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np ACTES DES APOTRES, 1, 16-17.
Ἐὸ a Ress ΕΝ > CENT DUTY ie CR τοῦ γενομένου ὁδηγοῦ τοῖς συλλαδοῦσιν ᾿Ιησοῦν᾽ 17, ὅτι χατηριθμιημένος ἦν ἐν ἡμῖν
On remarquera la netteté et la concision avec lesquelles Pierre expose l’état des choses : Judas a été exclu de sa charge apostolique par sa trahison; il faut choisir quelqu'un pour le remplacer.
; ÿ 16) ἴλνδρες ἀδελφοί : interpellation tout à la fois solennelle, ἄνδρες, et tendre, ἀδελφοί; elle marque l’union tout à la fois nationale et religieuse des auditeurs. ἔδει : très fréquent dans Luc; 19 fois dans l’évangile et 25 fois dans les Actes, et dans toutes ses parties. Ce terme exprime une nécessité voulue par Dieu et est employé dans ce sens par les évangiles et par Paul à propos des événements conjoints à la mort du Seigneur : ὅτι dei τὸν υἱὸν τοῦ ἀνθρώπου πολλὰ παθεῖν, Me. vin, 81; Le. xvir, 25; xx1, 9, etc. L'imparfait marque une nécessité passée ou une obligation quand l’action nécessaire est passée. ἔδει est à l’imparfait, leçon de KABCD?E, 614, Orig. Eusèbe, parce que l'orateur avait dans l'esprit une partie de la prophétie déjà accomplie. Au lieu de l’imparfait Dd. Vig. Boh. Gig. Aug. Vigile emploient le présent, δεῖ, ce qui restreint . la prophétie au choix d’un apôtre en remplacement de Judas. Mais le discours de Pierre est mieux partagé par ἐδεῖ, ÿ 16, prophétie accomplie et δεῖ ÿ 21, prophétie à accomplir présentement.
πληρωθῆναι τὴν γραφήν : la parole écrite par l'inspiration du Saint-Esprit devait être réalisée par l'événement : πληρωθῆναι, employée par Luc, 9 fois dans l’évangile et 16 fois dans les Actes signifie remplir, accomplir dans son entier; τὴν γραφήν : l’Écriture qui prescrit le remplacement de Judas; ce passage des Écritures, est cité au ÿ 20. Après γραφήν, DEC? 614 Gigas, Irénée, Aug. ajoutent ταύτην, qui est omis par NABC*, Vig.
Ἶ Orig., probablement parce que le texte n’est pas cité immédiatement. — ἣν προεῖπεν τὸ ἑ ἵ Φ 4 ἢ ρ Le Πνεῦμα τὸ ἅγιον : προειπεῖν, dire d'avance, d'où annoncer, déclarer. — τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον
‘est mentionné par Luc sous cette forme ou une similaire 12 fois dans son évangile et 40 fois dans les Actes, — διὰ στόματος Aaveld : l’article est omis à cause de la préposition et du nom employé d’une manière générale. Par la bouche de David maudissant ses ennemis, le Saint-Esprit avait visé Judas, qui lui aussi avait trahi son Maître. --περὶ Ἰούδα : Judas, surnommé Iscariote, Mi. x, 4; Mc. im, 19, de l’étymologie δ Qeriyôt, homme de Carioth, est plusieurs fois mentionné dans les évangiles, princi- palement pour sa conduite à l'égard de son maître et sa trahison, Me. xxvi, 25, 47;
τι 70. χιν, 10. 48; Lo, xx, 48; Jin. XVII, 8, ὅ. ᾿ς A. Wright, Journ. of theol. Studies, vol. XVIII, p. 32, a soutenu que Judas était primitivement le premier des apôtres, tandis que Pierre était au second rang. C'était lui qui portait la bourse, signe de l’autorité; à la dernière cène il était assis à côté de Jésus; enfin, il faut traduire; ὁ εἷς τῶν δωδέχα, Mc. χιν, 10, par le premier des douze et non l’un des douze : le nombre cardinal εἷς est employé pour πρῶτος dans la langue hellénistique. Ces arguments sont faibles et ne peuvent infirmer la parole de Jésus, disant à Pierre, après que celui-ci eut affirmé qu’il était le Messie et le Fils du Dieu vivant : Je te dis que tu es Pierre et que sur cette pierre, je bâtirai mon Église, Mr. xvi, 18, — περί se rapporte à προεῖπεν et non à πληρωθῆναι; s’il se rapportait à ce dernier il y aurait ἐν ou ἐπί — τοῦ γενομένου ὁδηγοῦ : ὁδηγός est celui qui guide, qui marche en avant pour montrer le chemin; Ἰούδας... προήρχετο αὐτούς, Lo. xx, 47. Cette expression trahit un spectateur de la scène, qui a vu Judas marcher en avant des soldats qui venaient arrêter Jésus. συλλαδοῦσιν est à l’aoriste, bien que l’action soit future par rapport au verbe principal, mais parce que l’action est passée par rapport à l'écrivain.
« Voyez là même, dit saint Chrysostome, om. III, la sagesse de l’homme. Pierre nese met pas en colère, il ne profère pas des insultes, appelant Judas, souillé de sang, infâme, mais exposant simplement ce qui est arrivé. Il ne l'appelle pas même traître, mais il
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été le conducteur de ceux qui ont pris Jésus. 17. Car (parce que) il était compté parmi nous et il avait recu son lot {sa part) de ce ministère.
s'efforce de rejeter sur d’autres la responsabilité de l’acte. Il n’attaque pas même ceuxci avec violence, de celui-ci il dit simplement : devenu le guide de ceux qui ont pris Jésus. »
Les ÿ suivants, 17b-20, ont été omis par saint Irénée, Ads. Haer., III, x, 1 : de Juda qui factus est dux his qui apprehenderunt Jesum, quoniam annumeratus fuit inter nos. Fiat habitatio ejus deserta. Pourquoi Irénée a-t-il omis tout ce qui concernait
la mort de Judas? Nous l’ignorons. Peut-être a-t-il cru que ces ὃ étaient une paren-.
thèse de Luc, et ne faisaient pas partie du discours de Pierre ?
