PIERRE ET JEAN GUÉRISSENT UN IMPOTENT DE NAISSANCE
Après avoir raconté le miracle de la Pentecôte et décrit l’état intérieur de la communauté chrétienne, Luc passe au récit des rapports extérieurs de celle-ci avec les Juifs. Il raconte tout d'abord la guérison d’un boîïteux, non pas que ce füt le premier miracle opéré par les apôtres — au Ÿ 11, 45, il a été déjà dit qu'il se faisait de nombreux miracles par les apôtres — mais parce que ce miracle fut l’occasion d’un témoignage rendu à Jésus par Pierre en face de tout le peuple et du premier conflit engagé entre les fidèles et les autorités hiérosolymitaines. « Le miracle a été l’occasion de la persécution, mais c’est bien cette dernière qui déterminera le développement ultérieur, la direction particulière que prendra l'Église et dont l'historien avait à s'occuper de préférence. » Reuss.
Aucune date n’est indiquée. Il est à croire que ce miracle eut lieu alors que la com-
munauté était constituée et que les fidèles étaient déjà connus comme disciples de
ς « ἈΠῸ, ΄ > \ 5 UE + , TRE ἐνάτην. À. χαΐξ τις ἀνὴρ χωλὸς: Ex χοιλίας: μητρὸς: αὐτοῦ ὑπι > \ -
Jésus par le peuple et les autorités juives. Il est probable qu’il ne s’écoula pas un long espace de temps entre ce qui vient d’être raconté et la guérison du boîteux, puisque le
codex de Bèze l'introduit par ces mots : : ἐν δὲ ταῖς ἡμέραις ταύταις. Mais ce n'est peut- ; être que l'expression employée d'ordinaire par Luc pour indiquer un temps indéter-
miné, cf. 1, 15; 11, 18; v, 87, etc., ou même est-ce une addition au commencement d'une nouvelle leçon liturgique.
La description claire et pittoresque de ce récit rappelle les récits de Marc, que l'on croit provenir de la prédication de Pierre, ce qui fait supposer que ce récit vient: de Pierre, preuve de son historicité. : | E P. 614, des min. Harkl. Peschitto, Basile, Chrys. Bède rattachent ἐπὶ τὸ αὐτό du ÿ précédent au ÿ 1 du ch. mr; il faudrait donc traduire : Pierre et Jean montaient ensemble ou au même moment, ou au même lieu.
* 4) δέ introduit un nouveau récit. Πέτρος δὲ χαὶ ᾿Ιωάνης : Pierre et Jean sont réunis ici comme ils l’ont été dans les évangiles : Ze. v, 10; Jn. 1, 35-44; xvmi, 46 et dans l'épître aux Galates, 11, 9. — ἀνέδαινον : Pierre et Jean montèrent de la partie basse de la ville au Temple qui était bâti sur la colline orientale de Jérusalem, sur le mont Moriah. Ce verbe à l’imparfait indique que cette action coutumière était en cours d'exécution. Ils n’entrèrent pas dans l'enceinte du Temple avant le ÿ 8.
Ent τὴν ὥραν. τῆς προσευχῆς τὴν ἐνάτην. L’indication de l’heure rendait inutile τὸ δειλινόν, leçon de D: ἐπί ne signifie pas pendant l'heure de la prière, mais indique pour l'heure
un temps: indéterminé, aux environs, tout près de l’henre : cf. ἐπὶ τὴν αὔριον, Le. x, 35; Act, 1V, 5; ἐπὶ τὸ πρωί, Mo. xv, 4; c'est lé même sens que εἰς, chez les Attiques. τὴν ἐνάτην, à la neuvième heure après le lever du soleil, c'est-à-dire vers trois heures du . soir: La prière, au Temple, avait lieu à la 3° heure, au lever du soleil, lors du sacrifice du matin; à la 9e heure, dans l'après-midi, lors du sacrifice du soir; le soir, au coucher du soleil, Souürer, G. d. 7. W., II, p. 350, note 40. D’autres exégètes indiquent la 89, la 6° etla 9° heure comme heures de la prière chez les Juifs. La coutume chrétienne subséquente aurait suivi cet horaire. Déjà au temps de David, Ps. Lv, 18 et de Daniel vi, 11, les Israélites priaient trois fois le jour. Les premiers fidèles les imitèrent et les chrétiens suivirent cet usage, Did. VIII 3. Cf. TERTULLIEN, de Orat. 25; CLÉMENT, D'ALEXANDRIE, Sérom., VII, 7, 40. « Il y a trois moments pendant lesquels les genoux doivent se plier devant Dieu. La tradition de l'Église a fixé la troisième, la sixième et la neuvième heure. » JérÔME, in Dan., VI, 10.
