‹ Les Actes des ApôtresChapitre 171 sur 358 · II. JÉSUS DE NAZARETH EST LE MESSIE · texte numérisé non relu

II. JÉSUS DE NAZARETH EST LE MESSIE

L’effusion du Saint-Esprit prédite par le prophète Joël devait être le prélude de l'ère messianique; cette effusion vient d'avoir lieu. Le Messie est donc arrivé; c’est Jésus de Nazareth : tel est le raisonnement de Pierre.

Ÿ 22) ἴλνδρες ἸΙσραηλεῖται : Pierre répète sous une forme légèrement différente l'adresse du Υ 14 et il en précise le sens; les Juifs et ceux qui habitent Jérusalem sont tous des Israëlites. Il rappelle par ce titre d'honneur, cette désignation théocratique, Gen. xxxn, 28, ᾿Ισραηλεῖται, qu'ils sont le peuple élu de Dieu, auquel ont été faites les promesses;

il veut ainsi les préparer à comprendre que c’est en Jésus que se sont réalisées les promesses de Dieu en faveur du peuple d'Israël. ἀχούσατε τοὺς λόγους τούτους : au lieu de "τούτους un attique aurait écrit τούσδε, mais ὅδε n’était pas employé dans la langue populaire, et il est rare dans le N. T. (Bzass). « Il (Pierre) ne dit pas : Soumettez-vous, mais, écoutez, ce qui n’était blessant en rien. Et voyez comme il ne parle d'aucune chose élevée, mais commence par des choses très simples. Jésus, dit-il, le Nazaréen. » CHry- SOSTOME, Æom. VI. -

21 Et il arrivera [que] quiconque invoquera le nom du Seigneur sera

sauvé.

22 Hommes Israélites, écoutez ces paroles : Jésus, le Nazaréen, homme

| autorisé de (produit par) Dieu auprès de vous par des miracles, des prodiges

et des signes que Dieu ἃ faits par lui au milieu de vous, comme vous-

rdv Ναζωραῖον, c’est avec Natapnvés, le qualificatif sous lequel était connu Jésus, Me. χχυι, 71; Le. xvim, 37; Jn. xvin, 5; Act. τπ|, 6; 1v, 10, etc. et qui fut placé dans l’ins- ” cription sur la croix, Jn. x1x, 19. Luc, dans son évangile, appelle Jésus, Ναζαρηνός, et une fois, Ναζωραῖος: dans les Actes, Ναζωραῖος. Cette appellation est ajoutée ici pour distinguer Jésus des autres personnes portant ce nom, fréquent chez les Juifs. Cette épithète est palestinienne, dit Harnack, et Luc l’emploie pour donner à son récit plus de couleur locale. Il est inutile de discuter l’opinion de ceux qui voient dans le terme, Nazaréen, un nom de secte, antérieur à Jésus et qui lui aurait été attribué parce qu'il avait fait partie de cette secte, ou l'hypothèse qui rattache ce terme à Nazir, celui qui a fait vœu de Nazirat. Cf. Guieneserr, La vie cachée de Jésus, Ὁ. 69. ἄνδρα ἀποδεδειγμένον ἀπὸ τοῦ Θεοῦ εἰς δυᾶς : ADEP 58 61 614, Tertullien placent ἀπὸ τοῦ Θεοῦ après ἄνδρα, et font ressortir ainsi l'opposition des deux termes. Pour ne pas effaroucher ses auditeurs, Pierre appelle Jésus « un homme », ce qui était la réalité, mais il n’ajoute pas qu'en même temps il était Dieu. Les Juifs, stricts monothéistes, n’auraient pu supporter cette affirmation. Dans la suite de son discours l'apôtre insinuera, la divinité de Jésus. ἀπὸ τοῦ Θεοῦ : ἀπό n'est pas ici seulement pour ὗὅπό, comme en d’autres passages du N. T. où l’agent direct est marqué par ὑπό; d’ailleurs, l'emploi de ἀπό après les verbes passifs devient la règle chez les écrivains récents. ἀπό marque que Jésus est de Dieu et que c’est de lui qu'il a reçu sa mission de Messie, /n. m1, 2; εἰς buac vers vous, Israélites, ou pour vous, en votre faveur, il marque le but qu'a eu Dieu en produisant Jésus aux yeux des Juifs. D a εἰς ἡμᾶς. — ἀποδεδειγμένον, participe parfait passif de ἀποδείχνυμι si signifie faire connaître, montrer, désigner, signaler, déclarer, produire au dehors. D a δεδοχισμένον; ἃ p? probatum; de δοχιμάζω, éprouver, approuver ; Vig. Irénée, approbatum; Augustin, ἃ Deo designatum; Gigas, ostensum; Tertullien, a Deo vobis destinatum. Ces variantes prouvent que l’on n'était pas bien fixé sur le sens de “ἀποδεδειγμένον. Faut-il traduire : « Jésus ayant été produit de Dieu au dehors » ce qui marquerait nettement son origine divine, ou « Jésus, approuvé, autorisé de Dieu, signalé par lui »; les deux sens sont possibles. Torrey, p. 28, traduit : dnodederyuévoypar designated by (ἀπό) God et ajoute : pa est très fréquemment employé, avec un verbe passif pour indiquer l'agent. « Voyez, dit saint Chrysostome, Æom. VI, combien il était remarquable de dire qu’il a été envoyé par Dieu... Geci est manifeste par les actions qu'il a accomplies, »