Υ 17) ὅτι : au lieu de « qui » de la Vulgate, lequel n’exprime pas le sens de la phrase; le codex Laudianus et de bons manuscrits de la Vulgate ont quia, qu'ont adopté Wordsworth-White dans leur, édition de la Vulgate hiéronymienne. Irénée et Augustin ont quoniam. Par ce ὅτι Pierre explique comment il est fait allusion à Judas dans la prédiction de David, où celui dont la demeure doit être un désert avait reçu une charge comme Judas. ὅτι se rapporte donc à ἔδει πληρωθῆναι. Il fallait que fût Mile l'Écriture, parce que Judas était compté parmi nous et qu’il avait reçu une part de ce ministère. Il s'agissait dans la prophétie d’une charge transférée d’une personne à une autre. Ju a donc rempli toutes les conditions de la prophétie, puisqu'il avait reçu sa part de notre ministère. St. Liberty, Expos. 1909, p. 82, pense que ὅτι doit être traduit par « que » et indique que Pierre a cité ici une prophétie qui se rapportait à l’acte de Judas, probablement Ps. xu, 9 ou mieux τὰν, 13 ss. et que Luc, brevitatis causa, n’a pas citée. Il faudrait alors intercaler ταύτην après γραφήν, Υ 16, ainsi que l'ont fait divers manuscrits. Rendall traduit aussi ὅτι par « que ».
χατηριθμημένος ἦν; participe périphrastique, qui indique un fait continu, mais dans le passé : il était dénombré avec les apôtres. — καὶ ἔλαχεν τὸν χλῆρον : καί est épexégétique et a le sens de : à savoir. — λαγχάνω signifie obtenir par le sort ou par la volonté des dieux, d'où obtenir, avoir en partage. — χλῆρος est d’abord l’objet dont on se sert pour tirer au sort, d’où, par métonymie, ce qu'on obtient par le sort, un lot, une part.
τὸν χλῆρον τῆς διαχονίας ταύτης, 16 lot de ce service, de ce ministère; c’est-à-dire le lot qui consiste en ce service ou ce service qui est tenu pour un lot. διακονία est employé par Luc pour tout office : service de la parole, vr, 4; service des tables, vi, 1. ταύτης rattache διαχονίας au premier membre de phrase : il était compté parmi nous. C’est
donc le ministère apostolique, dont Judas avait eu sa part. Il ne l'avait pas reçu par droit de naissance ou grâce à son mérite, mais indépendamment de lui-même, par la
volonté, par le choix du Seigneur. On a essayé de prouver que cette parole de Pierre n'avait pu être prononcée dans les premiers temps de l'Eglise chrétienne, où nulle
hiérarchie n’était encore constituée. Mais διαχονία signifie simplement service. Pierre:
a donc pu employer ce terme ou plutôt le mot araméen, qui a été traduit par διαχονία, pour indiquer le ministère dont les apôtres avaient la charge.
ἡ 18) οὗτος μὲν οὖν : ces mots serviraient de liaison entre les paroles de Pierre et les ÿ 18, 19, qui, d’après quelques critiques, Salmeron, Estius, Beelen, Patrizzi, Rose, seraient une addition explicatitive de Luc ou même d’après Spitta, Feine, B. Weiss, seraient une interpolation du rédacteur. Mais 115 peuvent être tout aussi bien le fait de l’orateur qui a lié ainsi les paroles précédentes aux suivantes.
ἐχτήσατο χωρίον : ἐκτήσατο, aOr. moyen au sens potentiel, acquit pour soi, par ses propres forces ; χωρίον, signifie place, pays, fonds de terre, domaine de campagne, ce qui indiquerait une propriété bâtie. Il semble que ces paroles de Pierre sont en contradiction
HN
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χαὶ ἔλαχεν τὸν χλῆρον τῆς διαχονίας ταύτης. 18. οὗτος. μὲν οὖν ἐχτήσατο χωρίον, ἐκ = ns 2 Î »f£ utoboD τῆς ἀδιχίας, χαὶ πρηνὴς γενόμενος ἐλάχησεν μέσος. χαὶ ἐξεχύθη πάντα τὰ πὸ , 2 5 ; 7 - ΓΘ -- € 7 σπλάγχνα αὐτοῦ. 19. χαὶ Ὑνωστὸν ἐγένετο πᾶσι τοὶς χατοιχοῦσιν ἱερουσαλήμι,; ὥστε
avec le récit de M4. xxvin, 5, 6, où il est dit que Judas jeta l'argent de la trahison dans le Temple et que c’est les grands prêtres qui avec cet argent achetèrent le champ du potier, τὸν ἀγρὸν τοῦ xepauéus. La divergence n’est pas réelle; χτάομαι signifie, acquérir, posséder. Oratorio modo, Pierre a pu dire que Judas a possédé avec l'argent de sa trahison le champ où il mourut; le verbe est employé au sens causatif. ΤΙ n’est pas nécessaire que Judas äit été lui-même l'acquéreur, pourvu que le champ ait été acheté avec son argent. Nous avons dans le N. T. plusieurs exemples de cette facon de s'exprimer qui est classique et ἃ passé dans la conversation : Joseph prit le corps [de Jésus] et l’ensevelit dans son tombeau neuf, qu'il avait creusé, Mt. xxvur, 60. Ex μισθοῦ τῆς ἀδιχίας : hébraïsme pour ἐχ τοῦ ἀδίχου μισθοῦ; ἐκ, pour signifier, au prix de, est à peine d'usage grec; le mieux serait de traduire : salaire pour son iniquité. Avant καὶ πρηνὴς γενόμενος; Blass a placé dans son texte occidental, χαὶ ἔδησεν" τὸν τράχη-
“λον αὐτοῦ; d'après Augustin, et collum sibi alligavit, — πρηνής signifie qui penche en avant,
devenu tombant, qui tombe la têteen avant. La Vulgate a traduit πρηνής par suspensus, ce qui est une glose pour rapprocher ce texte de celui de M4. xxvu, 5. Les vieilles latines, ἃ 6 p * ont pronus factus; Gigas et Ambroise, in faciem prostratus; Augustin a uni les deux leçons : collum sibi alligavit et dejectus in faciem. La Chaîne arménienne a traduit πρησθείς, étant brûlé, gonflé, et non πρηνής.
