‹ Les Actes des ApôtresChapitre 178 sur 358 · ΜῈ ἘΠ ACCROISSEMENT DE LA COMMUNAUTÉ CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

ΜῈ ἘΠ ACCROISSEMENT DE LA COMMUNAUTÉ CHRÉTIENNE

Entre deux récits, Luc, comme les écrivains classiques, décrit l’état présent des

choses, la vie intérieure de la communauté et sa position par rapport au peuple; c'est une sorte de résumé de la situation de l’Église, au moment où elle va recevoir un nouveau développement, cf. 1v, 32-37; ν, 12-16, Cette description de la vie de la première communauté aurait commencé au ÿ précédent, si l’on croit que ce ÿ se rapporte à tous les membres de la communauté et non aux nouveaux convertis senlement. En tout cas, ces convertis vivaient comme les fidèles, et l’on peut dire que ce ÿ 42 relate ce qui formait la vie spirituelle de la ποτ δ ηδο tandis “486 les Ÿ 43-47 en décrivaient la vie qu’on pourrait palier d’extérieure. Les critiques ont réparti ces Ÿ 43- 47 entre des sources différentes et ne s'entendent

RÉ | N ei 2 > CR < 3 - ι 3 « - Pre ἐγίνετο. hh. πάντες δὲ οἱ πιστεύοντες ἦσαν ἐπὶ τὸ αὐτὸ χαὶ εἶχον ἅπαντα χοινά ] \ € 1 Σ Ἐπ:

. pas Sur la répartition entre ces diverses sources. D'après Wendt, ce paragraphe nous révèle les premières traces d'un document écrit. ÿ 43, Il est parlé des nombreux miracles qu'opéraient les apôtres, tandis que, ch. πὶ et rv, la guérison de l’impotent paraît être le premier miracle des apôtres; de plus, le rassemblement des fidèles dans un même lieu, ἐπὶ τὸ αὐτό est en désaccord avec le ÿ 41 où il est parlé de trois mille baptisés ; ils n'auraient pu tenir dans ün même lieu. Tout cela, dit-il, s'explique facilement si l'on admet que ces ÿ 43, 44 sont extraits d’un document écrit, où était exposée [ἃ vie commune chez les chrétiens. celui que l’on retrouve 1v, 32-35.

… ?Eytvero dé : δέ est consécutif etindique le résultat de ce qui s'était passé antérieurement. ᾿ς ἐγένετο δὲ πάσῃ ψυχῇ φόδος : tournure sémitique pour πάντες ἐγένοντο ἐν φόδῳ ou ὑπὸ φύόδου. É πάσῃ ψυχῇ, datif de possession; hébraïsme pour en toute personne; cf. Léo. vit, 17; χυπ, 42, etc.; Act. nn, 28. Mais il est plus probable que Luc veut dire que la crainte s'était

glissée dans toute âme, siège des sentiments et des passions; ce ne serait donc pas un hébraïsme. Cette crainte religieuse a-t-elle atteint seulement les Juifs non convertis τ ou Ss’est-elle répandue même chez les convertis? Cette crainte eut pour cause les prodiges et les miracles opérés par les apôtres; il est donc probable qu'elle ἃ atteint sur- tout les Juifs non convertis, comprenant qu’il y avait là une cause surnaturelle et ter- rifiés par les prodiges dont ils venaient d’être témoins, comme auparavant les foules avaient été effrayées par les miracles du Seigneur, Mt. 1x, 8; Le. v, 26; vi, 16. Cette crainte empêcha les Juifs de persécuter les fidèles et permit à ceux-ci - établir en paix leur première communauté.

᾿ τέρατα καὶ σημεῖα: Cf. 11, 22. διὰ τῶν ἀπσστόλων : 165 prodiges et les miracles sont l'œuvre de Dieu opérée par l'intermédiaire des apôtres; διά indique que ceux-ci en sont les instruments; cf. Mr. xxv1, 24. Par ces miracles la doctrine messianique prêchée par Les apôtres était confirmée, et ceux-ci étaient démontrés les envoyés authentiques du

Christ. ἐγίνετο, à l’imparfait, indique que ces miracles eurent lieu pendant un espace de temps indéterminé ; commencés dans le passé, ils continuaient dans le présent.

