‹ Les Actes des ApôtresChapitre 176 sur 358 · RUE ON PR. TR ON UE · texte numérisé non relu

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enterré et que son tombeau est parmi nous jusqu’à ce jour, 30. Étant donc prophète et sachant que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur

son trône un fruit de son rein; 31. ce qu'ayant su d'avance il a parlé de la résurrection du Christ [disant] qu'il n’a point été abandonné dans le hadès

et que sa chair n’a point vu la pourriture. 32. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité,

promesse, faite par Dieu à David, II Sam. vir, 12; Ps. Lxxxix, 4, 5; oxxxn, 11, concer-

nait la postérité de David. Pierre l’applique au Roi Messie qui, d’après une tradition,

descend de David.

Ÿ 31) προϊδών, participe aor. second de προοράω, voir en avant, prévoir, connaître d'avance; ëkélnser : David, en qualité de prophète inspiré, a vu d'avance la résurrection

du Messie et il l’a annoncée au Psaume xvi, 10 : Parce que tu n’abandonneras pas mon

âme dans le hadès, et tu ne permettras pas que ton Saint voie la corruption. τοῦ Χριστοῦ : ὁ Χρίστος, le Messie, est le titre officiel et non un nom propre, comme il le deviendra plus tard.

ὅτι introduit les paroles suivantes comme une explication plus complète, il est alors |

explicatif; ou comme un simple exposé des faits, il est déclaratif. οὔτε ἐνχατελείφθη...

οὔτε εἶδεν : ces deux verbes sont à l’aoriste, temps du passé indéterminé, parce que au

point de vue de Pierre l'événement était passé : la résurrection du Messie avait eu

lieu; si on se place au point de vue de David, il faudrait le mettre au futur, comme

les Septante, ἐνχαταλείψεις. D a mis le futur, ἐνχαταλείφθη. εἰς ἅδην, dans le hadès. Le ᾽ ἵ > un ON V,

concept du hadès, c’est-à-dire du sheol a subi diverses transformations chez les Juifs.

Au temps de N. 5. le sheol devint le séjour où les morts recevaient la récompense ou

le châtiment de leurs actions, Ze. xvi, 23; de plus, il n’était pas un état définitif, mais

intermédiaire. Plus tard, il fut tenu pour le séjour des seuls damnés. Cf. Crewer- Kôce, Bibl. Wôrterburch d. N. T. Gr. 10e éd., p. 78. Après ἐνκατελείφθη, CSEP, Pesch. Arm. Chrys. ont ajouté à φυχὴ αὐτοῦ. Cette addition semble une glose destinée à faire pendant à ἣ σὰρξ αὐτοῦ et à établir ainsi le parallélisme entre les deux membres de la phrase, comme au ÿ 27. Il est probable que cette addition vient des Septante : οὐχ ἐνκαταλεΐψεις τὴν ψυχήν μου εἰς ἅδην. Ps. xv, 10. Elle est omise par NABC2?D 61 81 Vig. Boh. Sah.

οὔτε ἣ σὰρξ αὐτοῦ εἶδεν διαφθοράν : ces paroles de Pierre s'appuient sur le Psaume, ΧΥῚ,

10, mais l’Apôtre interprète la prophétie de David, lequel avait dit : Tu ne permettras

pas que ton saint voie l’abime (la corruption). Pierre précise l'idée et fait ressortir la résurrection corporelle de Jésus en changeant τὸν ὅσιόν σου en à σὰρξ αὐτοῦ. La prédiction de David sur la résurrection du Messie s’est donc réalisée en la personne de Jésus : Dieu l’a ressuscité; c’est ce qu’a démontré Pierre dans les Ÿ précédents.

ÿ 32) L'Apôtre confirme la réalité de la résurrection de Jésus par son témoignage et celui de ses compagnons; ils en ont tous été témoins. — τοῦτον τὸν ’Insoëy, ce Jésus, dont il a été parlé ÿ 22-24, Avec οὗτος l’article est exprimé devant un nom de personne. DE Gigas renforcent la conclusion en ajoutant οὖν : Pierre applique donc à Jésus la prophétie de David.

