CHAPITRE II
π, 4. Et comme s’accomplissait (était arrivé) le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même [lieu], 2 et il y eut tout à coup du ciel
PREMIÈRE PARTIE : LA PRÉDICATION DE L'ÉVANGILE À JÉRUSALEM, nu, 1-vin, 2.
Dans cette première partie sont racontés : I, la constitution de l’église de Jérusalem, 11, 1-47 — II, la première expansion du christianisme et les persécutions qu’eurent à subir les apôtres, nr, 1-1v, 31 — ΠῚ, l’état intérieur de la communauté, 1v, 32-v, 16 — IV, une nouvelle persécution, v, 17-42 — V, l'élection des Sept, vi, 1-7 — VI, l'accusation, le discours et la mise à mort d'Étienne, vr, 8-vurr, 2.
Première Secrion II, 1-47 : CONSTITUTION DE L'ÉGLISE DE JÉRUSALEM.
Le récit de la Pentecôte se divise en trois parties : τπ|, 1-18, description de la descente du Saint-Esprit; π, 44-37, discours de Pierre sur cet événement; ἢ, 33-41, effet produit par ce discours.
11, 1-43 : DEsceNTE Du SAINT-ESPRIT SUR LES DISCIPLES ASSEMBLÉS.
ÿ 1) Καὶ ἐν τῷ συνπληροῦσθαι : la préposition ἐν est employée avec le datif de l’infiniti dans un sens temporel et signifie pendant que, quand; l'infinitif est d'ordinaire au présent. ἐν τῷ avec l’infinitif, équivaut, surtout dans Luc, au génitif absolu. Le codex de Bèze ἃ modifié la forme grammaticale de la phrase : καὶ ἐγένετο ἐν ταῖς ἡμέραις ἐχείναις, τοῦ συνπληροῦσθαι τὴν ἡμέραν τῆς πεντηχοστῆς; et factum est in diebus illis et cum implerentur dies pentecostes, ἃ, ce qui change légèrement le sens. — L'expression biblique signifie l’accomplissement d’un espace de temps, indiquant que cet espace‘de temps est arrivé à son terme : ce ne peut être le sens ici d’après le ÿ 45. — συνπληροῦσθαι. infinitif présent moyen, de συνπληρόω, remplir entièrement, qui se dit d'un navire submergé par les flots ou dont l'équipage est embarqué au complet. D’après Wendt et Preuschen cette expression συνπληροῦσθαι signifie bien la fin d’une période de temps, maïs elle exprime ici l'approche de cette fin. Luc a pu se référer à la manière juive de déterminer le jour. Il commençait au coucher du soleil, de sorte que, le matin, Ἢ n’était pas encore accompli, maïs il était en train de s’accomplir. On pourrait donc traduire, comme Barde : lorsqu'arrivait à se remplir entièrement le jour de la Pentecôte. II est question ici du jour de la fête et non, comme l’a supposé Blass, du jour avant la fête : Cum in eo esset ut compleretur, id est brevi ante diem pentecostes, non ipso die haec esse facta. Mais le verbe est au présent de l’infinitif et non au futur. Weiss suppose qu’il est fait allusion ici aux jours qui se sont écoulés entre la fête de la Pâque et celle de la Pentecôte : ce que semblerait indiquer le texte de la Vulsate : Cum complerentur dies Pentecostes. Mais l'opinion générale, Beelen, Patrizzi, Knabenbauer, Felten, Hilgenfeld, Wendt est qu’il s’agit ici du jour même de la fête : Οὐ πρὸ τῆς Πεντηχοστῆς, ἀλλὰ περὶ αὐτὴν, ὡς εἰπεῖν τὴν Πεντηχοστήν. "ἔδει γὰρ ἑορτῆς οὔσης πάλιν. ταῦτα: γίνεσθαι, CHRYSOSTOME, om, 1v.
τὴν ἡμέραν τῆς Πεντηχοστῆς : ἡμέρα était inutile, Πεντηχοστῆς étant un nom propre. Torrey, p. 28, fait remarquer que l'expression consacrée était « quand les semaines étaient accomplies ». Luc ἃ transposé l'expression en employant la terminologie technique omprise par ses lecteurs. La Pentecôte, une des trois grandes fêtes juives, célébrait la fin de la moisson. Le premier jour après la fête de la Pâque on offrait dans le lemple une gerbe d'épis nouveaux; à partir du lendemain du sabbat de la Pàque,
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ets ὮΝ "ν᾽ Fe A Ἷ " # ἐπλήρωσεν ὅλον τὸν οἶχον οὗ ἦσαν χαθήμενοι" ὃ. χαὶ ὥφθησαν αὐτοῖς διαμεριζόμεναι, f
= DER) € γλῶσσαι ὡσεὶ πυρός, χαὶ ἐχάθισεν ἐφ᾽ ἕνα ἕχαστον αὐτῶν, ιν. χαὶ ἐπλήσθησαν πάντες ΄ DA - Ve Δ \ ὃν - 3 Πνεύματος ἁγίου, nat ἤρξαντο λαλεῖν ἑτέραις γλώσσαις χαθὼς τὸ [Πνεῦμα ἐδίδου
où l’on avait offert la gerbe nouvelle, on comptait cinquante jours et, le lendemain de la septième semaine, on offrait deux pains levés, qui symbolisaient la fin de la. moisson. Cette fête ἃ recu divers noms dans la Bible : fête de la moisson et des prémices, Ex. xx, 16; fête des semaines, Er. xxxiv, 22; Deut. xvi, 10; us des. prémices, Nombr. xxvin, 26. Le terme, Πεντηχοστή se ie dans Tobie, π, 1;
ΤΙ Macch. xu, 32; dans Josèphe, Guerre juive, n, 3, 1. Les Juifs ont appelé ensuite
communément la Pentecôte, aseret, en araméen, asarta. Dans Josèphe, Ant. juives, III, 10, 6, on trouve ἀσαρθά, σημαίνει δὲ τοῦτο Πεντηχοστήν. Cette fête attirait à Jérusalem un grand nombre de Juifs pieux. D’après la tradition chrétienne, la Pentecôte, cettew année-là, fut un dimanche. En effet, le sabbat après la Pâque était le 16° de Nisan :.
si l'on compte cinquante jours après ce samedi, on tombe sur un dimanche. Le calcul
est exact si Jésus est mort le 14° de Nisan; s’il est mort le 15° de Nisan, la Pentecôte a eu lieu 16 Iundi — ἦσαι πάντες : les apôtres et tous ceux dont il est parlé, ch. 1, 14,15, et
peut-être aussi des disciples galiléens de Jésus, venus à Jérusalem pour la fête. ὁμοῦ ἐπὶ τὸ αὐτό : expression pléonastique; l’une des deux expressions suffisait, à moins que, ce qui est probable, ἐπὶ τὸ αὐτό ne désigne le lieu où tous étaient assemblés C'était dans une maison particulière, ÿ 2, et non dans le Temple, comme on l'an supposé, parce qu’à la troisième heure, qui était chez les Juifs celle de la prière, les disciples devaient être au Temple, et que la suite des faits suppose qu'il y avait
là une grande multitude rassemblée. Au lieu de ὁμοῦ, ὁμοθυμαδόν, d'un même cœur,
qu’on trouve dans CE Aug.; il provient probablement du ch. 1, Υ 14; il est fréquent
dans les Actes, tandis que ὁμοῦ ne s’y trouve qu’une fois. ν
δ 2) Les signes de l’effusion du Saint-Esprit furent doubles : pour l’ouïe, du bruits semblable à celui que produit un vent impétueux; pour la vue, des langues comme de” feu. ἄφνω, mot attique pour ἀφνῆς, seulement dans les Actes. Il vint tout à coup du ciel. un bruit confus, ἦχος, forme hellénistique pour ἠχή, attique; ὥσπερ πνοῆς, comme d'un. souffle de vent, φερομένης, étant porté, transporté d’une manière rapide et violente.
πνοή, souffle, est employé ici au lieu de ἄνεμος, vent, pour signifier l’effet Pr
et non le producteur. On remarquera que πνοή et πνεῦμα ont la même racine, rvéw,w et mème un sens identique. Ce souffle était le symbole du Πνεῦμα qui descendait” sur les disciples assemblés; dans le langage ie ru de l'Esprit est repré- À sentée par le souffle, ou symbolisée par le vent, J/n. πι, 8. Ce bruit vint subitement. et attira d'autant plus l’attention qu’on n’en voyait pas Ἷ cause; il venait de la parties supérieure de l'air, ἐκ τοῦ οὐρανοῦ. Ce n’était pas cependant un vent, mais comme le. bruit qu'un vent violent fait entendre. On ne distinguait pas nettement ce qu ‘était ce bruit, ainsi que l'indique le terme employé, ἠχός.
καὶ ἐπλήρωσεν ὅλον τὸν οἶχον οὗ ἦσαν χαθήμενοι : οἶχος signifie d'abord maison, puis chambre, appartement. Faut-il en conclure que le bruit ἃ rempli seulement la chambre où les disciples étaient assis? Il semble bien que c’est le sens qui se présente le premier à la pensée, puisque c’est dans l'appartement que les disciples étaient assis. Mais alors pourquoi Luc ne s'est-il pas servi, comme auparavant, du terme brepüoy? οἶχος ἃ d’ailleurs, dans le N. T. seulement le sens de maison. Enfin, le bruit remplit à non Seulement la maison, mais encore il se répandit et se fit entendre au dehors, Ÿ 6.
La maison dont il est question ici n’est pas le Temple, comme l'ont supposé Holtzmann, Krenkel, Zückler, parce que la venue d’une foule considérable, au moment où se produisit le phénomène, la possibilité de lui faire trouver la place nécessaire.