Ÿ 2) xai: D Par? Pesch. insèrent ici ἰδού. — τις ἀνήρ : par sa position l'adjectif tu attire ‘attention surle personnage de ce récit, sur cet homme. χωλός, boiteux, cf. Le. x1v, 18, 21, Son infirmité était telle qu’on était obligé de le porter. On peut done supposer qu'il était paralysé. ὑπάρχων marque l’état présent. et passé de cet homme, son état était d'être ainsi, depuis sa naissance, ἐν χοιλίας μητρὸς αὐτοῦ.: cf. Mr. χιχ, 12; Le, τ, 15. ἐδαστάζετο : l'imparfait exprime un acte coutumier, celui d’être porté chaque jour à la porte du Temple, ou.bien signifie un acte en cours d'exécution : on le portait, mais il n'était pas encore arrivé à la porte, où il était assis d'ordinaire. ἀνέδαινον... ἐδαστάζετο : les deux imparfaits sont accouplés pour exprimer la coïncidence de l’arrivée des apôtres et de l’impotent. ὃν ἐτίθουν, sous-entendu of βαστάζοντες, à l'imparfait pour ἐτίθεσαν; il est formé comme s'il venait du verbe contracte τιθέω. Cf. 1v, 35. Cet imparfait indique la continuité ou la répétition d'un acte déjà produit dans le passé.
πρὸς τὴν θύραν τοῦ ἱερηῦ; d'après Patrizzi, πύλη désignerait l’ensemble de la porte, tout
neuvième. 2. Et il y avait un homme, paralysé depuis le sein de sa mère, qu'on apportait et qu'on plaçait chaque jour près de la porte du Temple,
ce qui la composait, le seuil, les linteaux, les soubassements, tandis que θύρα signilierait simplement l’ouverture par laquelle on passait. τὴν λεγομένην ὡραίαν. bpaïos signifie d’abord, qui est de la saison, puis, ce qui est convenable, légitime; il prend dans la langue populaire le sens de beau à la place de καλός qui avait pris la signification de ἀγαθός: Nulle part ailleurs il n’est parlé d’une porte du Temple appelée ὡραία. Aussi, les exégètes ne s’accordent-ils pas sur l'emplacement de cette porte. Ce devait être Ia porte que Josèphe, Ant. jud., XV, 11; Guerre juive, V,5, 3, appelle Corinthienne, parce qu’elle était recouverte d’airain de Corinthe; cette porte conduisait de la cour extérieure à la cour dite des femmes. En face, se trouvait une autre porte qui, de la cour des femmes conduisait à celle des: hommes. On identifie cette dernière avec la porte de Nicanor, ainsi appelée de l’alexandrin Nicanor, dont a retrouvé les ossements avec cette inscription : les ossements de Nicanor l’alexandrin qui fit les portes. Rappelons cependant que d'ordinaire on pense que cette porte avait reçu ce nom, parce que Judas Mac-. chabée y avait cloué la main de Nicanor, général de Démétrius I Soter. On: s'accorde à croire que cette porte Belle était à lorient du Temple, mais est-ce celle qui conduisait de la cour des gentils à celle des femmes, ou de celle qui de la cour des femmes introduisait dans celle des hommes? Les savants juifs adoptent cette. seconde opinion, tandis que les exégèles modernes actuels adoptent plutôt la première. La porte Belle était donc celle par laquelle on entrait dans la cour des femmes, et elle était biem choisie pour la place d'un mendiant, vu que tous, hommes et femmes, entraient par cette porte à laqueile on accédait par une quinzaine de degrés. Elle méritait d'ailleurs son nom par sa maghificence et sa grandeur, J'osèpne, Anr. jud., XV, 14, 5: On ne devait pas d’ailleurs tolérer la présence d’un mendiant à l’intérieur des parvis sacrés, entre la cour des hommes et celle des femmes. La question à été abondamment traitée et résolue par Schürer, Die θύρα oder πύλη ὡραία, Act. nr, 2. 10 : Zeitsch. für die Ntlich. Wiss. VIIF B, p. 51, 1906.
τοῦ αἰτεῖν, génitif de but, de finalité; fréquent dans les Septante, Gen. iv, 15; ÆEzéch. xx1, 11 et dans Luc, xxiv, 16, etc. Cette construction est caractéristique de Luc et aussi de Paul, probablement sous l'influence des Septante; elle se retrouve d’ailleurs chez les classiques. L’infinitif marque la durée de l’action. Chez les Juifs et plus tard chez les chrétiens et les musulmans, les mendiants avaient coutume de se placer à la porte du Temple, des églises et des mosquées.