Hilgenfeld suppose que ce ÿ 43 est l'œuvre du rédacteur, parce que la mention des miracles opérés par les apôtres devance les événements, puisque leur premier miracle est relaté seulement dans le chapitre suivant. — C’est bien, au ch. ur, le premier mi- - racle raconté, mais il n’est pas dit que ce fut le premier miracle opéré.

= Après τῶν ἀποστόλων ἐγίνετο, N ACE 31, de nombreux minuscules, Vlg. Boh. Pesch.

ajoutent ἐν Ἱερουσαλήμ, omis par BD 1 18 61, Gig. Sah. Harkl, Arm. Eth. Chrys. En - outre, N AC 40, Vle, Boh. ajoutent φόδος te ἦν μέγας ἐπὶ πάντας, omis par BDE, Sah.

Pesch. Harkl. Arm. Eth. Chrys. Cette addition est une répétition du premier membre

de phrase; elle a probablement pour but d'affirmer plus fortement la grandeur de

cette crainte; elle veut insister sur l'impression produite sur la foulé. Peut-être venaitelle d’une autre source qui avait placé là ces mots, maïs les avait omis plus haut?

Ÿ 44) πάντες δὲ οἱ πιστεύοντες : δέ indique la continuation du récit; πιστεύοντες au participe présent indique la persistance de l'état, tandis que dans la leçon, of πιστεύσαντες, l'aoriste marquerait que cette adoption de la foi était dans le passé, proche ou éloigné.

Ce sont tous ceux qui croient ou qui ont cru, les disciples aussi bien que les nouveaux convertis, donc, l’ensemble de la jeune communauté.

ἐπὶ τὸ αὐτό : dans le même lieu ou bien, ensemble. Quelques exègètes croient que ἐπὶ τὸ αὐτό ἃ le sens local, quoiqu’il n'implique pas nécessairement qu'ils étaient dans

Ϊ Le

un seul et même lieu. Le ÿ 46 indique que les réunions avaient lieu dans plusieurs

de signes se faisaient par Les apôtres. #4. Or, tous les croyants étaient ensemble, et avaient tout en commun. #5. Et ils vendaient leurs propriétés

et leurs biens, et ils en partageaient [le produit] (les distribuait) entre tous,

maisons. Il n'y a pas à objecter le grand nombre des fidèles, plus de trois mille. Parmi

les trois mille convertis il y avait beaucoup de Juifs de la Diaspora ou des autres

parties de la Palestine, en dehors de Jérusalem. Après la fête, ils sont retournés chez eux.

La communauté hiérosolymitaine ne devait pas être très nombreuse à ce moment-là. D'autres exégètes pensent que ἐπὶ τὸ αὐτό signifie ensemble, sous-entendu ἤσαν —

qu'ontomis B Gig. mais qui est adopté par N DE 61% — ou ὄντες pour compléter la

phrase. C’est le même sens que dans r, 15 et les papyrus, Brit. Museum, 1177, 335; Pap. Tebt. 14,20; 294,19, etc. L'auteur parle à un point de vue général et n’a pas voulu dire

que les fie étaient toujours assemblés dans un seul et même local, car cela n’eût

pas été possible, si réduit qu’ait été le nombre des fidèles par le départ des Juifs

étrangers. Aucun local n'aurait pu les contenir, sauf le Temple de Jérusalem. Aussi, Υ 46, il est fait allusion à leur lieu de réunion, le Temple de Jérusalem, où chaque jour ils se rendaient. D'ailleurs, le texte du codex de Bèze, ὃ 46, χαὶ κατ᾽ οἴχους ἦσαν ἐπὶ τὸ αὐτό, indiquerait que les fidèles étaient ensemble dans des demeures privées. Enfin, ἐπὶ τὸ

αὐτό pourrait signifier simplement que les chrétiens étaient unis, qu'il n'y avait entre eux'aucune discorde, qu’ils formaient une seule famille, car ils avaient tout en commun : εἶχον ἅπαντα κοινά, ainsi que l'avaient pratiqué Jésus et ses disciples. χοινός dans.

la langue hellénistique signifie ce qui est la part de tous, ce qui est commun à tous. τ Ÿ suivant explique cette expression. Nous la retrouvons dans Cicéron, de Of.