ACTES DES rc 1 2-4. | 45
un bruit, comme d’un vent ent qui passe, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. 3. Et des langues partagées, comme du feu, leur apparurent et [une] se posa sur chacun d’eux. 4. Et ils furent tous remplis d’Es-
| prit-Saint et ils commencèrent (se mirent) à parler dans d’autres langues,
| pour voir et pour entendre, nécessitent cette supposition. S'il s’agit de l'appartement
où les disciples avaient coutume de se rassembler, comment la foule a-t-elle pu prendre connaissance de ce phénomène, produit dans une chambre haute? Pourquoi est-elle arrivée de toutes parts, comment a-t-elle pu entrer dans cette chambre que remplissaient déjà les disciples? — Mais, au Ÿ 6, yevouévne δὲ τῆς φωνῆς ταύτης συνῆλθεν τὸ πλῆθος pourrait indiquer que le bruit se fit entendre au dehors et amena le rassemblement de la foule vers la maison où il s'était produit. Il n’est pas dit d’ailleurs que la foule monta dans la chambre haute où étaient 165 disciples.
ἡ 3) Au phénomène surnaturel d’audition se joint un phénomène visible : des langues partagées, comme de feu, leur apparurent; ὥφθησαν αὐτοῖς : littéralement furent vues par eux; αὐτοῖς peut se rapporter tout à La fois à ὥφθησαν et à διαμεριζόμεναι. γλῶσσαι ὡσεὶ πυρός, des langues comme de feu, ayant l'apparence du feu; elles n’étaient donc pas réellement du feu, mais elles en avaient la couleur et l'apparence; elles brillaient comme du feu. Ὥς πρόσχειται, dit saint Chrysostome, ἵνα μηδὲν αἰσϑητὸν περὶ τοῦ Πνεύματος νομίσῃς. Ces γλῶσσαι sont le symbole des langues dont il est parlé ÿ 4. Wendt pense qu’elles ne sont pas seulement le symbole du nouveau don des langues, mais plutôt les organes merveilleux eux-mêmes, au moyen desquels le nouveau discours merveilleux doit être proféré. — διαμεριζόμεναι, participe présent passif : littéralement, étant partagées, distribuées. Les langues étajent distribuées sur l’un et l’autre des assistants; on les voyait se détacher et se poser sur chacun d’eux, ce qui suppose qu’elles étaient tout d’abord unies en un bloc. Ce participe présent indique en effet un acte en cours d'exécution. Zahn, au contraire, croit que l’on vit une pluralité de langues qui se séparait en diverses directions.
καὶ ἐχάθισεν ἐφ᾽ ἕνα ἕχαστον αὐτῶν : καθίζω à l’intransitif, signifie s'asseoir. Tour’ ἐστι, dit ‘saint Chrysostome, παρέμεινεν, ἐπανεπαύσατο" τὸ γὰρ χαθίσαι τοῦ ἑδραίου ἐστὶ σημαντιχὸν χαὶ τοῦ μεῖναι. — ἐκάθισεν, au singulier pour marquer probablement qu’une seule langue se plaça sur un chacun des assistants; l'accord ad sensum se fait avec l’idée de distribution des langues une à une. L'auteur emploie le singulier pour qu'on ne croie pas que les lan-
gues se sont toutes placées sur chacun des assistants l’un après l'autre. ἐκάθισαν, leçon
de N° D, doit être une correction pour conformer ce verbe à ὥφθησαν. Le singulier ἐχάθισεν ne peut être commandé par πυρός, comme on l’a cru, car ce n’était pas du feu, et non plus par Πνεῦμα ἅγιον, car il n’est question de celui-ci qu'au ÿ suivant. εἰς ἕνα ἕχαστον αὑτῶν, marque fortement l'idée de distribution sur un chacun d’eux et fait ressortir, comme Υ 6 et 8, que les langues se placèrent non pas seulement sur les apôtres, mais sur chacun des assistants.
Ces langues avaient l'apparence du feu parce que te l'A. T. le feu était le symbole de la présence et de la puissance de Dieu, Κα. πὶ, 2; Mal. im, 2, et de l'Esprit qui purifie et qui sancüfie, Ez. 1, 13; Zsaie, 1v, 4; Mal. πι, 2, 8. Comme le charbon ardent avait purifié la langue d'Isaïe, vi, 6, ainsi les langues de feu devaient aussi purifier et sanctifier les disciples. Le Messie devait baptiser dans l’Esprit-Saint et le feu, Mt. ur, 11; Le. πτ, 16, Wetstein, in loco, ἃ rassemblé de nombreux textes de la littérature profane, Homère, Zliade, XVIII, ὃ 214, 225; Viraire, Enéide, II, Υ 683; Tire-Live, 1, 39; Cicéron, Over, etc., où 16 feu est Le symbole de la présence de la divinité. Ces langues étaient, en outre, le symbole de la prédication évangélique, du témoignage qui devait
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P - A = 2 ES 3, ἀποφθέγγεσθαι αὐτοῖς. 5. ἦσαν δὲ ἐν “Ἱερουσαλὴμ, χατοικοῦντες ᾿Ιουδαῖοι, ἄνδρες
être rendu à Jésus-Christ par la parole. : l’activité apostolique s’exerçant surtout par la langue. « Ensuite, cette apparence de feu, de l'élément qui est, dans toute la nature, lumière, chaleur, vie, non moins qu’un moyen actif de purification, pouvait révéler aux disciples l’action universelle de l'Esprit qui allait devenir poux eux un baptême de feu. » Bonnet.
La scène ne peut être expliquée naurellement, comme on a essayé de le faire, par un vent violent, accompagné d’éclairs et de coups de foudre, ou par un tremblement de terre. Le texte ne parle pas de vent, mais d’un bruit semblable à celui d’un vent impétueux et non plus de la foudre, mais de langues brillantes comme du:feu. Il ne peut être question ici d’étincelles électriques en forme de langues, comme ces fortes étincelles qui se posent sur des objets pointus, des tours, des mâts, la pointe des paratonnerres; ces phénomènes se produisent en plein air et jamais dans un appartement comme ici. L'’orage d’ailleurs n’éclate pas sur une seule maison et le tremblement de
terre qui ébranle une maison m'assemble pas la foule, mais la fait plutôt fuir. L'auteur
raconte un miracle qui sort du cercle de l'expérience ordinaire et s’il parle de vent et de feu, c’est par simple analogie, et non pour ramener l'événement aux lois ordimaires de la nature.
Ÿ 4) za ἐπλήσθησαν névres Πνεύματος ἁγίου : πάντες, donc, non seulement les apôtres, maïs tous ceux qui étaient réunis dans la chambre. Oùx ἂν εἶπε, dit saint Chrysostome, Æom. ΤΥ, πάντες, καὶ ἀποστόλων ὄντων ἐκεῖ, el μὴ καὶ ἄλλοι μετέσχον. — ἐπλήσθησαν Πνεύματος ἁγίου : ils furent tous remplis de l’Esprit-Saint. Quelle fut la nature et l’extension de cette effusion du Saint-Esprit? Les disciples avaient déjà reçu le Saint-Esprit, lorsque Jésus, lors de son apparition aux disciples rassemblés à Jérusalem, leur avait-dit : Recevez
le Saint-Esprit, /n. xx, 22. On peut donc penser qu'il ne s’agit pas ici du don plénier…
de la grâce habituelle, dans laquelle vit le chrétien justifié, mais, d'après l’analogie de Ze. 1, 41,67; Act. 1v, 8, 31; van, 17-19; x, 44-47; τὰ, 15, 245 xmx, 9: cux, 6, du dom transitoire d’une illumination spéciale, d’une inspiration divine, semblable à celle qui animait les prophètes, don qui poussa immédiatement les disciples à s'exprimer en langues autres que la leur. Ilne semble pas cependant qu'il faille restreindre le sens de cette expression; mieux vaut admettre que les assistants reçurent la plénitude du Saint- Esprit, ainsi que l'indique le terme ἐπλήσθησαν. Οὐχ ἁπλῶς ἔλαθον τοῦ Πνεύματος τὴν χάριν ἀλλ᾽
ἐπλήσθησαν. (ἩΚΥΒΟΒΤΟΜΈ. ἥρξαντο : ils commencèrent, ils se mirent de suite à parler, ce qui prouve que les disciples parlèrent en d’autres langues avant que la foule ne les ait entou-
rés. On se demande alors si ἑτέραις γλώσσαις désigne des langues étrangères, le parler d'un peuple autre que les Juifs? ἕτερος nie toute ressemblance avec d’autres langues, quelles qu’elles soient. Les disciples parleraient donc des langues inconnues. Mais il ne faut pas trop presser le sens de Étépos. Luc ἃ voulu peut-être dire simplement qu'ils parlaïent des langues autres que les leurs, faisant allusion à celles des peuples énumérés ÿ 9. λαλεῖν ἑτέραις γλώσσαις : le sens propre de λαλεῖν est prononcer des sons inarticulés, qu'il s'agisse des animaux, des sons d’un instrument de musique, d’un écho, et par extension parler. γλώσσα peut signifier la langue, organe matériel de la parole, ou une forme ancienne des mots, tombés en désuétude, des expressions poétiques ou de parler d’une nation, le langage, parlé ou écrit, propre à une nation. Y a-t-il ici un souvenir de ce passage d'Isaïe; xxvin, 11, que rapporta Paul, I Cor. x1v, 21 : ἐν ἕτερο-
γλώσσοις za ἐν χείλεσιν ἕτέρων λαλήσω τῷ λαῷ τούτῳ ?
selon ce que l'Ésprit leur donnait dénoncer. 5. Or, il y avait, séjournant à Jérusalem, des Juifs, hommes pieux de toutes les nations qui sont sous le ciel. 6. Et ce bruit ayant eu lieu, la multitude s’assembla et fut confondue
La lecon de la Vulgate clémentine « variis linguis » est soutenue par de nombreux manuscrits, mais ne rend pas très bien ἑτέραις, Le sens est mieux rendu par aliis linguis que soutiennent d'aussi nombreux manuscrits et qu’adoptent Wordsworth-White. λαλεῖν γλώσσαις est l'expression stéréotypée employée par les écrivains du N. T., Mc. RACE TE TL SCC ER DCR MIE Cor NT χανο 2, ἅν το, Οὐ 901818 23 NOTE xIv, 39, pour exprimer ce phénomène du parler en langues.