ἐλεημοσύνην : ce mot signifie d’abord pitié, compassion, miséricorde, bienfaisance et de Ià le bienfait lui-même, l’aumône donnée aux pauvres; il n'est employé dans ce sens que par Luc, χι, 4; xrr, 33. Dans Matthieu, vi, 8, 11 a plutôt le premier sens. Le second sens est inconnu aux écrivains classiques. παρὰ τῶν εἰσπορευομένων εἰς τὸ ἱερύν + Ce participe présent est employé substantivement et n'implique aucune notion de temps. Quand on veut indiquer une action passée on emploie le participe aoriste. εἰς τὸ ἱερόν : dans la cour où les Israélites, hommes et femmes pouvaient entrer. Après les verbes intransilifs composés avec une préposition, cette préposition est répétée devant le nom. Au lieu de παρὰ τῶν εἰσπορευομένων D' a παρ᾽ αὐτῶν εἰσπορευομένων αὐτῶν εἰς τὸ ἱερόν. Chase voit dans cette répétition de αὐτῶν un syriacisme. La version latine de D'ne tient pas compte de cette répétition.
Ÿ 3) Luc décrit en quelques mots, dans des termes précis qui dénotent le médecin, un tableau vivant de la scène.
Au lieu de ὃς ἰδών, D'4, Floriacensis -ont οὗτος ἀτενίσας τοῖς ὀφθαλμοῖς αὐτοῦ χαὶ ἰδών; hic respiciens (contemplatus, ΕἸ.) oculis suis et vidit (cum vidisset, FL). Est-ce un
π᾿ : ACTES DES APOTRES, It, 1-2. ù 95
Ὁ ον ACTES DES APOTRES, UN, 2-1.
al = ον S Le ἐλεημοσύνην παρὰ τῶν εἰσπορευομ υνένων εἰς τὸ ie 00. 3. ὃς ἰδὼν Πέτρον na ἔπ
μέλλοντας εἰσιέναι εἰς τὸ ἱερὸν ἠρώτα ἐλεημοσύνην λαδεῖν. ἱι, ἀτενίσας δὲ fe εἰς
παρ᾽ αὐτῶν habety. 6. €
développement tardif de la description ou une touche originale, retranchée plus tard
comme superflue ? μέλλοντας εἰσιέναι : expression périphrastique pour le futur infinitif,
qui n’est plus employée dans le N. T. Incipientes introire, Vig. expression défectueuse; ils ne commençaient-pas à entrer puisqu'ils étaient encore devant la porte.
εἰσιέναι : ce verbe est de la langue classique, et ne se trouve que dans les Actes et
dans Hébreux, 1x, 6: dans la langue populaire on aurait écrit εἰσπορεύεσθαι. Avec εἰσιέναι
la préposition εἰς est répétée — ἠρώτα : iowréw est employé dans le N. T. pour les
questions et les demandes; ἠρώτα ἐλεημοσύνην λαθεῖν : il demandait à recevoir une aumône. λαθεῖν est superflu et a été retranché par D d P Flor. Gigas, Par. Harkl. Lucifer, qui présentent ainsi le texte : ἠρώτα αὐτοῦς ἐλξημοσύνην, que Blass trouve plus exact. La construction avec deux accusatifs est régulière, Ze. xt, 11. Cependant cette
xpression pléonastique, λαδεῖν, se retrouve chez les classiques, Aristophane, Démos-
thène et dans la langue hellénistique, chez Plutarque. Un mot inclus dans un autre est quelquefois répété.
ἠρώτα est à l'imparfait parce que l’action de demander est imparfaite jusqu’à ce que ce qui est demandé soit accordé par un autre, Brass.
Υ 4) Au lieu de ἀτενίσας D ἃ ἐμδλέψας et au lieu de βλέψον il ἃ ἀτένισον, puis au ÿ suivant, ἀτενίσας au lieu de ἐπεῖχεν. On ne voit pas La raison d'être de ces changements. La (βοῦν ἀτενίσας αὐτοῖς, Ÿ 5, est secondaire; Luc aurait écrit ἀτενίσας εἰς αὐτόν, comme au ÿ 4.