, 16, 51 : Vetus verbum hoc quidem est : communia esse amicorum inter se omnia. ἡ doit faire allusion à cette parole de Platon, de Rep, τν, 3 : κοινὰ τὰ τῶν φίλων.

ÿ 45) Le codex de Bèze présente ainsi le texte : καὶ ὅσοι χτήματα εἶχον ἣ ὑπάρξεις ἐπί-

πρᾶάσχον χαὶ διεμέριζον αὐτὰ καθ’ ἡμέραν πᾶσι τοῖς ἄν τις χρείαν εἶχεν; et qui possessiones

habebant et facultates distrahebant et dispartiebantur ea cottidie omnibus secundum

quod qui opus erat, d. Ce changement rend la phrase plus claire; c’est la même forme

que 1v, 84, Ce n’est plus tous les croyants mais ceux-là seuls qui possédaient des biens qui les vendaient et ἘΝ les distribuaient chaque jour, xa0” ἡμέραν.

χαὶ τὰ χτήματα χαὶ τὰς ὑπάρξεις ἐπίπρασχον : étymologiquement, χτῆρμα signifie ce qui est acquis et ὕπαρξις, ce que l’on possède. Ordinairement χτήματα désigne les biens fonds, les terres, les champs et ὕπαρξις, la propriété mobilière. personnelle. Cf. Prop. χιχ, 11: οἶχον καὶ ὕπαρξιν μερίζουσιν πατέρες παισίν. Remarquons que cette distinction n’est pas toujours observée; les deux termes sont interchangeables. — ἐπίπρασχον, διεμέριζον, εἶχεν͵ sont à l’imparfait. Or, ce temps exprime une action qui est faite souvent et d'une manière continue, mais ne signifie pas qu'elle est faite d’une manière générale et conduisant à un complet accomplissement immédiat. Donc, ces diverses actions ne s'étendaient pas à tous les biens des fidèles; ceux-ci les vendaient dans la mesure où cela était nécessaire pour subvenir aux besoins journaliers, 240” ἡμέραν, des indig'ents. διεμερίζον : il semble qu'ici ce sont ceux qui avaient vendu leurs biens qui en distri-

buaient le prix aux pauvres, mais, 1v, 34, ceux qui avaient vendu leurs biens en

apportaient le prix aux apôtres, et on les divisait suivant les besoins de chacun. Peutêtre avons-nous là une source différente ?

αὐτά, c'est-à-dire le produit de la vente des biens; le pronom αὐτός est fréquemment employé sans qu'il y ait précédemment un nom ne il se rapporte, Ici, il représente un terme suggéré par le verbe ἐπίπρασχον. καθότι, tout autant que; particulier à Luc,

2 fois dans l'évangile et 4 fois dans les Actes. ἄν, τις χρείαν εἶχεν : un écrivain .

attique aurait ΠΣ l'optatif. Dans le N. Τὶ, ἄν fréquentatif, avec l'indicatif εἶχεν,

Ce

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Οὐ : . ACTES DES APOTRES, 11, 45-46,

LE 7 S: ) ὰ το € S

- ἫΝ 5 "» ÿ ἌΣ ἰῷ = , ANOYTÉS TE HAT οἶκον ἄρτον, UETEAGMIQVOY τροφῆς ἐν ἀγαλλιάσει nat ἀφεκ

exprime la fréquence indéterminée dans le passé et la certitude du fait. ἄν avec l’indicatif, fait remarquer B. Weiss, indique seulement les divers cas où chacun avaüït besoin de ces biens.

Nous reviendrons sur cette question de la vente des biens au ich. 1v. Remarquons seulement iei qu'il ne s’agit pas d’une communauté des biens, comme on le dit ordinairement, puisque la vente en était libre et ne s'étendaït pas à tous les biens. Il s'agirait plutôt d’une sorte de caisse commune, alimentée par les offrandes volontaires des fidèles.

