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II, 37-42 : CONVERSION DES JUIFS

Le codex de Bèze complète et explique Le texte de la façon suivante : Τότε πάντες oi συνελθόντες καὶ ἀκούσαντες χατενύγησαν τῇ χαρδίᾳ καί τινες ἐξ αὐτῶν εἶπαν πρὸς τὸν Πέτρον χαὶ τοὺς ἀποστόλους" τί οὖν ποιήσομεν, ἄνδρες ἀδελφοί, ὑποδείξατε ἡμῖν ; tunc omnes qui convenerant exaudièntes stimulati sunt corde et quidam ex ipsis dixerunt ad Petrum et ad apostolos : quid ergo faciemus, viri fratres, ostendite nobis, ἃ. ὑποδείξατε ἡμῖν est aussi ajouté par E. Gig. Par. Wernig. ΤΟ]. Harkl. (mg.) Aug. Prom.

ἀχούσαντες δέ : δέ, or, indique le résultat des Droles de Pierre; ἢ relie ce qui Disco

à ce qui suit. ἀκούσαντες peut signifier entendre et comprendre : les auditeurs ayant

compris.

L’auditoire a été vivement ému, littéralement piqué au cœur par les paroles de Pierre, pleines d’un ardent amour pour Dieu et pour ses frères. χατενύγησαν : κατά est intensif. Le y à l’aoriste second est de langue récente. χατανύσσω, employé ici seulement dans le N.T. se trouve dans les Septante, Ps. «rx, 16; il est inconnu au grec classique qui emploie νύσσειν pour exprimer la même impression : émouvoir violemment.

τὴν χαρδίαν, N ABC ou τῇ καρδίᾳ, DEP 614 : avec l’adjectif on emploie le datif; avec le verbe, l’accusatif; dans les Septante, le datif avec le participe, Brass. L’accusatif détermine ainsi l'organe des sentiments d’une façon plus précise. Acerrimus dolor animum perculit; χαρδία signifie ici animus, le principe et le centre des sensations, des pensées, des désirs, des volontés, des affections morales. — εἶπόν τε : τε marque l’union intime entre les sentiments des Juifs et l'expression de ces sentiments.

Les Juifs, convaincus que Jésus qu’ils ont crucifié est le Messie, comprennent l’énor-

mité de lie crime; ils sentent dans leur cœur et leur conscience le crime de leur peuple. Ils sont frappés de l'accusation portée par Pierre contre eux; ils en reconnais-

sent la vérité et veulent réparer la faute nationale qui à été commise par le crucifie-. ment de Jésus. Ils veulent passer du sentiment à l'acte et demandent à Pierre ce

qu’ils doivent faire pour cela. τί ποιήσωμεν, subjonctif de délibération, employé comme toujours en de semblables questions, où la décision de la question est laissée au jugement d'un autre; cf. Le. III, 10, 12, 14; Mc. xur, 14 etc. Voir Vireau, 1, p. 28; BuRTON, p. 76, 126.

ἄνδρες ἀδελφοί : Cette expression affectueuse qu'emploient les Juifs prouve que leur cœur est gagné; elle est comme une réponse à l’appel de Pierre. Ils ont bien changé

de sentiment à l'égard des apôtres : καὶ οἰχειωτικῶς, αὐτοῦς ἀδελφοὺς χαλοῦσιν, οὺς πρώην

ἐχλεύαζον, (ECUMENIUS.

Ÿ 38) Répondant au nom de tous les apôtres, Pierre commence son discours comme

Jean-Baptiste, Mi. m1, 2 et comme Notre-Seigneur, Mr. 1v, 47; Me. τ, 45, par une

exhortation à un changement de pensées, de sentiments et de vie et non à un simple regret du passé. Le Seigneur avait ordonné à ses apôtres de prêcher la pénitence et la rémission des péchés en son nom, Le. xxiv, 47. — μετανοέω signifie penser après, réfléchir, changer d'avis, se repentir. Il indique un changement d’esprit (penser autrement). Par ce terme, Pierre exhorte donc les Juifs à changer leur manière de voir, leur jugement sur Jésus. Au lieu de ‘le tenir pour un faux Messie, ils doivent le

regarder comme le Seigneur et le Messie. Ce changement de jugement impliquera le repentir du crime qu’ils ont commis en crucifiant Jésus. Et Pierre ajoute : βαπτισθήτω ἕχαστος ὑμῶν : que chacun de vous soit baptisé pour marquer Le changement qui s'opère en eux et produit une nouvelle vie : Le baptême est une naissance : Jean-Baptiste avait prêché aussi le baptême pour la rémission des péchés, maïs c'était en vue du

ο΄ Messie futur, tandis qu'ici le baptème est une confession de Jésus Messie, puisqu'il est

reçu en son nom. « Le baptême, comme apposition symbolique d’un sceau de la μεταvotæ, doit être donné sur le fondement du nom qui désigne Jésus comme le Messie. » B. Weiss. - ' Nous avons deux leçons de la suite du texte : ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ : BCD, Jér. Epiph. Cyr. Théod. ἐπὶ τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ : NAEP, des min. Bas. Chrys. La plupart des critiques, Tischendorff, B. Weiss, Blass, Nestle, von Soden, adoptent ἐπί parce que c’est la leçon rare et difficile; elle n’est pas ailleurs dans le N. T., où l’on a εἰς τὸ ονόμα ou ἐν τῷ ὀνόματι. Elle est d’ailleurs bien appuyée par les documents. ᾿ βαπτισθήτω ἕχαστος ὑμῶν : Pierre parle à ses auditeurs du baptême comme d'un rite

- connu; les Juifs baptisaient leurs prosélytes; Jean avait baptisé pour la rémission

des péchés et enfin les disciples de Jésus avaient baptisé, /n. 1v, 2. Le baptême reçu prouvera la réalité et la sincérité du changement de pensées, de la repentance.

