‹ Les Actes des ApôtresChapitre 162 sur 358 · CE · texte numérisé non relu

CE

χαὶ ἰδοὺ ἀνὸρες δύο παρειστήχεισαν αὐτοῖς ἐν ἐσθήσεσι λευχαῖς. 11. 07 nat εἶπαν D ss Ω Ζ χ e 2

᾽ ΠΡ EX , Ν᾽ τ τ « x D

λημφθεὶς ἀφ᾽ ὑμῶν εἰς τὸν οὐρανὸν οὕτως ἐλεύσεται ὃν τρόπον ἐθεάσασθε αὐτὸν ce γ »

de foi, depuis les plus anciens que nous connaissons, le mentionnent; οἵ, DENZINGER, Enchiridion symbolorum, p. 2, 13, 20, 54, 86.

. Les Actes ne disent pas clairement quels ont été les témoins de l'ascension; d’après Luc, xx1v, 44-51, ainsi que d’après les Actes, il semble bien qu’il n’y avait que les apôtres autour de Jésus. D'après l’'évangile, xxiv, 51, la séparation avec ceux-ci a été subite, διέστη ἀπ᾽ αὐτῶν, tandis que dans les Actes elle se fit peu à peu, βλεπόντων αὐτῶν ἐπήρθη.

Ÿ 10) καὶ ὡς ἀτενίζοντες ἦσαν : ὡς, conjonction employée au sens temporel, fréquemment dans Luc. ἀτενίζω, avoir les yeux tendus de ἀτενής, intentus, fortement tendus, sous-entendu ὀφθαλμούς. Ce verbe est familier à Luc qui l’emploie 2 fois dans l’évangile et 10 fois dans les Actes; on le trouve aussi 2 fois dans Paul. Luc l’emploie

d'ordinaire avec εἷς et l’accusatif, quelquefois avec le datif. Il marque un regard fixe,

prolongé : les apôtres suivaient d’un regard attentif, anxieux, le Seigneur montant au ciel, comme s’il emportait leur cœur avec eux. « Ipse enim est amor noster, dit

Cornelius ἃ Lapide; ubi autem amor, ibi est oculus et cor. » D’après Zahn, ce verbe

ἀτενίζω est employé par les écrivans médicaux pour signifier un regard particulièrement fixe. Ainsi, dans Luc, xxu, 56, la servante regarda attentivement Pierre, ἀτενίσασα, tandis que Marc, xiv, 67, emploie un terme vague, ἐμόλέψασα et Matthieu, xxvr, 69, dit seulement Aéyovou..Cf. Hogarr, Medical Language of St. Luke, p. 76.

Faut-il rattacher εἰς τὸν οὐρανόν à ἀτενίζοντες ou à mopevouévou? Les deux constructions sont grammaticalement possibles. πορευομένου, participe présent moyen de πορεύομαι,

aller, marcher. Ce participe présent indique que le nuage fut visible pendant un long espace de temps, ce que marque aussi la construction périphrastique, ὡς ἀτενίζοντες

ἦσαν. La combinaison du participe présent et de l’imparfait ἦν — qui est un sémitisme, RaDermACHER, Brass, ScamiD — est souvent employée dans le N. T. et particulièrement par Luc; elle suppose un état durable, qui se continue et elle appelle l'attention sur le

fait.

xat ἰδού : Deux événements simultanés sont représentés par deux verbes principaux, unis par al; mais ici χαί est pléonastique, la protase ayant été introduite par ὡς. καί, au commencement de l’apodose, est tenu pour un hébraïsme; on le trouve aussi dans les classiques. καὶ ἰδού est employé fréquemment dans les évangiles et l’Apoca-

lypse et aussi dans les Actes, 6 fois; c’est un souvenir des écrits de l'A. T.; il est

similaire de l’hébreu, ñ351.

ἄνδρες δύο παρειστήχεισαν αὐτοῖς ἐν ἐσθήσεσι λευχαῖς : deux hommes en vêtements blancs approchaient, se tenaient auprès des apôtres, qui continuaient à regarder vers le ciel. Déjà, des personnages vêtus de blanc avaient joué un rôle après la résurrection. Matthieu, xxvur, 8, dit que, dans le tombeau vide, il y avait un ange; Marc, xvi, 5, un jeune homme; Luc, xxiv, 4, deux hommes vêtus de blanc, comme dans notre texte; Jean, xx, 12, deux anges vêtus de blanc. De la comparaison de ces passages il résulte que c'était deux êtres ayant la forme humaine, mais c’étaient des anges, Matthieu et Jean. On trouve la même expression dans les écrits juifs pour désigner les messagers divins ou angéliques. Cf. Talmud Jér. Joma, v. 2. On voit souvent dans l’Ancien et le Nouveau Testament des anges apparaître aux hommes sous la figure humaine. Ces anges, d’après saint Chrysostome, sont les témoins et les hérauts de la résurrection.