Le récit de Matthieu et celui des Actes ne sont pas divergents ; ils présentent des états successifs d'un même événement. Judas se pendit et la corde ou la branche de l'arbre s'étant rompue, il tomba la face en avant. Recte igitur jam Eusebius (ap. schol. Matthaeii) Matthaei relationem cum hac Lucae concinnavit,; rupto fune, Judam in terram procidisse. Brass. Peut-être, ainsi que l’a supposé Hackett, in loco, Judas s’est-il pendu à un arbre sur le revers de la colline et est-il tombé dans le précipice : la violence de la chute explique qu'il se rompit par le milieu. Torrey, p. 24, pense que πρηνὴς γενόμενος traduit l’araméen, 523, et que dans le texte araméen ce terme signifierait : il se précipita lui-même.
ἐλάχησεν : aor. de λάσχω, employé ici seulement dans le N. T. est classique dans 16 sens de craquer; il pourraït venir du présent dorien, Aexéw, faire du bruit en craquant. — μέσος, medius, Vlg. par le milieu. La langue grecque exprime par des adjectifs beaucoup de rapports de temps, de manière, qui sont exprimés en français par des locutions adverbiales : Ex. ἄσμενος, de bon gré, etc. — ἐξεχύθη πάντα τὰ σπλάγχνα αὐτοῦ: ἐξεχύθη : aor. passif de ἐχχέω, verser, répandre; au singulier avec un sujet neutre plu-
riel. Le ventre s’étant rompu, les entrailles de Judas se répandirent à l'extérieur. Il est
inutile de rappeler les détails horribles que Papias a rapportés sur l’enflure des divers membres de Judas et sur l’odeur infecte que répandit même longtemps après sa mort le champ où il avait été enfoui. Cf. Fuxr, Patres apostolici, t. 11, p. 288.
F. H. Chase ne croit pas que πρηνής signifie ici penché, qui tombe la tête en avant; si l'on adoptait ce sens, γενόμενος serait faible et incomplet; il faudrait πρηνὴς πεσών. D'ailleurs, le fait de tomber la tête en avant ne pouvait causer la rupture des entrailles. Chase croit donc que πρηνής est ici un terme de médecine, indiquant une maladie et appartenant à la famille de mots dont le verbe πίμπρασθαι est le plus commun. Celui-ci signifie enfler par suite d’une inflammation, ce qui explique la rupture des entrailles. En terme de médecine, πρηνὴς γενόμενος est régulier. Plusieurs fois Luc a employé γενόμενος de cette façon, χα, 28; γι, 32; x, 10, etc. On remarquera que dans Papias ἢ] est dit que Judas enfla, πρησθεῖς, ce qui équivaudrait au πρηνὴς γενόμενος des Actes. Ce
18. Celui-ci donc acheta un champ avec le salaire de l’iniquité et étant tombé la tête en avant, (devenu enflé) il creva par le milieu et toutes ses entrailles se sont répandues. 19. Et cela fut connu de tous les habitants de
sens de πρηνής est indiqué aussi par les versions arménienne et géorgienne, qui dépen-
: dent d’un vieux texte syriaque, aïinsi que par Georgius Cedrenus, Euthymius Zigabenus
et le Lexique de Zonaras. (Journ. of theolog. Studies, 1912, p. 278).
Ÿ 19) καὶ γνωστὸν ἐγένετο πᾶσι τοῖς χκατοιχοῦσιν Ἱερουσαλήμ : ces mots seraient, dit-on, une parenthèse de Luc. Il semble, en effet, que ce verset et le précédent interrompent le fil du discours de Pierre et séparent la citation de David de ce qui en était l’application. Cela ne nous paraît pas absolument certain. Pierre, parlant de Judas, ἃ pu être naturellement appelé à parler de sa mort, bien qu’elle fût connue de ses auditeurs, ce
qu’il constate d’ailleurs. Mais il n’en est pas de même des termes suivants : ὥστε χληθῆ- 4 Ρ {
var τὸ χωρίον ἐχεῖνο τῇ ἰδίᾳ διαλέχτῳ αὐτῶν “Ἀχελδαμάχ, τοῦτ᾽ ἔστιν χωρίον αἵματος. Ils semblent bien être une explication destinée à des étrangers à la ville de Jérusalem. Il n'est pas vraisemblable que ce champ ait déjà reçu, au moment où parle Pierre, le nom de champ du sang : cette dénomination ἃ dû naître pue tard et Luc constate le fait. IL est d’ailleurs coutumier de ces parenthèses : 1, 15h; 1v, &; 1x, 12; x1x, 29-31, etc. On pourrait cépendané supposer que l'addition de nl se réduit à τῇ ἰδίᾳ διαλέχτῳ αὐτῶν Robe, τοῦτ᾽ ἔστιν χωρίον αἵματος.