Pierre venait de prouver dans son discours que Jésus était le Messie; il devait donc conclure : Soyez baptisés au nom de Jésus, le Messie, c’est-à-dire pour devenir un avec Jésus-Christ, pour lui être incorporés. D'après l'usage hébraïque, ὀνόμα désigne la personne; au nom de Jésus-Christ, c’est donc dans la personne de Jésus-Christ cf.

= Rom. wi, 8: L.Cor.1, 13; Gal. 1, 27. — On trouve dans les Actes : βαπτισθήτω Ext ou ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ τι, 88; εἰς τὸ ὄνομα Ἰησοῦ Χριστοῦ, vin, 16; χιχ, 5; ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ

Χριστοῦ, x, 48. L'emploi de ces diverses prépositions n'implique peut-être pas une véritable différence de sens si elles sont simplement la traduction de l’hébreu wa.

De plus ἐπί est peut-être employé pour ne pas répéter εἰς; enfin, εἰς et ἐν sont employés l’un pour l’autre dans le N. T.

On peut cependant découvrir des nuances de sens entre ces diverses prépositions. ἐπί pourrait indiquer que le baptême est donné par l'autorité de son nom, sur le fon-

dement du nom, c’est-à-dire de la personne de Jésus Messie, donc, de Jésus reconnu

comme Messie, de la foi en lui et de la confession de cette foi. Au sens figuré, ἐπί marque en général la base, le fondement sur lequel une action ou un état est appuyé. Faire une action au nom de quelqu'un, c’est faire cette action en s'appuyant sur celui-ci. Dans l'expression : être baptisé au nom de Jésus-Christ, le baptême est donc fondé sur la confession de son nom. εἰς τὸ ὄνομα ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ signifiera l'incorporation à la personne de Jésus-Christ; l'attribution du fidèle à Jésus-Christ et ἐν τῷ ὀνόματι ᾿Ιησοῦ Χρηστοῦ, par la vertu du nom, par l’autorité de Jésus-Christ. Chase, Journ. of. theol. Studies, vol. VI, p. 507, croit que βαπτίζειν εἰς τὸ ὀνόμα ou B. ἐν τῷ ὀνόματι impliquent le même sens : immerger dans le nom. Ces deux formules représentent le nom divin à l'intérieur duquel ou dans lequel le baptisé est plongé. Robinson, #6., vol. VII, p. 198, est du même avis. — Heïitmüller, 7m Namen Jesu, p. 127 ss., explique autrement ces trois formules. Pour lui ce sont trois tournures de phrase : ἐπὶ τῷ ὀνόματι est une description de la manière dont une chose s’est passée; cette formule affirme que le baptême s'effectue, s’accomplit sous la nomination du nom de Jésus. εἰς τὸ ὀνόμα indique le but et le résultat du baptême; elle affirme que le baptisé est dans un rapport d'appartenance à Jésus-Christ; il est sa propriété. Cette formule implique aussi la nomination du nom de.Jésus. ἐν τῷ ὀνόματι indique seulement la nomination du nom

38. Pierre leur dit : Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au

de Jésus. Il semble qu'Heitmüller ait vu dans ces trois formules une sorte de formule

magique consistant dans la nomination du nom de Jésus,

On a présenté diverses explications de ces expressions. Remarquons d’abord qu'elles ne représentent pas la formule liturgique du baptême, ainsi que le prouve la Didachè qui, après avoir déclaré que l’on devait baptiser le catéchumène au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, vu, 1, 3, ajoute, 1x, 5, que seuls peuvent participer au repas eucharistique ceux qui ont été baptisés au nom du Seigneur, εἰς ὄνομα Κυρίου.

19 D'après saint Thomas, Summa 88, q.66, art. 6, ad um, ces expressions reproduisent une formule liturgique usitée alors : « Ex speciali Christi revelatione apostoli in primitiva Ecclesia in nomine ‘Christi baptizabant, ut nomen Christi quod erat odiosum Judaeis et Gentilibus honorabile redderet per hoc quod ad invocationem Spiritus Sanctus dabatur in baptismo ».

20 Kirsopp Lake, Diction. of the apost. Church, I, p. 29, soutient que cette formule

représente un stage ancien de la pratique chrétienne, où le baptème était donné

au nom du Seigneur Jésus (ou de Jésus-Christ) et non dans la formule trinitaire, au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. C'était la pratique de Paul, autant du moins que nous pouvons le découvrir d'après Rom., vi, 3; Gal, πι, 27, des communaütés primitives, Did. 1x, 5 (mais non, vu, 1, 3) Hermas, Sim. 1x, 17, 4 et le texte d'Eusèbe de M. xxvin, 19. La première formule serait donc la formule primitive du baptême et la formule trinitaire en serait un développement — Mais si elles sont toutes les deux, formules baptismales, comment expliquera-t-on que la Didachè les emploie conjointement ?

