‹ Les Actes des ApôtresChapitre 172 sur 358 · ESS · texte numérisé non relu

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vincula notat, passim per vocem ὠδῖνες redditur. Cette preuve n’est pas adéquate, car si les’ Septante ont traduit l'hébreu dan par ὠδῖνες, c’est par suite d’une erreur de lecture : cf. supra. Nulle part, pas plus dans la langue classique que dans l’hellénistique, ὠδῖνες ne signifie liens.

D’après Barde reproduisant d’ailleurs une idée que l’on trouve dans Chrysostome, Théophylacte, Oecumenius, Pierre s’approprie la traduction des Septante pour repré-

senter la résurrection comme un enfantement; la mort est censée souffrir un « mal

d'enfant », et Dieu le fait cesser en produisant la vie. Idée singulièrement audacieuse et profondément vraie. Oui, mais qui ne peut être acceptée que si l’on suppose que Pierre s’exprimait en grec, ce qui est hors de toute vraisemblance.

Les deux leçons ὠδῖνας θανάτου ou &dov présentent la même idée : Teneri morte vel inferno idem esse videbatur : anima enim post mortem ibat in infernum, corpus ad sepulcrum. Cornezrus A Lar. — ἅδης, le hadès est la traduction de l’hébreu scheol,

le lieu, où, d’après les Israélites, résidaient les morts après leur décès. Sur la signi-

fication de ce terme, cf. Cremer-KôceL, Biblisch-theol. Wôrterbuch der N. T. Gräzität, De 79.

χαθότι oùx ἦν δυνατὸν χρατεῖσθαι adrov ὕπ᾽ αὐτοῦ : καθότι, Vle. juxta quod; Knabenbauer, Camerlynck, propterea quod, par ce motif que, parce qu’il n’était pas possible que la mort le retint. χαθότι se trouve seulement dans Luc : 1 fois dans l’évangile, 4 fois dans les Actes. Le terme est classique, mais se rencontre plus souvent sous la forme καθ᾽ ὅτι, οὐχ ἣν δυνατὸν χρατεῖσθαι αὐτόν : ici la proposition infinitive sert de sujet au verbe

impersonnel; tournure fréquente dans le N. T. χρατεῖσθαι est au passif, ici seulemens

dans le N.T.; il siguifie être tenu ou retenu, sens hellénistique, Brass.

Ÿ 25) ὑπ᾽ αὐτοῦ, par la mort ou par l’enfer. Pierre prouve que Jésus ne pouvait être retenu dans les liens de la mort par une prophétie de David, laquelle s’appliquait à Jésus et non à David; elle devait se réaliser dans la vie de Jésus, parce que toute Écriture doit recevoir son accomplissement. Le passage cité ici est un emprunt

au Psaume xv, 8-11 des Septante, qu’il reproduit littéralement et xvi du texte hébreu

avec quelques variantes. Le Psalmiste espère que par la protectfon de Dieu il reposera en sécurité et que son âme ne sera pas livrée au séjour des morts et que Dieu lui fera connaître le sentier de la vie. Nous n'avons pas à examiner l'origine davidique de ce psaume qu'ont niée quelques critiques; cela nous entraînerait à une discussion qui ne serait pas à sa place ici.

Pierre s'attache à démontrer, ÿ 29-31, que les paroles qu’il vient de citer ne se rapportent pas à David, mais qu'elles s’accomplissent dans le Messie. Paul, xur, 86, affirme la même idée. Ce psaume est messianique. Δαυεὶδ γὰρ λέγει εἰς αὐτόν : David dit sur lui, le Messie, ainsi qu’il ressort des ÿ 29-31, c’est-à-dire en vue de lui, à son intention parlant en son nom; εἰς avec l’accusatif et une préposition est employé quand le datif

pes nv τὸν Κύριον ἐνώπιόν μοὺ διαπαντός.

26. διὰ τοῦτο ηὐφράνθη ou ἣ χαρδία, ΐ χαὶ ἠγαλλιάσατο ἣ γλῶσσά μου; 3 ἊΣ AU ER , re) WE SUIS ἔτι δὲ nat ἡ σάρξ μου χατασχηνώσει ἐπ ἐλπίδι 27. ὅτι οὐχ ἐνχαταλείψεις τὴν ψυχήν μου εἰς ἄδην,

sufbrait. Cette forme est fréquente chez les classiques avec les verbes de parole; da elle indique la direction de la pensée. προορώμην τὸν Κύριον. Pierre met dans la bouche

du Messie les paroles de David. προορώμην, imparfait moyen de xpoopéw, ne signifie pas voir d'avance, prévoir, mais voir devant soi; πρό est intensif; au moyen, il signifie regarder devant soi pour soi-même, le moyen fait ressortir l'intérêt personnel de

. celui qui parle; ἐνώπιόν μου est donc un pléonasme. Le providebam de la Vulgate, voir d'avance, prévoir ne rend pas exactement προορώμην. τὸν Κύριον, le Seigneur; dans l’hébreu, Yahveh. Le sens de l’hébreu est iégèrement différent : Je place Yahveh

constamment devant moi.