οὗ peut être au masculin et se rapporter à Jésus, duquel nous sommes les témoins, ou être au neutre et signifier de quoi, c’est-à-dire de la résurrection, dont nous sommes tous témoins. Ce deuxième sens est préférable parce qu'il s’agit ici de prouver la résurrection de Jésus. Pierre déclare qu'ils en sont tous les témoins, lui et les apôtres, mais aussi tous ceux qui ont assisté à l'ascension de Jésus et à la descente du Saint- Esprit. Il répétera encore plusieurs fois cette déclaration : 1, 22: mx, 15; τιν, 10, 33;

(a) ts β

V, 80, 32; x, 40. πάντες ἡμεῖς est emphatique. Pierre n'affirme pas d’a bord catégoriquement la conclusion qui découle de la résurrection de Jésus. 1] est ressuscité, donc, d’après le prophète David, il est le Messie. Il laisse aux auditeurs le soin de tirer la conclusion, mais il va l’insinuer dans les paroles qui suivent.

III Jésus À ÉTÉ ÉLEVÉ AU CIEL, CE QUI NE S'EST PAS RÉALISÉ pour Davin. Conclusion : Que Tour IsRAEL sAcHe que Dieu ἃ rar Jésus, Seieneur Er Messe, 11, 33-36.

Ÿ 33) La troisième partie du discours est si intimement liée à la seconde que la construction continue ce qui précède en reliant les deux parties par οὖν. τῇ δεξιᾷ τοῦ

… Θεοῦ ὑψωθείς : par l'ascension, suite naturelle de la résurrection, Jésus a été élevé par la droïte de Dieu, c’est-à-dire par la puissance de Dieu. La Vulgate : dextera Dei exal- tatus, confirme ce sens. Le contexte, où tous les événements sont rapportés à la

puissance de Dieu qui les a opérés, est favorable à ce sens; τῇ δεξιᾷ. serait un datif instrumental comme v, 81 : ὃ Θεὸς ὕψωσεν τῇ δεξιᾶ αὐτοῦ, où le sens n’est pas douteux; cf. le commentaire in loco. Das Führen mit der rechten Hand schliesst, das Festhalten mit derselben Hand bis zur Erreichung des Zwecks und Ziels der Bewegung in sich, Zanx. Quelques exégètes traduisent : élevé à la droite de Dieu, mais le datif seul ne

peut avoir ce sens. τῇ δεξιᾷ serait alors un datif de mouvement et serait pour εἰς ou

πρὸς τὴν δεξιὰν τοῦ Θεοῦ, Ce sens s’appuierait sur le ὃ 34, où il est dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : assieds-toi à ma droite. Mais le datif local ne se trouve nulle part dans le N. T., non plus que dans la prose attique, mais seulement chez les poètes. Mais ne le trouverait-on pas dans le grec populaire? Dans Hermas, Vis. 1v, 3, nous avons ποίῳ τόπῳ ἀπῆλθον. Cf. Verrius et Krozz. De la discussion des textes Winer,

. 31, 5 conclut qu'on peut sans hésitation traduire ὑψοῦν τῇ δεξιᾷ par élever à la droïte. ) q P ἴ Ἶ

ὑψωθείς, participe aoriste passif de dé, élever, glorifier; fréquent dans les Septante, 2 fois dans Matthieu, 7 fois dans Luc, 4 fois dans Jean et 3 fois dans le reste du N.T.

οὐφωθείς : ainsi s’accomplit à son sujet la parole qu'a dite Notre-Seigneur : ὃ ταπεινῶν

ἑαυτὸν ὑψωθήσεται, Le. χιν, 11; xvin, 14.

τὴν τε ἐπαγγελίαν : τε marque la liaison intime entre ὑψωθείς et λαδών. τὴν τε ἐπαγγελίαν τοῦ Πνεύματος ἁγίου : génitif objectif, est un hébraïsme ou peut-être une forme poétique ou populaire. Mais une apposition au génitif peut dépendre d'un nom; cette forme est grammaticale. Elle est pour τὸ ἐπηγγελμένον τὸ Πνεῦμα ἅγιον — λαδὼν παρὰ τοῦ Πατρός : Jésus a reçu du Père le Saint-Esprit promis : la promesse est réalisée; οἵ. Gal. πι, 184 : ἵνα τὴν ἐπαγγελίαν τοῦ Πνεύματος λάδωμεν.

