non solum recapitulationem evangelicae historiae, sed etiam continuationem historiae Christi. C’est aussi l'opinion de Beelen : Reddendas esse utique voces illas quae fecit, ita tamen ut ea phrasi una innuatur aliquid continui fuisse in actu qui sic narratur. On pourrait encore traduire : ce que Jésus a fait et enseigné dès le commencement, ce qui serait une allusion au prologue de l’évangile, où l’auteur dit qu’il a suivi toutes choses depuis l’origine, 1, 3. Il marquerait donc la limite initiale du récit dans le premier livre {et'le commencement dans le second. Mais il semble que, dans ce cas, au lieu de ἤρξατο, il aurait écrit ἀρξάμενος. Ce verbe ἄρξασθαι ést fréquemment eppiers par Luc, 41 fois, et quelquefois dans son évangile exactement comme ici : [Ἰησοῦς] ἤρξατο λέγειν, 1v,421 : vin, 2%, etc., dans le sens de « se mettre à » ou comme dans son évangile, 11,:8 : καὶ μὴ ἄρξηστε λέγειν ἐν ἑαυτοῖς, ne dites pas en vous-mêmes. D’après Torrey, op. cit. 9. 28, ἤρξατο est la traduction de l’araméen “iv, constamment employé de cette façon ταῦρος dante dans le dialecte palestinien, ποιεῖν τε χαὶ διδάσχειν. La forme τε χαί est classique; ici, elle sert’à relier étroitement les deux termes, ποιεῖν et διδάσχειν, dont le second renchérit sur le premier et non à opposer l'un à l’autre : Scilicet prius fecit, deinde docuit; prius docuit ΘΧΘΙΏΡΙΟ,
eZ
commencé de faire et d'enseigner, 2. jusqu’au jour où, ayant donné, par l’Esprit-Saint, ses ordres aux apôtres qu'il s'était choisis, il fut enlevé;
deinde verbo. Unde prius non docuit quod prius ipse non fecit, Cornezius À LaAPIDE. Ces mots ποιεῖν τε at διδάσχειν enferment toute l’activité de Jésus. De même, Luc dans son évangile, xxiv, 19, dit que Jésus était δυνατὸς ἐν ἔργῳ χαὶ λόγῳ et Papias nous apprend que Marc écrivit toutes les choses dites ou faites par le Seigneur, τὰ ὑπὸ τοῦ Κυρίου ἢ λεχθέντα ἢ πραχθέντα, BusèBe, Hist. eccl., III, χχχιχ, 15.
Norden, Agnostos Theos, p. 315, soutient que la préface des Actes devait répondre à celle du IIIe évangile et, par conséquent, qu’elle ne pouvait manquer de contenir un résumé succinct de ce qui allait être raconté. Il rétablit cette préface de la façon suivante : Τὸν μὲν πρῶτον λόγον... ἀνελήμφθη, νυνὶ δὲ τὰ συνεχῆ τούτοις, & τε αὐτὸς παρὼν εἶδον ἅ τε παρ᾽ ἄλλων ἀξιοπίστων ὄντων ἐπυθόμην, συγγράψαι πειράσομαι μεχρὶ τῆς ἐπὶ τῆς “Ῥώμης ἐπιδημίας τοῦ Παύλου. J'ai fait mon premier livre, ὃ Théophile, de tout ce que Jésus ἃ commencé de faire et d'enseigner jusqu’au jour où il fut enlevé; maintenant j'essayerai d'écrire les événements qui ont suivi ceux-ci; ceux, qu'étant présent j'ai vus moi-même et ceux dont je me suis informé auprès d’autres dignes de foi, jusqu’au séjour de Paul à Rome. Harnack, /st die Rede ἃ. Paulus in Athen ein urspr. Best. der Ap., p. 3, ne partage pas l’avis de Norden. Il croit que Luc a donné le plan de son livre au ὃ 8. Loisy, p. 188, trouve ce morceau incolore et ne voit pas pourquoi le rédacteur l'aurait supprimé, s’il était dans le texte primitif de Luc.
Ÿ 2) ἀνελήφθη, Β 3 et probablement tous les minuscules; ἀνελήμφθη, NAB*CDE; ce w est hellénistique. Dans D, Peschitto, Harkl. (mg.), Sahidique on ἃ ἀνελήμφθη ἐντειλάμενος τοῖς ἀποστόλοις διὰ Πνεύματος ἁγίου οὺς ἐξελέξατο. La Catena arm. p.19 a ἄχρι τῆς ἡμέρας τοῦ ἐντέλλεσθαι τοῖς ἀποστόλοις διὰ Ilv. &y. Augustin et Vigile ont omis ἀνελήμφθη : in die quo apostolos elegit per Spiritum Sanctum et ont ajouté avec D, Harkl (mg), Sah. χαὶ ἐχέλευσεν κηρύσσειν τὸ εὐαγγέλιον : quo apostolos elegit per Sp. S. mandans eis praedicare evangelium, Aug., de Unitate eccl., 27; elegit per Sp.S., mandans eis praedicare ev., Vicice, e. Varim. 733; quod praecepit apost. per Sp. $S. praedicare ev. quos elegerat, Gigas. Blass adopte cette addition : ἐκέλευσεν χηρύσσειν τὸ εὐαγγέλιον. Il juge que le texte de ce verset, tel que le donne D est plus régulier que le texte oriental adopté ordinairement. Pour lui le texte romain serait : ἐν ἢ ἡμέρα τοὺς ἀποστόλους ἐξελέξατο. διὰ Πνεύματος ἁγίου al ἐχελεύσε χηρύσσειν τὸ εὐαγγέλιον. D'après Zahn, le texte de D serait l'original. à
ἄχρι ἧς ἡμέρας : ἄχρι est employé 20 fois par Luc, tandis que μέχρι, plus commun, l’est seulement trois fois. Paul emploie ἄχρι aussi souvent que μέχρι. L'expression ἄχρι ἧς ἡμέρας se trouve dans Mt. χχιν, 38. ἄχρι ἧς ἡμέρας est mis pour ἄχρι τῆς ἡμέρας À ἀνελήμφθη : cette forme est classique.
ἐντειλάμενος τοῖς ἀποστόλοις διὰ Πνεύματος ἁγίου οὗς ἐξελέξατο : ἐντειλάμενος, participe aoriste moyen de ἐντέλλομαι, qui signifie au moyen ordonner [spécialement] : la Vulgate l’a traduit par praecipiens pour le participe passé actif qui n'existe pas en latin. évrerλάμενος est employé sans indication de l’objet. Le ÿ 3 indiquerait que cet ordre portait sur tout ce qui regarde le royaume de Dieu, en particulier sur la prédication de la résurrection de Jésus et l’ordre de baptiser toutes les nations, mais il est possible aussi qu'il se rapporte à l'ordre plus actuel d'attendre à Jérusalem l’effusion du Saint-Esprit.
οἱ ἀπόστολοι désigne ici le corps apostolique. Dans les Actes οἱ ἀπόστολοι est toujours employé dans ce sens, sauf χιν, 4, où Barnabé est englobé dans l'expression : σὺν τοῖς ἀποστόλοις, tandis que dans Paul ἀπόστολος signifie assez souvent un envoyé pour la propagation de l'Évangile, II Cor. vin, 23; Philip. τι, 25; Rom. xvi, 7, Cf. Didachè, xx, 2. Loisy discute longuement, p. 164, la signification du terme ἀπόστολος, dans lequel
[veiparos ἁγίου οὺς ἐξελέξατο ἀνελήμφθη" 3. οἷς nai παρέστησεν ἑαυτὸν ζῶντα μετὰ ὁ
deux notions se seraient amalgamées, l’une d’origine juive, celle de l’apostolat commissionné, et l’autre, celle du prédicateur suscité par le Christ. — Pour le théologien. catholique, l'apôtre, au sens restreint du mot, est l’homme qui a été choisi par Jésus- Christ pour le représenter sur la terre et prêcher sa doctrine. Ce nom convient donc proprement aux douze hommes, que Jésus a choisis, Ze. vi, 13; Mi. x, 2; Mc. wi, 14 et qui ont formé le collège apostolique. Ce nom s’est étendu à d'autres hommes participant à l’activité des Douze, mais n'ayant pas les mêmes pouvoirs qu'eux.
Faut-il joindre διὰ Πνεύματος ἁγίου à ἐντειλάμενος où à ος ἐξελέξατο ἢ Les exégètes sont
. partagés, d'autant plus que la grammaire permet l’une ou l'autre liaison. La dispo-
sition du texte oriental indique qu'il faut joindre διὰ Πνεύματος ἁγίου à ἐντειλάμενος : c'est par le Saint-Esprit que Jésus ἃ donné ses ordres. Dans son évangile, Luc a plusieurs: fois, 1v, 1, 14, 18, rappelé que Jésus, plein du Saint-Esprit, avait agi, étant animé de la puissance de l'Esprit. διὰ Πνεύματος ἁγίου. ἐντειλάμενος signifie, dit saint Chrysostome, qu’il leur donna des préceptes spirituels et en rien humains, ou bien que c'était par l'Esprit qu’il leur commandait... Car l’Esprit-Saint opérait en celui-ci comme dans son
= temple. Cette opinion est celle d'Œcumenius, Beelen, Patrizzi, Belser, Felten, Knaben-
bauer. D’autres exégètes, Cyrille, Augustin, Vigile, Holtzmann, Zôckler, Hilgenfeld, Wendt joignent διὰ Πνεύματος ἁγίου. à οὺς ἐξελέξατο. Un écrivain grec peut prendre quelquefois un ou plusieurs mots dans une proposition relative et les porter devant le pronom relatif pour les faire ressortir.