ὅτι ἐκ δεξιῶν μού ἐστιν, parce qu'il est à ma droite comme mon défenseur, Ps. ax, 31;

ΠΟΧΧΙ, 5; ἵνα, afin que, conjonction indiquant le but, μὴ σαλευθῶ, je ne sois,pas ébranlé, vacillant, secoué : la métaphore est tirée ici d'an navire secoué par les vagues.

ἐκ δεξιῶν : &x est employé ici pour désigner le lieu; en latin a dextris. Dans l’hébreu il 7 a : Parce que, quand il est à ma droite, je ne chancellerai pas.

ΟΥ̓ 26) διὰ τοῦτο, à cause de cela, de la confiance dans la protection de Dieu, ηὐφράνθη pou à χαρδία : ηὐφράνθη, aor. passif de εὐφραίνω, réjouir, au passif, être réjoui, charmé.

καρδία : : dans l'A. T. le cœur n’est pas seulement le siège des affections, mais aussi,

en dépit de Galien et d'Hippocrate, le siège et le centre de toute la vie spirituelle,

des pensées et des passions, de l'intelligence, en un mot de l’activité intellectuelle

et morale. Tandis que les Grecs distinguent soigneusement le cœur, χαρδία, de l’intel-

ligence, de la pensée, διάνοια, les Hébreux confondent l’un avec l’autre et considèrent

le cœur comme le siège de la pensée : cf. Cremer-Kôcez, Bib.-theol. Wôrterbuch

\ der N. T. Gräzütät, 10° éd.

Outre cette joie intérieure, le Psalmiste proclame sa joie extérieure, καὶ ἠγαλλιάσατο à

à γλῶσσά μου, ma langue ἃ exulté de joie : ἀγαλλιάω est plus expressif, plus intensif que χαΐρω, se réjouir. Le cœur et la langue sont joints ici pour exprimer, le premier T'activité consciente de l’homme; le second, l'organe qui sert à extérioriser celle-ci.

Dans le texte hébreu, au lieu de ma langue il y a ma gloire ou mon honneur est

réjoui, ὙΤ 22 que Grampon traduit mon esprit; Blass, Knabenbauer, Segond, mon âme. 4

En hébreu, dit Felten, *7N22, mon honneur, est une expression poétique pour mon

cœur, mon esprit; οἵ, Gen. xuix, 6; Ps. vu, 6; xvI, 3; xxx, 18, etc.

Le grec a substitué au sentiment exprimé l'instrument dont se sert l'âme pour traduire sa joie. Patrizzi explique un peu différemment cette métaphore : Simplex atque obvius hujus metaphorae significatus esse videtur ipsa persona, ita ut iste usus

nominis gloria apud hebraeos poetas ejusdemmodi fuerit ac ille quem apud nos habent quaedam appellationes honorificae, ut sunt Dominatio, Celsitudo, Majestas,

Excellentia. Lege Psalmos,1v, 3; xxix, 18, etc. — Loisy pense que « kebôdi, ma gloire » ce qu'on traduit par « mon âme », doit être une fausse lecture pour kebêdi « mon foie »: le foie étant comme le cœur, le siège du sentiment.

ἔτι δὲ καί et même en outre; insuperque adeo : ἔτι marque ici le degré, la mesure.

Les bienfaits de Dieu s’étendront non seulement sur la vie présente, mais encore sur

᾿ τὸν ὅσιόν σου : ce terme ἃ des sens divers suivant qu’il désigne des choses ou des per-

s'appuie. Sa chair reposera tranquillement, appuyée sur l'espérance; cf. Rom. 1v, 18;

ECS Tr ARS

ere les APOTRES, II, 25-27, . 69 Je regardais (voyais) devant moi le Seigneur constamment. Parce qu'il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé. 26. C’est pour cela que mon cœur s’est réjoui,

Et que ma langue a été dans l’allégresse,

Et aussi que ma chair même reposera en espérance,

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