ἀτενίσας : le serbe est au singulier et placé en avant parce qu'il ne s'accorde qu'avec le premier nom, ce qui est de règle dans les énumérations. Pierre regarde le boîteux avec une attention particulière; il fixe les yeux sur lui. ἀτενίζειν εἰς τινα est attente aliquem intueri, Kyrke. σὺν τῷ ᾿Ιωάνῃ est une construction assez maladroite et pourrait n'être qu'une addition postérieure.
βλέψον εἰς ἥμᾶς : contemplare me, Flor. Pierre demande au boîïteux de le regarder |
attentivement afin qu’il puisse lire dans ses yeux s'il était digne par sa confiance qu'il fit un miracle en sa faveur — il ne lui demande pas cependant, comme Notre- Seigneur, s’il croit qu'il peut le guérir — ou bien afin d’attirer son attention sur eux; le
mendiant leur ayant simplement demandé l’aumône comme à tous ceux qui entraient.
Par le regard devait s'établir une communication entre le boïîteux et les apôtres et
l'attention de celui-ci être portée sur eux. Eum reddit attentum ad miraculum quod ï
patraturus est, ut is rei veritatem testis idoneus exponere possit, KNABENPBAUER.
βλέπειν ἃ un sens plus déterminé que ὁρᾶν; il signifie regarder, diriger ses regards :
vers; il est synonyme de ἀτενιζεῖν, En ce sens son aoriste est ἐδλέψα ; au sens de voir, on emploie εἶδον.
Ÿ 5) ὁ δὲ ἐπεῖχεν : 6 est emphatique; δέ porte l'attention sur ce qui va se passer. ἐπεῖχεν, sous-entendu νοῦν : littéralement il dirigea son attention sur eux; l'attente de l’impotent est marquée par sa contenance. Certains verbes transilifs, ἐπέχειν, προσέχειν ont perdu dans la langue hellénistique le nom qui les complétait. ἐπέχειν signifie avoir sur, tenir sur, retenir, attendre, diriger vers : d'où nécessité de sousentendre νοῦν ou ὀφθαλμούς. Lies variantes intuebat, codex Dublinensis, respexit, 6, Gig. Lucifer, suggèrent ὀφθαλμούς, On ἃ une phrase semblable dans Lucien, Dial.
marin, 1, 2 : μόνῃ ἐμοὶ ἐπεῖχε τὸν ὀφθαλμόν,
LAS TRE ΕΙΣ ΣΝ 10 δὸς τ PRE LAN RE LOTUS sk DORE AT
τ AGTES DES APOTRES, 1, Ro pr 07
Ἢ ἐμοῖο Belle, pour qu'il demandêt une aumône à ceux qui entraient dans Le Temple. 3. Celui-ci voyant Pierre et Jean qui allaient entrer dans le Temple, [les] pria pour obtenir une aumône. 4. Mais Pierre le fixant, avec Jean, dit :
| Regarde-nous! 5. Et celui-ci porta son attention sur eux, ποτ à | recevoir d'eux quelque chose. 6. Mais Pierre lui dit : De l'argent et de l'or,
αὐτοῖς, datif de la personne pour marquer l’objet indirect. προσδοκῶν, participe présent de προσδοχάω, attendre, s'attendre à. λαδεῖν, infinitif aoriste 2 de λαμδάνω; il faudrait linfinitif He que donne la Vulgate, se ὙΠΟ ΜΙ, accepturum, mais cet emploi de l’in- |finitif futur est rare dans le N. T. On le remplace par l’infinitif aoriste, ou l’infinitif | présent. Et lorsque le futur doit être marqué d’une façon plus distincte on emploie ὅτι avec l'indicatif futur, Burrmaxx, Grammatik d. neut. Sprachgebrauchs, Berlin, 1889, p. 222.