γνωστὸν ἐγένετο est une forme hellénistique plutôt qu’attique. Les écrivains bibliques aiment à exprimer l’idée par deux mots au lieu d’un, Vireau. Le sujet est τοῦτο sousentendu. γνωστόν est encore huit fois dans les Actes. ὥστε χληθῆναι : avec ὥστε l’indicatif aoriste est remplacé par l'infnitif aoriste au mode irréel, τῇ ἰδίᾳ διαλέχτῳ αὐτῶν : διάλεχτος employé seulement dans les Actes, peut signifier dialecte ou langage. Le dialecte, c'est la variété régionale d’une langue ; la langue, c’est la langue nationale; le terme est employé dans ce dernier sens. En Palestine, ce langage était l'araméen en général. Luc n’a pas voulu par ce terme distinguer l’araméen de Jérusalem des autres dialectes araméens “parlés en Palestine; il oppose l’araméen au grec. On peut cependant soutenir que Pierre fait ici allusion au dialecte de Jérusalem et alors l'expression τῇ ἰδίᾳ διαλέχτω αὐτῶν s'expliquerait naturellement. Pierre parle à des Galiléens; ila donc pu dire en rappelant le fait de l’appellation de ce champ qu’elle était connue des habitants de Jérusalem, lesquels l’appelaient ’Axe\dauéy, dans leur dialecte : il opposait le dialecte de Jérusalem à celui de Galilée. Mais cette distinction nous paraît bien subtile, pour avoir trouvé place dans un discours populaire : il semble que Pierre aurait plutôt dit : ἐν διαλέκτῳ ἡμῶν. Enfin, si La phrase est de Luc, αὐτῶν désigne les habitants de Jérusalem et les assistants. — ἀχελδαμάγ : ce terme a été très diversement écrit dans les manuscrits et encore nous ne citerons que les variantes qui se rapprochemt le plus de l’araméen. ἀχελδαμαχ, NA, 40, 61; ἀχελδαμαχ, B; Ἀκελδαμαχ, Εἰ; Ἀχελδαιμαχ, D; Acheldemach, MM. Vulg, éd W-W; Haceldama, Vig. clémentine. L'expression araméenne serait ὯΡΠ, hakal, champ et KT dema, sang. Hakel au lieu de hakals’explique par l'influence dx À sur Ja voyelle précédente: dama au lieu de dema par la tendance à conformer le sheva mobile à la voyelle suivante. Quant à δαμαχ au lieu de deua, il vient probablement de ce que le grec transcrivait par un χ l’aleph dur araméeen.On a un autre exemple de cette transcription : Σειραχ — Sirà. Remarquons que plusieurs manuscrits n'ont pas opéré ces changements. "’AxeAdaud est représenté par C, 614, des minuscule la Vulg. elém., l'Harkl., Chrysostome, et sous la forme ‘Aceldema, Syr. Pesch. etc. ΠῚ en «est qui croient que ce.pourrait être la leçon originale. Klostermann, Probl. im Aposteltexte, ἃ supposé que 727 répondrait à la racine araméenne, « dor-
91. Δεῖ οὖν τῶν συνελθόντων ἡμῖν ἀνδρῶν ἐν παντὶ γοόνῳ ᾧ εἰσῆλθεν nat ἐξῆλθεν ΠῚ ͵
mir » d’où l’on aurait le champ du sommeil ou de la mort; ce champ était en effet le lieu où l'on devait, dans l'intention des prêtres, enterrer les étrangers, Mt. xxvur, 7,
dont, d’après Wendt, l’étymologie « le champ du sang » viendrait des chrétiens qui
l’auraient ainsi nommé en souvenir de la mort de Judas.
χωρίον αἵματος : le champ du sang. Il a été ainsi appelé, soit parce qu'il a été acheté avec le prix du sang de Jésus, soit parce qu'il a été inondé du sang de Judas : la première explication répond au texte de Matthieu, xxvir, 6, 8, et la seconde à celui des Actes. Mais celle-ci n'est-elle pas une addition de Luc ou d’un rédacteur? « Le nom
᾿ même donne à penser que ce n’était pas des morts ordinaires, maïs des gens morts de
: mort violente qui étaient déposés en cetendroit. Akeldama pourrait donc bien être
la place où l’on jetait le corps des suppliciés ». Loisy. Une tradition qui remonte au 1v° siècle place Hakeldamach, au sud de Jérusalem,
sur la pente nord-est du Djebel Deir Abu Τὸν, au-dessus de la vallée de Hinnom. On
nt
a cru retrouver là l'emplacement du champ du potier de Jérémie, xix, 2. On trouve
encore dans les environs des débris de poterie. Cf. Somicx, Pal. Expl. Fund. Quart.
1892, p. 283 ss.
᾿ς ÿ 20) Pierre cite maintenant les passages des Écritures auxquels il a fait allusion au Υ 16. γάρ marque que l'acte de.Judas a réalisé la prophétie et à cause de ἔπαυλις il l'applique plutôt à χωρίον qu'à χλῆρος. Le premier passage est emprunté au psaume
… hébreu Lxix, 26 (zxvirr des Septante et de la Vulgate), La citation est libre. Voici le
-sens littéral de l’hébreu : Que leur campement, demeure (tirah, cabane, étable) soit dévastée; et que dans leurs tentes il n’y ait plus d'habitants. Les Actes se rapprochent davantage des Septante; ils changent seulement αὑτῶν en αὐτοῦ, fpnuwué en ἔρημος et remplacent ἐν τοῖς σχηνώμασιν αὐτῶν par ἐν αὐτῇ : Pierre, appliquant ce texte à
Judas, met le singulier à la place du pluriel. La Vulgate Clém., en opposition avec
quelques vieilles latines, Irénée, Augustin, Gigas, plusieurs MM. de la Vulgate, met.
᾿ commoratio eorum au lieu de ejus. Le juste persécuté pour la cause de Dieu et accablé
d’opprobres appelle la vengeance de Dieu sur ses ennemis, qui sont en même temps
les ennemis de Dieu. Dans le psaume il est parlé des ennemis de David, le prototype
du Messie, et Pierre applique le passage, ὃ 26, à Judas qui a conduit ceux qui ont pris Jésus.
ἢ ἔπαυλις est june maison d'habitation dans une proprieté rurale, une métairie, par opposition à οἰκία, habitation en ville — μὴ ἔστω ὁ κατοικῶν ἐν αὐτῇ : au lieu du participe présent, ὃ xarow&v, il devrait y avoir plus régulièrement le participe futur. Ce psaume LxIx ἃ toujours été regardé comme messianique. Cependant, il ne peut être appliqué dans son entier à Jésus Messie, puisqu’au ÿ 6 nous lisons : O Dieu, tu connais ma folie, et mes fautes ne te sont point cachées. Plusieurs passages de ce psaume ont été cités dans Le N. T.:Jn. τι, 17; xv, 25; x1x, 29; Rom. xv, 8; Me. χχπι, 88; Le. x, 35, etc. Le second passage cité par Pierre est emprunté au psaume hébreu ax, 8 (αν des
Sept. et de la Vulgate). Les Septante, conformes à l'hébreu, sont cités textuellement, sauf que les Actes ont remplacé l'optatif aor. λάθοι, par λαδέτω : Qu'un autre prenne sa charge ou sasurveillance. — ἐπισχοπή traduit l'hébreu ñ1p1 quisignifie surveillance,
ἀνθ ον RU MSN ER RS
Jérusalem, de sorte que ce champ a été appelé dans leur langue, Hakeldamak, c’est-à-dire champ du sang. 20. Car il est écrit dans un (au) livre des psaumes : KES Que sa métairie devienne déserte.