3° On a supposé que ce baptême εἰς τὸ ὄνομα Ἰησοῦ Χριστοῦ ou ἐν τῷ ὀνόματι était 16 baptême qu’avaient donné les apôtres pendant le ministère public de leur Maître. Après sa mort, habitués à cette formule, ils avaient continué à l'employer bien que Jésus ait ordonné, après sa résurrection, de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Cette formule, εἰς τὸ ὄνομα Ἰησοῦ Χριστοῦ ne fut plus employée lorsque

le premier évangile eut fait connaître la formule ordonnée par le Christ — Tout ceci. ne paraît avoir aucune base documentaire. Au contraire, la formule trinitaire est très.

ancienne ; elle est supposée par la demande de Paul, χιχ, 2 ss., aux disciples d'Ephèse,

s'ils ont reçu le Saint-Esprit. À leur réponse qu'ils ne savaient pas qu'il y eût un Saint-Esprit, Paul leur demande quel baptême ils ont reçu, ce qui implique l’idée

que 5115 avaient reçu le baptême chrétien, ils auraient connu le Saint-Esprit, puisqu'il était donné au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Cette formule nous est .

attestée par la Didachè, vrr, 3; Justin, I Ap. υχι, 8; Tertullien, de Baplismo, 13; adv. Phare 26:

40 Saint Cyprien, Epist. 73, 17 ss., ἃ suggéré que les apôtres, quand ils baptisaient des Juifs se contentaient de le faire au nom de Jésus-Christ, puisqu'ils croyaient déjà au Père; quand ils baptisaient les gentils, ils se servaient de la formule complète qui avait été donnée par le Seigneur, lorsqu'il avait ordonné de baptiser toutes les nations. — Cette explication est démentie par le fait que Cornélius et sa maison, donc des gentils, furent baptisés au nom de Jésus.

5° Le baptème au nom d’une personne de la Trinité est virtuellement le baptême au nom de la Trinité tout entière et il est valide. C’est l'opinion de saint Ambroise, de Spiritu Sancto, 1, 4, 43, 44; de Bède, Super Acta Exp. X, 48; de Pierre Lombard, Sent. IV, Dist. m1, 4; d'Hugues de Saint-Victor, de Sacram., 1, 18; de saint Thomas, Summa, TIT, 66, 6. Cette opinion a été confirmée par le concile de Fréjus, en 792. εἰς τὸ ὄνομα Κυριοῦ Ἰησοῦ serait donc la- formule du baptème que les apôtres auraient employée, au lieu de la formule trinitaire, afin de glorifier le nom de Jésus et pro-

F er NE > 7. X 7 - ᾿μετανοήσατε, καὶ βαπτισθήτω; ἕχαατος. ὑμῶν ἐπὶ τῷ, ὀνόματι. 'Τησοῦ Χριστοῦ, εἰς: ἄφεσιν υ

a τῇ τας πα - A ᾽ el Ἅ ἐστιν. ἡ, ἐπαγγελία, καὶ τοῖς, τέκνοις ὑμῶν, Lab ἀᾶσιν τοῖς, εἰς. μαχράν, ὅσους ἂν προσλχα-

clamer sa Messianité. Mais il est bien invraisemblable que les apôtres. π᾿ αἰθηΐ pas obéi à l’ordre. de leur Maître, Mt. xxvinr, 19. 68 La signification de ces expressions, ἐὶς τὸ ὄνομα, ἐν où ἐπὶ τῷ ὀνόματι doit être cherchée dans ce fait qu'aux temps. primitifs le baptême de Jean était encore donné, Act. xx, 5 et que les Juifs baptisaïent aussi leurs prosélytes; il fallait done distinguer le: baptême chrétien du baptême de Jean ou des Juifs. Celui qui était baptisé εἰς τὸ ὄνομα Κυριοῦ Ἰησοῦ où ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ était incorporé à la personne de Jésus- Christ; il appartenait à Jésus, — d’après Deissmann, Neue Bibelstudien, p. 25, les. animaux étaient marqués ἐπ᾽ ὀνόματος de leur propriétaire — il faisait partie de la communauté dont le Seigneur Jésus était le chef. IL était chrétien. C'est. à pew près le même sens que présente la formule ἐπὶ τῷ ὀνόματι ᾿[ησοῦ Χριστοῦ. Pierre engageait les Juifs, ses auditeurs, à être baptisés sur le fondement. de la personne de Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le texte de la Didachè fait bien ressortir le sens de ces: deux formules. Lorsqu'il est question de fixer la formule du baptème, elle. dit nettement. qu'il faut baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit; plus loin, quand: elle parle de ceux qui ont le droit de participer à l’eucharistie, c'est-à-dire au repas du Seigneur, elle règle que ceux-là seuls pourront y prendre part qui auront été baptisés au nom du Seigneur Jésus, dans la personne de Jésus-Christ, ceux qui: ont été incorporés à Jésus-Christ; en d’autres termes, ceux qui sont chrétiens. IH ᾿ς fallait, en face des autres baptêmes, spécifier que pour participer au repas du Seigneur, τς c'était le baptême au nom de Jésus-Christ qu'on devait avoir reçu. « Officiellement, - om baptisait au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit; mais quand on mentionnait ce sacrement par son nom essentiellement chrétien, on parlait du baptême au nom du Seigneur. » BARDe.