ἢ Ἢ εκ. À NZ Va à ACTES DES APOTRES, 1, 10-11. 21

mes, en vêtements blancs se présentèrent à eux (se tenaïent à côté d’eux). 11. Us leur dirent en outre : Hommes Galiléens! Pourquoi (que) restez-vous Ἰὰ à regarder vers le ciel? Ce même Jésus, qui ἃ été enlevé d’avec vous au ciel, ainsi viendra de la même manière que vous l'avez contemplé allant au ciel.

« Partout, dit-il, les anges sont des hérauts : de même qu’ils l'ont été à la naissance [du Seigneur], à l'égard de Marie; de nouveau ils le sont lors de la résurrection; ils le sont encore par rapport à l'ascension. Plus encore, au second avènement les anges paraîtront, précédant [le Seigneur] » Hom. τι.

παρειστήχεισαν αὐτοῖς : παρίστημι, à l'intransitif signifie s'approcher, se tenir à côté; il est 3 fois employé par Luc, lors d’apparitions d’anges, 1, 3, 10; xxvir, 23. παρειστήχεισαν est au plus-que-parfait, mais il a le sens de l’imparfait, car le parfait παρέστηχα a le sens du présent. ἐν ἐσθήσεσι λευχαῖς : c’est le pluriel mis pour le singulier, parce qu'il y a deux personnes auxquelles se rapportent ces mots : c’est la leçon de KABC, min. Vig. Pesch. Arm. Sah. Boh.; cette règle souffre de nombreuses exceptions et plusieurs MM. ont 16 singulier, ἐν ἐσθήτι λευχῇ, C5 DE, Harkl. Eth. Origène, Chrys,

Υ 11) Ἄνδρες Γαλιλαῖοι : l’apostrophe est fréquemment employée dans les Actes sous cette forme; ἄνδρες est suivi de Γαλιλαῖοι, ᾿Ιουδαῖοι, ᾿Ισραηλεῖται, 9 fois, ou de ἀδελφοί, 15 fois. Elle rappelle la forme classique : ”Avôpes Ἀθηναῖοι, de Démosthène, qui se trouve aussi dans les Actes, xvir, 22. Cette expression, légèrement emphatique, est, comme dans le grec classique, indicative du respect; appliquée par les anges à des hommes, elle dénote le sérieux de leurs paroles Nôscen. « À quoi bon, dit saint

Chrysostome, Æom. τι, les connaissant, mentionnent-ils leur patrie, si ce n’est pour

mieux établir la vérité de leur prédiction? »

τί ἐστήχατε : τί, cur; le parfait est employé pour le présent; βλέποντες, BEN*, ou ἐμόλέποντες, N° ACD 614; le second indique la direction du regard. βλέπω peut être construit avec εἰς ou ἐπί, avec l’accusatif ou 16 datif ou simplement l’accusatif. Ici l'acte des apôtres réclamait εἰς. Les anges réprimandent doucement [65 apôtres. « Jésus, dit saint Chrysostome, Æom. τι, leur avait tout dit auparavant et maintenant il envoie les anges pour raviver le souvenir de ce qu’ils avaient entendu. » Ceux-ci les exhortent à ne pas rester dans une contemplation infructueuse, mais en même temps ils les consolent en leur rappelant le retour du Christ.

οὗτος ὁ Ἰησοῦς : ce même Jésus; après οὗτος on met l’article devant un nom propre.

Après Ἰησοῦς la chaîne arménienne ajoute : ὃ τοιαύτας δυνάμεις ποιησάμενος οὕτως ἐλεύσεται.

ὃ ἀναλημφθείς, participe aor. passif de ἀναλαμδάνω, prendre en enlevant; οὕτως ἐλεύσεται, ainsi il viendra, ὃν τρόπον, locution adverbiale, de la même manière; οὕτως... ὃν τρόπον, indique que le mode de départ sera celui du retour : le second sera semblable au premier, pléonasme elliptique. — ἐθεάσασθε, que vous l’avez contemplé (avec étonnement). θεάομαι, au moyen, s'emploie de choses qui suscitent et expriment l’étonnement ou l'admiration, Ainsi qu'il l'avait promis, A4. xxvi, 64, Jésus viendra au milieu des nuées ; il viendra de la même manière, c’est-à-dire revêtu de son corps visible et glorieux et porté sur la nuée. « In eadem carné et substantia, in eadem gloria veniet judicaturus »; Bèpe. « Le maître viendra, constate Rose, 4oc loco, comme vous l’avez vu monter, disent-ils. C’est là l'espérance chrétienne dans sa forme primitive; elle a animé les apôtres et les a soutenus pendant leurs missions; elle les avait déjà arrachés aux préoccupations de ce monde. Il faut remarquer que ces anges n’assurent pas les apôtres qu'ils seront les témoins de la venue du Seigneur. Étienne le diacre et saint Jacques l’apôtre meurent dans les premières années de l’Église; saint Paul

plusieurs fois se trouva en présence de la mort; il lPacceptait sans croire pour cela que la promesse du Christ fût vaine, tant il était sûr d’être réuni au Seigneur qu'il avait servi et aimé ».