δυνάμεσι χαὶ τέρασι χαὶ σημείοις : cf. IT Cor. xn 12, II Thes. τα, 9; Hébr. τι, ἃ; le pluriel des noms abstraits marque des cas concrets : Ex. ira, colère; irae, querelles. Ces termes, formant emphase, désignent tous les trois les miracles qu'a faits Jésus, mais ceux-ci sont considérés sous des aspects différents : δυνάμεις, virtutes, exprime la puissance, le pouvoir de faire des miracles : τέρας, prodigium, c’est un événement ou un acte extraordinaire, une chose τὴ τ τα ou en dehors de la nature; σημεῖον, signum, signifie signe, ce à quoi l'on reconnaît quelque chose. Cf. Trexon, Synonyms of the N. T., 12e éd, p. 340. Jésus a été autorisé de Dieu par des miracles, œuvres de puissance, δυνάμεσι, présentant des caractères extraordinaires, τέρασι, et significatifs σημείοις. À remarquer que dans le N. T. on trouve toujours ensemble τέρατα nat σημεῖα et pour indiquer que les miracles, les prodiges sont des signes de la puissance de Dieu, on y ajoute δυνάμεσι, comme ici et 11 Cor. χη, 12 ou ἐν δυνάμει, Rom. xv, 19. Miracula autem

PRET EE SEUL En

Αμασιας CS τ AP ἐποίησεν δι᾿ αὐτοῦ ὁ Θεὸς ἐν μέσῳ ὑμῶν, χαθὼς αὐτοὶ οἴδατ

βουλῇ nat προγνώσει τοῦ Θεοῦ Exdorov διὰ χεῖρ \

vocantur viriutes, quatenus potentia extraordinaria omnem naturae creatae virtutem

-excedens in eis splendet; prodigia, quatenus admirationem et stuporem movent;

signa, quatenus divinitus significant Jesum verum esse Messiam ejusque religionem esse vere divinam. CAmEeRLyNCK, Actus apost., p. 132.

οἷς ἐποίησεν pour ἅ ἐποίησεν, par attraction avec les datifs précédents, forme rare; δι᾽ αὐτοῦ ὁ Θεός : ces miracles sont les œuvres de Dieu faites par Jésus. Dieu en est l’agent et Jésus l’instrument. χαθὼς αὐτοὶ οἴδατε : αὐτοί est emphatique. Les Juifs euxmêmes connaissaient ces miracles qui ont été faits au milieu d’eux. οἴδατε est hellénistique, au lieu de ἵστε.

Ÿ 23) Pierre venait de déclarer aux Juifs que Jésus était un homme que Dieu avait autorisé, approuvé par des miracles qu’il avait faits au milieu d'eux. Il ne tire pas de suite la conclusion qui en devait résulter et ne proclame pas immédiatement que Jésus était le Messie promis à Israël; son raisonnement l’insinue cependant. D’après le texte de Joël, que cite l’Apôtre, dans les derniers temps, c’est-à-dire au temps messianique,

il se produira des prodiges sur la terre et des signes dans le ciel. Or, Jésus a accompli

des prodiges et des signes que vous avez vus. Il est donc le Messie, prévu par Joël. Maïs avant d'affirmer nettement que Jésus est le Messie, Pierre le prouve par les