Au commencement du livre où sont racontées les actions des apôtres, il était nécessaire de marquer que ces hommes qui devaient agir sous l'influence de l’Esprit-Saint, Act. 1v, 8; vir, 55; ΧΠῚ, 2, etc., avaient été choisis sous l'influence du Saint-Esprit et non par hasard ou pour des motifs humains. I1 était cependant tout aussi nécessaire d'établir dès le commencement des Actes que les ordres d'enseigner les nations qu'avait donnés Jésus, Me. xxvur, 26-20; Mc. xvr, 14-20, l’avaïent été par le Saiïnt-
Esprit. Luc fait allusion ici à ce qu'il avait rapporté dans son évangile, xxtv, 27 : La
repentance et le pardon des péchés doivent être prêchés en son nom [du Christ] à
toutes les nations en commençant par Jérusalem. Cette addition : διὰ Πνεύματος
ἁγίου est familière à Luc; il aime à montrer l'union de l'humanité du Seigneur avec
16 Saint-Esprit, £o. im, 22; τν, 14, etc.
οὺς ἐξελέξατο : éxkéyouar est toujours employé au moyen dans le Nouveau Testament;
le moyen indique que le choix est fait pour soi-même. Le Seigneur a choisi les apôtres
pour qu’ils soient ses témoins en face de tous les hommes. L'aoriste est ici employé pour le plus-que-parfait, rare dans le Nouveau Testament. L’aoriste s'emploie alors après un pronom relatif ou une proposition relative. L'événement est simplement regardé comme passé sans rapport avec un autre événement passé. Preuschen pense
que le ÿ 3 est une interpolation, et suppose que le texte original serait : ἄχοι ἧς ἡμέρας ἀνελήμφθη. Il n’y avaït pas lieu, d’après lui, de rappeler ici la vocation des apôtres, qui
d’ailleurs n'avait pas été faite sous l'influence du Saïnt-Esprit.
ἄγελήμφθη, aor. passif : il fut enlevé et non il s’éleva, parce qu'ici encore Jésus est considéré comme homme. Saint Thomas enseigne Sum. theol., III, p. 57, 8, « humamam Jesu näturam utpote in corpore jam glorificato, per dotem agilitatis sine alieno auxilio in coelum ascendisse. At vero hoc ipsum quod resurrexerit, adeoque corpus gloriosum haberet dote agilitatis donatum, etiam Deo ascribitur, cum passim in Actis Deum a mortuis suscitasse eum dicatur. Profecto nihil coneludi potest contra naturam divinam vi cujus se ipse ressuscitavit et sustulit in coelum propria sua potestate. Etenim, si in hoc Actuum libro de Jesu velut Messia constanter sermo fiat, in eodem tamen sufficienter declaratur Messiam insignitum esse caractere divino. Cf. Acc, 11, 88; τν, 12.
" ACTES DES APOTRES, I, ὃν» 7
3. c'est à eux aussi qu'il se présenta, lui-même vivant, après qu'il eut souffert, [leur donnant] de nombreuses preuves [de sa résurrection], leur appa-
Ce verbe est employé dans les Septante, IV Rois, τι, 9-11, où il est parlé de l’enlèvement au ciel d'Élie : ἀνελήφθη Ἠλίου ἐν συσσεισμῷ; cf. Eccli. xzvur, 9; 1 Macc.n1, 58; ÆEz. xu, 6-7. Dans Marc, xvi, 19, nous avons l'attestation du même faitetla done el de ce passage des Actes : ὃ μὲν οὖν Κύριος [Ἰησοῦς] μετὰ τὸ λαλῆσαι αὐτοῖς ἀνελήμφθη εἷς τὸν οὐρανόν. Cf. I Tim. 11, 16. De ce verbe est venu le terme ἀνάλημψις, employé par Luc
seulement dans son évangile, 1x, 514, dans le N. T, Π a reçu plus tard la signification
technique d’Ascension du Seigneur.
Υ 3) οἷς καί : χαί joint παρέστησεν à oÙc ἐξελέξατο : ceux que Jésus a choisis sont les mêmes que ceux auxquels il est apparu. παρέστησεν, praebuit se, Vlg, aoriste Ier de παρίστημι qui, à l’actif intransitif comme au moyen intransitif, signifie se placer à côté de, s’avancer auprès, d’où se montrer à ou s'offrir à. D’après le contexte il signifie pure il se démontra lui-même vivant. ;
μετὰ τὸ παθεῖν αὐτόν : μετά et l'infinitif équivalent à une proposition temporelle. Après μετά on emploie d'ordinaire dans le N. T. l’aoriste. Sur 15 μετὰ τό dans 16 N. T., 8 sont dans Luc, 6 dans les Actes. Un écrivain classique aurait supprimé αὐτόν qui fait double emploi avec Eavrov ζῶντα: il faudrait d’ailleurs αὐτός. Le sujet de l’infinitif se met à l’accusatif quand il désigne un autre que le sujet de la phrase principale; s’il désigne celui-ci, il se met au nominatif; Rismann, GôLzer, p. 604-605. Cependant, Viteau, IT, p. 44, soutient que lorsque la proposition infinitive équivaut à une proposition finale ou circonstancielle, le sujet peut être exprimé, s’il est utile, même s’il est identique au sujet de la proposition principale. Mais cette tournure n’est pas classique. Luc emploie fréquemment παθεῖν pour exprimer les souffrances du Christ, Εν. 1x, 22; Xvin, 25, Act. xXVIT, 3, etc,
Jésus se montra aux apôtres prouvant qu'il était vivant : ἐν πολλοῖς τεκυτηρίοις. ἐν est instrumental. rexu#oiov,employéici seulement dans le Nouveau Testament, signifie signe
de re indice, témoignage [certain], d'où preuve; il est classique dans ce
Sens : τεχμήριον δὲ τούτου τόδε, et la preuve de ce que je dis, c’est : Heronore, 2, 58. Platon l’emploie pour désigner la preuve la plus convaincante. Pour Arisbabe, il signifie évidence démonstrative et aussi pour Quintilien : quae dubitationem omnmem tollunt. « Τεχμηρίοις, per visum, auditum, tactum, unde certo et liquide scirent et ipsum
esse et vivere », Bence. Ces preuves que Jésus ἃ données de sa résurrection sont
énumérées par Luc, xxrv, 38 ss. : il a apparu à ses apôtres, s’est fait toucher par eux, il a mangé avec eux et leur a donné ses instructions; cf. Aer. x, 41 ss. À ces preuves Luc ajoute qu'il a apparu à ses apôtres : δι’ ἡμερῶν τεσσεράκοντα ὀπτανό-
ὑμένος, et qu'il leur ἃ parlé de ce qui concernait le royaume de Dieu. τεσσεράχοντα, forme :
ionienne qui ἃ passé dans le grec hellénistique. ὀπτανόμενος, mot employé deux fois dans les Septante, [ΠῚ Rois, vur, 8; Τοῦ. χιι, 15 et Pap. Tebtunis, 24, 5; 117 av. J.-C; ici seulement dans le Nouveau Testament et inconnu au grec classique. Il signifie à actif, voir; au moyen, se faire voir par quelqu'un, apparaître. Si l’on admet que ὀπτανύμενος est un fréquentatif, il signifiera que Jésus apparaissait de temps en temps,
mais Blass croit que c'est un participe présent hellénistique, formé de l’aoriste ὥφθην.
de ὁράω. Cf. Drrssmann, Licht vom Osten, p, 52. Faut-il juger de sa signification par le ) Ρ
terme correspondant ὀπτασία qui, dans Luc, 1, 22 ; χχιν, 28; Act. xxvr, 19 et dans Paul
IT Cor. xu, 1, désigne toujours une vision? Mais de quelle nature était cette vision de
Jésus aux apôtres? Nous l'apprenons par le récit de Luc : cette vision était celle d’une à ᾿ Ρ À « 7 . "
personne réelle puisque Jésus engagea ses apôtres à toucher ses mains et ses pieds,
Le, xxiv, 39, qu'il manoea avec eux, 40. 43, qu'il partagea le pain avec les disciples
? ? q Oo ? DO
Do ACTES DES APOTRES, I, 3.
τὸ παθεῖν αὐτὸν ἐν πολλοῖς τεχμηρίοις, DL ἡμερῶν τεσσεράχοντα ὀπτανόμιενος αὐτοὶς | Ὁ
d'Emmaüs, τ. 30; qu'il mangea et but avec ses apôtres, Act. x, 41; cf. Jn. xx, 22. Le corps de Jésus ressuscité était un corps glorieux, un corps spirituel. Mais quels étaient les actes d’un corps spirituel? nous l’ignorons.
δι’ ἡμερῶν τεσσεράχοντα : διά avec le génitif indique la durée, la période de temps pendant laquelle un événement s’est écoulé ; il signifie aussi à travers, le long de. Ici il signifie pendant quarante jours non continus, mais par intervalle. Οὐ γὰρ, dit saint Chrysostome, Hom. 1, ὥσπερ πρὸ τῆς ἀναστάσεως ἀεὶ μετ᾽ αὐτῶν ἦν, οὕτω χαὶ τότε. Ὅρα γάρ’ Οὐχ εἶπε, τεσσαράχοντα ἡμέρας, ἀλλὰ δὶ ἡμερῶν τεσσαράχοντα. ᾿Εφίστατο γὰρ, καὶ ἀφίστατο. Le
Scholiaste ajoute οὐ διηνεχῶς à ὀπτανόμενος. Ce sens de διά n’est pas classique et l’on n’en J μι Ρ q
peut donner des exemples dans le Nouveau Testament, sauf peut-être, Mc. χιν, 58;
Mt, xxvi, 61. Abbott, Johannine Grammar, p. 255, accepte la leçon de d, post dies quadraginta qui lui donne un sens excellent : après un intervalle de quarante jours, leur apparaissant... et se réunissant à eux, il leur ordonna. Le codex de Bèze a supprimé διά : mais cette suppression est injustifiée, car le génitif seul n'indique pas 16 temps.
