Tu m'as fait connaître des chemins de vie
Tu me rempliras de joie par ta présence.
29. Hommes, frères, qu'il me soit (il m'est) permis de vous dire avec assurance touchant le patriarche David, et qu'il est mort et qu'il a été
puisqu'ils ne protestent pas et ne contestent pas les paroles de l’Apôtre, c’est qu'ils savent que le tombeau est vide; s’il ne l'avait pas été, la réponse des Juifs était tout indiquée. Donc, conclut Rose, « si ce sont les Juifs qui l’ont enlevé, pourquoi n'ont-ils pas conduit les disciples de Jésus là où ils l'avaient caché ? Si ce sont les apôtres eux-mêmes qui l'ont dérobé, comment expliquer leur foi inébranlable et leurconviction audacieuse ? » ;
Ἄνδρες ἀδελφοί : l'apostrophe est moins solennelle que précédemment ὃ 14 et 22; il y a une sorte de progression décroissante entre ces trois apostrophes. L’apostrophe est ici plutôt affectueuse. Pierre appelle ses auditeurs, Hommes frères, terme familier, fréquemment employé dans les Actes, lorsque l’orateur parle à des Juifs, π, 37 ; vit, 2;
xt, 15, 26, 38; xx11, 1; etc. et aussi lorsqu'il s'adresse à une assemblée chrétienne, xv,
7, 18. Pierre voulait par ces paroles leur montrer son affection et s'adresser à leur cœur. Le terme ἀδελφός est devenu chez les premiers chrétiens l’épithète par laquelle ils se désignaient entre eux, Act. vi, 8 ; 1x, 80; x1, 1; Gal. 1, 2,1 Cor. v, 11, Philip. τ, 14, etc.
ἐξόν, liceat Vilg.; il y aurait ἔστω, sous-entendu; mais d’après Wendt, Preuschen, Knowling, il faudrait sous-entendre ἐστι; ἐξόν ἐστι équivaudrait à ἔξεστι, il est permis; il m'est permis de parler parce que le fait est notoire. Ce participe a la force d’un werbe fini; cf. TT Cor. καὶ, 4. ἐξόν est le participe, à l’accusatif neutre de ἔξειμι. Moulton affirme que cette tournure : ἐξόν avec l’infinitif est classique et populaire. Cf. Héronore, IV, 126. μετὰ παρρησίας, audenter; παρρησία signifie liberté de langage, franchise. παρρησία est ea animi libertas qua quis omne, quod vult, audet dicere, Parrizz. L'expression est plusieurs fois dans les Septante, Lév. xxvi, 43; I Macc. 1v, 18; 3 foïs dans les Actes et 4 fois dans l’épître aux Hébreux. Nous avons ici une précaution oratoire, un adoucissement aux paroles qui suivent.
περὶ τοῦ πατρίαρχου Δαυείδ : ce titre de πατριάρχης, forme hellénistique, au sens propre, πατριὰς ἄρχων, Chef de la race ou de la famille, a été donné à Abraham, Æébr. vir, 4, aux fils de Jacob, Act. νη, 8, 9. Dans les Septante, il désigne au sens large les chefs des tribus d'Israël, 1 Paral. xxvir, 22; les chefs des maisons paternelles d'Israël,
T Paral, xx1v, 31; II Paral. xx, 8. Ici, 11 est donné comme un titre d'honneur à David,
chef de la maison royale d'Israël.
ὅτι καὶ ἐτελεύτησεν, qu'il est mort, 1 Rois, Ἡ, 10, et jamais personne n'a dit qu'il fût ressuscité; καὶ ἐτάφη, et qu'il ἃ été enseveli, ces deux aoristes indiquent que l’action a eu dieu dans un temps définitivement passé; καὶ τὸ μνῆμα αὐτοῦ ἔστιν ἐν ἡμῖν, et que son sépulcre existe parmi nous. — ἐν, suivi d’un nom pluriel, signifie parmi — à Jérusalem; ἄχρι τῆς ἡμέρας ταύτης, jusqu'à ce jour. David est donc véritablement mort et par suite son corps a vu 18 corruption puisqu'il n’est pas ressuscité. Ce n’est donc pas de soimême que parle le psalmiste, puisqu'il parle de quelqu'un qui est vivant.