χαθώς, de la manière et de la façon que leur donna le Saint-Esprit de s'exprimer. Leurs paroles étaient sous le contrôle, la direction de l’Esprit-Saint, ils étaient inspirés au sens chrétien du terme. Οὐ γὰρ ἑαυτῶν ἐφθέγγετο, ἀλλ᾽ ἀπὸ τοῦ ἁγίου Πνεύματος, SÉVÉRIEN DE GrABALA. καθώς est employé souvent dans le N. T. pour ὡς. ἐδίδου ἃ l'imparfait pour marquer la continuité de l’action. ἀποφθέγγεσθαι, terme particulier aux Actes, 1, 4, 14; xxvi, 25, signifie d’abord déclarer hautement; il désigne un discours solennel : verbum non quotidiani sermonis sed grandis et sublimioris orationis est, ut lat. profari et pronuntiare, Grimm. IL est employé dans l'A. T. pour les paroles des prophètes : ᾿ς. xt, 9; Michée, v, 12; I Paral. xxv, 1. Il signifie aussi, dans la langue hellénistique, rendre un oracle, énoncer une sentence. ἀπόφθεγμα, qui en dérive, désignait, chez les Grecs, les sentences, les préceptes des sages et des philosophes; c’est notre terme « apophtegme ». Axopléyuata γὰρ ἦν τὰ παρ᾽ αὐτῶν λεγόμενα. CHRYSOSTOME. αὐτοῖς se rapporte à ἐδίδου. (ὃ 614 et, d'après von Soden, des MM. des types K H I, Didyme, Athan. Basile le placent après ἐδίδου.
ἡ 5) ἧσαν δὲ ἐν (εἰς) ἹἹερουσαλὴψ. κατοικοῦντες Ἰουδαῖοι : dé sert de transition. ἐν est la
leçon de N'BCDE; εἰς celle de Ν " Δ. Wendt croit que cette dernière est la leçon
originale; elle implique l’idée du mouvement dont le résultat a été le séjour à Jérusalem : les Juifs émigrés vers Jérusalem et y habitant; c'est une expression prégnante. Mais n’avons-nous pas ici un exemple de εἰς employé pour ἐν, ou inversement? ἦσαν - χατοιχοῦντες : Cette construction périphrastique, le participe avec l’imparfait, indique la permanence de l’action, effectuée antérieurement et devenue actuellement un état. χατοιχεῖν est employé ordinairement pour signifier une habitation permanente, en opposition avec παροικεῖν, qui indique un séjour temporaire. Il ne faudrait pas cependant appuyer trop sur cette distinction de sens, qui n’est pas d’ailleurs observée par tous les écrivains grecs et dont Luc n’a peut-être pas tenu compte, vu qu’il emploie presque
constamment χατοιχεῖν et une fois seulement παροικεῖν. On remarquera cependant que,
lorsqu'il parle d’une habitation permanente, il emploie κατοικεῖν avec l'accusatif: χατοιχεῖν Ἱἱερουσαλήμ, 1, 49; m1, 9; κατοικεῖν. Λούδδα, 1x, 82; Cf. 1x, 85; x1x, 10, 17, tandis qu’il emploie χατοιχεῖν avec ἐν quand il s'agit d'un séjour temporaire : Abraham avant d’habiter, κατοικῆσαι ἐν Χαρράν, wir, “2, 4; cf. 1x, 22: x1, 29; χπὶ, 27, etc. Faudrait-il en conclure que Luc mentionne ici seulement des Juifs en séjour temporaire à Jérusalem, lors de la fête de Pentecôte? Cette solution simplifierait beaucoup de difficultés. Mais presque tous les exégètes supposent qu'il est question ici en premier lieu des Juifs pieux qui, venus de tous les points de la Diaspora, habitaient maintenant Jérusalem, mais aussi des Juifs de la Diaspora qui, à l’occasion de la fête de la Pentecôte, étaient venus à Jérusalem. Est-il certain que tous ces Juifs l’étaient de naissance ? Ν᾽ θη étaient-ils pas qui, de gentils, étaient devenus prosélytes par la circoncision? Le « Juifs et prosélytes » du ὃ 11 semble l'indiquer. On pourrait aussi supposer que ces Juifs en séjour temporaire sont ceux qui sont
Le rare
Ἂν SR ho LS 2 Se.
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. | indiqués aux ÿ 9-11; Luc, en effet, recense parmi les auditeurs ceux qui habitent la Mésopotamie, tandis qu’au ÿ 5, seraient mentionnés les Juifs, qui habitaient Jérusalem, soit pour y étudier la Loi, soit pour vivre à côté du Temple, où ils se rendaient chaque jour afin d'accomplir leurs devoirs de pieux Israélites. Ainsi agissait Siméon qui, Ζ6. 1, 25, est qualifié aussi de εὐλαδής. To κατοιχεῖν, εὐλαδείας ἦν σημεῖον, Πῶς; Ἀπὸ τοσούτων γὰρ ἐθνῶν ὄντες, χαὶ πατρίδας ἀφέντες, καὶ οἰκίας χαὶ συγγενεῖς, ὥχουν ἐκεῖ, CHRYSOSTOME. Pearson, Lect. of the Acts, p.9, pense que beaucoup de Juifs étaient revenus des pays étrangers pour habiter à Jérusalem, persuadés qu’ils étaient de la prochaine venue du Messie. Les Juifs attachaient une importance spéciale à être enterrés dans le pays d'Israël, Ketuboth, 1115,
εὐλαδεῖς, pieux, au sens légal; sens particulier à la langue hellénistique; cf. vu, 2; xxu, 12; Le. n, 25. ευλαθής — εὐσεόδής, qui craint.,Blass croit que ᾿Ιουδαῖοι doit être omis devant ἄνδρες εὐλαδεῖς, ainsi que l’a fait le Sinaiticus. Il ne s’agit pas ici, d'après lui, de Juifs pieux, mais de peregrini religionis Judaicae studiosi, de ceux qui sont appelés σεθόμενοι, ΧΠΙ, 43; XVII, 4, 17, etc. ou φοδούμενοι τὸν Θεόν. x, 2; χπι, 16. Il serait donc
parlé ici de gentils; les Juifs eux-mêmes sont un ἔθνος, par conséquent on ne peut dire
qu'il y avait des Juifs ἀπὸ παντὸς ἔθνους, en d’autres termes, des Juifs parthes, mèdes, élamites. Knabenbauer fait remarquer qu’on trouve de semblables appellations dans la Mischna : Iaddua Babylonius, Nahum Medus. Le contexte indiquerait plutôt que ces ἄνδρες εὐλαδεῖς sont bien des Juifs; c’est l'opinion de Zahn. πᾶν ἔθνος, dans la langue du temps et des inscriptions désigne les populations dés provinces romaines, sans tenir compte de leur nationalité. τῶν, sous-entendu ὄντων, ὑπὸ τὸν οὐρανόν. Sur la dispersion des Juifs dans le monde ancien, cf. ÿ 9-11, et l'Excursus sur la Diaspora juive.
Afin de couper court aux difficultés que présente ce verset, Spitta etJüngst supposent que χκατοιχοῦντες Ἰουδαῖοι est une addition du rédacteur ; Hilgenfeld retranche seulement χατοιχοῦντες:; J. Weiss conjecture qu'il faut introduire καί après Ιουδαῖοι. La difficulté pourrait être résolue plus simplement : les hommes dont il est question ici sont Juifs de religion, mais parthes, élamites, mèdes de langue ou de nationalité. Mais les Juifs de la Diaspora ne gardaient-ils pas leur langue et leur nationalité? Étaient-ils incorporés aux nations au milieu desquelles ils vivaient? Il ne semble pas.
6) γενομένης δὲ τῆς φωνῆς ταύτης : φωνή signifie tout d'abord un son clair et fort, d’où voix, puis un bruit quelconque, et aussi langage, langue d’un peuple. Il peut donc être entendu ici de diverses façons. φωνῆς répond probablement à ἦχος, Ÿ 2; c'est donc à un bruit semblable à celui d'un vent que la foule accourut; c'était le bruit que produisait la descente du Saint-Esprit sur les fidèles assemblés. Cf. Jean. 111, 8 ; τὸ Πνεῦμα ὅπου θέλει
| πνεῖ, χαὶ τὴν φωνὴν αὐτοῦ ἀκούεις. — γενομένης répond à ἐγένετο du ÿ 2. La difficulté de cette interprétation est que, dans ce cas, ταύτης, ne désigne plus l’antécédent le plus proche,
γλώσσαις, mais un antécédent plus éloigné. Cette construction est possible en grec, quand l’antécédent plus éloigné est plus important et attire davantage l'attention de l'écrivain, Winer. Le participe γενομένης implique l’idée de cause et celle de temps, de façon que le son fut entendu en dehors de la maison, où étaient assemblés les fidèles et attira l'attention de tous ceux quiétæent aux alentours et les conduisit sur le lieu de la scène. La maison était peut-être dans une des rues aboutissant au Temple, où se rendaient à ce moment beaucoup de Juifs — τὴς φωνῆς ταύτης pourrait se rapporter à ἑτέραις γλώσσαις, Ÿ 4, et signifierait langage, langue, mais alors φωνῆς devrait être au pluriel et γενομένης ne peut s'appliquer à φωνῆ, employé dans ce sens. Le seul avantage de cette explication serait que ταύτης désignerait l’antécédent le plus proche. Enfin, φωνῆ n’est pas, comme on l'a dit, l'équivalent de φήμη, bruit, rumeur, qui
de ce que chacun les entendait parler dans sa propre langue. 7. Ils étaient donc stupéfaits et ils s'étonnaient [se] disant [les uns aux autres] : Voici, tous
signifierait que, la renommée du prodige s'étant répandue dans la ville, la foule accourut. Le contexte ne s'adapte pas à cette explication; au lieu de ταύτης il aurait fallu περὶ τούτου.