Telle n'a pas toujours été d’ailleurs l'interprétation de διά, apparitions discontinues, puisqu'il y a des MM., 1 4 27 31 qui, au lieu de συναλίζόμενος, étant réuni, lisent συναυλιζόμενος, vivant ensemble et que le texte latin de D a et simul convivens cum eis. Il est inutile de discuter les conjectures de ceux qui supposent que ces quarante jours rappellent les quarante jours que Moïse a passés sur le Mont Horeb, ou les quarante jours du voyage d'Élie au mont Horeb, ou encore les quarante jours du jeûne de Notre-Seigneur, etc. Cf. Zann, I, p. 42, n. 1.
On a essayé de mettre ici Luc en contradiction avec lui-même. Jésus serait, d’après les Actes, apparu à ses apôtres pendant quarante jours : or, dans son évangile, Luc raconte que, le soir de sa résurrection, Jésus apparut à ses disciples, assemblés à
Jérusalem, puis, après leur avoir parlé et avoir mangé avec eux, il les conduisit à:
Béthanie et là, après les avoir bénis, il fut enlevé au ciel, Ze. xxiv, 36-51. Des critiques
‘ont supposé que l’auteur des Actes n’était pas celui qui avait écrit l'évangile. Wendt,
p. 65, pense qu'entre la composition de son évangile et celle des Actes, Luc aurait connu une autre tradition orale sur les apparitions du Seigneur, qui lui aurait paru meilleure que celle qu’il avait suivie dans son évangile. Harnack, au contraire, tient pour légendaire le récit des Actes et l’attribue à une tradition postérieure à celle de l'évangile.
Nous pourrions tout d’abord répondre à ces observations en faisant remarquer qué le texte, χαὶ ἀνεφέρετο εἰς τὸν οὐρανόν de Luc, xxiv, 51, n’est pas textuellement certain. Westcott-Hort, Nestle, von Soden et d’autres critiques le placent entre crochets. D'après les MM. K* D Syr. sin. a b e 2], Augustin, de Unit. eccl., 10, le texte serait διέστη, ou ἀπέστη ; D, ἀπ᾽ αὐτῶν, et recessit ou discessit d’après les MM. latins. La leçon ἀνεφέρετο εἰς τὸν οὐφανόν est soutenue par N° À B C L, etc., Tatien et des MM. vieux latins. Au point de vue textuel elle est mieux soutenue que la précédente qui paraît être d’origine occidentale. Nous pourrions cependant admettre que le texte de Luc portait seulement : Et il arriva, pendant qu’il les bénissait, qu'il se sépara d'avec eux. Toute difficulté serait ainsi tranchée.
Mais nous croyons que la leçon : Et 1] fut enlevé au ciel, est authentique; cela ne nous oblige pas à admettre que, d’après l’évangile de Luc, l'ascension du Seigneur eut lieu le soir de sa résurrection. Il n’y ἃ pas en réalité contradiction entre les deux récits : le second est seulement plus complet que le premier. Il n’y ἃ dans l’évangile de Luc aucune indication précise du temps où eut lieu l'ascension; l’auteur ἃ rassemblé dans ce dernier chapitre diverses apparitions, xx1v, 44et 50, sans marquer qu’elles ont
raissant pendant quarante jours, et leur parlant des choses du royaume de Dieu.
eu lieu à des époques différentes. Du contexte même, il ressort que tous ces événements ne se sont pas passés le même jour. Luc emploie, ὃ 44, la formule εἶπεν δέ qui indique une séparation d'avec ce qui précède; puis, Υ 46, καὶ εἴπεν, une nouvelle séparation; puis, au Ÿ 50, autre séparation : ἐξήγαγεν dé. Ce sont les formes qu'emploie Luc, xvi, 1; XVI, 1; ΧΥ͂ΠΙ, 1; XX, 41, pour marquer qu'un événement a été séparé d’un autre, KNaBenBauEr. On ne peut supposer d’ailleurs que l'ascension du Seigneur eut lieu en pleine nuit, au moins vers minuit, si nous tenons compte de tous les événements qui se sont passés ce jour-là, et que les apôtres soient rentrés dans Jérusalem au milieu de la nuit, ce qu'il faudrait admettre si on a placé l’ascension au jour de la résurrection. Satis haec conveniunt, dit Blass, cum breviore narratione, Zc. xxiv, 49 ss. ; etenim si quis scriptorem eorum interrogare possit, neget atque perneget se unquam vel scripsisse vel cogitasse haec ipso resurrectionis die facta esse. Falsa specie ex brevitate narrandi orta ei qui hoc putant decipiuntur; at cum illic jam ÿ 29 non eumdem insecuta indicetur, plane manifestum alio die opus esse. En fait, Luc résumait la fin de la vie de Notre-Seigneur sans indiquer aucune circonstance de temps, se réservant de donner dans un ouvrage subséquent les détails qui étaient l'introduction à la mission des apôtres. Peut-on supposer, en effet, comme l'ont fait quelques-uns, Holtzmann, B. Weiss, etc., que Luc ignorait, lorsqu'il écrivit son évangile, combien de temps avait duré le séjour de Jésus-Christ sur la terre, après sa résurrection? Son maître, Paul, aurait pu le lui apprendre, puisque lui-même relate des apparitions du Seigneur qui n’ont pas eu lieu le même jour, I Cor. xv, 5-8. Et la preuve que Luc n’ignorait pas ces apparitions de Jésus à des jours différents, c’est qu'il rapporte le discours de Paul aux Juifs d’Antioche de Pisidie, où celui-ci leur dit : Il [Jésus] a été vu, pendant plusieurs jours, ἐπὶ ἡμέρας πλείους, par ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée à Jérusalem, x, 81. En réalité, il n’y a dans les récits de Luc, ici comme en beaucoup d’autres endroits, que manque de précision dans les dates. Mais n'oublions pas que les écrivains évangéliques n’ont pas écrit des annales historiques, mais des livres destinés à faire connaître les vérités divines que Jésus-Christ leur avait enseignées. La fixation exacte des dates leur importait donc peu.
Rappelons que, d’après saint Irénée, ads. Haer.1, 30, 14 et l'Ascension d'Isaïe, 9, 16, Jésus ressuscité aurait passé dix-huit mois avec ses apôtres. |
VW. Bacon, The Expositor, mars 1909, p. 254, tranche la difficulté de la façon suivante. Le ÿ 3 des A serait une parenthèse où V'historion essayait de mettre en accord diverses traditions. Si on le tient pour une simple note constatant un fait, mais n'indiquant pas la suite des événements, le raccord entre l’évangile et les Actes s'établit facilement. Acc. 1, 4, se réfère à Le, xxiv, 48, 49 et Act. 1, 6-41 à Lo, xx1v, 50-53. Luc n'aurait donc pas contredit son premier livre et il se serait conformé à la tradition, qui plaçait l'ascension du Seigneur, au commencement de ses apparitions aux spots et non à la fin.
χαὶ λέγων τὰ περὶ τῆς βασιλείας τοῦ Θεοῦ : λέγων est au participe présent, bien que le verbe de la phrase principale, παρέστησεν, soit ἃ l’aoriste, parce que cet aoriste marque la même action, se rapporte à la même situation. ré, neutre pluriel, a le sens de « choses » ou d’« affaires ». βασιλεία τοῦ Θεοῦ est 8 fois dans les Actes. Luc ne rapporte pas ici les enseignements de Jésus à ses apôtres en ce qui concerne le royaume de Dieu, mais il est permis de conjecturer que les dernières recommandations du Seigneur devaient porter sur la constitution, l'administration et la propagation du royaume de Dieu; en un mot, sur la constitution de l’Église qu'il avait fondée.
Cependant, nous pouvons D Le par les évangiles quelques-uns des enseigne-
; é = x Ἷ ν 4 3 ἘΣ k. Kai συναλχιζόμεγος παρήγγειλεν αὐτοῖς ἀπὸ Ἱεροσολύμων μὴ χωρίζεσθαι, ἀλλο:
À \ ments que le Seigneur donna à ses apôtres sa résurrection. Il ‘leur expliqua le sens des Écritures à son sujet, Ze. xxiv, 44-49; il leur ordonna d'aller prêcher ré Évangile dans le monde entier et de baptiser sous les nations au nom du Père et du Fils et du Saint- -Esprit et leur promit d’être avec eux jusqu'à la fin du monde, 771. xxvin, 18-29; celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé; les croyants feront des: miracles, Me. xvi , 15-18. Il donna aux apôtres le pouvoir de remettre les péchés, /n. xx, 21-23, et il ordonna à Pierre de paître ses agneaux et ses brebis, Jn. χχι, 15-17. AS dibbus quadraginta cum his (discipulis) commoratus aperuit corda eorum et à δὴ Ὁ 11 ἰβϑαρῶς interpretatus est, ordinavitque eos et instruxit ad praedicationem dogmatis ac doctrinae suae, disponens testamenti veri solemnem disciplinam. Lacrance, de | morte persec. 2-2.