πορευόμενον : Ce terme fréquemment employé par Luc, 51 fois dans l’évangile, 35 fois dans les Actes, donne de la vivacité au récit. Il est au participe parce que le verbes exprimant une perception des sens, comme ἐθεάσασθε, exigent le participe.

Nous n’essayerons pas de mettre en accord le récit des Actes sur les apparitions du Seigneur avec celui de Paul, I Cor. xv, 5-8; 115 ne sont pas contradictoires. Luc présentait les faits dans leur ensemble et n’avait pas à entrer dans l’'énumération des diverses apparitions du Seigneur, ce qui n’était pas nécessaire à son dessein, lequel était de raconter les débuts de l’Église chrétienne. Il lui suffisait de constater que Jésus avait apparu à ses apôtres pendant quarante jours pour leur donner ses dernières instructions. Paul, au contraire, avait à démontrer la réalité de la résur- rection du Seigneur et subsidiairement, que celui-ci lui avait apparu comme aux apôtres et aux frères, qu'il ne leur était donc pas inférieur; il lui fallait énumérer une à une les diverses apparitions du Seigneur. En fait, toutes les apparitions men- tionnées par Paul, peuvent entrer dans le cadre du récit initial des Actes, sauf célle dont Paul a été favorisé. Luc la mentionnera à sa date, au ch. 1x.

I, 12-44 : RETOUR DES APÔTRES A JÉRUSALEM; LEUR PERSÉVÉRANCE DANS LA PRIÈRE.

…. Υ 12) Τότε : très fréquent dans Matthieu et aussi dans Luc et les Actes, est employé . par eux pour exprimer un fait qui 56 passe après celui qui vient d'être raconté, contrairement à. l'usage classique de τότε, indiquant un fait qui a lieu à un moment marqué du temps. ὑπέστρεψαν, aor. de ὑποστρέφω, signifie à l’intransitif, se retourner, revenir sur ses pas; terme caractéristique de Luc qui l’emploie 20 fois dans Pévangile

ἜΝ ef 10 ou 11 fois dans 165 Actes. ἀπὸ ὄρους τοῦ χαλουμένου ἐλαιῶνος : Matthieu et Marc

parlent du mont des Oliviers, mais ils n'emploient pas l'expression, τοῦ καλουμένου: Luc, ici et dans son évangile, a dû l’employer parce qu'il était étranger à Jérusalem ou parce qu'il écrivait pour quelqu'un qui l'était. ἐλαιῶνος doit être le génitif de ἐλαιών, lieu planté d'oliviers, en latin, olivetum, mot non classique, mais qu’on trouve dans les Septante. Blass croit qu'on devrait lire ἐλαιῶν au lieu de ἐλαιῶνος. Dans: l'évangile, xx, 29; χχι, 37, Luc dit : τὸ ὄρος τὸ χαλούμενον ἐλαΐων, de ἐλαία, olivier, à moins que ἐλαιών ne soit considéré comme un nominatif.

6 ἐστιν ἐγγὺς Ἱερουσαλήμ; ἐγγύς gouverne le génitif ou le datif, mais. Ἱερουσαλήμ est indéclinable ; σαδδάτου ἔχον 606v, ayant un chemin de sabbat. La distance est considérée comme quelque chose qu'a la montagne. Au lieu de ἔχον Blass et Zahn proposent ἀπέχον, qui est distant, comme dans Luc, vir, 6; xxiv, 18, Seule, la Peschitto dit « distat ». Kypke croit que cette expression indique la hauteur de la montagne et 1ἰ cite un texte de Josèphe, qui justifie cette interprétation. — « Ayant un chemin de sabbat », ce que les rabbins appelaient « tehoum ha shabbat, la limite du sabbat »; c'était la distance qu'il était permis de parcourir le jour du sabbat, à partir de l’endroit où l'on se trouvait, au moment où commençait le sabbat. Ce chemin était de six stades, environ 1.392 mètres.