τὸ πλῆθος est un mot caractéristique de Luc, qui l’emploie 8 fois dans son évangile et 17 fois dans les Actes ; ilest employé dans les inscriptions pour désigner non seulement les assemblées politiques mais aussi les assemblées religieuses, Drissmanx, Neue Bibel- Studien, p. 59. Cette foule devait comprendre ceux dont il vient d’être parlé et les Juifs, natifs de Jérusalem, ainsi que l'indique Pierre, au commencement de son discours, ÿ 14. συνεχύθη de συγχύνω, συγχέω, bouleverser, confondre, a été bien traduit par la Vulgate, mente confusa est. La vieille latine, d, a traduit consaesae sunt. La foule est confondue de ce qu’elle entend et son étonnement dure pendant un certain temps, ainsi que le prouve l'emploi des deux imparfaits, ἐξίσταντο, ἐθαύμαζου. ὅτι, de ce que, sens qui ἃ été renforcé par quoniam ou quia des versions latines.
#xovov, DEA (1), 614, εἷς ἕκαστος τῇ ἰδίᾳ διαλέχτῳ : le sujet de ἤχουον est 16 collectif πλῆθος, et le distributif εἷς ἕκαστος est l’attribut du sujet; dans ce cas le verbe se met au pluriel. Cependant K B ont mis Le verbe au singulier, 4xovsev, à l’aoriste, peut-être afin de le conformer aux verbes précédents qui sont au singulier. C Pesch. Harkl. Gig. Aug. ont gardé l’imparfait, mais aussi le singulier, ἤκουεν. τῇ ἰδίᾳ διαλέχτῳ : est-ce dialecte ou langue qu’il faut traduire ? Il ne semble pas que les interlocuteurs aient pensé à cette distinction; d’ailleurs διάλεχτος a les deux sens. Il est probable, cependant, que dans la pensée de l'écrivain il signifie langue, car plusieurs des peuples cités, ÿ 9-11, parlaient des langues différentes; les Mèdes et les Élamites, le zend; les Mésopotamiens, les
Juifs et les Arabes, une langue sémitique; les Asiates et les Égyptiens, le grec; les
Romains, le latin. Luc ἃ écrit διάλεχτος pour le distinguer de γλώσσαις, Ÿ 3. Pourtant, comme certains peuples n'étaient différents que de dialectes, il est possible que Luc ait intentionnellement employé un terme ayant la signification de langue et de dialecte. Au lieu de τῇ ἰδίᾳ διαλέχτω λαλούντων αὐτῶν, leçon de NABCE Gig. Aug., D ἃ une leçon plus claire : λαλοῦντας ταῖς γλώσσαις αὐτῶν, d,loquentes eos linguasua, Pesch. Aug.
Il n’est pas nécessaire de croire que la foule qui était accourue de la rue ou des maisons avoisinantes entra dans la maison où se tenaient les disciples; il est vraisemblable que ceux-ci étaient dehors et mélés à la foule. On suppose que les gens de même langue étaient ensemble et que chacun des disciples leur parlait dans leur propre langue; cette supposition est gratuite. En fait, nous connaissons l’ensemble de la scène, mais les détails nous échappent.
On pourrait faire une hypothèse qui expliquerait bien des détails de cette scène. La foule était accourue en entendant le bruit; les apôtres et les disciples, parlant en langues, étaient descendus de la chambre haute pour aller au Temple remercier Dieu — C'était l'heure de la prière — et la foule les avait suivis. Tous s'étaient assemblés dans un des portiques du Temple, car ils étaient très nombreux, puisque, après le discours de Pierre, trois mille de ceux qui avaient reçu sa parole furent baptisés. Pierre prit alors la parole.
Ÿ 7) ἐξίσταντο, imparfait moyen de ἐξίστημι, fréquent dans Luc, 3 fois dans l’évangile, 8 fois dans les Actes, exprime la stupéfaction des assistants. Etymologiquement il signifie mettre hors de soi. N*ACEI Pesch. ajoutent πάντες à ἐξίσταντο, probablement à cause de πάντες, Υ 12; il est omis par BDd, 614, Gig. Aug. χαὶ ἐθαύμαζον, renforce l’idée et indique la continuation de l'effet. D’après Torrey, p. 28, οὐχὶ ἰδού est un aramaïsme emphatique. οὐχί gouverne εἰσίν, lequel placé entre ACTES DES APOTRES. 4
λαλοῦντες Γαλιλαῖοι; 8. nai πὼς ἡμεῖς ἀχούοριεν ἕχαστος τῇ ἰδία διαλέχτῳ ἡμῶν ἐν CE ΡΝ ᾽ τι ς = ] ἢ ἐγεννήθημεν; 9. Πάρθοι at Μῆδοί χαὶ ᾿Εἰλαμεῖται, nat οἱ χατοιχοῦντες τὴν Meco-
πάντες οὗτοι ef of λαλοῦντες accentue davantage πάντες. ἰδού donne de la vivacité à la phrase et attire l'attention sur la remarque des assistants. DCS EI, 614, Pesch. Harkl. Gig. ont complété l’idée en ajoutant πρὸς ἀλλήλους, omis par NABC*, Sah. Vig..
πάντες Γαλιλαῖοι : qui loquuntur natione sunt Galilaioi, Gig. Aug.; l’étonnement des assistants provient de ce que les disciples étaient tous des Galiléens et ne pouvaient
parler que leur propre langue et non les langues de tous les assistants. Quelques-uns de ceux-ci devaient connaître les disciples. Il est possible aussi que la maison, où
ceux-ci se tenaient, fût connue comme le lieu de rassemblement des Galiléens. Enfin et
surtout, les assistants, en entendant parler les disciples, ont reconnu de suite qu'ils étaient Galiléens à leur façon de prononcer les gutturales. Maïs alors ces gens, les
assistants, sont des Juifs de Jérusalem. En effet, si Les disciples avaient appartenu à
diverses nationalités, le phénomène n’aurait rien eu d’extraordinaire. Il est inutile de supposer qu'il est fait allusion ici au manque de culture chez les Galiléens. Le terme
est employé dans son sens naturel pour désigner les disciples qui étaient en majorité
᾿ς des Galiléens. Ils ne sont pas non plus appelés Galiléens, parce qu'ils parlaient un dia-
lecte légèrement différent de celui des Juifs de Jérusalem, Mc. χιν, 70, mais simplement pour spécifier qu'ils sont des Juifs de Galilée.
Ÿ 8) πῶς, comment, puisqu'ils sont des Galiléens, les entendons-nous parler dans nos
langues les choses magnifiques de Dieu? Le complément de ἀχουόμεν est au ÿ 11.
Il est clair que chacun des assistants n’a pas dit : Nous les entendons parler dans nos langues. C'est une façon de parler. Tous les assistants se demandaient en particulier
comment ils pouvaientles entendre dans leur langue. Luc ἃ résumé en une seule expres-
sion ces diverses réflexions : τῇ ἰδίᾳ διαλέχτῳ ἡμῶν ἐν à ἐγεννήθημεν; en d’autres termes,
dans notre langue, c'est-à-dire dans celle du pays où nous sommes nés. Saïnt Augustin
précise le sens : Quomodo agnoscimus in illis sermonem in quo nati sumus ? Cette observation des assistants prouve que les disciples parlaient une langue véritable et
exclut l’idée qu'ils émettaient des sons inarticulés. Preuschen trouve insupportable,
unerträglich, cette réflexion des assistants et y voit une reproduction mécanique de la phrase du ÿ 6. — Les assistants disent que chacun d’eux entend les disciples parler
dans la langue de leur pays. Cela ne veut pas dire que les disciples parlaient toutes les langues des assistants, mais que chaque groupe entendait parler dans sa langue.
On peut supposer que les assistants de même nationalité étaient réunis et qu'un
disciple célébrait dans leur langue les grandeurs de Dieu.
Puisque les disciples parlaient la langue de chacun de ces peuples, il faut supposer que les Juifs, habitant les pays étrangers, ne parlaient plus la langue de leur nation, mais celle des pays où ils étaient nés. Même les Juifs, nés en pays étrangers, qui habitaient Jérusalem, avaient gardé l'usage de cette langue étrangère, puisqu'ils avaient
. des synagogues particulières à Jérusalem, probablement pour y parler cette langue.
Il y a cependant à cette conclusion plusieurs difficultés. Les Juifs de la Diaspora devaient comprendre l’hébreu ou plutôt l’araméen, puisqu'on lisait la Bible dans ces deux langues, dans leurs synagogues, et que l’araméen était, à cette époque, avec le grec, la langue internationale dans l'Asie occidentale. De plus, Paul, né en pays
étranger, parlait le grec, langue de sa ville natale et l’araméen, langue de sa nation,
Aci. xx1, 40. Enfin, et surtout, Pierre, ÿ 14, s'adressant à tous les assistants, parle en \ 2 8 ὰ - :
araméen et tous le comprennent, à moins de supposer un nouveau miracle : les assistants comprenaient dans leur propre langue ce qui était dit en araméen. Tout serait
simplifié si l’on supposait que les assistants, comme Paul, comprenaient et parlaient
ces [gens] qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens? 8. Or, comment les entendons-nous chacun dans notre propre langue, dans laquelle nous sommes nés, 9. Parthes et Mèdes et Élamites, et ceux qui habitent la Mésopotamie,
la langue du pays où ils étaient nés et l’araméen, leur langue nationale et religieuse. 115 ont entendu les disciples parler leur propre langue, et, plus tard, ils ont compris Pierre, parlant en araméen. Mais Luc a-t-il eu vraiment en vue ici seulement des Juifs ? Il semble plutôt que les peuples énumérés sont en majorité des gentils, et c'est la raison d’être de cette énumération. Le Ἰουδαῖοί τε χαὶ προσήλυται du Υ 11 l’indiquerait; cela confirmerait l'hypothèse de Blass du ÿ 5, mais alors comment ces étrangers comprirent-ils tous le discours de Pierre? Il faudrait admettre le miracle auditif. Mais, de plus, comment et pourquoi tant de peuples étrangers étaient-ils assemblés ou résidant à Jérusalem ?
L'énumération des divers peuples présents à cette scène ne doit pas être tenue comme prononcée par les assistants. Comment chacun aurait-il pu savoir quels étaient les peuples rassemblés ici? On peut croire que chacun d’eux s’étonnait d'entendre
! parler dans sa langue, parthique, médique, grecque, ou latine, et la tradition et Luc d’après elle ont fait le total.