τὰ περί τινος est une expression familière à Luc; elle est 3 fois dans l’évangile et 44 fois dans les Actes. Au lieu de βασιλεία τῶν οὐρανῶν, employée par Matthieu, Luc emploie βασιλεία τοῦ Θεοῦ, probablement parce qu elle était plus compréhensible à ses
lecteurs, Grecs d’ origine. Les deux expressions étaient synonymes chez les Juifs au
temps de Notre-Seigneur. Scaürer, GescA. des jJüd. Volkes; Darman, Die Worte Jesu, M p. 76.
Cette expression « le royaume de Dieu », « le toyaunre des cieux », « le royaume », a dans le N. T., où elle est employée 63 fois, des sens divers : elle signifie le royaume messianique, le Messie, la vie surnaturelle, la vie bienheureuse, le ciel, la société fondée par Jésus-Christ, l'Église chrétienne. C’est dans ce dernier sens que l’emploient surtout les Actes, à l'exception du passage, xiv, 21, où il est question de . la vie bienheureuse. « L'étude impartiale des faits, dit le P. Frey, Royaume de Dieu, dans Vicouroux, Dictionnaire de la Bible, t. V, col. 1244, montrera que ce royaume est à la fois présent et à venir, intérieur et en même temps social. En tant qu’intérieur, il est le règne immanent; en tant que réunissant ses sujets dans une société, il est Php en tant qu 'eschatologique, il est le royaume transcendant ». Nous n'avons pas à parler en détail de la question du royaume de Dieu, qui a été traitée par les auteurs compétents, en particulier par F. Kausius, De notione τῆς βασιλείας τοῦ Θεοῦ. in MN. T. obvia, 1844; Scumozer, Die Lehre vom Reiche Gottes in den Schr. d. N. T. Leiden, 1891; Isser, Die Lehre vom Reiche Gottes im N. T., Leiden, 1895: Trrius, Jesu Lehre vom Reiche Goites, Leipzig, 1895; Ε΄. Krorp, La pensée de Jésus sur le Règne de Dieu, Paris, 1897; V. Rose, Études sur les évangiles : le Royaume de … Dieu, Paris, 1902; J. Waiss, Die Predigt Jesu vom Reiche Gottes, Gôttingen, 1900; D Æ. LAGrANGE, Evangile selon saint Marc; de Règne de Dieu, p. ἀχχχιπ, Paris, 1911 et les divers oionnaires de la Bible, Vicouroux, Ho CHEYNE.
Nous relevons dans la tradition ecclésiastique des témoignages qui confirment ce récit des Actes : Jésus, dit saint Justin, 1 Apol. L, ressuscita des morts et se montrant à ses apôtres il leur apprit à lire 165 prophéties qui annonçaïent toutes ces choses et ils le virent remonter au ciel. Pleins de foi et revêtus de la force d'en haut, qu'il leur avait envoyée, ils s’en allèrent à travers le monde pour instruire les hommes. Cf. 76. ExvI: Dial. avec Tryphon, Lui; avi.
1, 4-11 : DERNIÈRES INSTRUCGTIONS DE JÉSUS À SES APÔTRES; SON ASCENSION.
Ÿ 4} συναλιζόμενος, NABCE, 13 61; συναυλιζόμενος, 1 4 27 81 36 40 etc. et des Pères; » συναλισχόμενος, D, συναλισγόμενος, D2. simul convivens, d; convescens, Vig; Augustin préfixe ὡς à συναλιζόμενος; Dd, Gigas, Par!. Sahid. ajoutent μετ᾽ αὐτῶν. Blass : χαὶ ὡς συναλιζόμενος μετ᾽ αὐτῶν.
k. Et comme 11 était réuni [avec eux]. (mangeant avec [eux]) il leur ordonna de ne pas s'éloigner de Jérusalem, mais d'attendre la promesse du
συναλιζόμιενος : les commentateurs ne s'accordent pas sur la signification de ce terme; la diversité des interprétations est déjà ancienne et se traduit par les variantes que l’on relève dans les MM., συναλιζόμενος, συναλισχόμενος, convescens, convivens, conversaretur. Le sens classique de συναλίζω est rassembler; au moyen, se rassembler, Héron. 1, 65; 5, 15, etc. Xénopnon, Josèbue, Guerre για. 11, 9, 4 Passow traduit aussi συναλίζοιλαι. par manger avec du sel, c'est-à-dire être étroitement uni. D’après Hésychius συναλιζόμενος. représente συναλισθείς, συναχθείς, συναθροισθείς. C'est le sens qu'adopte saint Augustin : cum conversaretur cum eis, ainsi que la version arabe : cumque se collegisset cum eis; Erasme : congregans; Bèze : conveniens. L'étymologie du mot serait σύν et ἁλής, rassemblé, réuni, ou σύν et ἀλία, terme technique pour désigner l'assemblée du peuple dans les états doriens. Ce sens du mot συναλιζόμενος, exigerait le participe aoriste passif, συναλισθείς, mais il est possible qu’il ait été mis au participe présent par analogie avec les participes précédents, ou mieux encore qu'il soit un participe périphrastique — ἣν sous-entendu — et qu'il signifie : comme il était assemblé avec eux. Mais on ne peut dire régulièrement d’une seule personne qu’elle s’assemblait, quoiqu’on en ait dit et qu’on en ait des exemples, xr, 26 et surtout Jn, xvix, 2. On pourrait adopter la conjecture de Hemsterhuis, et lire : ouvakomévors. | Les variantes : συναυλιζόμενος et convivens, habitant, vivant avec eux serait une explication de συναλιζόμενος, ainsi que συναλισχόμενος, se trouver avec quelqu'un.
Le sens : se rassembler, le seul connu des écrivains classiques, a été adopté par Camerlynck, Rendall, de Wette, Barde, Rose, Grimm, etc., mais la majorité des commentateurs : Knabenbauer, Beelen, Belser, Felten, Overbeck, Holtzmann, Meyer, Hilgenfeld, Preuschen, Feine, Wendt, B. Weiss, Blass, etc. adoptent le sens qu’indiquent les versions syriaques, sahidique, éthiopienne, la Vulgate, convescens : manger avec quelqu'un. D’après Torrey, p. 23, συναλιζόμενος serait la traduction de l’araméen qui signitierait manger le sel en compagnie avec quelqu'un. Il faudrait donc rattacher συγαλιζόμενος à ἅλς sel, et traduire, manger le sel avec quelqu'un comme la syriaque harkléenne : salem sumens. Ce sens a été étendu par les Pères :saint Chrysostome rappelle cinq fois ce passage et l’explique toujours'comme signifiant que Jésus ἃ mangé à table avec ses apôtres : Kat οὐδὲ τόυτῳ ἠρκέσθη, ἀλλὰ χαὶ τράπεζαν προσετίθει: ὅπερ οὖν καὶ προϊὼν λέγει Καί συναλιζόμενος αὐτοῖς. Τοῦτο δὲ del χαὶ αὐτοὶ οἱ ἀπόστολοι rnxuprov ἐποιοῦντο τῆς ἀναστάσεως λέγοντες" Οἵτινες συνεφάγομεν χαὶ συνεπίομιεν αὐτῷ. De même Théophylacte com- : mente ainsi ce ὃ : συνηλίζετο χοινωνῶν ἁλῶν καὶ χοινωνῶν τραπέζης. C'est le sens qu'adoptent Oecumenius, Epiphane, Théodoret, Jérôme et ce sens paraît traditionnel. Nous le retrouvons dans le Ps. exur, 4, où l’hébreu dit : Que je ne mange pas avec eux, et qui a été traduit : συναλισθῶ, De même dans les Homélies clémentines, xur, 4, la participation à la même table est exprimée par συναλιζόμεθα. Ce sens de συναλιζόμενος est adopté par ἃ. R. Bowen, The meaning of συναλιζόμιενος, in Acts, τ, 4; Zeitsch. f. die Ν. tliche Wiss., 1912, p. 247 ss.; Wellhausen, Ærü. Anal, p. 2; Goguel, Le Livre des Actes, p. 172, n. 4.
De ces divers textes il résulte que le sens de συναλιζόμενος serait de manger avec: quelqu'un pour signifier l'union. C’est probablement une allusion à l’eucharistie, instituée par Jésus, la veille de sa mort, Mr. xxvr, 2088.; Me. x1v, 20 ss.; Le. xx, 17 55. Ce verbe exprime, en effet, la communion intime de Jésus avec ses apôtres pour former un seul corps; c'est le sens primitif de συναλιζόμιενος, être un avec quelqu'un, mais en même temps cette union était affirmée par la participation à la même nourriture, à la même table. Et nous: voyons en effet par les évangiles et par les Actes que Jésus mangea et but avec ses apôtres. À Emmaüs, dans le repas de
12 ACTES DES APOTRES, I, Δ-ὖ,
x 4 x τ ᾽ Se e! 2 ! A ’ περιμένειν τὴν ἐπαγγελίαν τοῦ πατρὸς ἣν ἠχούσατέ mob D. ὅτι ᾿Ιωάνης μὲν ἐδάπτιδεν € πν x € \ Fr ὕδατι, ὑμεῖς δὲ ἐν [lvebuarr βαπτισθήσεσθε ἁγίῳ οὐ μετὰ πολλὰς ταύτας ἡμέρας.
Jésus avec les disciples, il est fait une allusion certaine à l’eucharistie : les disciples reconnurent le Maître à la fraction du pain. Nous voyons dans les Actes que les disciples persévérèrent dans la fraction du pain, n1, 42; ils rompaient le pain dans les maisons, Ÿ 46; οἵ, xx, 7, 11; xxvir, 35. Dans son discours à Cornélius, Pierre lui dit : Nous qui avons mangé et bu avec lui, après qu'il fut ressuscité des morts, x, 41. Nous pouvons donc croire que nous avons dans les évangiles et les Actes une suite de textes, se rapportant tous à un même acte : la participation à une même nourri= ture, la fraction du pain, l’eucharistie.