Écritures. Il commence par répondre à l’objection qui pouvait résulter du crucifiement . de Jésus. Pour les Juifs, le Messie devait être un roi glorieux, triomphant, qui réta-

blirait le royaume d'Israël et soumettrait toutes les nations sous son joug. Ils ne pouvaient admettre que le Messie ait été soumis à une mort ignominieuse. Cette mort de Jésus, mort sur la croix du supplice des esclaves, ἃ été la pierre d’achoppement qui a empêché les Juifs de reconnaître que Jésus était le Messie et c'est elle que Pierre, Étienne et Paul ont expliqué en montrant qu’elle était dans le dessein et la prescience

de Dieu. Pierre s'approche ensuite de son but, en prouvant que Jésus est ressuscité et

enfin proclame solennellement, Ÿ 36, que la maison d'Israël doit tenir pour certain

que Dieu a fait Jésus, Seigneur et Messie.

Pierre qui, autrefois, lorsque son Maïître affirmait qu’il fallait qu’il souffrît de la part des anciens et des grands prêtres, qu'il fût mis à mort et qu’il ressuscitât, avait repris celui-ci en lui affirmant que cela ne lui arriverait pas, Mr. xvi, 21, 22, Pierre déclare

maintenant, se souvenant des paroles de son Maître, que la Eh et la résurrection de

Jésus ont été l’accomplissement d’un dessein et de la prescience de Dieu.

τοῦτον est emphatique et explicatif; il sert à raccorder les deux membres de phrase et peut signifier « un tel homme ». ἔχδοτον, adjectif verbal de ἐχδίδωμι, livrer; terme employé ici seulement, Pierre a-t-il voulu dire qu’il a été livré par Judas ou par Dieu? « Ici, dit saint Chrysostome, om. VI, Pierre fait allusion à Judas; en même temps, il leur démontre qu'il n’était pas dans leur puissance de mettre Jésus à mort si Dieu ne

τς l’eût permis et ne l’eût livré entre leurs mains. » C’est l'opinion soutenue par Knowlinge. P P Ρ

C'est d’ailleurs ce que dit nettement la Peschitto : Hunc qui segregatus erat per praescientiam et voluntatem Dei, tradidistis manibus improborum et crucifixistis. La majorité des critiques catholiques, Patrizzi, Camerlynck, Knabenbauer croient aussi que c'est Dieu qui a livré Jésus à ses ennemis, comme le dira Paul; Θεός... ὅπὲρ ἡμῶν πάντων παρέδωκεν αὐτόν, Rom. vi, 32. DdEN° CSP, 58 61 614, Harkl. Bède, Eusèb, Chrys. intercalent ici λαθόντες, qui précise les faits en attribuant aux Juifs la livraison de Jésus aux païens; il est omis par NABC 61 Vlg. Sah. Boh. Pesch. Arm. ἘΠῚ. Athan. Irénée.

Jésus n’a pas été livré par hasard, mais pour réaliser le dessein de Dieu.rà ὡρισμένῃ βουλῇ καὶ προγνώσει τοῦ Θεοῦ, datif d'accord ou de conformité. Le verbe ὁρίζω est employé

mêmes [le] savez, 23. Ce [Jésus] livré selon le dessein arrèté (la volonté déterminée) et selon la prescience de Dieu (vous l’avez pris) vous l’avez fait

6 fois par Luc et 1 fois seulement par Paul et l’épître aux Hébreux; il signifie délimiter, fixer et au moyen, comme ici, délimiter, définir. βουλῆ est aussi un terme particulier à Luc qui l’a employé 10 fois, tandis que’nous le trouvons 2 fois seulement

dans Paul et 1 fois dans l’épître aux Hébreux. L'expression βουλῇ τοῦ Θεοῦ est spéciale