Et que personne n'y habite, Et : qu'un *utre occupe sa charge.
21. IL fau donc que [l’un] de ces hommes qui nous ont accompagnés … pendant tout le temps que le Seigneur Jésus a vécu parmi nous (est entré.
charge, en parlant des fonctions des prêtres, de l'hébrew 753, inspecter, surveiller,
Judas avait reçu du Seigneur une charge, la fonction d’apôtre. Puisqu'il en était devenu indigne par sa trahison, il était nécessaire d’en choisir un autre pour le remplacer dans sa charge. Le psaume tout entier est une imprécation de David, prototype du Messie, contre un de ses ennemis les plus furieux, Doeg l’Edomite, chargé de sur: veiller les troupeaux et qui, d’après les Pères, a été le prototype’ de Judas. Ce psaume a été appelé le psaume de l’Iscariote.… ἣν ἐν βίδόλῳ ψαλμῶν : βίόλῳ sans l’article, littéralement dans un livre, c'est-à-dire dans un rouleau des psaumes. ἐν βίόλῳ pour le distinguer de χάρτης, feuille de papyrus. βίόλος était le rouleau formé de χάρται, feuilles collées ensemble. La collection des : psaumes avait été divisée en cinq rouleaux. Toutefois, si l’auteur traduit ici un texte araméen il ἃ pu supprimer l’article devant βίόλῳ, comme dans l’araméen; où le mot était à l’état emphatique, c'est-à-dire sans l’article. De plus, dans la langue hellénis- Ἵ tique, le mot suivi d’un génitif peut ne pas prendre l’article. L'expression pourrait donc signifier : dans le livre des psaumes.
Ÿ 21) δεῖ οὖν : puisque la première prophétie a été accomplie par la mort de Judas, ὃ " il faut que la seconde le soit par l'élection d’un homme qui prendra sa charge. Le ? nombre symbolique de douze qui rappelait les douze tribus d'Israël doit être complété. … ‘ Pierre désigne les qualités de celui qui remplacera Judas; il doit avoir été le compa- + gnon des apôtres durant tout le ministère public de Jésus, c'est-à-dire tout le temps que Jésus ἃ vécu avec eux, et cela à partir du baptême de Jean, au temps où Jean. 30 baptisait sur les bords du Jourdain et jusqu’au jour, non de la mort de Jésus, mais de son ascension, puisque Jésus avait vécu avec eux jusqu’à ce moment-là. Et l'office propre de ce remplaçant sera, comme celui de tous les apôtres, d’être le témoin de la résurrection de Jésus, que Pierre considère comme le fondement de la prédication évangélique.
τῶν συνελθόντων est un génitif gouverné par ἕνα du Ÿ suivant, qui est à raccorder à ces … mots par τούτων; ily a dans ces Ÿ 21, 22, un renversement de construction. Il faudrait régulièrememt : dei οὖν μάῤτυρα τῆς ἀναστάσεως αὐτοῦ γενέσθαι σὺν ἡμῖν ἕνα τούτων τῶν ἀνδρῶν συνελθόντων ; ce renversement de construction est classique. τῶν συνελθόντων ἡμῖν ἀνδρῶν, des hommes qui furent avec nous dans nos voyages : ἐλθόντων σύν, expression non clas- : sique BLass. Des hommes, ἄνδρες, et non ἄνθρωποι pour marquer que ce sont des hommes choisis, qui vécurent avec nous, qui ont fait la route avec nous dans tout le temps où le Seigneur vécut avec nous; ἐν παντὶ χρόνῳ — omni tempore; παντὶ τῷ χρόνῳ D, per | totum tempus BLass; ἐν παντὶ χρόνῳ : la préposition est placée devant l’antécédent et non devant le relatif &.
ᾧ εἰσηλθεν xaù εξῆλθεν : expression empruntée à l’hébreu; entrer et sortir représentent l'ensemble des actions de la vie par un de ses actes extérieurs les plus fréquents. C:est l'expression hébraïque : NIIINNYO y Soin N9, Deut. xxx, 2: cf. I Sam. ΧΥ͂ΠΙ, 18 46; ΧΧΙΧ, 6. Actes, 1x, 28, nous avons une expression analogue : ἦν μετ᾽ αὐτῶν εἰσπορευόμενο χαὶ
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ACTES DES APOTRES, 1, 21-24, EE | ED -» ἈΝ - > < ἐφ᾽ ἡμὰς ὁ Κύριος ᾿Ιησοῦς, 22. ἀρξάμενος ἀπὸ τοῦ βαπτίσματος, [wdvou ἕως τῆς αὐτοῦ σὺν “ἡυἱἷἵν γενέσθαι ἕνα
LP
A 2 1 EE 2 4 2 PA 5 τα, τούτων. 23. χαὶ ἔστησαν δύο, ᾿Ιωσὴφ τὸν χαλούψιενον Βαρσαδθαν, ὃς ἐπεκλήθη [οῦστος,
ἐχπορευόμενος. Les apôtres ont été les témoins des allées et des venues de leur maître, en d’autres termes, 115 ont été témoins des actions de sa vie.
ἐφ᾽ ἡμᾶς : régulièrement la phrase devrait être : εἰσῆλθεν ἐφ᾽ ἡμᾶς καὶ ἐξῆλθεν ἀφ᾽ ἡμῶν, mais un écrivain grec n'aurait pas admis une proposition aussi diffuse. Par ces paroles Pierre rappelle la vie humaine de Jésus, mais en même temps il affirme sa divinité, car il l’appelle ὁ Κύριος, le terme qui désigne Dieu dans l'Ancien Testament.
Υ 22) ἀρξάμενος, anacoluthe, se rapporte à Ἰησοῦς; il a le même sens qu’au Κ᾿ 1 et peut
être traduit, en prenant, à partir de, depuis; c'est un renforcement de la préposition ἀπό;
un classique n'aurait pas ajouté ce mot. D'après Torrey, p. 25, ἀρξάμενος est l'expression araméenne « meshareh mi. ‘ad ». On retrouve plusieurs fois cet aramaïsme dans la première partie des Actes, τ, 22; vi, 35; x, 37; mais on ne 16 rencontre plus dans la Seconde partie, xiu-xxvin, Ce qui prouve que l’auteur ne traduit plus des documents araméens.