Si l’on traduit : lorsqu'il se trouvait avec ses apôtres, la scène aurait eu lieu sur [6 mont des Oliviers et les paroles que Jésus y prononça seraient les dernières qu'il ait adres- sées à ses apôtres. Le contexte, ÿ 4-9, semble indiquer qu'il n’y a pas solution de conti- : nuité entre le début : lorsqu'il se trouvait réuni avec ses apôtres, et la fin : après avoir dit cela il fut enlevé en leur présence. 1] y ἃ même un raccord au ÿ 6 : οἱ μὲν οὖν συνελθόντες.
Si, au contraire, nous adoptons le sens de : mangeant en commun avec eux, la conversation de Jésus avec ses apôtres ἃ eu lieu dans une salle et pourrait se rapporter à une de celles que mentionne Luc, xx1v, 41-48 ou Jean, xx, 19 et 26. Dans ce cas, il y aurait solution de continuité entre 1, 1-5 et ÿ 6 où la scène paraît se placer en plein air
et être distincte de la première. παρρήγγειλεν αὐτοῖς : Le premier sens de παραγγέλλω est « faire savoir dans son entourage », d'où le sens de donner un mot de passe, prescrire, ordonner, qui est Le plus employé et celui qu'adopte Luc 14 fois. Le sens est légèrement emphatique. — ἀπὸ Ἱεροσολύμων, neutre pluriel de Ἱεροσόλυμα, forme grecque employée par Luc 4 fois dans l’évangile et 26 fois dans les Actes, tandis qu’il emploie Ἱερουσαλήμ, forme juive, 26 fois dans l’évangile et 39 fois dans les Actes. Cet emploi de deux formes d’un mot n'indique pas l'utilisation de sources différentes, car ce n’est pas en suivant ses sources que Luc a adopté l’une des deux formes de « Jérusalem », puisque dans les passages de son évangile où il est en parallèle avec Matthieu, Marc et dépend de la même source, il emploie Ἱερουσαλήμι., tandis que Matthieu, Marc ont Ἱεροσόλυμα. Ramsay croit que Luc emploie Ἱεροσόλυμα quand Jérusalem est une désignation géographique et Ἱερουσαλήμ. quand il est question de la cité sainte; c’est pour Luc le nom sacré de la ville qu’il emploie lorsque le récit a une tournure plus solennelle, plus doctrinale, pourrait-on dire. Paul agit de même dans ses épîtres, et c'est de lui que probablement Luc a appris cet emploi différent du terme. Harnack prouve cette distinction pour la plus grande partie des Actes, mais pour les ch. vni-xxvim, mises à part les sections du journal de voyage, il reconnaît qu’elle n’est pas totalement applicable. D’après Schutz, Ἱερουσαλήμ. und Ἱεροσόλυμα im N. T., Zeits. f. die N. T., Wiss. 1910, p. 179-187, la forme grecque serait employée dans les récits et dans les discours de personnages parlant grec; la forme hébraïque, toujours employée dans les sept premiers chapitres, serait usitée dans les discours de personnages parlant araméen. Mais cette règle comporte des exceptions, notamment 1, 4. Le P. Lagrange pense que Luc a écrit Ἰερουσαλήμ par goût pour l'orthographe ancienne consacrée etpresquesacrée, sans s’interdirela forme grecque Ιεροσόλυμα, qui est prépondérante à la fin des Actes. Wendt croit que Luc ne suit pas des règles fixes dans l'emploi de ces deux termes; c’est plutôt sa fantaisie qui le guide. μὴ χωρίζεσθαι, de ne pas se séparer, s'éloigner de Jérusalem. Après la résurrection, Jésus avait ordonné. à ses apôtres d'aller en Galilée; maintenant il leur ordonne de ne pas s'éloigner de Jérusalem, parce que, après l'ascension, ils devaient recevoir le Saint-Esprit et inaugurer le royaume de Dieu dans Jérusalem, la cité théocratique. Ils devaient y attendre la venue du Saint-Esprit. Καθάπερ τινὰς στρατιώτας μέλλοντας εἰς
Père que vous avez entendue de moi, 5. que Jean ἃ baptisé dans l’eau, mais que vous, vous serez baptisés dans l’Esprit-Sainl après peu de ces jours-ci (non
πλῆθος ἐμπίπτειν, οὐδεὶς ἀφίησιν ἐξελθεῖν, ἕως ἂν ὀπλίσωνται... οὕτω δὴ χαὶ αὐτοὺς πρὸ τῆς. τοῦ Πνεύματος χαθόδου φανῆναι ἐπὶ τῆς παρατάξεως οὐχ ἠφίει. CHRYSOSTOME, ἤοηι. τ. Suivant une tradition qu'Eusèbe, ist. eccl., v, 18, 14, rapporte d’après Apollonius, le Sauveur aurait ordonné à ses apôtres de ne pas s'éloigner de.Jérusalem pendant douze ans. Pour les autres témoignages, voir Harnacx, Die Chronol., p. 242,
περιμένειν, attendre, classique, se trouve ici seulement dans le N. T. Dans la Genèse, xLIx, 18, nous avons presque la même expression : τὴν σωτηρίαν περιμένω Κυρίου. — τὴν ἐπαγγελίαν τοῦ Πατρός : la promesse, métonymie pour la chose promise. ἐπαγγελία, une fois dans l’évangile, χχιν, 49, est fréquemment employé par Luc dans les Actes, 11, 33, 39; vu, 17; etc. et par Paul pour indiquer les promesses faites par Dieu, excepté Actes, xx, 21. Il n’est pas dans les autres évangiles. ἐπαγγελία indique une promesse qui est faite sans qu’elle ait été sollicitée.
παρήγγειλεν...... μου : la même personne, Jésus, est différemment présentée dans la même phrase; ἠχούσατέ μου : μου ἃ un sens réfléchi et fait la transition du style indirect au style direct, forme familière à Luc, v, 14; Act., xvur, 3 et très employée chez les classiques. ἀχούω est construit ici avec l’accusatif de la chose et le génitif de la personne, forme classique. On trouve aussi dans le N. T. ἀκούειν τι ἀπό, ou ἐκ ou παρά, mais les écrivains classiques suppriment ces prépositions.
La promesse du Père c'était le Saint-Esprit : celui-ci devait venir du Père, ainsi que l'avaient annoncé les prophètes, Zsaïe, xLIV, 3; Ézéchiel, xt, 19; xxxvi, 26, 27; XXXIX, 29; Joël, τι, 28; πι, 1, 2 et ce que Jésus avait dit aussi à ses apôtres, Ze. χχιν, 49. Déjà, en effet, dans les évangiles, Me. x, 20; Me. χπι, 11; Le. xn, 12, le Seigneur avait dit à ses apôtres que l'Esprit du Père parlerait par eux et dans 16 quatrième évangile, xiv, 46, 26; xv, 26; xvr, 7, 18, que le Père leur enverrait le Paraclet, le Saint-Esprit. 11 leur rappelle maintenant ces promesses et décrit cette effusion du Saint-Esprit en la comparant au baptême de Jean.
La forme occidentale, ἣν ἠχούσατέ, φησιν, διὰ τοῦ στόματός μου, quam audistis, inquit, per os meum, Dd, Par Vig., Ethiopienne, Augustin, paraît être une paraphrase, une explication du texte oriental; ἤχουσα, D, doit être une faute de copiste; φησιν est une
addition pour marquer le passage au style direct; διὰ τοῦ στόματός μου est une amplification de μου, Wordsworth, White n’ont pas accepté « inquit » dans le texte de la Vulgate. Reconnaissons cependant que cette forme occidentale est ancienne,
Υ 5) ὅτι Ἰωάνης μὲν ἐδάπτισεν ὕδατι, ὑμεῖς δὲ ἐν Πνεύματι δαπτισθήσεσθε ἁγίῳ : ὅτι n'est pas récitatif, mais particule de liaison. μέν et δέ marquent l’opposition entre le baptême de Jean et le baptême du Saint-Esprit, ἐν, omis devant ὕδατι, datif instrumental, et placé devant Πνεύματι ἁγίῳ, établit une distinction entre les deux baptêmes, — lebaptême de Jean se fait au moyen de l’eau, tandis que le baptême qu’annonce Jésus se fera dans le Saint-Esprit — distinction que nous retrouvons dans cette parole de Jean : ἐγὼ μὲν ὕδατι βαπτίζω ὑμᾶς... αὐτὸς bus βαπτίσει ἐν Πνεύματι ἁγίῳ, Le, πι, 16, distinction que nous ne retrouvons pas dans Marc, 1, 8, qui supprime ἐν devant les deux . baptêmes, tandis que Matthieu, 11, 11 et Jean, 1, 33, mettent ἐν devant les deux. Ce n’est pas à dire cependant que les premiers chrétiens ne recevaient pas le baptême d’eau et que celui-ci n’a été donné pour la première fois que par Philippe, l’évangéliste, vi, 38. Les paroles de Pierre aux Juifs de Jérusalem, τι, 38 : Que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, indiquent le baptême d’eau, le seul que connaissaient les Juifs.