ἐξέχεεν τοῦτο : il ἃ répandu l’Esprit-Saint d'après sa promesse, ὑπ. xvi, 7. L’effusion du Saint-Esprit, attribuée à Dieu, ὃ 17, l’est ici à Jésus. Après ἐξέχεεν D ajoute ϑμῖν.

τοῦτο ὃ ὑμεῖς χαὶ βλέπετε χαὶ ἀχούετε : ὑμεῖς ainsi que χαί... καί sont emphatiques. τοῦτο

peut se rapporter ἃ Πνεῦμα, ainsi que l'indique la Vulgate : effudit tunc quem vos

videtis, mais on ne peut dire que les assistants ont vu le Saint-Esprit, sinon en expliquant qu'ils en ont vu les effets, ce qui nous amène à penser que τοῦτο est un pronom neutre indiquant que Jésus a répandu ce que vous voyez et entendez, c'est-à-dire les effets produits par le Saint-Esprit sur les assistants. La construction grecque s'adapte mieux à cette seconde interprétation. À τοῦτο ἘΠ Pesch. Harkl. ajoutent τὸ δῶρον, ce qui

nous en sommes tous témoins. 33. Ayant donc été élevé par la droite de Dieu (à la droite de Dieu) et ayant recu du Père l’Esprit-Saint promis, il a

répandu ce que vous voyez et entendez. 84. Car David n’est point monté

aux cieux, mais il dit lui-même :

Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite,

complète le sens. La prophétie de Joël est accomplie; donc les temps messianiques. sont arrivés. Le Christ glorifié ayant reçu du Père l'Esprit-Saint, qui lui avait été promis, le répand et cette effusion produit ce que vous voyez et entendez. Il semblerait que le parler en langues se continuerait encore.

Il n'y a Pas contradiction entre 1, 4, où le Saint-Esprit est dit une promesse du Père et 1,33 où Jésus ayant été élevé par la droite de Dieu et ayant reçu du Père le Saint- Esprit qu’il avait promis l’a répandu sur ses disciples. Avant sa mort Jésus promet d'envoyer le Saint-Esprit, déjà promis dans l'A. T., et après sa résurrection et son exaltation il répand le Saint-Esprit promis.

Ÿ 34) Pierre fait appel de nouveau à l’Écriture pour établir que celui qui est monté au ciel, Jésus, est le Messie, et queson exaltation avait été prédite. Il prouve cela par

la parole du Seigneur à David, laquelle ne peut s'appliquer à David puisqu'il n’est

pas monté au ciel. Pierre s'appuie sur l’origine davidique du psaume et raisonne ainsi : David dans ce psaume parle de lui-même ou du Messie : or, il ne parle pas de lui-même puisqu'il n’est pas monté au ciel. Il parle done du Messie. Il cite le même passage qu'a employé Notre-Seigneur dans sa réponse aux Pharisiens sur le Christ, Mt. xx, 44; Me. x, 36; Loc. xx, 42, maïs le raisonnement de Notre-Seigneur est plus complet que celui de Pierre : Jésus pose aux Pharisiens cette interrogation : « Que: vous semble-t-il du Christ? De qui est-il fils? Ils lui disent : De David. Il leur dit : Gomment donc David, par l'Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, en disant : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite... Si donc David l'appelle. Seigneur, comment est-il son fils ? »