Ÿ 9) L’énumération que nous avons ici n'englobe pas toutes 165 régions de la Diaspora; sur l’extension de celle-ci voir Scuürer, Geschichte des jüd. Volkes, IVe Auf. Bd. IT, p- 2-70 et l'Excursus : la Diaspora juive. On ne comprend pas pourquoi la Syrie a été omise ; il devait y avoir des Syriens à Jérusalem; ce ne peut être parce que ce neuple parlait araméen, puisque la Judée est mentionnée. La Macédoine, l’Achaïe ne sont ‘pas nommées non plus, probablement parce que les Juifs y étaient moins nombreux -que dans les autres régions et puis leur mention aurait dérangé l’ordre géographique.
Tous ces peuples ne parlaient pas des langues différentes, puisque tous peuvent être rangés en quatre types de langues : le zend : Parthes, Mèdes, Élamites; une langue sémitique, les peuples de la Mésopotamie, les Juifs et les Arabes; le grec, les habi-
tants de la Cappadoce, du Pont, de l'Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l'Égypte,
de la Cyrénaïque, de la Crète; le latin, les Romains; mais ces quatre types de langues étaient diversifiés par des différences dialectales telles qu'entre peuples de même type de langue 115 ne se comprenaient pas. Plusieurs de ces peuples, surtout en Asie,
quoique comprenant le grec, avaient conservé leur langue nationale pour l'usage
ordinaire de la vie.
L'ordre des noms est géographique, en même temps qu'à peu près linguistique et historique; il va de l'extrême orient connu à cette époque à l'extrême occident, si
nous ne tenons pas compte des deux peuples placés à la fin de l'énumération, les Crétois et les Arabes, qui paraissent bien être une adjonction postérieure, de Luc ou d’un autre.
En première ligne sont mentionnés les peuples des régions où les Juifs habitèrent
le plus anciennement; ce sont les pays où ils furent transplantés par les rois conquérants d’Assur et de Babylone. Πάρθοι χαὶ Μῆδοι χαὶ ᾿Ελαμεῖται καὶ οἱ χατοιχοῦντες τὴν Μεσοποταμίαν : les Parthes habitaient la région montagneuse, située au sud de la mer Caspienne, à l'est de la Médie et à l'ouest de la Bactriane. Les Mèdes habitaient la Médie, bornée au nord par le mont Elbourz, à l'ouest par le mont Zagros et la Susiane, au sud par la Perse, à l'est par le désert. Les Élamites, Ἐλυμαῖοι, dans le grec classique, habitaient les rivages du golfe Persique, le pays d'Elam, à l’est de la Babylonie. Viennent ensuite les peuples qui habitaient la Mésopotamie, la région située entre le Tigre et l'Euphrate; les Juifs y étaient en très grand nombre. οἱ κατοι-
Ἐς Ἄς ΟΣ Ad Lt 4
ποταμίαν, Ἰουδαίαν τε καὶ Καππαδοχίαν, Πόντον χαὶ τὴν ᾿Ασίαν, 10. ne τε χαὶ Παμφυλίαν, Αἴγυπτον nat τὰ μέρη τὴς Λιδύης τῆς χατὰ Κυρήνην, χαὶ οἱ ἐπιδημοῦντες
χοῦντες τὴν Μεσοποταμίαν est une périphrase parce que les habitants de ce pays, de race différente, n'avaient pas de nom national commun. Toutefois, bien que les peuples qui suivent aient un nom national, Luc garde la même tournure de phrase. S'il s’agit de Juifs, habitant maintenant Jérusalem, χατοιχοῦντες ἃ le sens du plus-que-parfait : qui : avaient habité la Mésopotamie (la Judée), la Cappadoce, etc. Le participe présent a souvent la signification du parfait. Ἰουδαίαν : on est étonné de trouver mentionnée à
cette place, entre la Mésopotamie et la Cappadoce, la Judée qui, dans le N. T.,
désigne d'ordinaire seulement une partie de la Palestine. Pourquoi, en outre, est-il
question des peuples habitant la Judée, puisqu'ils parlaient la même langue que les
disciples ? Aussi certains commentateurs ont-ils cru à une erreur du texte, à une faute de copiste. Tertullien et Augustin lisaient Armenia, Jérôme, Syria au lieu de Judaea. Les commentateurs proposent divers pays : Caspar, Barth, Spitta, l’Idumée; Lorin, Erasme, Schmid, l’Inde; Cheyne, l’Ionie; Hemsterhuis, Walckenaer, la Bithynie; Mangey, la Cilicie; Bryant, la Lydie; Greve, Burkitt, Gordyäa; Gunkel, le royaume
46 Yaudi; ὟΝ. Hatch, l’Aramia, c’est-à-dire la Syrie; Nestle, l’Adiabène. Théophy-
lacte l’omet; Harnack le supprime comme dépourvu de sens. Von Dobschütz fait observer que dans les énumérations de peuples que l’on trouve dans les Talmuds, les
Juifs se trouvent mentionnés au milieu des autres peuples.
ΤΙ est possible que Ἰουδαία désigne la Palestine et la Syrie étroitement reliées au point
de vue de l’administration et surtout de la langue : les deux pays parlaient l’araméen avec des différences dialectales. Josèphe parle de villes maritimes de la Judée, s’éten-
dant jusqu’à Ptolémaïs; la Syrie serait aïnsi une sorte de Palestine extérieure (EDersHeim). Cette dernière faisait partie de la province de Syrie. On a supposé que la Judée était mentionnée à cette place parce que le dialecte de la Judée était différent de celui de la Galilée, mais alors il aurait fallu mentionner aussi la Pérée, la Samarie. On ἃ pensé que Ἰουδαίαν est un adjectif qualifiant Μεσοποταμίαν, car il y avait beaucoup de Juifs dans ce pays. Maïs cette supposition brise la structure de la phrase, où 165 pays sont unis deux par deux au moyen de τε xai. Le plus probable est que la Judée est placée à la suite de la Mésopotamie parce que la langue de ces deux pays était la même, l’araméen. Le problème ne paraît pas résolu.
Καππαδοκίαν : la Cappadoce était la province romaine, bornée au nord par le Pontet la petite Arménie, à l’est par l’Euphrate, au sud par l’'Amanus etle Taurus et à l’ouest par la Galatie. Πόντον, au nord-est de l'Asie mineure, sur les rives méridionales du Pont- Euxin, entre l'Arménie, la Cappadoce etla Paphlagonie; il est vraisemblablement question ici de toute la région du Pont, et pas seulement de la province romaine, Bithynia
et Pontus. καὶ τὴν Ἀσίαν : on ἃ présumé que l’article précédait ᾿Ασίαν, parce que ce terme
désignait un ensemble de régions. On n’est pas d'accord sur le sens de ce mot; les uns croient qu'il s’agit seulement des régions côtières de la mer Égée, à l'exclusion de la Phrygie; les autres pensent que, suivant l'usage des Actes, l’auteur veut parler de la province romaine d'Asie, laquelle comprenait l’Ionie, la Troade, l’Eolide et les îles de la côte, Lesbos, Chio, Samos, la Mysie, la Carie, et quelques parties de la Phrygie.
Ÿ 10) Φρυγίαν τε χαὶ Παμφυλίαν : la Phrygie n’était pas à ce moment province romaine, mais était partagée entre les provinces d’Asie et de Galatie, qui la bornaït à l’ouest et à l’est. Le terme est pris dans son sens général et peut-être pour indiquer que la Phrygie avait sa langue particulière. La Pamphylie est située sur la côte méridionale de l'Asie mineure entre la Lycie à l’ouest, la Pisidie au nord et l’Isaurie à l’est. C’est une contrée plate, encerclée par les hautes pentes de la chaîne du Taurus ; elle a 180 k. de
ACTES DES APOTRES, Il, 9-10. ἘΣ
la ὥς et la Cappadoce, le Pont οἱ l’Asie, 10 la Phrygie et la Pamphylie,
TÉgypte et les parties de la Libye auprès de Cyrène, ct les Romains
longueur sur 32 k. de largeur. Αἴγυπτον, l'Égypte, où les Juifs étaient établis depuis le vue siècle avant J.-C., et y étaient à cette époque en très grand nombre. Les deux cinquièmes de la population d'Alexandrie étaient des Juifs, d'après Philon, in Flacc.,
Ρ. 973. De l'Egypte ils se répandirent à l’ouest, vers la Libye, le nom qui était ancien-
nement donné à l'Afrique — χαὶ τὰ μέρη τῆς Λιδύης τῆς χατὰ Κυρήνην, la Libye Cyré-
naïque ou la Pentapole, où ils colonisèrent surtout Cyrène, capitale du pays, dont ils formaient un quart de la population, Josèpne, Ant. juives, XIV, 7, 2. Les Juifs de Cyrène
savaient à Jérusalem une synagogue, VI, 9.
χαὶ ot ἐπιδημοῦντες Ῥωμαῖοι : les exégètes ne sont pas d'accord sur le sens de ἐπιδημοῦντες. ἐπιδημέω signifie résider dans son pays, y être à demeure, rentrer chez soi, résider dans un pays à titre d’étranger : ces divers sens sont classiques. Il semble que dans
les Actes il a le dernier sens. Ch. xvn, 21, il est parlé des ἐπιδημοῦντες ξένοι, en.opposi--.
tion avec les ᾿Αθηναῖοι : ἐπιδημοῦντες désigne donc une habitation à titre d’étranger. Dans la Vulgate il ἃ été traduit par advenae ou par peregrinantes dans Gr.
Diverses explications ont été données de cette phrase. Elle peut signifier : des Juifs établis à Rome, à demeure, et qui étaient venus à Jérusalem pour assister aux fêtes de la Pentecôte. Il y avait à Rome des Juifs depuis le temps de Pompée; ils y étaient établis à demeure et quelques-uns même étaient devenus citoyens romains; Horace, Sat. I, 5; JuvénaL, Χ, 14, etc. Ils n'étaient donc pas étrangers à Rome : ἐπιδημέω peut signifier simplement demeurer à. On pourrait supposer que, dans l'opinion juive, ils étaient toujours des Juifs en exil, des étrangers par rapport à Rome. L'auteur a donc voulu marquer leur séjour à Rome par un terme qui indiquait une habitation à titre spécial. Cette opinion ἃ pour elle saint Augustin, « qui advenerant Romani » et de nos jours Salmeron, Cornelius a Lapide, Calmet, Beelen, Felten, Belser, Hilgenfeld, Blass. On peut croire aussi qu'il s’agit ici de Romains, habitant à Jérusalem, comme des étrangers, venus de Rome. Est-ce qu'ils y étaient à titre temporaire ou à demeure?