ἐπί où ἐν τῷ ὀνόματι, I. X. n’est donc pas la formule liturgique: du baptôême. Cependant, « l'énoncé des conditions qui sont nécessaires pour obtenir Le salut contient une confession trinitaire : le mouvement de la pénitence: ow plus exactement de la repentanee est vers Dieu le: Père qui pardonne les péchés; le terme du baptême est. le Fils rédempteur et sauveur, assis à la droite de Dieu, auquel le. baptisé est. uni, et comme incorporé; enfin le croyant reçoit l'Esprit-Saint qui dorénavant l'anime et le guide » Rose, ἔπ. loco.

εἰς, ἄφεσιν τῶν ἁμαρτιῶν ὑμῶν: pour Fa rémission de vos péchés. Ces mots. rappellent la parole de Notre-Seigneur, quand il institua la sainte eucharistie : Τοῦτο γάρ ἐστιν. τὸ αἷμά: μου τῆς. διαθήχης τὸ περὶ πολλῶν. ἐκχυννόμενον εἰς ἄφεσιν ἁυδρτιῶν, Mt. xxvr, 28. Pierre affirme ici que le pardon des péchés qui appartenait à Dieu seul. nous venait aussi par Jésus-Christ, et il affirme ainsi la divinité de celui-ci..sk ἃ diverses significations: il ne signifie pas nécessairement le: dessein, le but. Il peut cependant être employé dans ce sens.

χαὶ λήμψεσθε τὴν δωρεὰν τοῦ ἁγίου Πνέυματος: : Que chacun soit baptisé et comme conséquence il recevra le don du Saint-Esprit; καί est consécutif et signifie, par conséquent, ou dans la suite. Le don du Saint-Esprit est ici lié intimement avec le baptême. Le nouveau baptême basé sur la confession de la messianité de Jésus était suivi de la donation du Saint-Esprit, ce qui le distinguait du baptême de Jean. τὴν δωρεὰν τοῦ ἁγίου Πνεύματος, c'est-à-dire le don qui consiste dans 16 Saint-Esprit; cf. x, 45; xx, 17; Hébn: 1x, #, don d'où découlent tous les autres dons. δωρεά. et non χαρίσματα. : δωρεά. indique que le baptême. infuse dans l'âme le Saint-Esprit dont la possession est un

nom de Jésus-Christ pour la rémission de vos péchés et vous recevrez le don

du Saint-Esprit. 39. Car pour vous est la promesse et pour vos enfants. et pour tous ceux qui sont au loin, autant qu’en appellera à soi le Seigneur :

don permanent, qui produit la sanctification, c’est la grâce habituelle sanctifiante, tandis: que χαρίσματα: désigne des dons répondant à des besoins déterminés, transitoires, accordés à quelques-uns seulement. Cf. I Cor. χη, x1v. δωρεὰ: τοῦ ἁγίου Πνεύμοτος est employé seulement par Luc. La rémission des péchés est le but et l'effet négatif du baptême ; l’eflet positif, c'est le don du Saint-Esprit, qui produit la sainteté et élève le baptisé à l’état d'enfant de Dieu, Jn. πὶ, 3. Dans ce Ÿ nous avons un résumé de la vie chrétienne : le repentir, la foi, la justification, la sanctification.