à Luc qui l'a employée 4 fois : Ze. vu, 30; Act. τι, 28; Χπι, 86: xx, 27. βουλὴ signifie volonté, détermination, d’où dessein, plan. χαὶ προγνώσει, connaissance anticipée, prescience, employée ici seulement et par Pierre dans sa première épître, 1, 2 : χατὰ πρόγνωσιν Θεοῦ πατρός. « Deus Tri-unus praescivit Judaeos pro sua malitia Christum occisuros esse, si illud permitteret; nihilominus statuit, illud permittere, adeoque aeterno et immutabili decreto statuit ut Christus pro redimendo genere humano mor-

tem subiret, atque ita pro nobis omnibus tradidit illum, Rom. vu, 32. Huic Dei decreto:

ac praecepto Christus obedivit, Philip. τι, 8, salva sua libertate, Jn. x, 17-18 sine qua non meruisset, Philip. τι, 9. Decretum igitur Dei mortis Christi causa non fuit, sed solum effecit ut Judaei quod culpabiliter vellent peragere possent, CAMERLyYNoK, Actus ap. p. 132. Cf. Knabenbauer, in loco et Cornelius a Lapide sur l’action libre des Juifs, quoique prévue par Dieu. βουλῇ et προγνώσει peuvent être tenus, au point de vue logique

. comme l’antécédent et le conséquent de l’action. διὰ χειρὸς ἀνόμων : διὰ χειρός est un hébraïsme, signifiant par le moyen de, Léo. vi,

36; II ÆRois, χιν, 25, etc.; il est l'équivalent de διά. Luc emploie souvent ces périphrases : une préposition construite avec πρόσωπον ou χείρ : διὰ χειρός. ἐν χειρί, εἰς χεῖρας. Grammaticalement διὰ χειρός peut se rapporter à ἔχδοτον ou à προσπήξαντες : le second accord est plus plausible. ἀνόμοι désigne les gentils, ceux qui sont sans loi et, dans la pensée des Juifs, les iniques, les pécheurs, I Cor. 1x, 21; Rom. τι, 14. Pierre fait allusion ici à Pilate et aux soldats romains qui ont crucifié Jésus. Il parle comme un Juif, s'adressant à des Juifs. διὰ χειρῶν ἀνόμων, leçon de C$EP 614, Gig. Sah., change le sens de la phrase, si l’on admet que ἀνόμων est un qualificatif de χειρῶν, Les Juifs n’ont pas crucifié Jésus avec des mains iniques, puisqu'ils n'ont pas participé au crucifiement, lequel d’ailleurs n’a pas été un acte de violence contre la Loi, mais un

meurtre juridique. La culpabilité des Juifs réside dans ce fait qu'ils ont ae le

Messie aux Romains pour qu'ils le crucitient. προσπήξαντες, participe aoriste de προσπήγνυμι, terme classique inconnu aux Septanie employé ici seulement dans le N. T., signifie fixer, attacher à, d'où avec τῷ σταυρῷ,

| sous-entendu, crucifier. Dans sa première épitre, 11, 24, Pierre fait aussi allusion au crucifiement de Jésus : ὃς τὰς ἁμαρτίας ἡμῶν αὐτὸς ἀνήνεγχεν ἐν τῷ σώματι αὐτοῦ ἐπὶ τὸ ξύλον.

De nombreux manuscrits de la Vulgate ont traduit προσπήξαντες par adfigentes ou affigentes, d par adfixum, Victorin Af., et suffixistis eum cruci, tandis que d’autres manuscrits de la Vulgate et la Vulgate clémentine l'ont traduit par affligentes ou adfli-

gentes, ce qui ne rend pas le sens de προσπήξαντες. ἀνείλατε, forme alexandrine pour

ἀνείλετε : l’aoriste second est conjugué comme le premier. Ge terme est employé fréquemment par Luc, 2 fois dans l'évangile, 19 fois dans les Actes et 3 fois seulement dans le reste du N. T. ἀναιρέω, terme classique, signifie enlever, faire périr de mort violente. Les deux verbes, προσπήξαντες ἀνείλατε, exprimant une seule action, dont la première est la cause de l’autre, sont tous deux à l’aoriste parce que, logiquement, la première a précédé la seconde.

Pierre affirme donc que Jésus est mort de la main des gentils, mais que les Juifs sont la cause première de sa mort, dont les Romains ont été seulement les instruments. C’est l'affirmation très nette de ce qui s’est passé; Pierre s’est souvenu des cris des

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Juifs, demandant ἃ Pilate le crucifiement de Jésus. Ils adhéraïent ainsi au crime de leurs chefs, le grand prêtre et les membres du Sanhédrin. Judaei Jesum aflixerunt et occiderunt gladio linguae, ut ait Aug. (in Ps. Lx, 2) quia coegerunt judicem romanum, wABENBAUER. On ne peut donc soutenir comme l'ont fait Baur, Renan, Overbeck, que Pierre n’a pu tenir ce langage devant un auditoire juif. Les faits étaient trop récents pour qu'aucun des assistants ne püt s'inscrire en faux contre ces paroles de Pierre. Et d’ailleurs n’y avait-il ici aucun de ceux qui avaient crié : Crucifie-le Ὁ

Pierre ne dit pas, comme dans sa première épître, π, 24, que Jésus est mort pour ἡ

racheter nos péchés. Ici, il enseigne seulement que Jésus est mort et est ressuscité. L'attention est portée principalement sur la résurrection de Jésus comme preuve de

τ sa messianité.