Le tombeau de David existait à Jérusalem au temps de Néhémie, an, 16; {1 est plusieurs fois mentionné par Josèphe, lequel raconte que Salomon avait caché un trésor dans ce tombeau et qu'Hyrcan avait ouvert une des chambres et y avait dérobé 30.000 talents d'argent, Ant. jud. VII, 15, 3; XIII, 8, 4; στον. Jud., I, 2, 5. Hérode, imitant son exemple, avait voulu pénétrer plus avant dans la tombe et atteindre les corps de David et de Salomon, mais des flammes s'élevèrent et tuèrent deux gardes, Ant. jud. XVI, 7,1. La place exacte du tombeau est difficile à déterminer; il devait être
72 | ACTES DES APOTRES, I, 29-392, ἡμέρας ταύτης. 80. προφήτης οὖν ὑπάρχων, χαὶ εἰδὼς ὅτι ὁρχῳ ὥμοσεν αὐτῷ ὁ Oe 2 ra > y. 3 - 4 » \ x f 3 = QT 3 1
2 2 ( - - el “1 ᾽ 2 > (72 “1 € = τῆς ἀναστάσεως τοῦ Χριστοῦ, ὅτι οὔτε ἐγχατέλείφθη εἰς ἅδου οὔτε ἡ σὰρξ αὐτοῦ €
à l’intérieur des murs de Jérusalem. David et ses successeurs avaient été inhumés dans la ville de David, I Rois, im, 16. Il doit être cherché sur la pente méridionale de la colline sud-est, près de la porte de Siloé, Né. 11, 15, 16. Au temps de saint Jérôme, on en connaissait encore l'emplacement, puisque celui-ci écrit à Marcella, Epist. xLvI1, qu’il espère pouvoir aller prier avec elle au tombeau de David. Il n’y a pas lieu de l'identifier, comme de Saulcy, avec les « Tombeaux des Rois » qui sont d’origine romaine. La tradition actuelle qui place ce tombeau au sud de la porte de Sion, sous l’église de Sion, ne remonte qu’au temps des croisades; les anciens Itinéraires n’en disent rien. Il semble que Pierre aurait dû mettre ici en comparaison le tombeau de David où, depuis des siècles, se trouve encore le cadavre du roi et le tombeau de Jésus qui était vide. 11 ἃ omis un anneau de la démonstration, qui lui a paru inutile, pour tirer de suite la conclusion : David avait parlé de la résurrection du Messie.
ÿ 30) οὖν : donc; des choses susdites il s'ensuit donc. οὖν pourrait aussi signifier mais. προφήτης : David savait d’après la promesse de Dieu qu’un de ses descendants serait assis sur son trône et comme prophète, divinement inspiré il prévoyait comment serait
réalisée cette promesse. ὑπάρχων est un terme familier à Luc : 7 fois dans l’évangile; 24 fois dans les Actes et dans tous les chapitres; inconnu aux autres évangiles dans ce sens. Il signifie proprement commencer, sortir du fond, naître, exister antérieurement, être sous la main, posséder, etc. Dans le N. T.et dans le grec postérieur le sens en a été affaibli, et il est devenu l'équivalent de εἶναι, en beaucoup de cas. ὑπάρχων au participe présent indique que David était prophète non seulement dans le cas présent, mais constamment.
εἰδώς, participe parfait de οἶδα, qui a la signification du présent. ὅρχῳ ὥμοσεν : le
complément de même sens que le verbe est un hébraïsme. On trouve chez les classiques une forme analogue, mais avec deux mots de même racine : φυγῇ φεύγειν, γάμῳ γαμεῖν : Blass remarque que la ressemblance à l’hébreu est accidentelle et que le sens est différent — 1] est fait allusion ici au Psaume cxxxn, 11 : ὥμοσεν Κύριος τῷ Δαυεὶδ ἀλήθειαν, χαὶ οὐκ μὴ ἀθετήσει αὐτήν, ἐκ xaprod τῆς χοιλίας σου θήσοιαι ἐπὶ τὸν θρόνον σου; cf. Ps. τχχχιχ, 85-37. Nathan avait fait à David la même promesse au nom de Yahveh, II Sam. vi, 12, 15 ὥμοσεν, aor. de ὄμνυμι, jurer, prononcer un serment, promettre par serment. ἐχ χαρποῦ τῆς ὀσφύος αὐτοῦ : d’un fruit de son rein, sous-entendu τινα; après les verbes, signifiant promettre, espérer, quand la promesse se rapporte à l'avenir le verbe se met à l’infinitif futur; dans le N. T. on le met à l’infinitif aoriste qui remplace l'infinitif futur (Vireau). L'expression x χαρποῦ n’est pas grecque, mais elle n’est pas étrangère à Luc; cf. ZAnN, Forsch. 1v, p. 114, ἢ. 16. ἐχ καρποῦ τῆς ὀσφύος est un hébraïsme, Cette expression n'est pas dans les Septante, qui, au lieu de ὀσφύος, ont χοιλίαν, qui se retrouve dans Michée, vi, 7. ὀσρύς traduit un autre mot hébreu. Au lieu de ὀσφύος, (lumbi; Vig.), Gigas, Peschitto, Irénée, des MM. de la Vulgate ont ventris; D xapdias, de praecordia, d. Après αὐτοῦ, DE, Phil. 614, ajoutent τὸ χατὰ σάρχα ἀναστῆσαι τὸν Χριστόν, xal, Secundum carnem suscitare Jesum Christum, omis par NX ABCD? 61 Vilg. Psch. Gigas, Irénée, Cyprien, etc. Cette addition paraît être une glose explicative, inutile d'ailleurs puisqu'il est parlé de la résurrection du Christ au ÿ suivant.
χαθίσαι ἐπὶ τὸν θρόνον αὐτοῦ : καθίσαι peut Être transitif, faire asseoir, ou transitif, asseoir,
s'asseoir. Pierre fait ressortir que le Messie est descendu physiquement de David. Cette