ἡ 39) Pierre appuie son exhortation en rappelant que la promesse, exprimée par Joël, Ÿ 17, est pour eux d’abord —-buiv, datif de possession, χαὶ τοῖς τέκνοις buüv, et pour leurs enfants, actuellement vivantsetaussi leurs descendants, Rom. τ, 16, χαὶ πᾶσιν τοῖς εἰς μαχράν, et pour tous ceux qui sont au loin. Ces différents καί sont disjonctifs. — τοῖς, sis μαχράν:: εἰς pour ἐν, sous-entendu χατοιχοῦσιν. Les exégètes ne s'accordent pas sur ceux que désigne cette expression. Les uns, Beelen, Wendt, Holtzmann y voient seulement les Juifs de la Diaspora, sous prétexte que l’oracle de Joël se rapportait seulement à: la nation juive, ce qui d’abord n’est pas exact, puisque Dieu promet de répandre son: Esprit sur toute chair, Joël, 11, 38 et puis les Juifs de la Diaspora sont contenus dans τοῖς τέχνοις ὑμῶν; de plus, il ne peut: être question de ceux-ci puisque Pierre ajoute ὅσους’ ἂν προσχαλέσηται Κύριος ὁ Θεὸς ἡμῶν, car les Juifs de la Diaspora étaient, tout aussi bien: que ceux de Jérusalem, déjà appelés : comme fils d'Abraham, ïls faisaient partie de la nation sainte. Enfin, s’il s'agissait des Juifs de la Diaspora, la conjonction xai eût été inutile devant τοῖς εἰς μαχράν. On ne peut soutenir non plus qu’il s’agit ici seulemenf des: Juifs parce que Pierre ajoute : en aussi grand nombre que notre Dieu, ὁ Θεὸς ἡμῶν, en appellera. Cette expression ne signifie pas que Diew est seulement le Dieu des Juifs. I} est donc probable, ainsi que le croient Œcumenius, de Wette, Meyer, Nüsgen, Felten, Knabenbauer, Zahn, Loisy, que Pierre parle ici des gentils répandus dans Funivers entier. Cette expression indique nettement les païens dans Isaïe, x1ix, 4; Εν, 49; Zacharie, νι, 15 et chez les écrivains rabbiniques, Scnürreen, Horae Hebr., E : p: 261. Paul, £pk. n, 13, 17, appelle aussi les gentils, οἱ ὄντες μαχράν. Les Juifs croyaient que le règne du Messie serait universel. Les prophètes avaient distinctement prédit que les gentils formeraient un seul peuple avec les Juifs sous la domination du Messie, qu'ils reconnaîtraient: le même Dieu, Zsaïe, 11, 2, 88; xx, 5; Lix, 43 Amos, 1x, 12; Michée, 1v,4, ss. L’oracle de Joël, nr, 28, annonçait que l'Esprit du Seigneur serait répandu sur toute chair et, mr, 8, le Seigneur dit qu’il rassemblera toutes les nations: Pierre etles apôtres croyaient donc certainement que toutes les nations étaient appelées à faire partie du royaume messianique, puisque tel avait été l’enseignement explicite de Notre-Seïgneur, /n. x, 16; cf. Mt. xxvur, 19; Me. xvr, 15, 16; mais ils croyaient tout d'abord que cette admission des gentils dans le royaume comportait pour eux Vobservation de la Loi mosaïque ; c’est ainsi que les Juifs contemporains interprétaient les prophéties sur les gentils. L'ignorance de Pierre sur la vocation des gentils ne portait donc pas sur le fait mais sur le mode de leur admission dans la communauté chrétienne. Il ἃ fallu que Pierre reçût de nouvelles instructions de Dieu pour comprendre quelles devaient être les conditions d'admission des gentils dans l'Église chrétienne. Il n'y a donc pas lieu de penser comme Hilgenfeld, Jüngst, Feine que roc εἰς μαχράν est une addition rédactionnelle ‘de l’auteur des Actes au discours de Pierre. D'après Preuschen, τοῖς εἰς μαχράν ne désigne pas ceux qui habitent au loin, mais ceux

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λέσηται Κύριος ὁ Θεὸς ἡμῶν. 10, ἑτέροις τε λόγοις πλείοσιν διεμαρτύρατο, nai LA

= = & , [A à - F5 — € À œ Tirapexdhe αὐτοὺς λέγων᾽ Σιώθητε ἀπὸ τῆς γενεᾶς τῆς σχολιᾶς ταύτης. ΚΊ. οἱ μὲν οὖν 9 ᾿ A +

qui viendront plus tard, Les races futures, comme dans Æccli. xx1v, 82, où εἰς μαχράν et

εἰς γενεὰς αἰώνιων sont mis en parallèle. Mais on ne peut admettre cette explication. : τοῖς.

τέχνοίς ὑμῶν, implique déjà ce sens.

ὅσους ἂν προσχαλέσηται Κύριος ὁ Θεὸς ἡμῶν : προσχαλέσηται, futur moyen, appellera à soi

et pour soi. Ce terme rappelle la prophétie de Joël, πι, 82 : Et parmi les survivants seront ceux que Yaveh appellera. La foi est danc un don gratuit de Dieu. « La pro-

messe est aussi pour tous ceux qui sont appelés par la “prédication de l'Évangile

et la grâce de Dieu à faire partie de la société du Christ et de son liglise ». Beuser.

Ÿ 40) ἑτέροις τε λόγοις : τε et non δέ; très fréquent dans les Actes, rare dans les autres livres du N.T., même dans l’évangile de Luc, indique des choses connexes, tandis que δέ indique des choses diverses, quelquefois opposées. λόγοις πλείοσιν ; datif pluriel de πλείονες pour l’attique πλεῖστοι ; le comparatif fait fonction de superlatif. πλείονες signifie donc ici très nombreux. Pierre avait donc ajouté de très nombreuses paroles. Luc indique clairement qu’il ne donne ici qu’une partie des paroles de Pierre, un résumé - de son discours. Il est en effet difficile de croire que les seules paroles qui nous sont rapportées aient produit tout l'effet que relate l'écrivain. Peut-être y a-t-il eu une discussion entre Pierre et les assistants. Cette observation de Luc peut s'appliquer

aussi aux autres discours des Actes.