ÿ 46) Le codex de Bèze présente différemment ce verset : πάντες τε προσεκαρτέρουν ἐν τῷ ἱερῷ χαὶ κατ᾽ οἴχους [ἤσ]αν ἐπὶ τὸ αὐτό, κλῶντές τε ἄρτον μετελάμδανον τροφῆς; la traduction latine n’a pas conservé la forme προσεχαρτέρουν ; ella a : omnes quoque perseverantes in

templo. Blass croit que προσεκαρτέρουν est meilleur que προσχαρτεροῦντες, parce que

μετελάμθανον se rapporte seulement à χλῶντες. — προσχαρτερεῖν ἐν signifie être assidu dans

Ja fréquentation d'un même lieu, Wenpr. καθ᾽ ἡμέραν, Chaque ἰοῦ; τε... τε unit les deux

participes προσχαρτεροῦντες et χλῶντες et exprime la simultanéité de l'action. Les apôtres étaient assidus au Temple, ἐν τῷ ἱερῷ. Ce n'était plus Je Temple-bâti

par Salomon, lequel avait été détruit par Nabuchodonosor. Rebâti par Zorobabel, au

retour de da captivité, il avait été reconstruit et transformé par Hérode et par ises fils. Le Temple de Jérusalem occupait une surface considérable, plus de 50.000 mètres carrés, par conséquent 5 hectares, mais tout cet espace n'était pas bâti.

‘Il était formé par trois terrasses superposées. La première, qui supportaitles deux

autres et qu'on appelait la cour ou le parvis des gentils, était à ciel ouvert avec des

portiques couverts tout autour. C'était un immense rectangle qui occupait au moïns la moitié de l'ensemble du Temple. Tout le monde, les païens aussi bien que les Juifs, pouvaient entrer dans cette cour. On peut dire qu'il s'y tenait une vraie foire : des marchands y vendaient des agneaux, des tourterelles, des pigeons, victimes destinées

au sacrifice; les changeurs offraient contre la monnaïe romaïne la monnaie saïnte, la

seule qui fût reçue au Temple. Sous les portiques, 165 scribes enseignaient; les Pharisiens discutaient.

Au-dessus de cette cour des gentils était une seconde terrasse sur laquelle était une cour divisée en deux, la cour ou parvis des femmes, où pouvaient entrer seulement

«les Juifs hommes et femmes, et la cour des hommes, où pouvaient entrer seulement

les Juifs hommes. À

Au-dessus était une troïsième terrasse sur laquelle était bâti le Temple proprement dit, le sanctuaire; c'était la cour ou le parvis des prêtres qui seuls pouvaient y entrer. Avant l'entrée du sanctuaire était dressé l'autel des ‘holocaustes sur lequel on immoait les victimes du sacrifice, puis venait le sanctuaire, divisé en deux parties. La première était appelée le Saint; elle avait 18 mètres de longueur sur 9 mètres de largeur. Il s'y trouvait seulement le candélabre à sept branches, l'autel des parfums «et la table des pains de proposition. À la suite et séparé par un grand voile ou ‘tapis était le Saint des Saïnts, où seul le Grand Prêtre pouvait entrer, une fois par an, le jour de l'Expiation. Il contenait primitivement l'Arche d'alliance, maïs depuis que celle-ci avait disparu à la suite de la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor, le Saint des Saints était vide : ïl contenait seulement une pierre plate de Ὁ centimètres. de haut sur laquelle le grand-prêtre déposait l'encensoir, le jour de l’Expiation,

Après ἱερύν D ajoute τὸ δειλινόν, ad vesperum, accusatif de temps comme τὸ πρωΐ. L'expression est classique.

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selon que chacun en avait besoin. 46. Chaque jour ils étaient assidus d’un

même cœur au Temple et rompant le pain à la maison, ils prenaient [leur]

A l'exemple de leur Maître les premiers chrétiens n'avaient pas rompu avec le judaïsme; chaque jour, comme les autres Juifs, ils allaient, suivant l'habitude des apôtres, 11, 1; v, 20-42, assister aux prières et aux sacrifices qui avaient lieu dans. le Temple. S'abstenir les aurait-fait mal voir de leurs compatriotes, et au contraire leur assiduité au Temple était pour eux un sujet de recommandation, et leur permettait, comme l'ont fait Pierre et Jean, de prêcher Jésus Messie. 1] n’était pas dans les desseins de Dieu, fait remarquer Knabenbauer, que les chrétiens se séparassent brusquement des Juifs et qu'ils rejetassent immédiatement les rites et les observances cultuelles du judaïsme; la transition entre la Synagogue et l'Église devait être lente et progressive. Déjà, cependant, au culte du Temple, on en substituait un autre dans les maisons particulières.