ἐδάπτισεν.., βαπτισθήσεσθε : βαπτίζω signifie plonger, immerger et dans le N. T. désigne
ordinairement le rite inauguré par Jean-Baptiste pour exciter les hommes à la péni-
tence et les purifier, rite que Jésus ἃ choisi comme condition d'entrée dans le royaume de Dieu : ce baptême était constitué par une immersion dans l’eau et une effusion de l’Esprit-Saint dans le baptisé. De même que, dans le baptême de Jean, le corps
était plongé dans l’eau, ainsi les apôtres devaient être plongés dans l'Esprit-Saiïnt et
comme βαπτίζειν signifie aussi laver, purifier par une ablution, la purification par l’eau
était le symbole de la purification par l'Esprit-Saint. En comparant l'infusion de lEsprit-Saint à un bain, le Seigneur s’exprimait comme les prophètes, Joël, τὰ, 1;
Isaïe, xuiv, 8. Quoique les évangiles ne disent pas nettement que les apôtres avaient reçu le baptème de Jean, ce texte des Actes l’insinue par la comparaison qui est faite entre les deux baptêmes : c'est l'opinion traditionnelle. Nous savons d’ailleurs
qu'André avait été d’abord disciple de Jean et par conséquent qu'il avait été baptisé
par celui-ci, Jn. 1, 87, 40. — ὑμεῖς dé est emphatique ; il fait ressortir ἐν Πνεύματι βαπτισθήσεσθε ἁγίῳ. D’ordinaire, l'adjectif est joint au nom; ici le verbe est placé entre les deux noms pour donner de l’unité à la phrase. Mais D, Hil. Aug. Victorin n’ont pas tenu
compte de cetle nuance, puisqu'ils. écrivent ἐν Πνεύματι ἁγίῳ βαπτισθήσεσθε, et non plus NCACE 1 43 31, presque toutes les versions et beaucoup de Pères, qui ont Bart. ἐν ᾿ Πνεύματι ἁγίῳ.
où μετὰ πολλὰς ταύτας ἡμέρας : l’ordre naturel des mots serait : οὐ πολλὰς ἡμέρας μετὰ
ταύτας, Où bien οὐ πολλῶν ἡμερῶν μετὰ ταύτας; où placé en avant est emphatique. L’expres-
sion entière forme litote. Cet emploi de où avec un adjectif ou un adverbe est caractéristique de Luc, xv, 13; Act. xxvn, 44; cf. où μετρίως, xx, 12; οὐχ ἄσημος, χχι, 39. μετ᾽ où serait plus correct; il est ainsi employé dans Luc, xv, 43. Cette tournure est plus
latine, ante hos quinque dies, que grecque, Brass; non post multos hos dies, PrEus- - ce. Ce démonstratif redondant est caractéristique du judéo-araméen, d’après Torrey, ΟΡ. 24. αὐταὶ ἡμέραι, c'est les jours présents qui ne seront pas nombreux : αὐτός est le pronom qui indique ce qui est proche par opposition à ἐχεῖνος qui indique ce qui est éloigné. « Après peu de jours, dit Théophylacte, afin qu'ils ne tombent pas dans le découragement; il ne les fixe pas d’une manière certaine afin qu'ils attendent en
veillant. »
Le codex D présente ainsi ce passage : ὑμεῖς δὲ ἐν Πνεύματι ἁγίῳ βαπτισθήσεσθαι καὶ ὃ
μέλλεται λαμθάνειν où μετὰ πολλὰς ταύτας ἡμέρας : vos autem spirito sancto baptizamini et eum accipere habetis non potest (post) multos hos dies, d. D*d, Sahid. Augustin ajoutent ἕως τῆς πεντηχοστῆς, qui est une précision des précédentes paroles indéter-
minées. Toute cette leçon peut être une paraphrase de la leçon orientale ou un redres- sement de cette phrase embarrassée. Elle se présente d’ailleurs différemment dans les
diverses autorités du texte occidental. Au lieu de xat ὃ μέλλεται on trouve, ὃ καὶ μέλλετε, qui est plus clair.
Ÿ 6) οἱ μὲν οὖν συνελθόντες : La combinaison μέν οὖν est fréquente dans les Actes, 25 fois, et presque toujours avec le même sens : elle introduit un nouveau paragraphe. Dans 18 combinaison de ces deux particules μέν vise ce qui va suivre et οὖν résume ce qui s’est passé. Elles relient donc étroitement les parties du récit et indiquent que la suite est une conséquence de ce qui précède. Ici encore μέν est solitaire, sans qu'il y ait un contraste envisagé. Ces mots marquent-ils que l'on a une réunion de diverses personnes : ceux donc qui s'étaient rassemblés [autour de lui] ou bien une réunion des apôtres seulement : ceux-ci (les apôtres, ÿ 2) donc s'étant rassemblés et dans cette seconde interprétation avons-nous ici une réunion des apôtres distincte de celle dont il est parlé, ὃ 4, ou bien est-ce celle-ci qui continue? Le contexte permet les deux
| après un de jours). 6. Ceux-ci donc étant réunis l’interrogeaient en disant : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu établis La royauté pour Israël?
suppositions. La particule οὖν favorise cette seconde hypothèse; de plus, συνελθόντες peut signifier « être ensemble ». 51 l’on accepte ce sens il faut admettre que συναλιζόμενος signifie « manger ensemble »; autrement il y aurait pléonasme. Le latin « qui convenerant » indique que c’est la même réunion que précédemment; si c'était une autre
réunion, il y aurait « cum convenissent ». Il est possible que συνελθόντες signifie ici
comme en plusieurs autres passages des Actes, « aller ensemble » ou « ceux qui étaient présents ». Torrey, p. 24 Dans ce cas, l'entretien de Jésus avec ses apôtres
aurait eu lieu sur la route de Béthanie, après Le repas dont il est parlé, ÿ 4; c’est ce
que parait indiquer aussi Luc, xx1v, 49.
ἡρώτων αὐτόν est à l’imparfalt au lieu de l’aoriste, forme classique, parce que l’action d'interroger reste imparfaite jusqu’à ce que la réponse ait été faite, à moins que l’interrogation ne soit une façon de parler et n’attende aucune réponse : mais ce n’est pas le cas ici. Il est possible aussi que cet imparfait marque que la question était faite Successivement par les interrogateurs, l’un après l’autre, Bzass ; il indique la répétition -de la question.
Κύριε : Les apôtres donnent à Jésus le titre qui dans l'A. T. désignait Dieu; cf. 11, 86. D'une manière générale Κύριος sans l’article désigne Dieu; avec l’article il désigne le Christ.
? : l'usage de εἰ dans une question est elliptique; régulièrement il faudrait: εἶπε ἡμῖν et. Il marque une condition dont la conclusion n’est pas exprimée ou bien il pose une question indirecte. Ici, contrairement à l'usage classique, la question est directe;
cela provient de l'habitude des Septante, rendant l’hébreu n par εἰ, Cette forme est.
familière à Luc, xux, 28; Act. van, 225 χιχ, 23 χχι, 37; χχῃ, 25. ἐν τῷ χρόνῳ τούτῳ, dans ce temps-ci, et non dans le temps d'au-delà; les Juifs distinguaient entre le temps présent, celui du monde actuel et le temps futur, qui devait être celui du Messie. Le
temps, dont il est parlé ici, est le temps d'attente avant l’accomplissement de la
promesse, c’est le temps présent.
ἀποχαθιστάνεις : ἀποχαθιστάνω, forme πος pour ἀποκαθίστημι, se retrouve dans
Polybe et signifie comme ici « remettre dans son état antérieur, restaurer la puis-
sance »; οἵ, 1 Macch. xv, 3. L'emploi du présent indique que 165 apôtres espèrent
que le royaume, tel qu'ils le conçoivent, va être restauré immédiatement : l’action qui se poursuivra dans le futur commence dans le présent; c’est le présent pour un futur immédiat. τῷ Ἰπραήλ, datif d'intérêt, emphatique, en faveur d'Israël. Cette
demande des apôtres leur ἃ été suggérée par la promesse de Jésus de l’effusion de
l’Esprit-Saint. Le prophète Joël 11, 28, avait annoncé que le Seigneur en son jour répandrait son Esprit sur toute chair. Les apôtres avaient conclu que, puisqu'ils
allaient recevoir l'Esprit-Saint, le jour du Seigneur était arrivé et le royaume allait
être rétabli pour Israël. Leur demande était donc très naturelle et elle prouve qu'ils croyaient que leur Maître était le Messie. À la tête du royaume rétabli devait être le Messie.