ÿ 24) ὃν ὁ Θεὸς ἀνέστησεν : par ces paroles Pierre affirme ce qui était l’objet principal, le centre de son discours, la résurrection de Jésus. Sa mort paraissait être une négation de sa messianité : sa résurrection en sera l'affirmation éclatante. L’Apôtre consacre la fin de son discours à l’établir : 1° par la preuve scripturaire qui devait surtout impressionner et convaincre les Juifs et 2° par l'attestation que lui et ses compagnons en ont été les témoins. Jésus est ressuscité par sa propre puissance, mais Pierre, parlant à des Juifs, était obligé de déclarer que Dieu était l’auteur de la résurrection de Jésus. ἀνίστημι a divers sens : il signifie ici faire lever, relever [de la mort] ressusciter. ὃν ὃ Θεὸς ἀνέστησεν λύσας : les deux verbes sont à l’aoriste: le premier parce que l’action est passée, le second parce que l’action qu’il exprime est antérieure à celle du premier verbe : Dieu l’a ressuscité après avoir délié les liens de la mort. λύσας τὰς ὠδῖνας τοῦ θανάτου, NABCEP, 614, Harkl. Arm. Ethiop. Eusèbe, Chrys. au lieu de ädov, Dd, Vlg. Gig, Irénée : les exégètes ne s'accordent pas sur le sens de cette expression. Elle est empruntée aux Septante, Ps. χυπ, 5, 6 :

Qivec ἄδου περιεχύχλωσάν. με,

Le texte hébreu portait :

Les liens de la mort m’'environnaient : ÿ

Les liens du scheol m'’entouraient,

Les filets de la mort étaient tombés sur moi.

Les Septante n'ont pas traduit exactement le texte hébreu, en traduisant San par ὠδινες, Car jamais ὠδίν ne signifie, quoi qu'on en ait dit, liens, cordes mais toujours angoisses, douleur, au pluriel, douleurs de l'enfantement. L'erreur provient probablement de ce fait que les mêmes consonnes hébraïques signifient liens, cordes et douleurs de l’enfantement; la différence de sens. provient de la différence de ponctuation du heth initial : 5an signifie lien et San, douleur. Les Septante, traduisant un

texte non ponctué ont bien pu traduire ban par ὠδῖνες, douleurs de l'enfantement. Mais le parallélisme prouve qu’il fallait lire liens, puisque dans le troisième vers il est parlé des filets, παγίδες de la mort. Il est possible que Pierre s'exprimant en araméen ait cité le texte hébreu ou araméen et dit : déliant les liens de la mort, ainsi que

l’indiquent les termes λύσας et χρατεῖσθαι, qui s'appliquent mieux à des liens qu'aux.

douleurs de l’enfantement. Luc ou le traducteur en grec des paroles de Pierre aurait employé lexpression des Septante, ὠδῖνες θανάτου, traduisant le texte hébreu, mais

fautivement.

mourir, l'ayant élevé [à la croix] par la main des infidèles; 24. Dieu l'a res-

suscité, ayant délié les liens de la mort (ayant dissous les angoisses de la

mort) parce qu'il n'était pas possible qu’il restât au pouvoir de celle-ci. 25. Car David dit sur lui :

La Vulgate adoptant aussi la leçon des Septante a traduit : solutis doloribus inferni. ‘Chrysostome a adopté Ia même ïinterprétation. Beelen croit que ὠδῖνες, signifiait aussi liens : Lucas autem, qui Petri concionem graece nobis tradidit, per vocem ὠδῖνας non dolores, sed vincula sive funes exprimere voluisse ideo coniici potest, quia in hellenistica, qua utebatur, dialecto vox ὠδῖνες etiam de vinculis sive funibus dicta videtur, ut colligi licet ex versione LXX, in qua hebraïicum nan, ubi funes aut

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