Or, le mont des Oliviers, mais non l'endroit où eut lieu l'ascension, était, d’après. Josèphe, à cinq ou six stades de Jérusalem; ce qui est conforme au texte des Actes; ἔχον se rapporte à ὄρος, Mais, d’après Luc, χχιν, 50, le Seigneur avait conduit ses apôtres, ἕως πρὸς Βηθανίαν, c'est-à-dire jusque près de Béthanie, et non à Béthanie;

‘ACTES DES APOTRES, 1, 12-13. ν᾿ ὀρ 23

12. Ils retournèrent alors à Jérusalem, de la montagne dite des Oliviers, laquelle est près de Jérusalem à la distance d’un chemin de sabbat. 13. Et lorsqu'ils furent entrés, ils montèrent à la chambre haute, où demeuraïent

πρός n’est pas els. Et c’est de là que Jésus.est monté au ciel. Ce village était à quatorze

ou quinze stadès de Jérusalem, sur une colline qui prolonge la pente sud-orientale du Mont des Oliviers. Pour Luc, le mont des Oliviers est l'équivalent de Béthanie; cf. Le. xxt, 32, avéc Mt. χχι, 17 et Me. xx, 1. Le Seigneur n'a pas dû choisir un village pour monter au ciel. Son ascension ἃ dû avoir lieu vers Béthanie, probablement sur le sommet central du mont des Oliviers, qui était à cinq ou six stades de Jérusalem. En effet, en revenant à Jérusalem du lieu de l’ascension, les apôtres parcoururent un chemin de sabbat, c’est-à-dire cinq ou six stades,

Le mont des Oliviers est à l’est de Jérusalem, au delà du torrent du Cédron; il est formé de trois sommets principaux, en forme de mamelons, séparés par de légères

dépressions. Les musulmans l’appellent Jebel et-Tur, Mont de la montagne; Jebel

ez-Zeituw, mont des Olives est le nom du mamelon le plus élevé. Pour l’histoire des événements qui se sont passés sur le mont des Oliviers consultez le Dictionnaire de

la Bible de Vigouroux, t. VI, col. 1786. — La mention de la distance est caractéristique :

de Luc, écrivant pour des lecteurs étrangers à Jérusalem. Rappelons seulement pour mémoire l'hypothèse de Hoffmann qui plaçait une Galilée sur le mont des Oliviers. Saint Chrysostome pense que l’ascension arriva le jour du sabbat : s’il en eût été autrement, Luc n’aurait pas spécifié aussi exactement que la montagne des Oliviers est éloignée de Jérusalem de tout le chemin que l’on peut faire un jour de sabbat.

Cette hypothèse ne paraît pas en accord avec le ÿ 3. D'après saint Augustin l’ascension de

eut lieu à midi.

Y 43) χαὶ ὅτε. εἰσῆλθον : et lorsqu'ils furent entrés. Est-ce à Jérusalem ou dans la maison à l'étage supérieur de laquelle ils montèrent? La première alternative est plus

probable, puisqu’au ÿ précédent il est question de Jérusalem. C’est ce qui prècède et

non ce qui suit qui désigne l’endroit où l’on entre. Cependant, le fait que Luc, immé-

diatement après, dit qu'ils montèrent à l'étage supérieur pourrait faire croire que pré-: Ρ 8 que p

cédemment il avait dù dire qu’ils entrèrent dans la maison. εἰς τὸ: ὑπερῷον ἀνέδησαν : ὑπερῷον, mot classique, désigne la chambre haute, appelée aliya, 59%, dans le Talmud,

où il est souvent fait mention de cet appartement comme d’un endroit de prière où lon se retirait. Il était situé immédiatement sous le toit ou peut-être sur la terrasse servant de toit et qui souvent était couverte. Dans les pays d'Orient cette chambre haute était et est encore vaste et servant de lieu d’assemblée. Les rabbins y donnaient leur enseignement et leurs disciples étaient appelés « Les fils de la chambre haute ». C'est dans un de ces ὑπερῷον. que Paul tint assemblée à Troas, xx, 8.

Quelques critiques, Lightfoot, Holtzmann, Krenkel, Baljon ont supposé que cette chambre haute était une des chambres annexées au Temple. Luc, xxrv, 53, dit qu'après leur retour à Jérusalem les apôtres étaient continuellement, διαπαντός, dans le Temple, louant et bénissant Dieu; il faut donc supposer qu’ils occupaient un local du Temple. Mais διαπαντός ne veut pas dire qu'ils étaient en tout temps dans le Temple, mais qu'ils y étaient toujours, quand, comme tout bon Israélite, ils devaient y être pour prendre part aux prières et aux bénédictions, qui se faisaient au Temple : c’est ce qu'indique le texte de Luc : louant et bénissant Dieu. Il n’est, en effet, pas possible de croire que [65 autorités du Temple aient permis aux apôtres de se rassembler dans le Temple et d'y faire leur séjour habituel, ainsi que l'indique le verbe : οὗ ἦσαν καταμένοντες.

τὸ ὑπερῷον : l’article indique que c'était une chambre bien connue, On ἃ donc

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