On s’est étonné que les apôtres, après avoir entendu si souvent leur Maître répéter que son royaume était tout spirituel, eussent pu lui demander encore une fois 51} allait rétablir la royauté en Israël. Si nous examinons attentivement la question des apôtres et la réponse qu'y fait Notre-Seigneur, nous constatons qu'elle portait sur deux points : 4° sur le temps où devait se réaliser le royaume messianique, et 20 sur la catégorie d'hommes qui devaient y prendre part : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël? Et la preuve que c'est bien le sens
AR
γνῶναι χρόνους ἢ χαιροὺς οὺς ὁ πατὴρ ἔθετο ἐν τ pl J'tre -
δύναμιν Hi τοῦ ἁγίου [Πνεύματος ἐφ᾽ ὑμᾶς, χαὶ ἔσεσθέ μόυ μάρτυρες ἔν τε
Te Ù Ἴουδ où À ol ἕ ἐσγάτου τῇ 3 ἐερουσαληυ. χαὶ ἐν πάσῃ τῇ ἰουδαίᾳ χαὶ Σιαυαρίᾳ χαὶ ἕως ἐσχάτου τῆς γῆς.
de la question des apôtres, c'est que Jésus leur répond qu’il ne leur appartient pas
de connaître le temps du royaume et qu’il s’étendra à toutes les nations; ils doivent
être ses témoins dans la terre entière. Il n’est donc pas nécessaire de croire que les apôtres, en parlant du royaume, aient fait allusion au royaume tel que l’enten-
daient leurs compatriotes, mais plutôt à un royaume en partie temporel qu’'avaient
annoncé les prophètes : « Le Seigneur relèvera la hutte de David qui était tombée,
Amos, 1x, 11; Israël sera l’arbitre des nations et le juge de peuples nombreux, Jsaïe,
, 4; Sa postérité prendra possession des nations, τὰν, 2; et en partie spirituel, dont leur Maître leur avait si souvent parlé. Ils devaient partager sur ce royaume les espérances des pieux Israélites, tels que Zacharie et Siméon, et pouvaient croire que
le royaume se constituerait par la conversion de tous les peuples au Judaïsme. Ils __ pensaient donc que ce royaume serait réservé à Israël, et dans leur esprit il se faisait
une confusion, un mélange entre les idées messianiques de leurs contemporains et celles que Jésus leur avait enseignées. Ils ne demandent pas si c'est le royaume d'Israël qui sera rétabli, mais si le royaume sera rétabli en faveur d'Israël, τὴν βασιλείαν τῷ ᾿Ισραήλ, datif d'intérêt. Cette demande des apôtres au Seigneur est certainement authentique; elle n'aurait pu être inventée dans les générations subséquentes.
ÿ 7) Jésus cependant dans sa réponse ne corrige pas directement la pensée des
apôtres, mais les instruit indirectement parce que la plénitude de la vérité devait leur
être révélée par l’effusion de l’Esprit-Saint. Il leur répondit : οὐχ ὑμῶν ἐστιν, il n’est pas en votre pouvoir, il ne vous appartient pas; le génitif indique ici la possession de quelque chose ou le pouvoir de quelqu'un. Οὐχ ὑμῶν ἐστιν, non vestrum est : non dicit, non est
vestrum, sed non vestrum, ut emphasis sit in vestrum, BENGEL. γνῶναι χρόνους ἢ paie >
dans les propositions négatives on emploie ἤ et χαί dans les positives ; χρόνους et καιρούς sont donc niés les uns et les autres. D’après Blass, χρόνος et καιρός seraient synonymes : l'emploi de deux termes synonymes doublerait la force de la négation. Ce pourrait être d’ailleurs une expression stéréotypée, car on la retrouve ailleurs, Sagesse, vu, 18; vu, 8; Daniel, τι, 21; I Thess. v, 1, et dans Démosthène, 11, 16 : τίνα γάρ χρόνον ἢ τίνα χαιρόν. On peut cependant établir une distinction entre ces deux termes : χρόνος
serait le temps pris d’une manière absolue, indéterminée et χαιρός serait une période
de temps déterminée, limitée, et, en outre, avec l’idée accessoire d'opportunité. Saint Augustin, Ep. cxcvrr, 2, remarque : Καιρούς quippe appellant graece tempora quaedam, non tamen quae in spatiorum voluminibus transeunt, sed quae in rebus ad aliquid opportunis vel importunis sentiuntur, sicut messis, vindemia et si qua similia; χρόνους autem ipsa spatia temporum vocant. Cf. Trencx, Synonyms of the IN. T., p. 196. Χρόνοι, dit Grotius, sunt majora temporum spatia, ut anni; χαιροί, minora ut menses et dies. Et si nous appliquons cette distinction aux paroles du Seigneur, nous pouvons penser
qu'elles signifient qu'il n’appartenait pas aux apôtres de connaître l’espace de temps
que devait durer le royaume et les différentes phases de sa durée. Mais il serait plus simple d'expliquer cette expression par cette parole du Seigneur à ses apôtres, lui faisant une question analogue : περὶ δὲ τῆς ἡμέρας ἐχείνης À τῆς ὥρας οὐδεὶς oidev, Me. χπι, 82, Elle signifierait donc : Il ne vous appartient pas de connaître le temps et le moment particulier où l'événement doit arriver.
οὗς ὁ Πατὴρ ἔθετο ἐν τῇ ἰδίᾳ ἐξουσίᾳ : Le Seigneur repousse la demande des apôtres
7. Il leur dit : Il ne vous appartient pas de connaitre les temps et les
moments que le Père a fixés de sa propre autorité, 8. mais vous recevrez une force, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’à l'extrémité de la terre.
de connaître le temps de l’accomplissement des prophéties messianiques : ce n’est pas à eux de connaître ces temps qui dépendent uniquement du Père, Ils empiètent sur les prérogatives de celui-ci. Nous avons ici le même enseignement que dans les évangiles au sujet du moment où aura lieu la fin du monde : personne ne le connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, si ce n’est le Père, εἰ μὴ ὃ Πατήρ, Mc. χπι, 82. ἔθετο, aor. 2. moyen: les temps, que le Père a placés d’une manière ferme, fixés pour lui-même; ἐν τῇ ἰδίᾳ ἐξουσίᾳ, de son propre pouvoir, ce qui serait emphatique, ou simplement de son autorité. Dans le N. T. ἴδιος, comme dans quelques inscriptions attiques du τὸν siècle avant J. C., remplace quelquefois ἑαυτοῦ; c’est donc un adjectif possessif avec un sens emphatique. D’autres fois il garde le sens plus marqué de « Ce qui appartient en propre à quelqu'un »; il est plus expressif que la simple possession. — ἐξουσία signifie pouvoir de faire quelque chose, de là, liberté, faculté, pouvoir, donc puissance pleine et sans entraves. Le pouvoir du Père est libre. Non vestrae potestati hoc esse jussit Pater, sed suae potestati reservavit, ut ipse sciat et faciet. Revelatio economicae divinae habet suos gradus, BENGEL. δ ᾿
Ÿ 8) ἀλλὰ λήμψεσθε δύναμιν, mais vous recevrez une force : ἀλλά marque l'opposition
entre ce qui, d’une part, était refusé aux apôtres et ce qui, d'autre part, leur était
accordé, la pleine connaissance de leur vocation : être les témoins de Jésus, ressuscité et Messie, et une force pour la remplir. δύναμις signifie ici la force, la puissance en tant que principe d'action par une élévation de la volonté; sa donation est souvent dans le N. T. attribuée au Saint-Esprit. Les apôtres recevront un pouvoir tout à fait différent de celui qu’ils avaient demandé. — ἐπελθόντος τοῦ ἁγίου Πνεύματος [ἐκ ὕψους, Ia3 170, Von Sopen] ἐφ᾽ ὑμᾶς : superveniente Sancto Spiritu, Hilaire, Victorin ; cum supervenerit sanctus spiritus super vos, dt; génitif absolu, et non génitif objectif, accolé à δύναμις, comme dans la Vulgate, virtutem supervientis Spiritus sancti, ce qu’on devrait traduire : la force du Saint-Esprit survenant en vous, tandis que le sens de la parole de Jésus est : Vous recevrez une force ou de la force, δύναμιν sans l’article, quand le Saint-Esprit surviendra sur vous. Cette formule désigne donc tout à la fois le moment où ils recevront ce pouvoir et la source de celui-ci. Cette force que leur donne le Saint- Esprit leur permettra d'accomplir l’œuvre que le Seigneur leur impose. χαὶ ἔσεσθέ μου μάρτυρες : au lieu de μου, E Vlg Gigas, des minuscules et des Pères ont μοι; cf. xx, 15; μου est ici employé au double sens subjectif et objectif : Vous serez les témoins qui m'appartiennent, et vous serez les témoins de ma vie, de mes enseignements. Les apôtres seront surtout les témoins de la résurrection de Jésus, ainsi que l’affirme Pierre, ÿ 22 et τι, 32 : Dieu a ressuscité ce Jésus, οὗ πάντες ἡμεῖς ἐσμεν μάρτυρες.
ἐν τε Ἱερουσαλήμ. : c'est d’abord à Jérusalem, la cité sainte, que les apôtres devront être les témoins de Jésus, car d’après Isaïe, 1, 3: De Sion sortira la Loi et de Jérusalem, la parole du Seigneur. Luc a l'habitude de séparer Jérusalem du reste de la Judée, comme une partie distincte, Le, v, 17; Act., x, 39; c'était la phraséologie rabbinique du temps. EDbErRsSHEIM.
χαὶ ἐν πάσῃ τῇ Ιουδαίᾳ : la Judée, en opposition avec la Samarie, désigne tous les pays habités par des Israélites, la Galilée, et la Pérée, les pays d’au delà du Jourdain, ou peut-être même toutes les parties de la terre où habitaient des Juifs; cf. xxvi, 20.
ACTES DES APOTRES, r, 9-10.
9. Kat ταῦτα εἰπὼν βλεπόντων αὐτῶν ἐπήρθη; vai νεφέλη ὑπέλαδεν αὐτὸν. ἀπὸ τῶν ᾿
χαὶ Σαμαρίᾳ καὶ ἕως on dete τῆς γῆς : dans 18 Samarie et j jusqu'à l'extrémité de la terre.