Υ 6) εἶπεν δέ marque la réponse à l'attente de l’impotent. ἀργύριον χαὶ χρυσίον οὐχ ὑπάρχει μοι, Cf. I Pr. 1, 18. Faut-il conclure de ces paroles de Pierre qu'il existait dans la communauté primitive un communisme de biens tellement strict que les membres de celle-ci n'avaient à leur disposition ni or ni argent? Les interpréter ainsi serait mal comprendre ces paroles qui sont plutôt à prendre au sens symbolique que littéral. Pierre voulait dire qu'il n'avait pas à sa disposition les richesses de la terre, mais les trésors du ciel. D’autres explications sont possibles. Pierre avait obéi à l’ordre de son Maïtre, prescrivant à ses apôtres de ne porter ni or ni argent, Mt. x, 9, ou bien encore rer qui pouvait avoir été réservé aux besoins de la communauté et ne pouvait être dépensé en aumône à des particuliers. ὃ δὲ ἔχω : δέ marque l’opposition entre ce qu’il n’a pas et ce qu'il a; ἔχω signifie ce que j’ai d’une manière ferme, Stable, les dons spirituels de Dieu, en opposition avec le terme précédent, ὑπάρχει, qui désigne une possession précaire, temporaire : les biens de la terre. Ce que j'ai, c’est-à-dire le pouvoir de guérir par le nom de Jésus, par la puissance, que confère la foi en Jésus Messie. Pierre avait dû éprouver déjà la puissance que lui avait conférée Jésus d'opérer des miracles en son nom. ὑπάρχει est au singulier parce que les sujets au neutre expriment une même idée. τοῦτο résume la phrase relative précédente. ὃ δὲ ἔχω, ἐν τῷ ὀνόματι ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ τοῦ Ναζωραίου : au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, c'est-à-dire par la puissance de ce nom, donc par l'autorité de Jésus,
puisque le nom représente la personne, marche : cf. Mf. vu, 22; Le. x, 17; Act., 1v,
10; xvr, 18; Me. xvr, 17. Ailleurs, 1v, 30, on ἃ διὰ τοῦ ὀνόματος au lieu de ἐν τῷ ὀνόματι. ἐν exprime dans quoi l’ordre a son pouvoir, son fondement. Χριστός esi devenu ici un nom propre, ainsi que le prouve l’adjonction, τοῦ Ναζωραίου.
Cette ns ἐν τῷ ὀνόματι vient de l'hébreu DU>, au nom de quelqu'un, par son
autorité, Ex. v, 23. Au nom de Yahveh, c’est-à- -dire par l’autorité de Yahveh, Deur. XVIII, 22; or. 21; I Paral. xxu, 19; Ps. xx, 5, 7; xxx, 21, etc. Cette expression a été peut-être employée par les écrivains profanes ; cf. Deissmann, B. δὲ. p.145; NN. B, St. p. 25. Pierre fait ressortir dans son discours devant le Sanhédrin, 1v, 7-12, la puissance et l’auforité du nom de Jésus. Notre-Seigneur parlait avec plus d'autorité; au paralytique, il avait dit : σοὶ λέγω, ἔγειρε, Le. v, 24. Pierre invoque le nom et l'autorité de Jésus. Celui-ci opérait des miracles par sa propre puissance; les spots les opéraient par la puissance de Jésus. Ils n'étaient que des instruments.
Ἰησοῦ Χριστοῦ τοῦ Ναζωραίου᾽ : Pierre emprunte cette expression ὁ Ναζωραῖος à l'inscription placée sur la croix, Jn. χιχ, 19 : Additur τοῦ Ναζωραίου ad designandum hominem, ut τι, 22; Χριστοῦ ad exhibendam dignitatem, 11, 36; BLass.
La leçon ἔγειρε, avant περιπαύει, est soutenue par de bonnes autorités À E G P, 61,
NE, ASUS ΤΟ ΡΝ D Le AN Ἂν δ M < 12 ty M'A
\ N 2 = AN en δ 2 = τῷ - δ δὲ ἔχω, τοῦτό σοι δίδωμι" ἐν τῷ ὀνόμιατι ᾿Γησοῦ Χριστοῦ τοῦ; Ναζωραίου: περιπάτει “. Ν τῳ » ᾿ "7 ὰ ἜΣ x , ' Ti χαὶ πιάσας αὐτὸν τῆς debuac χειρὸς ἤγειρεν abTon παροχρῆμιαι δὲ ἐστερεώθησαν αἵ Ἷ 7 2 - Υ { 4 ” Y of ! D'or τ 4 1 APE βάσεις αὐτοῦ χαὶ To σφυδρά, 8. χαὶ ἐξαλχλόμιενος: ἔστη, χαὶ περιεπάτει, χαὶ. εἰσῆλθεν
Vlg. Flor. Boh. Pesch. Harkl. Arm. Ethiop. Gigas, de nombreux Pères; Origène, Eusèbe, Basile; Vogels l’adopte, von Soden la place entre crochets; C 614 et plusieurs min. ont ἔγειραι; mais ἔγειρε est omis par de non moins bons manuscrits, # B D Sah. et par la plupart des critiques modernes. Wendt pense que cette addition provient du texte évangélique, Ze. v, 24. Cette parole rentre bien cependant dans le cours du récit. Immédiatement après avoir donné cet ordre, Pierre prend la main de l'impotent et le soulève; il semble naturel que la parole ait accompagné le geste. ἔγειρε est intransitif; σεαυτόν est sous-entendu, — περιπάτει est à l'impératif présent, parce qu’il marque une action qui se continue. περιπατεῖν signifie circuler, se promener; il est plus expressif que βαδίζειν marcher. Cet ordre de Pierre implique que Jésus-Christ possédait la puissance de Dieu.