Ἰουδαῖοι τε χαὶ προσήλυται, des Juifs de naissance et des étrangers devenus Juifs de religion par la circoncision, Sur les prosélytes, cf. VI, 5. Ces termes, Ἰουδαῖοι τε χαὶ προσήλυται, peuvent qualifier seulement les ἐπιδημοῦντες ᾿Ρωμαῖοι : τε χα unit étroitement les deux termes; parmi ces Romains il y avait non seulement des Juifs, mais aussi des prosélytes; et de plus τε xat les réunit à Ρωμαῖοι. La construction est grammaticale. Cette opinion est celle de la version latine du codex de Bèze : et qui hic
demorantur romani, judaei et proselyti. Cependant, Ἰουδαῖοι τε χαὶ προσήλυται peuvent
qualifier tous les peuples mentionnés précédemment, car chez tous ces peuples il y avait aussi des Juifs et des prosélytes, et l’on ne voit pas pourquoi ces termes dési-
gneraient seulement les Romains : c'est l'opinion de Beelen, Patrizzi, Overbeck,
Holtzmann, Wendt, Knabenbauer, Belser. Mais s’il en était ainsi on ne comprendrait pas pourquoi viendraient ensuite les Crétois et les Arabes. Il est vrai qu'on a supposé que l’auteur, les ayant oubliés, les a ajoutés ensuite. Cette raison est peu solide, car il lui était facile de les placer à leur rang, même après coup. Leur mention à cette place devient naturelle si « Juifs et pr osélytes » désignent seulement les Romains, ainsi que l'ont cru Érasme, Grotius, Zahn, etc. On ne voit pas d’ailleurs pourquoi Luc emploierait ces termes généraux, visant surtout la position religieuse de ces hommes.
ÿ 11) Κρῆτες καὶ "Apabec : les Juifs étaient très nombreux dans l’ile de Crète et parmiles Arabes, proches voisins de la Judée, il y avait aussi beaucoup de Juifs. Quelle que soit l'hypothèse adoptée sur Ἰουδαῖοι τε καὶ προσήλυται, on ne s'explique pas pourquoi les Cré-
Εν DA ACTES DES APOTRES, τι, 10-13.
D ἊΣ - Ῥωμαῖοι, ᾿Ιουδαῖοί τε na π are 11. Ἰζρῆτες nat “Αραόες, ἀκούομεν λαλούντων “αὐτῶν ταῖς ἡμετέραις Hu τὰ μεγαλεῖα τοῦ Θεοῦ. 12. ἐξίσταντο δὲ πᾶντες χαΐ
. tois et les Arabes sont mentionnés en dernier lieu; ils sont ici en dehors de leur place tant géographique que linguistique; ils brisent l'ordonnance du morceau. Des critiques. ont pensé que la liste avait été retouchée. Il faut plutôt supposer que Luc les a trouvés
ainsi placés dans sa source, qu'elle soit orale ou plus probablement écrite; ce qui prouverait qu'il ne remaniait pas ses documents autant qu’on l’a cru.
+ De Wette, Apostelgeschichte, p. 27, soutient que cette liste de peuples n’a aucune
signification, parce que ces peuples ne parlaient pas des langues différentes. Leurs langues, en effet, n'étaient pas toutes différentes, mais chacun d’eux avait un dialecte spécial de la langue commune, ce qui suffit pour expliquer leur mention, puisque Luc spécifie qu'ils s’étonnaient d'entendre parler τῇ ἰδίᾳ διαλέχτῳ.
ἀχούομεν, répétition du ἀκούομεν, Ÿ 8, relie ce qui suit à ce qui est dit ÿ ©. λαλούντων: αὐτῶν τὰ μεγαλεῖα τοῦ Θεοῦ. : λαλεῖν signifie annoncer à haute voix, proclamer. μεγαλεῖα se trouve ici seulement dans le Ν. Τ᾿; le terme est classique et ἃ été employé par les Septante, Ps. zxxr, 19; Eccli. xvir, 8. N D ont μεγάλα, des mm. latins magna. Ces choses magnifiques de Dieu, c'était l’action de Dieu pour Le salut de l'humanité : l'envoi par Dieu de son fils Jésus, mort et ressuscité, l’effusion du Saïnt-Esprit qui venait de leur être accordée. Le discours de Pierre, ÿ 14-36, exprime ces grandes choses, ces grandes œuvres de Dieu. Il ne s’agit pas ici cependant d’une prédication du christia-
τς nisme au peuple assemblé, puisque les disciples parlaient déjà en langues avant l'ar-
rivée des peuples énumérés plus haut.
ταῖς ἡμετέραις γλώσσαις, datif instrumental : en se servant des mêmes langues que: nous. Les auditeurs entendaiant non seulement des sons qui leur étaient familiers, maisils comprenaient ce qu’ils entendaient; ce que l’un ne comprenait pas, un autre
le comprenait. Cela semble du moins être la manière de voir de Luc. Le phénomène est
donc différent de celui dont parle Paul, I Cor. xiv, 2; le glossolale dit des choses. inintelligibles, λαλεῖ μυστήρια.
ΟΥ̓ 12) ἐξίσταντο πάντες est un rappel du ÿ 7 qui remet le récit en mouvement. L'imparfait est le temps descriptif dans les narrations. « L’imparfait, dit Robertson, est une sorte de panorama qui se déroule; c’est la vue d’une peinture en mouvement ». χαὶ διηπόpouvro, NAB, imparfait moyen, au lieu de διηπόρουν, DECI 614, von Soden, imp., actif. ᾿ διαπορέω, à l'actif, signifie être dans l'embarras, dans l'incertitude ; au moyen, se trouver dans l'embarras, dans l'incertitude. διά intensifie le séns du verbe simple. Ce second sens, peu différent du premier, sauf qu'il marque davantage le retour des assistants sur eux-mêmes, est préférable; les deux sens sont classiques. D’après Blass, διηπόρουντο signifierait quaerere. Ce terme a été employé seulement par Luc dans le N. T., ainsi que les mots de même racine, ἀπορία, εὐπορία, εὐπορέομαι, fréquemment employés par les écrivains médicaux Hogarr. La Vulgate traduit διηπόρουντο par mirabantur, qui signifie s'étonner, se demander d’où (Cicéron) ; la vieille latine e a : confundebantur et Gigas, consternebantur; d et Augustin, haesitabant qui rend bien le terme grec. Les assistants se trouvaient dans l'incertitude sur la raison d’être de ce qui se passait sous leurs. yeux; ils se demandaient l’un à l’autre ce que cela voulait dire : Si ce fait extraordinaire veut avoir un sens, quel est-il? Nous ne saurions le deviner. τί θέλει, ABCD min. τί θέλοις N, τί ἀν θέλοι, Τὸ 614 : l'optatif marque mieux l'incertitude, l’hésitation des interlocuteurs, mais cette leçon est inadmissible dans une question indirecte après.
résidant [101], Juifs et prosélytes, 11. Crétois et Arabes, [comment] les enten-
dons-nous parler (exprimer) dans nos langues les choses magnifiques, (merveilles) de Dieu ? 12. Ils étaient donc tous stupéfaits et ils se trouvaient dans l'incertitude, se disant l’un à l’autre : Que veut être (dire) ceci? 143. Or, d’autres se moquant, disaient : Ils sont pleins de vin doux.
λέγοντες. Cette phrase se trouve fréquemment chez les classiques. Cf. Wersren. Dans
le langage populaire θέλω a remplacé βούλομαι; le premier est beaucoup plus fréquemment employé que le second dans le N. T. Luc emploie cependant souvent βούλομαι, ce qui indique sa culture classique, BLass. ἄλλος πρὸς ἄλλον λέγοντες est mis pour ἀλλήλων ou πρὸς ἀλλήλους.
Ÿ 13) δέ n’est pas adversatif; ἕτεροι n'indique pas qu'il s’agit d'une catégorie de
personnes différentes de celles qui viennent de parler; ἕτερος, quand il désigne plus de deux personnes n'implique pas une différence de catégorie de personnes. Toutes celles qui sont mentionnées ici sont contenues dans πάντες du Ÿ précédent. C’est comme s’il y avait : les uns disaient... d’autres, au contraire. διαχλευάζοντες, N ABCD?2, des min. Chrys.; χλευάζοντες, EI, termes classiques, qui ont le même sens, mais le premier est plus intensif. Ici seulement dans le N. T. διαχλευάζοντες est un participe adverbial indiquant la façon dont l’action est faite. Dd, Aug. changent la tournure, διεχλευάζον λέγοντες. ὃτι, déclaratif, indique le passage au style direct.
γλεύχους : γλεύχος signifie vin doux. Il en est qui croient quil s’agit ici de vin non fermenté, de vin nouveau. Mais, au temps de Pentecôte, il n’y avait pas encere de vin nouveau, puisque la vendange se faisait en Palestine au mois d’août. Peut-être était-ce le moût du raisin conservé non fermenté par des procédés que nous ignorons. Il s'agit plutôt ici de vin fabriqué probablement avec des raisins choisis et qui restait doux quoique fermenté. Le procédé de fabrication est connu; cf. Smir, Diction. of. Greek and Roman antiquities. Ge vin produisait facilement l'ivresse. D'où le rapprochement entre χάρος, engourdissement, vertige et χάροινον, vin doux. μεμεστωμένοι εἰσίν : ce participe périphrastique marque un état commencé dans le passé, mais ΠΌΡΔΒΣ encore. Saint Augustin ἃ : hi musto omnes onerati sunt.