ο΄ διεμαρτύρατο, aoriste moyen de διαμαρτύρομαι, employé encore sept fois dans les Actes

et une fois dans l'évangile, signifie aliquem obtestor atque obsecro, graviter adhortor, Zorerr; διά renforce l'idée : le témoignage est solennel. διεμαρτύρατο, Pierre ἃ rendu témoignage en protestant solennellement contre les fausses interprétations des assis- tants et en affirmant avec force la vérité de ce qu’il annonçait. C’est le sens de ce mot

dansleN.T.,I 7m. v, 21; IT Tim. τι, 14, etc.; dans les Septante, Deut. 1v, 20; vin, 19;

1 Rois, vin, 9, etc.; et dans les auteurs classiques; Etiam apud Atticos notio testes invocandi evanescit, BLass. — χαὶ παρεχάλει; cet imparfait, en opposition avec l’aoriste διεμαρτύρατο, est employé pour marquer la continuité de l’appel de Pierre : ce n'était pas seulement à ce moment que Pierre exhortait les assistants à se sauver d’une génération perverse, mais pendant tout son discours. παρχχαλέω a le sens de consoler exhorter.

… Σώθητε, impératif aoriste passif : soyez sauvés, pour, sauvez-vous; l’aoriste passif est employé pour l’aoriste moyen : Qu'ils cherchent le salut messianique et qu'ils se séparent d'une génération perverse. L'expression est prégnante; — constructio praegnans, c’est-à-dire impliquant plusieurs sens nés l’un de l’autre — elle est le résumé du discours : changez de sentiment, repentez-vous et ainsi sauvez-vous de cette génération perverse. ἀπό; Cf. Rom. v, 9. τῆς γενεᾶς : γενεά signifie proprement un corps d'individus de même race, nés à la même époque, xm, 36, et de ce sens dérive celui de temps où vivent ces individus, et au pluriel γενεαί, qui embrassent tous les temps. Α γενεά est souvent comme ici ajoutée une note morale; cf. Deur. xxut, 5 : γενεὰ σχολιὰ καὶ διεστραμμένη. Notre-Seigneur avait déjà appelé les Juifs : γενεὰ πονηρὰ καὶ μοιχαλίς, Mi. χτι, 39. — τῆς σχολιᾶς ταύτης : σχολιός, opposé à ὀρθός et à εὐθύς, 7,6. πι, 5, signifie proprement tortueux, courbe et métaphoriquement, pervers, méchant; ταύτης : cette génération, celle d'aujourd'hui qui a crucifié Jésus. Pierre a en vue tout d’abord les Juifs actuels, mais aussi tous les Juifs futurs, car il n'échappait pas à son regard, illuminé de la lumière surnaturelle, que cette race dans son ensemble serait rebelle à l'appel

-notre Dieu. 40. Et par plusieurs autres paroles il ἃ rendu témoignage et il les exhortait en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse! #1. Eux

donc, ayant accepté sa parole, furent baptisés et, en ce jour-là, trois mille :

de Dieu au salut messianique, ainsi que l'avait déjà prédit le prophète Isaïe, Lxv, 2, et le prédira Paul, Rom. x, 21.

Ÿ 44) οἱ μὲν οὖν est une locution familière à Luc; cf. 1, 6. La réponse à μέν est le δέ du ÿ 42; l’auteur marque ainsi la double phase des faits; d’un côté, ceux qui avaient reçu la parole furent baptisés et de l’autre ils restaient attachés à la doctrine des apôtres. Après οἱ μὲν οὖν EP, Pesch. Harkl. Armén. Chrysost. ajoutent ἀσμένως, de bon cœur, avec joie, qu'omettent NX ABCD 61 Vis. Sahid. Boh. Eth. Clém. οἱ peut être article et être joint à ἀποδεξάμενοι, ou pronom, et rester indépendant; ἀποδεξάμενοι étant alors joint à προσετέθησαν. --- οὖν est récapitulatif. ἀποδεξάμενοι : participe aoriste moyen de ἀποδέχομαι, signifiant, lorsqu'on parle des choses de l'esprit : accueillir

favorablement, accorder créance à quelqu'un, approuver. ἀποδεξάμενοι τὸν λόγον est | employé dans le grec classique, en particulier par Platon, au sens de recevoir un

maître ou ses arguments et dans le N. T. de recevoir des paroles en les approuvant, xxIV, 3. Ce verbe au moyen insinue la coopération de ces entrants dans la communauté chrétienne, tandis que, Ÿ 39, il a été insisté sur l’autre facteur principal du salut, la grâce de Dieu. ἀποδεξάμενοι peut être traduit ici de trois façons : 4° ceux donc qui accueillirent favorablement sa parole indiquerait que ce ne fut pas tous les assistants, ce qui est probable, mais ce dont Luc ne se préoccupe pas; 2° ceux-ci donc ayant accueilli sa parole peut signifier que tous ceux qui avaient demandé à Pierre ce qu'ils devaient faire accueillirent sa parole, ce sens s’accorde mieux avec la construction grammaticale de la phrase; 3° les uns ayant accueilli, les autres aussi, sous-entendus, accueillirent sa parole : traduction dont le sens se rapproche de la

première. La deuxième traduction répond mieux au contexte et au style de Luc.

ἀποδέχομαι est dans Luc seulement, 2 fois dans l’évangile, 3 fois dans les Actes; on le

trouve dans les Septante. À la place de ἀποδεξάμενοι D substitue πιστεύσαντες; après.

τὸν λόγον αὐτοῦ, Harkl. mg et Augustin ajoutent : et crediderunt.