Pierre adresse au boïteux les mêmes paroles que Jésus avait dites au paralytique, Jn. y, 8; par ces mots : ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ τοῦ ΝΝαζωραίου, la foi a été éveillée dans l’esprit de l’impotent, qui devait avoir déjà entendu parler des miracles de Jésus et qui peut-être en avait été témoin. Des miracles étaient faits au nom de Jésus, Me. ΙΧ, 38, Actus Petri cum Sim. 11,13; Acta Joh. 22, 41; Act. Tliomae, 41; TRÉNÉE, π, 34, &; Oricèxe, Contra Celsum, 1, 6. Nous aurions, d’après Preuschen, dans cette expression : ἐν. τῷ ὀνόματι ᾿Τησοῦ Χριστοῦ τοῦ, Ναζωραίου, une formule d’exorcisme : [6 nom est prononcé pour augmenter le pouvoir magique. Der Zusatz von 6 Ναζωραῖος, ajoute-t-il, ist beï dem Wunder ebenso notwendig vie beï dem Exorzismus die genauere Bezeichnung Jesu durch den Hinweïs auf seinem Tod unter Pilatus, Karrensuson, Das apost. Symb. 11, 291, 23. Ces remarques ne répondent pas à l’ensemble du texte qui ne fait pas allusion à un exorcisme. « Il ne s’agit pas, dit Reuss, d’un effet magique produit par le nom solennellement prononcé, xix, 13, maïs de l’action d’une personnalité, agissant avec conscience et liberté et déléguant sa propre puissance, en vue de La foi, ur, 16, à ceux qu'il ἃ choisis pour ses organes. »
ÿ 7) La scène de cette guérison est très vivement décrite et présente tous les caractères de la vérité historique. Tout fait ressortir l'importance de ce miracle et la façon dont il ἃ été opéré. L'homme était impotent de naissance; son infirmité ne provenaït donc pas d’un accident ou d’une maladie; c'était un défaut de nature. Il n'avait jamais marché et on était obligé de Le porter. En outre, il était âgé de quarante ans, donc à un âge où il ne se fait plus de guérison de cette infirmité. En présence de tout le peuple, Pierre prononce des paroles solennelles, il soulève l’impotent par la main, lequel se lève en sautant et marche, puis exprime sa reconnaissance par des louanges à Dieu, et le peuple, qui a été témoin du prodige, est plein d'étonnement et d’admiration.
πιάσας, participe aoriste de πιάζω, dorique pour πιέζω; ἢ a le sens de prendre, tenir fermement, empoigner, appréhender quelqu'un pour le mettre en prison, Jn. vu, 30; Act. xn, 4, etc. ; il est plus expressif que λαμδάνω. τῆς δεξιᾶς χειρός : le substantif est au génitif, après les verbes marquant le toucher, lorsqu'il est parlé d’une partie seulement du corps; il se met à l’accusatif lorsqu'il est question de l’ensemble du corps, Mi. x, 28; Cf. BLass-DeBruNNER, p. 104 ROBERTSON, p. 508 — παραχρῆμα, c'est-à-dire sur-le-champ, immédiatement, sur place. Ce mot est caractéristique de Luc; 40 fois dans l'évangile, 6 fois dans les Actes; 2 fois seulement dans Matthieu, mais assez souvent dans les Septante. Luc l'emploïe souvent en connexion avec un miracle ou un châtiment par la
LT PER CR ὅ 5 ΕΟ ΨΆΑΝΣ 7 A E
je n'en ai point, mais ce que J'ai, je te le donne. Au nom de Jésus-Christ le
Nazaréen, marche. 7. Et l'ayant pris par la main droite, il 16. souleva ; surle-champ les plantes et les chevilles de ses pieds s’affermirent, 8. et sautant; “11 se tint debout et il marchait ; et il entra avec eux dans le Temple, marchant
maladie, par la mort; il en est de même chez les écrivains médicaux, Hippocrate, Galien, Dioscorides.