ἀπὸ τοῦ βαπτίσματος ᾿ωάνου ἕως... Ces paroles de Pierre déterminent ce qui constitue
proprement l'Évangile de Jésus, dont les apôtres doivent être les prédicateurs : la vie
de Jésus depuis le baptême donné par Jean jusqu’à son ascension; c’est le contenu de l'évangile de Marc, l’'évangéliste qui reproduit la catéchèse de Pierre. ἕως τῆς ἡμέρας ἧς ἀνελήμφθη; ἕως ou ἄχρι sont fréquemment employés par Luc; ἧς serait mis par attrac-
tion au lieu de #, bien que l'attraction du génitif au lieu du datif ne se trouve pas
ailleurs dans le N. T. Holtzmann et B. Weiss y voient un génitif de temps et non un effet d'attraction. La version latine de D ἃ traduit : usque in diem quo et Vig qua.
μάρτυρα τῆς ἀναστάσεως : ainsi qu'il ressort de plusieurs passages des Actes, les apôtres devaient être surtout les témoins de la résurrection de Jésus; c’est-à-dire ceux
qui rendraient témoignage de la réalité de la résurrection de Jésus, ἕνα τούτων, un seul
48 ceux-ci : τούτων est un rappel, d'emploi classique, de τῶν συνελθόντων ἡμῖν ἀνδρῶν, τ
Spitta et Jüngst tiennent la phrase, ἐν παντὶ χρόνῳ..... ἀφ᾽ ἡμῶν pour une interpolation du réviseur. Spitta trouve que la construction de la phrase est difficile ; nous reconnaissons que la phrase serait beaucoup plus régulière si on supprimait ces mots, mais est-ce une raison suffisante pour les rejeter?
* Il semble difficile de croiresque, si le but de Luc avait été, ainsi qu’on l’a dit, de mettre Paul au même rang que Pierre, il ait tant insisté sur ce caractère des apôtres d’avoir été les témoins de la vie mortelle de Jésus.
Ÿ 23) καὶ ἔστησαν : après καί, E ajoute τούτων λεχθέντων ; ἵστημι, à l’aoriste 1%, est transitif; il signifie placer debout, présenter, proposer. Est-ce tous les frères présents ou les apôtres seulement qui présentèrent Joseph et Matthias? Le texte ne 16 dit pas, mais puisqu'il n’y ἃ pas d'indication contraire, le contexte exige que [6 sujet de ἕστησαν
| soit ἄνδρες ἀδελφοί, ceux à qui Pierre parlait. La leçon ἔστησεν, Dd, Gigas, Aug. indiquerait que Pierre seul présenta Joseph et Matthias, mais, comme dit Blass, nimium Petro dat, nihil concilio relinquit. Οὐχὶ αὐτὸς αὐτοὺς ἔστησεν, ἀλλὰ πάντες. Τὴν γνώμην δὲ αὐτὸς εἰσηγήσατο, δείξας οὐδὲ αὐτὴν αὐτοῦ οὖσαν, ἀλλ᾽ ἄνωθεν χατὰ προφητείαν" ὥστε ἐξηγητὴς γέγονεν, οὐ διδάσχαλος. CHRYSOSTOME, om. III.
Ἰωσὴφ τὸν χαλούμενον βαρσαδδᾶν : Barsabbas n'est pas un surnom signifiant le fils du sabbat, le fils du serment ou de la sagesse, mais un nom patronymique pour le
et est sorti parmi nous), 22 ayant commencé depuis le baptème de Jean : Jusqu'au jour où il a été élevé d’auprès de nous, [il y en ait] un de ceux-ci qui devienne avec nous témoin de sa résurrection. 23. Et ils en présentèrent deux : Joseph appelé Barsabbas, qui était surnommé Joustos, et Matthias. 24. Et ayant prié, ils dirent : Toi, Seigneur, qui connais les cœurs de tous,
distinguer des autres Joseph, nombreux à cette époque. C'est Joseph, fils de Sheba, guerrier, vieil homme. L'étymologie est douteuse, Scumiepec. Est-ce un frère ou le
τ même que Judas Barsabbas, xv, 227 ὃς ἐπεχλήθη ᾿Ιοῦστος, qui a été surnommé Justus.
51 la lecture τὸν χαὶ Ioÿotov, que suppose Le texte d’Augustin, qui et Justus, était bonne, nous aurions une expression parallèle à celle de Σιαῦλος, ὃ καὶ Παῦλος, xir, 9. Le surnom de Joseph Barsabbas était Ἰοῦστος, qu'il ne faut pas traduire par le Juste, car, si c'était
une traduction de l’araméen, tsadok, il y aurait δίκαιος. Ἰοῦστος est 16 latin Justus, et
était le surnom latin de Joseph, d'après l'usage de ce temps : à son nom juif de Jean, le second évangéliste adjoignit aussi le nom de Marcus. Nous avons dans le N.T. deux
‘ autres personnages surnommés Ἰοῦστος : Τίτος Ἰοῦστος, Act. xvint, 7 et Ἰησοῦς... ’Éobotos,
Col. 1v, 11. Nous trouvons aussi dans les Talmuds plusieurs individus appelés Justus.
Le N. T. ne nous dit rien de plus de Joseph Barsabbas; on a essayé de l'identifier avec Joseph Barnabas, 1v, 36, suivant la leçon des codex Dd et Gigas. Mais Barsabbas est un nom patronymique, tandis que Barnabas est un surnom, le fils de la prophétie. Eusèbe, Æist. ecel., 1, 12,.compte Joseph Barsabbas parmi les soixante et dix disciples du Seigneur, ce quiest indiqué par le fait qu’il a été choisi comme ayant vécu avec les apôtres pendant toute la vie publique de Jésus. Il rapporte aussi que Justus, surnommé Barsabbas, but un poison mortel et par la grâce du Seigneur n’en éprouva aucun mal, ΠῚ, 39, 9. Cf. Pricrepe DE Sin dans De Boor, Texte und Unters., V, 2, p. 170.