La mission des apôtres ne devait donc pas se borner à être les témoins de Jésus
auprès des Juils, mais encore à l’être auprès des Samaritains et de tous les peuples de la terre; le royaume n'était donc pas pour Israël seul, mais pour toutes les nations, ainsi qu'il était dit dans Zsaïe, xuix, 6, presque dans les mêmes termes. Parlant à son Serviteur, le Seigneur lui dit : C’est trop peu que tu sois mon Serviteur pour rétablir les tribus de Jacob et pour ramener les préservés d'Israël; je t'établis pour être la lumière des nations, pour être un salut jusqu’à l'extrémité de la terre, τοῦ εἶναι σε εἰς “σωτηρίαν ἕως ἐσχάτου τῆς γῆς, paroles rapportées par Paul, xui, #7, dans son discours aux Juifs d’Antioche de Pisidie : cf. Héropote, 1H, 25 : Ἔς τὰ ue γῆς. Clément Romain, v, 7,
dit de Paul : ᾿Επὶ τὸ τέρμα τῆς δύσεως ἐλθὼν χαὶ μαρτυρήσας ἐπὶ τῶν ἡγουμένων. ἕως ti | rs γῆς : μέρους ou πέρατος sont sous-entendus. Faut-il croire que cette expression désigne
seulement Rome et l'Italie, comme dans les Psaumes de Salomon, vu, 16, où il est dit que Pompée vint de l'extrémité de Ia terre, τὸν ἀπ’ ἐσχἅἄτου τῆς γῆς, ou bien qu’elle désigne en réalité le monde entier ? Que pour l’auteur du livre les apôtres aient été d’abord 165 témoins du Christ à Jérusalem, puis en Judée et en Samarie et enfin à Rome, où se termine son récit, cela ne prouve pas que le Seigneur n'ait pas donné le monde entier aux apôtres pour lui rendre témoignage, sinon par eux-mêmes, du moins par leurs
‘successeurs. Ainsi que le remarque saint Chrysostome, ἐπὶ Actus, τι; « Il leur avait dit antérieurement : Ne prenez pas le chemin des nations et n’entrez pas dans la ville des Samaritains, M4. x, 5. Maintenant, il leur ordonne de prêcher dans la Judée toutentière
et dans Ia Samarie et ce qu'il n'avait pas dit, il ajoute même : Et jusqu'aux extrémités de
la terre ». Les prophètes avaient déjà annoncé que le royaume du Messie engloberaït toutes les nations, Zsaïe, x1, 10-16; 1x, 6 ss. Le Seigneur avaït, à diverses reprises, enseigné l’universalité du royaume de Dieu : toutes les nations étaient appelées au fi salut, Mi. xx, 33-46; vin, 11; xxvi, 18; xxvim, 18; Ze. n, 30-32; nr, 6; απ, 29, etc. La dernière parole du Seigneur sur la terre mettait le sceau final à son enseignement
sur ce point. Et de cette parole il résulte que la parousie du Seigneur n'aurait pas
- lieu avant que l'Evangile n’eût été prêché jusqu'aux extrémités de la terre. De plus,
le Seigneur décrit le cours du développement que devait suivre le royaume
messianique à travers le monde et répond aïnsi à ka question des apôtres en tant qu’il indique l'extension du royaume et le moment où il commencera : ïl s’étendra à toute la
terre et débutera par l’effusion du Saint- Esprit sur les apôtres.
Quelques critiques ont trouvé dans ces ὃ 3-8 l'indice de sources différentes. Spitta Do que le ÿ 8 est une addition du rSdacieur, parce qu’il répète Le ÿ 5 et brise l'union entre ÿ 7 et 9. Hilgenfeld n’est pas de cet avis. D'après J. Weiss, les ὃ 5 et 8 s’excluent :
et ÿ 5 est une addition du rédacteur. Jüngst soutient que les ὃ 6-8 viennent d’une autre source que le reste du morceau et Schwartz qu'il y a là deux récits maladroïtement réunis. Harnack croit que les premiers versets de ce chapitre ont subi des corrections.
La tradition est témoin que les apôtres sur l'ordre de Jésus-Christ ont évangélisé le monde : Les apôtres, dit Clément Romain, xzrr, nous ontété envoyés comme messagers de bonne nouvelle par le Seigneur Jésus-Christ. Munis des instructions de Notre- Seigneur Jésus-Christ et pleinement convaincus par sa résurrection, les apôtres affermis par la parole de Dieu allèrent avec l'assurance du Saint-Esprit annoncer la bonne nouvelle, l'approche du royaume de Dieu. Cf. BARNABÉ, vin; ARISTIPE, Apol. πὶ; Jusnin, 1 Apol. 31, 39, 45; Récogn. Clém., 1x, 29. On crut même que les apôtres s'étaient
. partagé la terre à évangéliser; « Thomas, selon la tradition, reçut en partage le pays
des Parthes; André eut la Scythie, Jean, l'Asie où il vécut... Pierre paraît avoir
MN
élevé et un nuage le déroba à leurs yeux. 10. Et comme ils regardaient attentivement vers 16 ciel, pendant qu’il s’en allait, et voici que deux hom-
prêéché dans le Pont, en Galatie, en Bithynie, en Cappadoce et en Asie aux Juifs .de la dispersion... Depuis Jérusalem jusqu’à l’Illyrieum Paul acheva la prédication de l'Évangile du Christ. Voilà ce qui est dit textuellement par Origène, dans son troisième ivre de ses Expositions sur la Genèse ». EusèBe, Hist. eccl., III, 4, 4.
ÿ 9) Voici comment le codex de Bèze présente ce Ÿ. : ταῦτα (καὶ ταῦτα) εἰπόντος αὐτοῦ, νεφέλη ὑπέλαδεν αὐτόν, καὶ ἀπήρθη ἀπὸ ὀφθαλμῶν αὐτῶν: et cum haec dixisset, nubes suscepit eum et levatus est ab oculis eorum, ἃ; la Sahidique et Augustin donnent le même texte, mais avec des variantes : haec vero cum dixisset, nubes assumit eum et sursum elatus est ab eis, Sahid.; cum haec diceret, nubes suscepit eum et sublatus est ab eiïs. Aug. — Zahn trouve que le codex de Bèze décrit l'événement d’une façon plus naturelle que le texte oriental. βλεπόντων αὐτῶν ἃ pu être omis comme une réduplication de ἀπὸ τῶν ὀφθαλμῶν. ᾿
χαὶ τοῦτα εἰπών : le génitif absolu de D : χαὶ ταῦτα εἰπόντος αὐτοῦ est une meilleure tournure grecque. ἐπήρθη, il fut élevé, indique une ascension calme et majestueuse, tandis que ἀπήρθη de D comporte un enlèvement violent. ἐπήρθη. marque le commencement et la suite de l’action, tandis que ἀναλήμφθη des Ÿ 2 et 11, la désigne dans son ensemble. Nous trouvons trois termes dans Luc pour désigner l'ascension : ἀναλήμφθη, ÿ 2, 11, il fut enlevé, pris ou reçu en haut; ἐπήρθη, Ÿ 8, il fut élevé; ἀνεφέρετο, Lo. xx1v, 51, il fut porté en haut : tous les trois au passif, indiquant que l'agent de l'ascension c'était Dieu.
καὶ νεφέλη ὑπέλαθεν ἀὐτὸν ἀπὸ τῶν ὀφθαλυῶν αὐτῶν : ὑπέλαδεν, Le nuage le prit par-dessous. Le verbe est prégnant, c’est-à-dire contenant plusieurs sens, et formant ellipse; 1] suggère l’idée suivante : Jésus, étant déjà éloigné de la terre, le nuage le prit pardessous et l’enleva hors de leurs yeux, suscepit et abduxit : c’est ἀπὸ τῶν ὀφθαλμῶν, qui nécessite ce second sens de ὑπέλαθεν, l'enleva; c’est donc le nuage que les apôtres ont vu monter au ciel, mais Jésus était au-dessus du nuage.
Ce nuage pourrait être comparé à celui dont 1] est parlé plusieurs fois dans l'A. T. :
PRAXIV δᾶ; ΧΥΙ (10; ΧΙΧ; 9; Zév ἀν, 25 TeRoïs ΝΙΝ, 10, Ps. xvir, 10: 15 αἴθ, Χιχ ἘΣ ᾽ Ezéch. 1, &, etc. Il voilait la présence de Dieu, la gloire de Dieu, la Shekinah, pour
employer le terme en usage chez les Juifs, contemporains de Jésus-Christ. Ce nuage est donc le symbole visible de la présence de Dieu; rappelons-nous la nuée de la Transfiguration, Me. xvn, 5. Au moment où le Fils de l'homme entre dans la gloire, ïl
est, comme l'était Dieu, enveloppé d'un nuage. Ces nuées semblent être dans l'A. et le
N. T. le véhicule de Dieu. Vous verrez, dit Jésus au grand prêtre, le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel, M7, xxvi, 64. Saint Chrysostome les appelle ie royal chariot, τὸ ὄχημα τὸ βασιλίχον. ;
Nous avons dans ce passage le récit le plus complet de l'ascension de Notre-
Seigneur. Matthieu, xxw, 64, n’en parle pas directement; Luc, xxiv, 51, la mentionne à
d'un mot: Jean, πὶ, 18; vi, 62; χπὶ, 3; χιν, 22; xvnr, 11, 13 y fait seulement allusion Marc, xvi, 19, en parle nettement : Après leur avoir ainsi parlé, le Seigneur fut enlevé au ciel et il s’assit à la droïte de Dieu. L’ascension était une conséquence de la résurrection : Jésus, vainqueur de la mort, ne pouvait plus mourir; il devait done monter vivant au ciel. L’ascension de Jésus est un dogme de ‘foi bien établi par les Écritures : Act. 196 ἃ, 386 τι, 21,01 Pierre, an, 22,11 Thess. vy, 44-16; Eph. 1, 20: av, 10; Philip. im, 20; Col. τι, 1; 1 Tm. in, 46; Hébr. τν, 1%; 1x, 24. Tous les symboles
9. Et quand il eut dit ces paroles, pendant qu'ils le regardaient, il fut