Kax” οἴχον, circa.domos, Vilg. κατά, au sens distributif, peut-être suivi d’un nom au singulier ou au pluriel. ΤΠ n’y ἃ donc:pas lieu de supposer qu'il s’agit ici d'une seule maison, d’un bâtiment privé en opposition avec le Temple, lieu public; et non plus

ique Chacun prenait:son repas chez soi. Voir la même expression, v, 42. Nous voyons, :

x, 42, que les fidèles se réunissaïent dans la maison de Marie, la mère de Jean Marc; äl devait y avoir d’autres lieux de réunion analogues. Quelques exégètes pensent qu’il faut traduire κατ᾿ οἴχον, de maison.en maison; c'estle sens de domatim, terme de-basse Jatinité, Σ :

χλῶντες ἄρτόν : Cette expression a:t-elle le même sens religieux qu'au Ÿ 42, ou ‘bien s'agit-il ici d'un repas ordinaire ἢ Les-exégètes ne s'accordent pas; Ja plupart cependant sont d'avis qu'il ‘est question ici seulement ‘de repas communs : Significatur communio ciborum et panum ‘divisio in usum pauperum ad communes .epulas convocatorum, Kvpke. Il n'est pas néanmoins suflisant, pour justifier le «second sens, e faire ‘observer qu'il est parlé ici du pain en général, ce terme n'étant pas précédé:de l'article. On fait remarquer qu'immédiatement après l'écrivain ajoute μετελάμιβανον, ce qui formerait pléonasme si χλῶντες ἄρτον signifiait un repas quelconque. Cependant on peut regarder μετελάμδανον comme un terme complémentaire destiné à exprimer la facon dontse comportaient les fidèles pendant ces repas,:et celte addition se comprend si l'on admet qu'il s’agit de repas où les indigents étaient conviés. Cette “expression χλάσμα ἄρτου, κλᾶν ἄρτον où τὸν ἄρτον fut plus tard la formule consacrée pour signifier l’eucharistie, 1 Cor. x, 16; Did, xiv, 1. Cependant, il nous paraît douteux que dans Luc, xxiv, 80; Actes, xxwir, 85, cette expression indique l’eucharistie. Bref, tout bien pesé, il semble que l'écrivain a voulu dire que :les fidèles avaient des repas communs, mais dans plusieurs maisons, et qu'ils prenaient ces repas dans la joie et la simplicité du cœur. Ces repas avaient donc quelque chose de particulier, probablement d'être pris en commun.

Belser voit dans cette description la célébration de l’eucharistie qui avait lieu dans des maisons particulières, celles des fidèles dans l’aisance qui pouvaient offrir de vastes salles à la-communauté. C'étaient ces ἐχχλησίαι κατ᾽ οἶκον dont il sera parlé plus #ard, I ‘Cor. xvi, 19; Col, αν, 45; Phm. 2. χατ᾽ οἶκον ; l'écrivain a probablement voulu distinguer cet acte du culte chrétien du culte qui était célébré au Temple.

μετελάμδανον τροφῆς : 16 génitif avec μεταλάμδανω, verbe de sensation, est classique ; l'imparfait indique une action passée, mais coutumière. μετά indique que la nourriture était prise ensemble; 115 prenaient part à la nourriture. ἐν ἀγαλλιάσει, cum ‘exultatione, Wig., signifie joie débordante; il est 2 fois dans l’évangile de Luc «et 2 fois dans le reste du N. T. Ce terme n’est pas classique, mais se trouve souvent dans les Septante; 418 fois dans les psaumes seuls. Le verbe ἀγαλλιάω est dans les Actes, — χαὶ ἀφε-

ACTES DES APOTRES, Il,

napdlac, HT. αἰνοῦντες τὸν Θεὸν χαὶ ἔχοντες χάριν πρ

ΕΠ ον CHAPITRE II

1 ᾿ λύτητι χαρδίας : simplicité du cœur, hébraïsme pour cœur simple. Cette expression signi-

fie l’ingénuité du cœur qui ne cherche rien autre que cette joie sainte. ἀφέλοτης n’est pas classique et ne se trouve nulle part ailleurs. À sa place on a ἀφέλεια et 165 dérivés, ἀφελής, ἀφελῶς. ἀφέλοτης est dérivé de « privatif et φελλεῦς, terrain pierreux et signi-

ο΄ fierait étymologiquement, terrain privé de pierres, doux, et métaphoriquement, simple.