χαὶ Ναθθίαν : Μαθθίας est un nom dérivé du grec Ματταθίας, forme grecque de Fhébreu Mattithiah, « don de Yahveh ». Matthias avait aussi vécu avec les apôtres ; aussi Eusèbe et Nicéphore le rangent parmi les soixante et dix disciples. Les renseignements que nous possédons sur la vie ultérieure et la mort de Matthias sont vagues et contradictoires. Dans les Récognit. clém., I, 60, Matthias est confondu avec Barnabé; dans Clément d'Alexandrie, Strom., IV. 6, 35, il est identifié à Zachée. D’ après Nicéphore, Hist. eccl., 2, 40, il aurait d’ bon préché l'Évangile en Judée, puis en Éthiopie, c'est-à- dire en Colchide et aurait été crucifié; cette tradition est rapportée aussi par la Synopse de Dorothée, qui le fait mourir à Sébastopol. D'après une autre tradition Matthias aurait été lapidé à Jérusalem, puis décapité, Trzcewoxr, Mémoires, t. 1, p. 406.
Plusieurs écrits apocryphës ont été placés sous son nom : l'Évangile de Matthias, es Traditions, les Discours de Matthias ; ces trois écrits ont été identifiés par Zahn, Gesch. des N.T. Kanons, II, p. 751. Harnack, Chronologie der altchr. Litteratur, p. 597,
᾿ nie cette identification. Tischendorf a publié dans ses Acta apostolorum apocrypha,
Leipzig, 1851, des Acta Andreae et Matthiae in urbe anthropophagarum, apocryphe du milieu du ne siècle.
Υ 24) προσευξάμενοι : le participe aoriste marque que l’action qu'il exprime a logiquement précédé celle du verbe fini, bien qu’elle ait eu lieu au moment de l'action exprimée par ce verbe, dont il détermine le sens. La relation de temps n’est pas nécessairement impliquée, quoique ici il y ait simultanéité d'action. προσευξάμενοι εἶπαν est mis pour προσεύξαντο καὶ εἶπαν : cette tournure est fréquente dans le N. T., ἀποχριθεὶς εἶπεν, Mt. in, 15, etc. La prière a dû être prononcée par Pierre, qui précédemment parlait à la communauté. Il est naturel qu’il ait prié au nom de tous.
Σὺ Κύριε : σὺ est emphatique; Κύριος désigne Jésus-Christ. Employé sans qualificatif
Ov ἐξελέξω Ex τούτων τῶν δύο ἕνα 25, λαθεῖν τὸν τόπον τῆς διαχονίας ταύτης ka
CE ᾽ 2 ἀποστολῆς, ἀφ᾽ ἧς ἀν Ἰούδας πορευθ
il désigne d'ordinaire Jésus-Christ dans le Ν. T. Jésus vient d’être appelé Κύριος au ÿ 21
et au Υ 22 le pronom αὐτοῦ se rapporte à lui ; il est donc naturel que Κύριος désigne celui dont il est question dans ces versets. De plus, le choix des apôtres avait été fait par
Jésus; l'élection d’un nouvel apôtre devait donc l'être aussi par celui-ci. Dans la, primitive Eglise la prière était souvent adressée à Jésus-Christ, Zaun. D'autre part,
cette épithète est appliquée à Dieu dans les Psaumes, vu, 10; dans Jérémie, xvinr, 10;
c’est Dieu qui sonde les cœurs. Mais Jésus-Christ connaît aussi ce qui était dans l’homme, Jn. 11, 25; c’est lui qui sonde les reins et les cœurs, Apoc. 1, 23. Gette épithète, χαρδιογνώστης Se trouve encore une fois dans les Actes, xv, 8, mais là elle accompagne le nom de Dieu. Étant donné le contexte, on pourrait soutenir que Pierre, en parlant de Dieu, a pensé à Jésus-Christ, puisqu'il dit, ÿ 7, que Dieu l’a choisi pour faire entendre
aux païens la parole de l'Évangile et que c’est Jésus qui l’a choisi, mais ne serait-ce
pas dénaturer le vrai sens de ce passage? — χαρδιογνῶστα : ce terme est employé ici
pour la première fois, c’est un ἁπὰξ λεγόμενον ; il est dans les Actes seulement, maïs on
le trouve ensuite dans la littérature chrétienne primitive : Hermas, Mand., IV, 3, &; Actes de Paul et de Thècle, 24; Const. apost., Il, 245, etc. CLÉMENT d’ALEXANDRIE, Strom., V, 14, 96. L'idée vient de Jérémie, xvu, 10 : Moi, Yahveh, qui sonde les cœurs et qui éprouve les reins. Cf. Ze. χυι, 15.
ἀνάδειξον : fais connaître publiquémont, par le moyen des sorts que l’on va jeter,
ra proclame ὃν ἐξελέξω, celui que tu as choisi pour toi, aoriste moyen; il y ἃ ellipse de
τούτου devant ὅν. Le même terme est employé lors du choix des soixante et dix disciples : ἀνέδειξεν ὁ Κύριος ἑτέρους Eédourxovra, Le. x, 1, où il pourrait signifier plutôt désigner,
préposer à une charge. ὃν ἐξελέξω ἐχ τούτων τῶν δύο ἕνα : quand le partitif est un adjectif
numéral il est nécessairement exprimé et on le trouve avec une préposition : ἐκ τούτων dépend de ὅν et ἕνα est l’attribut de ὅν, Vireau. Par le tirage au sort la décision finale restait dans les mains de Dieu.
Ÿ 25) λαδεῖν, infinitif de but, bien qu’il ne soit pas précédé de ὥστε; τὸν τόπον, Vig. locum : pour prendre la place; τόπος a quelquefois le sens de position sociale, dignité, Ecclésiast. xu, 12, Clément, χι,, 5. Deissmann, Neue Bibelstudien, p. 95, cite une inscription de Pergame, du temps d'Hadrien, où il est parlé d’un officier qui occupera dans une cérémonie du culte la place de celui qui est parti (mort). Si l’on adopte la
leçon τόπον, ABC*D, Gig. Vlg. Aug., il y aurait ici opposition entre la place de ce
ministère apostolique qu’occupait antérieurement Judas et la place qui fut ensuite la
sienne, εἰς τὸν τόπον τὸν ἴδιον, probablement la géhenne. C’est l'opinion de nombreux critiques, Salmeron, Cajetan, Beelen, Patrizzi, Felten, Wendt, Blass. Unusquisque, dit Théophylacte, factis suis aut bonum sibi aut malum conciliat et parat locum : hoc
igitur dicit quod Judas abierit in illum locum malum quem prodito Jesu sibi paraverat. τὸν χλῆρον, leçon de N EC3, 614, Arm. Syr. Pesch., se rapporterait plutôt au ÿ 17, où il est dit que Judas avait reçu son lot de ce ministère, τὸν χλῆρον τῆς διαχονίας ταύτης.