Les ride dont se sert Luc pour éite la guérison de l’impotent sont brefs, mais précis. Instantanément il y a eu raffermissement des bases, des pieds de l'impotent et en particulier des os dont le pied est formé. ἐστερεώθησαν : cet aoriste passif indique que les membres ont été raffermis par une force extérieure à eux-mêmes. Le terme n'est pas uniquement médical, mais il a été souvent employé dans le langage médical; il est appliqué aux os en particulier et l'on comprend qu'un médecin tel que Luc l'ait employé ici, surtout ce verbe ayant pour sujet βάσεις et σφυδρά. — αἱ βάσεις (βαίνω, βάω) signifie littéralement marche, puis organe pour la marche, ce sur quoi l’on marche; c’est la partie du pied placée au-dessous de la jambe, sur laquelle repose la jambe; par dérivation, il signifiera la plante des pieds, les pieds, Sagesse, xiu, 18; il est très employé par les médecins et 16 fait d’être joint à σφυδρά, autre terme médical, indique que l’auteur des Actes était un médecin. — σφυδρά, les ho lee des pieds; σφυδρόν est un mot très rare, qu'on ne trouve ni dans le dictonnaire de Bailly, ni dans celui de Passow; il est dans Galien pour désigner les condyles, c’est-à-dire les éminences osseuses des os de la jambe ou du pied et dans Hésychius qui le définit : σφυδρά" à περιφέρεια τῶν ποδῶν. σφυδρά est La leçon de Ν᾽ B* AC*, mais les copistes subséquents, ou les correcteurs, N° B3 DC? EGP 614, ne comprenant pas ce terme, l’ont remplacé par σφυρά, cheville du pied, terme classique, à moins que ce terme classique ne fût devenu σφυδρόν dans la langue hellénistique, puisque nous le trouvons seulement dans Galien, 131-203 ap. J.-C. et Hésychius, vers 380 ap. J.-C. Von Soden accepte σφυρά.
8) ἐξαλλόμενος : Blass fait remarquer que, suivant l'usage grec, ἐξαλλόμενος ne devrait pas être au participe présent, qui indique la continuité de l’action, mais à l'aoriste ἐξαλόμενος, marquant que l’action était passée quand le paralytique s’est tenu debout. La version latine de D* cum exsiliisset, indique cette nuance. L'homme sautait de joie et non sautait hors du lit ou du brancard sur lequel on l’avait apporté, comme le pense Patrizzi. Il ne faut pas supposer non plus qu'il saute pour s'assurer qu’il est guéri. Plusieurs exégètes cependant l’ont cru. Floriacensis omet χαὶ ἐξαλλόμενος ἔστη, — ἔστη χαὶ περιεπάτει : il se tint debout et il marchait : ces deux temps marquent la différence de l’action; l’aoriste ἔστη, indique une action transitoire et passée; l’imparfait περιεπάτει une action, commencée dans le passé; mais qui continuait. Après περιεπτάει Dd ajoutent ἰχαιρόμενος; gaudens; Εἰ, χαιρῶν; Floriacensis, gaudens et exultans. εἰς τὸ ἱερόν, dans l'intérieur du Temple, c’est-à-dire d’abord dans le vestibule des femmes, d’où il se rendit avee les apôtres dans celui des hommes pour louer Dieu. περιπατῶν ral ἁλλόμενος : ces deux verbes sont au participe présent pour indiquer la simultanéité et la continuité de l’action. Dd et Floriacensis ont omis περιπατῶν χαὶ ἁλλόμενος za, admis par NABE; il ne paraît pas probable que l'homme ait sauté dans l'intérieur du Temple.
… αἰνῶν τὸν Θεόν : l’homme exprime par ses louanges sa reconnaissance à Dieu pour le miracle fait en sa faveur : cette expression est familière à Luc dans de semblables situations, Ze, xix, 37; xxiv, 53: Act. πὶ, 9, etc.
Holtzmann voit dans ce récit une maladroiïte répétition de celui de Luc, v, 18-26. Mais s’il y a ressemblance dans le fond, presque-tous les détails sont différents. IL est
ACTES DES APOTRES, ti, 8-11.
SA τὰ f et περιπατοῦντα nat αἰνοῦντα τὸν Θεόν. 10. Ereyivuoroy δὲ αὐτόν, ὅτι
ς τὴν ἐλεημοσύνην καθήμενος ἐπὶ τῇ ὡραίᾳ πύλη τοῦ ἱέροῦ, χὰ 6 πο Ne ε ἀέρ ὍΣ ΣΟ αν δ Bouc χαὶ ἐχστάσεως ἐπὶ τῷ συμόεδηχότι αὐτῷ. 11. χρατοῦντος ὃ
ῃ ov nai τὸν ᾿Ιωάνην, συνέδραμεν πᾶς ὁ λαὸς πρὸς αὐτοὺς ἐπὶ τῇ στοὰ
inutile de réfuter la supposition de Thiess qui voit dans le mendiant un faux boiteux,
, lequel effrayé par l'aspect et les paroles sévères de Pierre se lève et se met à mar-
+ cher, puis craignant la colère du peuple qu'il avait trompé, accompagne les apôtres pour n'être pas molesté.