Ce psaume CX auquel ἃ été emprunté ce Ÿ a été souvent employé dans le N.T., ou il y a été fait allusion, Mr. xxvi, 64; I Cor. xv, 25; Hébr. 1, 18; v, 6; vu, 17, 21, etc: Notre-Seigneur l’attribue à David, Mt. xxn, 49; Mc. x, 86. Les Juifs l'ont toujours tenu pour messianique; Cf. Weger, Jüdische Theologie, 2° Aufl. p.357; Enersaem, Jesus: the Messiah, 11, p. 720; Driver, Zntrod. 10 the O. T., p. 362. Notre-Seigneur Le tenait comme tel puisqu'il l’emploie pour expliquer aux Pharisiens qui était le Messie; Pierre fait de même. εἰς οὐρανούς, souvent employé au pluriel dans le N. T., ainsi que dans les Septante d’après l’hébreu Shamaim. Cf. vu, 55. χάθου, contraction de χάθησο; dans le grec classique, Aristophane et dans la Κοινή, dans les Septante. χάθου est l'impératif de χάθημαι. ἐχ δεξιῶν μου, au lieu de ἐχ δεξίᾳ, peut être comparé à εἰς τὰ δεξιὰ μέρη. ὅπ. XXI, 6.

εἶπεν ὃ Κύριος τῷ Κυρίῳ μου : le Messie est appelé du même nom que le Seigneur : il est donc de la même nature. De plus, cette expression : Assieds-toi à ma droite est une métaphore hébraïque dont le sens est : Qu'il aït la même puissance que moi. Le Fils est done de même nature que le Père. « Deus Christum sic alloquens : Sede a dextris meis parem eum sibi divinis honoribus ipsaque divinitate declaravit, neque enim quis Deo par divinis honoribus testimonio ipsius Dei esse atque haberi potest, nisi qui et ipse sit Deus, Parrizzi. L'affirmation du Ÿ 33 que Jésus a été élevé à la droite de Dieu est confirmée par ce passage du Psaume : Assieds-toi à ma droite, mais avec la nuance : à ma droîte et non par ma droite.

35. ἕως ἂν θὼ τοὺς ἐχθρούς cou ὑποπόδιον τῶν ποδῶν σου. - si ΄ ES 5 2 δ et τ ALES « 36. ἀσφαλῶς οὖν γινωσχέτω πὰς οἶχος Ἰσραὴλ ὅτι χαὶ Κύριον αὐτὸν nai Χριστὸν 7 € - Ν 2 2e a ε ΑἹ ᾿ A ἐποίησεν ὁ Θεός; τοῦτον τὸν ᾿Ιησοῦν ὃν ὑμεῖς ἐσταυρώσατε.

Ÿ 35) ἕως ἂν θῶ : ἕως, jusqu'à ce que je place tes ennemis comme l’escabeau de tes pieds, LAGRANGE; jusqu’à ce que, n'implique pas que le Messie cessera de régner lorsque ses ennemis auront été mis sous ses pieds. Ce terme ne signifie pas que ce qui est exprimé aura lieu seulement jusqu’à une certaine époque. Cf. 1 Tim. 1v, 13 : ἕως ἔρχομαι πρόσεχε τῇ ἀναγνώσει : jusqu'à Ce que je vienne, applique-toi à la lecture. Paul évidemment n’a pas voulu dire qu'après son arrivée, Timothée cessera de s'appliquer à la

lecture. On peut même dire qu'après que le Seigneur aura mis tous les ennemis du

Messie sous les pieds de celui-ci, c’est alors qu’il règnera réellement sur tous — ἄν avec ἕως indique que, lorsqu'il reste douteux quand la chose fixée arrivera, cette chose continuera. D a supprimé ἄν. ὑποπόδιον τῶν ποδῶν σου : cette locution métaphorique dérive de l'usage oriental de mettre les pieds sur le cou des ennemis vaincus, Jos. x, 24; 1 Rois, v, 3. à

ἡ 36) ἀσφαλῶς οὖν : Pierre conclut, et avec une certaine emphase : Donc, que toute la

maison d'Israël sache (ou connaisse ou comprenne) avec certitude par les textes

bibliques qu'il a cités, et par les faits qu'il ἃ rappætés : la résurrection et l'ascension de Jésus, l’effusion du Saint-Esprit, que Dieu a fait (constitué) Jésus et Seigneur et Messie, et qu'elle doit le reconnaître comme tel. — ἐποίησεν, à l’aoriste, indique, la consommation du dessein de Dieu. πᾶς οἶκος Ἰσραήλ : bien qu'il n’y ait qu'une maison d'Israël et qu’elle soit connue des auditeurs, l’article n’est pas employé parce que οἶκος Ἰσραήλ est regardé comme un nom propre ou parce que c’est un hébraïsme, Brass. Cf.