τῆς διαχονίας ταύτης χαὶ ἀποστολῆς : avons-nous ici un exemple d'hendiadys, ἕν διὰ duoty? Cette figure de langage consiste dans l'emploi de deux substantifs réunis par la copule conjonctive au lieu d’un seul nom avec un adjectif ou un nom au génitif de qualité; en cas d’hendyadis, la qualité de l’objet, pour la faire ressortir, est élevée à l'indépendance grammaticale d'avec l'objet lui-même. Ex. pateris libamus et auro,
ne ACTES DES APOTRES, 1, 24-26. ù A1 Ent ba
montre lequel de ces deux tu as choisi, 25. pour prendre la place (la charge) de ce ministère, [à savoir 46] Papostolat, dont Judas s’est retiré pour aller en son lieu. 26. Et ils donnèrent des sorts sur eux (et ils leur attribuèrent des sorts) et le sort tomba sur Matthias et il fut compté parmi les onze apôtres.
c'est-à-dire pateris aureis. Nous croyons qu'ici le xat est épexégétique et peut se traduire par à savoir. ἀποστολὴ est donc ici un renforcement, une espèce d'explication de*dtarovla. On prie le Seigneur de proclamer celui des deux hommes qui recevra la charge de ce ministère apostolique.
ἐξ ἧς, leçon de E, 1 40 614, mais plutôt ἀφ᾽ ἧς, mieux soutenue, BACDXK 61, Pesch,. Gig. παρέδη ᾿Ιούδας : le sens de παρέδη est déterminé par les mots qui l’accompagnent. Lorsqu'il est suivi d'un nom à l’accusatif, παρά signifie au delà et παραδαίνω marque une transgression; suivi de ἀπό ou de ἐξ, comme ici, παρά signifie à côté et παραδαίνω, s'écarter, se détourner, se retirer. — πορευθῆναι : infinitif de but; εἰς τὸν τόπον τὸν ἴδιον : | τὸν ἴδιον est emphatique. Lightfoot, Horae hebr. in Act. ap, p. 15, retrouve cette locution dans les écrits rabbiniques sur Monbres, xxiv, 25: Balaam ivit in lôcum suum, id est in gehennam. Il est peu probable que Pierre ait ici ce sens en vue, non plus qu'il ait voulu parler du suicide de Judas, ou de sa maison ou du champ qu’il avait acquis avec le prix de sa trahison; il a parlé précédemment du sort de Judas avec réserve, il continue à dire simplement : Judas s’en est allé à sa place, celle qu'il avait choisie. Cette expression n’a pas nécessairement un sens péjoratif. Clément Romain, v, 7, parlant de Pierre dit : ἐπορεύθη εἰς τὸν opethduevoyxzonov τῆς δόξης et, ibid., 7, de Paul, εἰς τὸν ἅγιον τόπον ἐπορεύθη. S’étant servi de τόπον pour désigner la position, la charge d’apôtre, il est possible que Pierre ait voulu par cette expression, εἰς τὸν τόπον τὸν ἴδιον, désigner la nouvelle position que Judas s'était choisie : τὸν ἴδιον placé après le nom fait ressortir que Judas avait choisi lui-même sa position. Oecumenius a cru que πορευθῆναι εἰς τὸν τόπον se rapportait au successeur de Judas qui viendrait prendre sa place; πορευθῆναι serait une explication de λάδειν τὸν τόπον : on prie Dieu de désigner celui qu’il a choisi pour prendre la place de Judas, pour venir à la place de celui-ci. La construction de la phrase exclut ce sens : πορευθῆναι se rapporte nécessairement au sujet de la phrase incidente qui est Ἰούδας.
Ÿ 26) xai ἔδωχαν χλήρους αὐτοῖς : ils donnèrent — jetèrent est une explication qui devrait être exprimée par βάλλειν χλήρους αὐτοῖς : la Peschitto ἃ ἔδαλον χλῆρους ἐπ᾽ αὐτοῦς — des sorts pour eux, αὐτοῖς, leçon de NABCD? Vlg. Sah., datif d'intérêt, ou αὐτῶν, leçon de D*E 614, Harkl. Arm. Gigas; génitif objectif, des sorts qui les concernait. On pourrait aussi traduire : ils donnèrent des sorts pour eux à ceux qui devaient les placer dans l’urne. On peut donc supposer que les candidats remettent aux assistants des sorts, des dés portant leur nom ou bien que les assistants attribuent des sorts aux candidats. La seconde hypothèse paraît probable, puisque c’est l'assistance qui consulte Dieu. On ne sait pas de quelle manière le sort fut consulté; il est parlé plusieurs fois dans l’A.T. de cette façon de consulter Dieu, Léo. xvi, 8 : ἘΝῚ Π2; dans les Septante, ἐπιθήσει κλῆρον; Jos, χιν, 1, 2; xvir, 6, 10; 1 Rois, x, 20; x1v, 22; I Paral. xx1v, 5; xxv, 8. Dans le culte du Temple, certains offices étaient attribués par le sort, Lc. 1, 9. On écrivait probablement des noms sur des tablettes ou plutôt sur des fragments de parchemin, que l’on plaçait dans un vase; on remuait celui-ci et une tablette était extraite qui indiquait celui qui était choisi.
nai ἔπεσεν ὃ χλῆρος ἐπὶ Μίαθθίαν : χλῆρος est déterminé par l’article parce que c’est un sort qui devait être décisif. Dans Jonas, 1, 7, il est dit : Venez, jetons, βάλωμεν, des