Ces moqueurs étaient probablement des Juifs qui, ne comprenant pas les langues dans lesquelles parlaient les disciples, crurent qu’ils prononçaient des mots incohérents, signes de l'ivresse. Il faut supposer toutefois que les disciples présentaient un certain état d’excitation. On ne peut s'étonner outre mesure de cette réflexion. Cent vingt personnes, parlant toutes à la fois en diverses langues, devaient produire cet effet que Paul ἃ décrit : Si toute l’église s’assemble en un même lieu, et que tous parlent en langues et que des gens du commun peuple ou des infidèles y entrent, ne diront-ils pas que vous êtes fous? I Cor. χιν, 28.
Diverses hypothèses ont été présentées pour expliquer ces faits; nous les citerons
dans l’Excursus sur la Glossolalie.
1, 14-36, Discours DE PIERRE.
Pierre se présente devant la foule avec les onze apôtres et parle en leur nom. Son discours se partage naturellement en trois parties : I. Pierre explique aux assistants que ce qu'ils ont sous les yeux, c'est l'effet de l’effusion du Saint-Esprit, laquelle, d’après le prophète Joël, doit avoir lieu aux temps messianiques. Ceux-ci sont done
arrivés, 11, 14-21; II. Jésus est le Messie, mort et ressuscité, qui a répandu ce qu'ils
voient et entendent, 11, 22-32. III. Jésus ressuscité a été élevé au ciel par la droite de
ee
Ah. Σταθεὶς δὲ ὁ Πέτρος σὺν τοῖς ἕνδεχα ἐπῆρεν τὴν φωνὴν αὐτοῦ χαὶ ἀπεφθέγξατο
à ὑτοῖς" AV 4 Sat NE e 2 Ἵ \ r Ὁ RES | αὐτοις ν PES OUOXLOL HAL οἱ HATOLLOUVTES ἐρουσαλὴμ, πάντες, τοῦτο ὑμιν YYWOTOY
ἔστω, χαὶ ἐνωτίσασθε τὰ ῥήματά 15. οὐ γὰρ ὡς ὑμεῖς ὑπολιαμθά ὗ ; € ἡματά μου. 15. où γὰρ ὡς ὑμεῖς drolapbavere οὗτοι μεθύουσιν, ἔστιν γὰρ ὥρα τρίτη τῆς ἡμέρας"
Dieu; ce qui n’a pas été réalisé pour David. Conclusion : Que tout Israël) sache que Dieu a fait Jésus, Seigneur et Messie, 11, 33-36.
I, ExpzicarTions DE PIERRE, 11, 14-21.
Υ 14) Σταθεὶς δὲ ὁ Πέτρος σὺν τοῖς ἕνδεκα ἐπῆρεν τὴν φωνὴν αὐτοῦ est mis pour πάντες ἐστάθησαν xat ὃ Πέτρος ἐπῆρεν... Cet emploi d'un sujet composé avec σύν ne se trouve dans le Ν. T. δ que dans les Actes dont la grécité est meilleure. σύν d’ailleurs est plutôt d'emploi littéraire; en grec populaire on se sert de μετά avec le génitif. Le participe est au singulier pour être placé devant et ne s’accorder qu'avec le premier nom; le verbe qui suit est au singulier parce que l’acte n’est fait que par le premier sujet. σταθείς participe aoriste passif de ἵστημι est employé au sens intransitif, comme s’il y avait στάς, forme -hellénistique, s'étant tenu debout. Il faudrait donc supposer que Pierre et tous ses auditeurs étaient d'abord assis, ce qui n’est pas possible. σταθείς indique donc seulement la tenue des apôtres et non le passage de l’état d’assis à celui de debout. On pourrait traduire : Pierre, se présentant avec les onze. Cet emploi d’un participe en tête d’une phrase est fréquent dans Luc; pour ἵστημι cf. Le. xvur, 11; x1x, 8; Act. v, 20; xvnr, 22, etc. ἀναστάς, au commencement de la phrase est encore plus fréquemment employé par Luc; il l’est 28 fois, dont 15 fois dans les Actes. σὺν τοῖς ἔνδεχα, sous-entendu λοιποῖς, avec les onze, y compris donc Mathias, le dernier élu. Au lieu de ἔνδεκα D ἃ a δέχα; après tydexa D, Gigas, Pesch. Aug. ajoutent ἀποστόλοις, On s'est demandé en quel lieu pouvait s'être tenue cette assemblée, où se trouvaient plus de trois mille personnes, ÿ 41. D'après le texte, les Juifs étaient accourus vers la maison où s’était fait entendre comme un vent impétueux; ils parlaient entre eux et, tout d’un coup, Pierre avec les autres apôtres se présentent devant eux. Il semble donc qu'il sort de la maison pour leur parler. Mais quelle rue de Jérusalem pouvait contenir plus de trois mille personnes assez rassemblées pour qu’elles puissent entendre les paroles de l’Apôtre? Luc ne paraît pas s'être préoccupé de satisfaire notre curiosité. On peut supposer que tous étaient sur une place ou au Temple.
ἐπῆρεν τὴν φωνὴν αὐτοῦ : cette locution, employée dans le N. T. seulement par Luc, x1, 27; Act. xiv, 11; xxn1, 22, répond à l'hébreu, D? ND, Juges, τι, 4, mais se trouve dans Démosthène, ἐπάρας τὴν φωνήν, au sens propre de parler à voix haute.
D et saint Augustin ajoutent πρῶτος, ce qui indique que, si Pierre parla le premier,
comme chef du collège apostolique, il ne fut pas le seul à parler. Zahn pense que πρῶτος indique seulement que Pierre fut, le premier à obéir à l’ordre du Seigneur de l’annoncer à tous, 1, 8; x, 32, 46; Mi. x, 5; E ἃ πρότερον, ce qui favorise le premier sens. χαὶ ἀπεφθέγξατο : aoriste moyen de ἀποφθέγγομαι, déclarer hautement; proclamer comme un héraut, dire un oracle. Pierre parla sous l'inspiration du Saint- Esprit, ainsi que l'indique le rappel du verbe employé au Ÿ 4. Il est le héraut qui proclame la messianité de Jésus. Il parla en araméen, ἐν ἑθραΐδι δια λέχτῳ, Act. χχι, 40, la langue parlée à cette époque à Jérusalem et que comprenaient par conséquent tous les assistants, Juifs et habitants de Jérusalem. Il s’exprimait dans le dialecte galiléen, très rapproché de celui de Jérusalem, dont il différait surtout pour la prononciation et l’élision des gutturales et la confusion de consonnes congénères. Ἰλνδρες Ἰουδαῖοι καὶ οἱ χατοιχοῦνντες ᾿ἱερουσαλὴμ πάντες : Adresse solennelle qui englobe
14. Or, Pierre, se tenant debout avec les onze, éleva la voix et leur déclara hautement : Hommes Juifs et [vous] tous qui habitez à Jérusalem, sachez ceci (que ceci vous soit connu) et prêtez l'oreille (mettez-vous dans l'oreille) à mes paroles. 15. Car ces gens-ci (ceux-ci) ne sont point ivres comme vous le supposez, car c’estla troisième heure du jour.
tous les Juifs de naissance et Les Juifs, étrangers et prosélytes, qui habitent Jérusalem. τοῦτο ὑμῖν γνωστὸν ἔστω : la formule γνωστόν avec εἶναι ἃ le même sens que le verbe simple. Pierre appelle l'attention des assistants sur ce qu’il va dire; ils ont besoin d’être instruits et doivent prendre ses paroles en sérieuse considération. χαὶ ἐνωτίσασθε τὰ ῥήματά μου. auribus percipite verba mea, Vlg. ἐνωτίζομαι, inconnu au grec classique et ici seulement dans le N. T., se trouve très souvent dans les Septante, 37 fois. Cf. Job, xxx, 11 et Ps. v, 2 : τὰ ῥήματά μου ἐνώτισαι. Il signifie se mettre dans l'oreille, recevoir dans l'oreille, de ἐν et ὠτ, thème de οὖς, oreille, en latin, inaurire. τὰ ῥήματά μου : ῥῆμα est souvent employé dans le N. T. au sens de discours, déclaration, message τοῦτο ὑμῖν γνωστὸν ἕστω — χαὶ ἐνωτίσασθε τὰ ῥήματά μου sont parallèles.
Saint Chrysostome, Hom. IV, fait remarquer le courage de Pierre prenant la parole devant des hommes ennemis et altérés de sang. Il éleva la voix; il parla avec la plus grande hardiesse pour qu’ils apprissent la puissance du divin Esprit... Transformés en quelque manière par l'Esprit qu’ils avaient reçu, les apôtres étaient désormais au-dessus de toute faiblesse humaine.
Υ 15) Saint Chrysostome, om. IV, fait ressortir la prudence et la mansuétude de Pierre dans ses explications aux habitants de Jérusalem. « Ces hommes ne sont pas remplis de vin, comme vous le pensez. » « Remarquez combien cette apologie est douce. Bien qu'ayant la majorité du peuple avec lui, Pierre interpelle ses adversaires avec modération. Il détruit d’abord la mauvaise opinion qu'ils avaient conçue et ensuite il se justifie. Aussi ne leur dit-il pas : Comme vous vous moquez, ou comme vous en riez, mais comme vous le pensez, voulant montrer qu’il ne prend pas au sérieux leurs paroles, mais qu’il les rejette plutôt sur leur ignorance que sur leur malice. »
γάρ est explicatif. Soyez attentifs à mes paroles car ceux-ci ne sont pas ce que vous supposez. ὡς ἑμεῖς ὑπολαμόάνετε : ὑπολαμθάνω signifie concevoir, penser, croire; peut-être ici, supposer, soupçonner. οὗτοι μεθύουσιν, ceux-ci, c’est-à-dire tous ceux qui sont ici présents, les apôtres, les disciples et Pierre lui-même. Il parle ici comme l'avocat de ses frères, mais lui-même a parlé aussi en langues. ἔστιν γὰρ ὥρα τρίτη τῆς ἡμέρας͵ — Dd, 614, Phil. Gig. 6, Irénée, Aug. ont une forme plus grecque : οὔσης ὥρας τῆς ἡμέρας τρίτης. Comme preuve décisive et péremptoire de la sobriété des disciples, Pierre fait remarquer que c’est, en ce moment, la troisième heure du jour. Chez les Juifs, du moins après la captivité de Babylone, le jour commençait au lever du soleil, et l’on comptait douze heures, jusqu’au crépuscule. Il allait de six heures du matin à six heures du soir, mais les heures étaient plus ou moins longues, suivant les saisons. La troisième heure du jour correspond à peu près pour nous à neuf heures du matin. A cette heure matinale les Juifs n'avaient pas encore bu; c'était à la quatrième heure seulement que, d’après les rabbins, il était permis de manger, Licarroor, Horae hebr. in loco. Plusieurs exégètes ont cru que cette troisième heure du jour était celle de la première prière au temple et que, par conséquent, les Juifs n'ont pas pu être ivres à ce moment puisqu'il était interdit de manger avant cette prière; Talmud, Berakoth, f28b. Mais Schürer, Gesch. des jud. Volkes, p. 350, note 40, ἃ démontré que la première prière avait lieu de bon matin, au moment du sacrifice du matin. Quoi qu'il
- 2 \ Ρ 7 - ) 4 : 16. ἀλλὰ τοῦτό ἐστιν τὸ εἰρημένον διὰ τοῦ προφήτου Lux.