Rois, vu, 2; Néh. 1v, 16, etc. — καὶ Κύριον, et Seigneur, ainsi que cela ressort du psaume

cité : Jésus est le Seigneur à qui Dieu a dit de s'asseoir à sa droite. Dans sa première q Ρ

épître, m1, 15, Pierre emploie encore cette expression : Képtov δὲ τὸν Χριστὸν ἁγιάσατε ἐν ταῖς χαρδίαις ὑμῶν. Sur l'ancienneté de cette formule, cf. KarrenBusen, Der apost. Sym-

bol., τι, p. 596.

Κύριος est l'appellation générale qui définit la nature de Jésus ; Χριστός, la désignation plus spéciale qui caractérise le Seigneur, assis à la droite de Dieu comme étant le Messie attendu par les Juifs. Faut-il en conclure avec Wrede, Das Messiasgeheimnis Jesu in den Evang. p. 214; avec Harnack, Neue Untersuchungen zur Apostelgeschichte, p.75, que par ces paroles Pierre affirme que Jésus a été établi Seigneur et Messie par sa résur-

rection et son élévation au ciel? Les récits évangéliques prouvent qu'il était Seigneur

et Messie de son vivant : Jésus l’a affirmé lui-même devant le Sanhédrin, ἃ cette inter-

rogation du grand prêtre : Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Mes-

sie, le Fils de Dieu, Jésus répond : Tu l’as dit. Mr. xxvi, 63. Pierre, sur le chemin de Césarée, a confessé que Jésus était le Messie, le Fils du Dieu vivant, et Jésus approuve cette déclaration : Tu es heureux, Simon, fils de Jona, car ce n’est pas la chair et le

sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. M4. xvr, 16 ss. Donc,

« déjà pendant sa vie terrestre, Jésus était le Christ, mais sa résurrection a été la preuve décisive et la manifestation suprême de la dignité messianique et en même temps de sa filiation divine. La parole prophétique : « Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujour-

d’hui », a été appliquée par saint Paul, χπὶ, 33, à la résurrection; on en avait déjà

entendu un écho à la transfiguration et au baptême : ces grandes dates ne marquent pas l'origine de la filiation divine, mais sa manifestation progressive ». LEBRETON, Les origines du dogme de la Trinité, p. 263. Sanday, Headlam expliquent dans le même sens le texte de Paul, Rom. 1, ἃ : Τοῦ ὁρισθέντος υἱοῦ Θεοῦ ἐν δυνάμει κατὰ Πνεῦμα ἁγιωσύνης ἐξ ἀναστάσεως νεχρῶν. « It is certain that St Paul did not hold that the son of God became

35. Jusqu'à ce que j'aie placé tes ennemis comme un escabeau sous tes pieds.

36. Que toute la maison d'Israël sache donc avec certitude que Dieu l’a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifé.

son by the Resurrection. The undoubted Epistles are clear on this point (esp. IL Cor. 1v, ἄς vu, 9; cf. Col. τ, 15-19). At the same time he did regard the Resurrection as

making a difference — if not in the transcendental relations of the Father to the son

(which lie beyond our cognisance) yet in the visible manifestation of Sonship as adressed to the understanding of men (cf. esp. Philip. τι, 9). Voir dans LAGRANGE, Saint Paul, Épitre aux Romains, Ὁ. 6 ss, l'explication de ce verset, Rom. 1, 4. L'affirmation de Pierre marque donc seulement un fait; la phase nouvelle de l’activité messianique de Jésus, et non une date. Cf. Lerin, Jésus Messie et Fils de Dieu, p. 281 58. Bousset, Æyrios Christos, Geschichte des Christusglaubens von den Anfängen des Christentum bis [renaeus, p. 94 ss., soutient que les premières communautés chrétiennes, celle de Jérusalem en particulier, n'ont pas connu et appliqué à Jésus ce titre de Κύριος. Loisy défend la même opinion, ainsi que Εἰ. Lohmeyer, Christuskult und Kaiserkult, Tübingen, 1919. Pierre s’est servi de ce titre pour désigner le Christ Jésus, mais ce n’est pas lui qui l’a introduit dans l’usage chrétien, ce sont les églises de la Gentilité. L'introduction du titre Κύριος est due à l'influence du milieu païen, dans lequel elles vivaient. Ce titre viendrait des religions et surtout des cultes du monde gréco-romain : culte des Césars, des Ptolémées, des divinités grecques et orientales. Cf. LeBrEToN, Les origines du dogme de la Trinité, 3° éd. Paris, 1910, p. 8-10, 16, etc.