ἐδαπτίσθησαν : environ trois mille personnes furent baptisées; il n’est pas dit que ce fut le même jour ou dans le même lieu, ou qu'elles le furent par Pierre seul. On a objecté qu'il eût été bien difficile de baptiser trois mille personnes, même en

un certain laps de temps, étant donnée la forme sous laquelle se donnait le baptême

à cette époque, l'immersion, et la rareté de l’eau à Jérusalem. Les autorités publiques

se seraient émues de cette démonstration. Mais tout autour de Jérusalem il y avait …

un assez grand nombre de piscines pour qu'on puisse, sans même éveiller l'attention publique, baptiser un aussi grand nombre de personnes. De plus, il est possible

que le baptême ait été donné par infusion de l’eau sur la tête des baptisés ou par. aspersion. On remarquera que le baptême a été donné sans instruction préalable.

Pierre réclame de ceux qui vont être baptisés le repentir de leurs péchés et la croyance à la messianité de Jésus. Luc n’ajoute pas que les baptisés reçurent τὴν δωρεὰν Πνεύματος, ἁγίου, mais on peut le conclure du ὃ 38. — προσετέθησαν, sous-entendu τῇ ëxxAnoia : plusieurs fois employé par Luc pour signifier adjoindre au Seigneur, v, 14; x1, 24; à l'Église, π, 47. Dans Isaïe, xiv, 1, nous lisons : Ὁ γειώρας προστεθήσεται πρὸς τὸν οἶχον ᾿Ἰαχῴδ. On retrouve la même expression dans Eusèbe, δι. eccl. v, 1, 49, οἱ δὲ λοιποὶ πάντες τῇ ἐκχλησίχ προσετέθησαν. ψυχαί est synonyme de personne; cf. mn, 48; 111, 28; vu, 14; xxvir, 37. Ce sens est classique, mais il est moins employé dans ce sens chez les écrivains grecs que chez les Hébreux. On en trouve cependant des exemples

- dans Thucydide, III, p. 69; Plutarque, Symp. VI.

us

86 ACTES DES APOTRES, τι, 41-43.

χοινωνίᾳ, τῇ χάσει τοῦ ἄρτου χαὶ ce προσευχαῖς.

0 Cr σὸν Ξ = 8. "Eylvero δὲ πάσῃ ψυχῇ φόῤος᾽ πολλά de τέρατα nat σημεῖα διὰ τῶν ἀποστόλων

Ÿ 42) ἦσαν δὲ προσχαρτεροῦντες, Cf. 1, 14 : cet imparfait périphrastique indique la continuité, la durée de cette persévérance ; δέ marque la poursuite de l’idée précédente ; ilindique aussi que c'étaient les nouveaux baptisés qui persévéraient dans/la doctrine-des apôtres et dans l'union, la fraction du pain et les prières. Entre zowwvia ‘et χλάσει N*B:C D *61 omettent καί, de sorte que l’énumération est faite deux par deux : 18 première paire exprimerait l’union des convertis dans da doctrine des apôtres et da fraternité ; 1a deuxième les actes extérieurs du culte.:Chacun de ces quatre termes «est employé dans un sens technique.

Après προσχαρτεροῦντες, 644 et Chrysostome, #om. VIT, ajoutent ὁμοθυμοδόν, Οὐχὶ ὁμοῦ “δὲ, ἀλλ᾽ ὁμοθυμαδὸν, εἶπεν, Ait saint Chrysostome, car:on peut être plusieurs ensemble et ne pas être avec unanimité, s'ils sont divisés de pensées et de sentiments. τῇ διδαχῇ τῶν

᾿ἀποστόλων, Dd ajoutent : ἐν ‘Iepousakiu — da doctrine des apôtres peut être ‘entendue endeux sens : 4° l’enseignement oral des apôtres sur la vie et les enseignements :de

Jésus, principalement sur sa mortet sa résurrection, par conséquent sur sa messianité; enseignement que 165 apôtres donnaient en particulier à la communauté des fidèles ; 2° un enseignement fixé, stéréotypé, peut-être écrit, dont nous avons un:exemplaire dans l’opuscule : Διδαχ ἡ τῶν ἀποστόλων. Ge second sens ne doit pas être celui qu'a en vue l'auteur, car, à cette époque, l'enseignement apostolique n'était pas encore

fixé d'une façon stéréotypée.

τῇ χοινωνίᾳ : 66 mot est ici employé seul; il n'y ἃ pas lieu de sous-entendre τῶν ἀποστόλων. Si Luc avait voulu exprimer cette idée 1] aurait écrit τῇ διδαχῇ καὶ τῇ κοινωνία τῶν ἀποστόλων, ou bien : τῇ τῶν ἀποστόλων διδαχῇ χαὶ τῇ κοινωνία. κοινωνία peut aussi pré-