DÉS NE, te ᾿ κε \ ἐχχεῶ ἀπὸ τοῦ πνεύματός μου ἐπὶ πᾶσαν σάρχα, ΠΝ Δ}. =
χαὶ προφητεύσουσιν οἱ υἱοὶ ὑμῶν nat αἱ θυγατέρες ὑμῶν,
χαὶ οἷ νεανίσχοι ὑμῶν ὁράσεις ὄψονται, nai οἱ πρεσθύτεροι ὑμῶν ἐνυπνίοις ἐνυπνιασθήσονται.
en soit, il était contraire à l'usage juif de boire de si bon matin; on buvait seulement au repas du soir.
ὃ 16) Pierre explique à ses auditeurs que ce qu'ils ont sous les yeux est l’accom-
πη] plissement de la prophétie de Joël, qu’il attribue à Dieu, λέγει ὃ Θεός, ÿ. 17. Jusqu'à
ce moment, dit saint Chrysostome, Æom. V, le nom du Christ n’a pas été prononcé; la promesse n’est pas sa promesse, mais celle de Dieu. Voyez la sagesse de ce langage.
: Pierre n’en vient pas immédiatement aux choses du Christ, à ce qu’il a promis après
. qu'il eut été crucifié; en parlant ainsi, il aurait tout bouleversé. ἀλλὰ τοῦτό ἐστιν : mais ceci, que vous voyez, est ce qui a été dit par le prophète Joël. ἸἸωήλ ἃ été omis par Dd, Irénée, Aug. Il est possible que le texte primitif ne nommäât
pas Joël, et qu'on l’y ait ajouté parce que le passage lui était emprunté.
Re Ὡ
τ Υ17) Le codex de Bèze présente le texté de Joël sous une forme assez différente. Ÿ 17, au lieu de πᾶσαν σάρχαν il ἃ πάσας σάρχας: au lieu des deux ὑμῶν il ἃ αὐτῶν; δμῶν manque après νεανίσχοι, et πρεσδύτεροι; il a ὁράσει au lieu de ὁράσεις; ἐνυπνίοις manque. UN 48; manquent ἐν ταῖς ἡμέραις ἐχείναις et χαὶ προφητεύσουσιν; Ÿ 19, manquent αἷμα καὶ πῦρ χαὶ ἀτμίδα καπνοῦ. Ÿ 20 manquent χαὶ ἐπιφανῆ. Wendt pense que le texte oriental a été conformé aux Septante, sauf que προφητεύσουσιν, ÿ 18, absent de l’hébreu et des Septante, a été interpolé du ÿ 17.
Ce passage du prophète Joël reproduit presque littéralement le texte des Septante, 11, 28-322, et avec quelques divergences 16 texte hébreu, ur, 1-52. Le prophète retrace d’abord le tableau des malheurs qui ont accablé Israël, sécheresse et surtout invasion de sauterelles qui ont tout dévoré; le grand jour de l'Éternel est proche. Vient ensuite un tableau de la fécondité nouvelle du pays et de l'abondance de toutes choses qui y règnera. Et après cela, Dieu enverra son Esprit sur toute la nation d'Israël et alors viendra le jour de Yahveh, où toutes les nations seront convoquées pour rendre compte de toutes Les avanies qu’elles ont infligées à Israël; les captifs délivrés seront ramenés dans leur patrie. C’est l’annonce du royaume messianique, tel que le con- . cevait le peuple d'Israël. Se basant sur cette prophétie, Pierre prouve que l’effusion du Saint-Esprit qui vient d’avoir lieu est l'annonce du royaume messianique; en effet, Jésus est le Messie, et il est venu inaugurer le royaume. Les Juifs doivent donc le’ reconnaître comme tel et se repentir. ; χαὶ ἔσται, hébraïsme au lieu de δέ ou γάρ; ἐν ταῖς ἐσχάταις ἡμέραις — : les Septante, traduisant l'hébreu, ont μετὰ ταῦτα. Kimchi affirme que les deux expressions ont le même: sens ; après ces choses revient à « dans les derniers jours »; Licatrootr, Horae hebraicae. ἐν ταῖς ἐσχάταις ἡμέραις est la leçon de NADEIP, Pesch. Vig. Gigas, Irén. Aug. contre μετὰ ταῦτα, B, Sah. leçon moins bien soutenue, introduite probablement pour conformer le texte à celui des Septante. C unit les deux leçons : μετὰ ταῦτα ἐν ταῖς ἐσχάταις ἡμέραις. ; ἐν ταῖς ἐσχάταις ἡμέραις : Cette expression désigne chez les prophètes, 715αἴο, τι, 2; Michée, τν, 1, le temps messianique, le dernier âge du monde, depuis la venue du
ie ACTES DES APOTRES, τι, 16-17.
16. mais c’est ce qui ἃ été dit par le prophète Joël : 17 Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu. [Que] je répandrai de mon Esprit sur toute chair, Et vos fils et vos filles prophétiseront,
Et vos jeunes gens verront des visions,
Et vos vieillards songeront des songes,
Messie jusqu'à la fin des siècles. Dans le N. T., II Tüm. nr, 1; Hébr. 1, 1; Jcq. v, 8, elle désigne la Parousie du Seigneur.
Pierre interprète la prophétie en la faisant accorder avec le contexte qui suit. Les derniers jours sont les jours qui précèdent la Parousie du Seigneur. Devons-nous en. conclure, comme Reuss, que pour l’apôtre les derniers jours du monde sont arrivés ?
« La base de la prédication apostolique, telle qu’elle se dessine dans la présente
relation, est avant tout l’idée eschatologique, c’est-à-dire la croyance à la fin prochaine de l’ordre de choses actuel, croyance fondée sur la conviction que le Messie promis s’est déjà manifesté dans la personne de Jésus de Nazareth, qui ne saurait tarder à se révéler pour fonder son royaume; l’effusion du Saint-Esprit est considérée comme un symptôme évident de ce qui se prépare. » Cette conclusion change le sens de la parole de l’Apôtre. Celui-ci a fait ici un raisonnement sans vouloir préciser la date des événements. L'effusion du Saint-Esprit, prédite par le prophète, vient de se produire. Donc, les temps anciens sont révolus et les temps nouveaux, inaugurés par Jésus Messie, commencent. C’est la dernière période du monde, commencée à l'apparition du Messie, et qui finira lors de son retour glorieux.
λέγει ὃ Θεός manquent dans les Septante aussi bien que dans l’hébreu. Le prophète n'avait pas à ajouter ces mots, puisque, τι, 19, il avait déjà dit que Dieu parlait à son peuple. DE Gig. Irénée ont Κύριος.
ἐχχεῶ nd τοῦ Πνεύματός μου : je répandrai de mon Esprit. ἐχχεῶ, futur hellénistique. ᾿ ἀπὸ τοῦ Πνεύματός μου : de mon Esprit. ἀπὸ, au sens partitif, indique que Dieu répandra de son Esprit et non tout son Esprit; le génitif est partitif. Pierre n’a pas voulu dire que l'Esprit-Saint était divisé, mais que Dieu répand son Esprit sur chacun, en ce sens qu'il communique à l’un un don, à l’autre un autre don, I Cor. x, 4-12. L’hébreu dit : Je répandrai mon Esprit.
ἐπὶ πᾶσαν σάρχα : expression hébraïque; fréquente dans les Septante. Cf. Ze. 11, 6; Jn. xvu, 2; sur toute chair, c’est-à-dire sur tous les hommes, sans distinction de sexe,
d'âge ou de condition. Le don de prophétie ne sera plus réservé à quelques personnes
privilégiées, mais tous prophétiseront. Dans Joël cette parole s’appliquait au peuple d'Israël. Pierre a-t-il eu en vue l'humanité tout entière ? C’est ce que nous ne pouvons dire. Si le texte grec original des Actes portait : προφητεύσουσιν ot υἱοὶ αὐτῶν, comme le codex de Bèze, cela pourrait indiquer que l’orateur visait l'humanité tout entière. Pierre, en tout cas, applique la prophétie à tous les disciples du Christ, J'uifs ou gentils. Toutefois, il n’envisageait pas encore que le gentil pouvait être admis dans la communauté chrétienne sans adopter préalablement les observances juives.
χαὶ προφητεύσουσιν. : χαί indique la conséquence. Dieu répandra de son Esprit sur toute chair, et par suite vos fils prophétiseront. Sur le rôle des prophètes dans le N.T!, οἵ. χι, 27. χαὶ οἱ νεανίσχοι... χαὶ οἱ πρεσδύτεροι : les Septante ont placé πρεσδύτεροι avant νεανίσχοι. Cette effusion des dons sur les jeunes gens et sur les vieillards, sous la forme parallélique est une façon de dire qu'ils s’étendront à tous. — ὀράσεις ὄψονται et ἐνυπνίοις ἐνυπνιασθήσονται sont, des formes apparentées à l’hébreu. ὁράσεις, ce sont les visions, les révélations en plein jour, par opposition à ἐνυπνίοις, songes, révélations pendant la nuit. Dieu avait dit, Nomb. xu, 6, que c'était de cette façon qu'il se révélerait :
TS ae σεις