D’après Dumont, /nscriptions et Monuments figurés de la Thrace, p.181, « l'usage était général en Thrace d’appeler les dieux et les déesses Κύριος et Κυρία »; cet usage assez rare en Asie mineure est très fréquent en Egypte et en Syrie. Ce milieu syrien aurait agi sur les premières communautés hellénistes, sans qu'elles s’en doutassent; insensiblement mais rapidement, le titre Κύριος se serait glissé à la première place.

Mais L. Cerfaux (1) a prouvé qu’en Orient et chez les Gréco-Romains, il n’y avait pas eu liaison nécessaire entre l'appellation Kyrios et le culte impérial. Voici sa conclusion : « L’habitude d'appeler le souverain « Seigneur », Kyrios, est un trait de mœurs orientales, qui ἃ passé dans la langue grecque à l’époque de l’hellénisme, sous l’influence des idées orientales.

« Nous retrouvons partout en Orient le titre « Seigneur », presque toujours sous la forme « notre Seigneur », donné aux rois. Chez les Araméens en particulier, marana, maran est essentiellement un titre royal, désignant exclusivement le roi régnant,

. jamais un dieu ou un roi admis à l’apothéose. Il y a opposition entre maran et élaha

(le nom de Dieu chez les Araméens). On a conscience dans le monde gréco-romain — disons à Alexandrie, pour éviter de trop généraliser — de la valeur du terme syrien maran (Philon d'Alexandrie).

« Le titre Kyrios, employé par les Gréco-Romains, en Orient, à l'adresse des rois, n’a par lui-même aucune relation avec le culte. Il resta un titre appartenant à tous les souverains. Attaché à la personne des empereurs, il a pris un sens encore plus spécial, dans la langue du peuple, signifiant concrétement « l’empereur ». Encore ici, il est resté souvent un simple titre d'honneur, ou plutôt de fonction, appartenant au souverain par le seul fait de la dignité impériale, sans qu’on puisse voir de lien nécessaire et essentiel entre l'appellation Kyrios et le culte impérial. Il y a chez les Grecs, la même distinction entre Kyrios et Theos qu'entre maran et élaha des Araméens. »

(1) Revue des sciences philosophiques et théologiques, {. XI, p. 40-71. Le Saulchoir, 1922.

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87. ᾿Αχούσαντες δὲ χατενύώγησαν. τὴν χαρδίαν, εἶπόν τ De plus, ainsi que le fait remarquer Huby, Recherches de science religieuse, t. V, p. 571, « ce n'est pas dans un culte païen qu’ils abhorraient que les chrétiens sont allés chercher les inspirations foncières de leur vie de foï et de prière. En matière aussi grave, le milieu païen n’a pu agir sur eux, que pour éveiller les protestations de leur conscience. Le spectacle du paganisme et de ses apothéoses les a excités à opposer avec plus de force à la multiplicité des dieux et des seigneurs honorés par les gentils le seul Dieu et Seigneur Jésus-Christ »; cf. I Cor. vit, 6. | Les textes néotestamentaires contredisent d'ailleurs cette hypothèse. Pendant sa vie, Jésus a été appelé Seigneur, par ses disciples, rarement dans Matthieu et Marc, mais souvent däns Luc, 11, 11; νὰ, 18: x, 1, 39,41; χι, 839; x11,.42 ; χη, 45 ; xvn, 5, etc., et Jean, 1v, 1; vi, 23; x1, 2, et même Jésus approuva et consacra l'usage de cetitre, Mt. χα,