᾿ς ἀφέλοτης 8 le même sens que ἀπλύτης, Rom. xu, 8; II Cor. vin, 2, etc. Par cette expres-

sion, ἐν ἀφελότητι χαρδίας, paraissent, d'après Preuschen, être réfutées les accusations de grossière débauche portées par les Juifs et les païens contre les chrétiens.

UD) Ÿ 47) αἰνοῦντες τὸν Θεὸν χαὶ ἔχοντες yépw : ces deux participes présents indiquent la durée et la simultanéité de l’action. αἰνοῦντες τὸν Θεόν, expression familière à Luc, "1, 18, 20; x1x, 37; Act. mr, 8, 9. Cette louange de Dieu ne vise pas un remerciement au Seigneur pour la nourriture que les fidèles avaient prise; c’est la constatation de leur vie de piété, de prière et de louange envers Dieu. « Quum additur ef habentes gratiam ad omnem plebem ilud collaudantes Deum non coarctandum videtur ad preces ante et post mensas factas, sed universalius intelligendum, quasi Lucas diceret : Dei laudes indesinenter celebrabant, Berzen. Les premiers chrétiens, par leur vie probe et modeste, leur charité envers leurs frères, leur assiduité au Temple étaient en grâce devant les hommes, cf. τῇ, 38; vu, 10, et leur nombre s’accroissait de tous les sauvés qu’ajoutait le Seigneur à la communauté. Il semble que Luc se‘souvient ici de ce qu'il avait dit de Jésus : Il croïssait en sagesse, en stature et en grâce devant Dieu et devant les hommes, πὶ 52.

rai ἔχοντες χάριν : χάρις se trouve dans les Septante, chez les Attiques: il est souvent !/ employé par Luc, 8 fois dans l’évangile, 47 fois dans les Actes, 8 fois seulement dans Jean, jamais dans Matthieu et Marc, très fréquent dans Paul. Il signifie d’abord la vénusté de quelqu'un ou de quelque ne la grâce extérieure, puis la faveur, la bienveillance de quelqu'un pour un autre; c’est le sens qu'il a ici. Dans le N. T. il est employé surtout pour signifier la bonté, la bienveillance de Dieu envers les hommes et, principalement dans Paul, la bonté de Dieu, accordant à quelqu'un un don qu'il ne mérite pas. Sur le sens du mot χάρις, cf. Cremer-KôceL, Pib. Wôürt. d, N. T. Gräzität.

᾿ πρὸς ὅλον τὸν λαόν : Au lieu de λαόν le codex de Bèze ἃ xdouov; on a fait diverses suppositions pour expliquer ce changement. Luc, dans sa première édition aurait écrit | xéouov, terme inexact, et l'aurait remplacé par λαόν dans la seconde édition, Brass, Nesrze. D'après R. Harris le traducteur latin aurait écrit mundum (tout le monde), expression qui aurait passé dans le grec. D’après Wendt, l'écrivain aurait mal compris le terme de son document araméen. Enfin, plus simplement un copiste s’est souvenu de l'expression ὅλος ὃ χόσμος, 8 fois dans le N. T. et l'aura introduite ici. Loisy voit là une distraction de copiste. ads, dans les Actes, désigne le peuple d'Israël: aux Ch. xv, 4%; xvu, 10, il est appliqué aux chrétiens. Cette allusion de la faveur que les fidèles trouvaient auprès du peuple fait contraste avec l’inimitié des dirigeants dont il va être parlé, ch. 1v. Cette faveur du peuple n’est pas en opposition avec la crainte que le même peuple éprouvait à la vue des miracles opérés par les apôtres, ÿ 43. Les deux senti-

: \ 5 nourriture en joie et simplicité de cœur; #7. louant Dieu et trouvant grâce

auprès de tout le peuple, et le Seigneur ajoutait ensemble chaque jour ceux qui étaient sauvés.

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