# senter un double sens : il peut être parlé de l’union spirituelle et de l’union maté-

riélle. 4° Cette union est d’abord l’union de l'esprit et du cœur; οἵ, IL Cor. va, ἃ ἴχται, 44: Philip. 1, 3; πι, 1; Gal. u, 9; I Zn. 1, 3, 6, 7. Aristote, Ethique, vin, 9, 12, dit aussi : ἐν χοινωνίᾳ ἢ φιλία ἐστι. C'était donc une union entre les apôtres, les fidèles et les convertis, union qui se consommait dans l'union avec Jésus-Christ. 2° L'union peut être matérielle, c'est-à-dire consister dans cette communauté des biens, dont il est parlé plus loin, ὃ 44, le secours matériel accordé aux pauvres par des aumônes. Lightfoot, Κρ. to the Philipp, τ, 5, voit dans la parole de Paul, κοινωνία ὁμῶν εἰς τὸ εὐαγγέλιον, l'union des fidèles dans la croyance maïs aussi leurs contributions par des aumônes à da propagation de l'Évangile. Dans l’épitre aux Romains, xv, 26, Paul parle de la contribution, κοινωνία, que la Macédoine et l’Achaïe se sont imposée en faveur des pauvres

de Jérusalem. Mais κοινωνία, employé dans ce sens, doit être accompagné d'autres

mots qui précisent le sens de cette union, comme dans Romains, xv, 26; II Corin. thiens, vin, 4.

τῇ χλάσει τοῦ ἄρτου : le texte occidental, tenant compte de ice fait que la fraction du pain était le signe révélateur de la fraternité chrétienne; cette communion se faisant

par le moyen de la fraction du pain dans les repas en commun, a modifié le texte

de diverses façons pour exprimer cette idée : ἃ Vlg. Sah. Boh. ont communicatione fractionis panis; Gigas, com. panis fractioni. Peschitto, societati in oratione ‘et in fractione ἐπ Hanulde. Paul écrit en effet aux Gorinthiens, 1,0x, 467: τὸν ἄρτον ὃν χχῶμεν, οὐχὶ χοινωνία τοῦ σώματος τοῦ Χριστοῦ ἐστιν;

Les exégètes ne sont pas d'accord sur le sens de cette expression : ἣ χλἄσις τοῦ ἄρτου. 1° Il en est qui y voient simplement les repas en commun. Chez les Juifs il y avait

ACTES DES APOTRES, I, 4l-43. 87

âmes environ furent a ,outées. 42. 0r, ils persévéraient dans la doctrine des apôtres et dans l'union, dans la fraction du pain et dans les prières.

43. Or, 1 y avait crainte en toute âme, et beaucoup de prodiges et

des repas en commun qui commençaient:et finissaient par des prières et des bénédictions. Rompre le pain entre eux était pour les Juifs le signe de l'union dans les repas, de la Pâque ou du sabbat, par exemple. Jésus οἱ ses apôtres se sont conformés à cet usage. 11 n’est donc pas question ici de l’eucharistie; celle-ci est marquée dans les évangiles par des paroles de consécration et non par la mention de la fraction du pain. Saint Chrysostome ne voit pas l’eucharistie dans la fraction du pain; cf. Srærx- MANN, γι loco. Gette opinionest celle de presque tous les exégètes protestants.

2° La fraction du pain, c'est l‘eucharistie et non le repas en commun qui est probablement indiqué Ÿ 46, μετεχάμδανον τροφῆς. S'il s'agissait d'un repas ordinaire, l’écrivain n'aurait pas dit qu'ils persévéraient dans ce repas et ne l'aurait pas joint à Ja

doctrine des apôtres, à la fraternité et aux prières. Cette fraction du pain était donc

un acte religieux, et ne pouvait être que d’eucharistie, ainsi que le dit la Peschitto : in fractione eucharistiae. S'il ne semble pas certain que cette expression, xAdo τοῦ ἄρτου, rappelle l’eucharistie toutes les ‘fois qu’elle -est employée dans le N. T., Le. xxiv, 85; Actes, m, 46; xxva, 35, il semble qu'ailleurs, Actes, xx, 7, 11; I Cor. x, 16, elle désigne l’eucharistie. Pour Paul, c’est certain, et il ne faut pas oublier que Lue, disciple de Paul, a dû employer la même formule, qui était une sorte de. formule liturgique. Cette opinion est celle de presque tous les exégètes catholiques et de quelques protestants. Nous n'entrons pas dans la discussion de l'union des agapes

avec l’eucharistie. Nous croyons que,dans les communautés primitives, les fidèles,

à l’imitation de Jésus à la dernière cène, ont fait suivre le repas en commun de la célébration de l'eucharistie. C'est ce qui ressort des paroles de Paul aux Corinthiens, ἢ, x1, 21 ss. et de la Didachè, x.

χαὶ τοῖς προσευχαῖς : Les Juifs disaient au Temple des prières fixées à certaines heures, et aussi dans 165 :synagogues. Il est possible qu'il s'agisse ici de ces prières. προσευχή, par opposition à δεήσεις indique toujours des prières adressées à Dieu. Les fidèles ont peut-être remplacé les prières du Temple par des prières qui leur étaient particulières. Cela semble peu probable, car dans les Actes ur, 4, il est dit que Pierre et Jean montèrent au Temple, à l'heure de la prière. Il s’agit donc ici des prières qui étaient dites au moment de la fraction du pain. L'article ταῖς ainsi que le pluriel

προσευχαῖς indique des prières déterminées, fixées, telles que celles qui, d’après la

Didaché, 1x, accompagnaient le sacrifice,

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