8; Le. xix, 31. Dans le IV® évangile, c’est surtout après la résurrection que ce titre

est donné à Jésus, xx, 2, 13, 18, 20, 25; xx, 7,12. Dans les Actes, Jésus est fréquemment appelé Κύριος, 1, 6,21, 24; 11, 36; 1v, 29, 88; vit, 59, 60; 1x, 15, 17, etc. Il est employé dans les prières, comme une invocation, 1, 2%; 1v, 29; vu, 59, 60, etc. Chez Paul, il fait partie de sa phraséologie ordinaire. Mais, d'après Heitmüller, Zum Problem Pau-

lus und Jesus, et Bousset, Paul, en adoptant cette appellation pour le Christ, a suivi

l'usage des communautés hellénistiques. 11 faudrait expliquer « comment ce titre de Κύριος, introduit par la communauté d’'Antioche, s’est répandu si rapidement et si pacifiquement dans tout le monde chrétien, bien que plus d’une communauté, même en terre hellénique, renfermât un élément notable de Juifs ou de Judaïsants convertis.

Saint Paul suppose la formule connue de toutes les communautés auxquelles il écrit,

Thessalonique, Philippes, les Galates, Corinthe, même de celles qu’il n’a pas personnellement évangélisées, comme l’église romaine. » Hugy, £0., p. 572, n. 1.

Que dans la littérature chrétienne postérieure, dans les prières et dans la liturgie, ce titre Κύριος implique la eroyance des chrétiens à la divinité de Jésus-Christ, c'est un fait certain, mais Pierre a-t-il voulu, en attestant que Dieu avait fait Jésus Seigneur, affirmer la divinité de Jésus, son égalité de nature avec son Père? Nous le pensons, bien que cette affirmation de Pierre ne soit pas très nette.

Signalons cette remarque de Reuss, Actes des apôtres, Ὁ. 59 : « La christologie, représentée par les discours insérés dans ce livre, est encore extrêmement simple et populaire. Jésus de Nazareth est un homme auquel Dieu a donné le pouvoir de faire

des miracles pour le légitimer, l’accréditer auprès des Juifs; Dieu l’a ressuscité après

sa mort, l’a élevé par sa droite, c’est-à-dire par sa puissance et lui ἃ donné l'esprit promis aux croyants pour qu'il le répandit sur eux. Par tous ces actes, Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que les Juifs ont crucifié. IL n’y a pas encore de trace dans tout ceci de la conception métaphysique du dogme relatif à la personne du Sauveur. » Sur ce dernier point Reuss dépasse ce qu’on peut historiquement démontrer. τοῦτον τὸν Ἰησοῦν ὃν ὑμεῖς ἐσταυρώσατε : ce même Jésus que vous avez crucifié; ὑμεῖς est emphatique. Bien que Jésus ait été crucifié par les soldats romains, Pierre peut accuser les Juifs d’avoir crucifié Jésus, parce que c’est eux qui l'ont livré au procurateur romain, et qui ont demandé à grands cris son crucifiement. Il y avait peut-être parmi les assistants des Juifs qui avaient crié : Crucifez-le. Les Juifs ont ainsi agi en opposition directe avec Dieu; celui-ci a fait Jésus, Seigneur et Messie et eux, ils l'ont mis à mort par un supplice déshonorant. Ils sont done les ennemis de Dieu et de son Christ. Pierre termine ainsi son discours par cette dure accusation contre les Juifs. D'après Feïne, Eine vorkanonische Ueberlieferung des Lukas, p. 169, ce discours de Pierre, 1, 14-36, proviendrait de la source judéo-chrétienne qu’il a essayé de découvrir dans l'évangile de Luc et dans les Actes, parce que ce discours n'offrirait rien

37. Or, ayant entendu [ce discours] ils furent touchés au cœur et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Que ferons-nous, hommes frères?

d’universaliste et ne reproduirait que des idées spécifiquement juives. Sur ce second ΄ - ν᾽ J

point, il ne pouvait en être autrement, mais sur le premier remarquons que la pro-

phétie de Joël est universaliste ; elle s'applique à toutes les nations.

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