Υ 9) καὶ εἶδεν πᾶς 6 λαός : tout le peuple, c'est-à-dire tout le monde qui était là. εἶδεν est au singulier parce qu’il est placé devant le collectif au singulier. Les deux verbes ο΄ περιπατοῦντα, αἰνοῦντα, au participe présent, indiquent que l’action se continuait. Il sem-
devait être ÿ 10b : et ils furent remplis d’étonnement et de surprise au sujet de ce qui [αἱ était arrivé. Cependant le Υ 102 ἃ sa raison d'être comme explication de la situation.
ÿ 10) Blass pense que ἐπεγίνωσχον... τοῦ ἱεροῦ peut être regardé comme une parenthèse. ἐπεγίνωσχον, au pluriel parce qu'il est placé après le collsctire c'est une construction ad sensum. L'imparfait indique le commencement de l’action qui a eu lieu dans un temps antérieur à la perception, Ro8errsox, p. 887; il mar que aussi l'examen attentif du peuple, ce qui l’a amené à reconnaître que celui qui avait été guéri était le même qu'on avait l'habitude de voir assis à la Porte-Belle. Ce terme est employé pour signifier qu’on reconnaît une personne par la vue, l’audition ou un certain signe. Dans une étude attentive de ἐπιγινώσχω, Robinson, Ephesians, p.248, a prouvé que ce verbe marque non - pas tant une parfaite connaissance d’une personne ou d’un objet qu’une connaissance obtenue par l'attention dirigée vers (ἐπί) la personne ou l’objet. Milligan constate que les papyrus justifient cette interprétation. Cf. Ze. xxiv, 16, 31; Mr. χιν, 35; Me. vi, 54.
ὃτι οὗτος, BDEP ; αὐτός, NAC Vis Flor. Gig. Lucif. signifie is ipse, Bass. ἦν, fuerat, BL. χαθήμενος, part. présent de κάθημαι, être assis, demeurer à la même place; D a καθεζόμενος de καθέζομαι, s'asseoir, être assis avec idée d’immobilité. Ge participe consοὐ truit avec ἦν indique l'habitude de l’impotent. πρὸς τὴν ἐλεημοσύνην : stipis petendae causa; πρὸς τί indique le but et la fin de quelque chose, Brass. — ἐπλήσθησαν θάμδους χαὶ
blerait que la suite naturelle de ce ÿ 9 : Tout le peuple le vit marchant et louant Dieu
Exordoewc : θάμδος est un terme poétique, particulier à Luc, τν, 36; v, 9; il est employé -
pour signifier l’étonnement uni à la terreur et à la crainte, ou à l'admiration; cf. Æz. vu, 18; Cant. 11, 8; vi, 8, ἐκστάσεως : mot rare chez les classiques; il est surtout employé par Luc. ἔχστασις exprime la sortie de soi-même. Le sens ordinaire est distraction ou ‘trouble d'esprit causé par un choc. Ce mot est commun dans Hippocrate et Arétée. Ici, * il exprime plus qu'un simple étonnement, mais plutôt de la perplexité, Wexpr. D'après Bengel l'effet a été produit in affectu, θάμθους; in intellectu, ἐκστάσεως. --- Ad significandam magnitudinem admirationis suas passiones animi apposuit, stuporem quidem magnitudinem admirationis significandam et ecstasim effectum ejus, hoc est fere alienationem a seipsis, CaserAw. B. Weiss, Hilgenfeld pensent que cet étonnement et cette admiration du peuple étaient surexcités du fait que c'était le premier miracle des apôtres. Un fait extraordinaire étonne quand il se produit pour la première fois ; à la deuxième où à la troisième fois, on ne s’étonne plus. Il est plutôt à croire que la nature extraordinaire de ce miracle produisait cette stupeur et cette admiration. Moulton et Milligan, The Voc. of the greek Testament, p. 198, trouvent dans un fragment récem-
et sautant et louant Dieu. 9. Et tout Le peuple le vitmarchant et louant Dieu. 410. Et ils reconnaissaient que c'était celui-là même qui s’asseyait pour [demander] l'aumône près de la Belle Porte du Temple, et ils furent remplis d'étonnement et de surprise au sujet de ce qui lui était arrivé. 11. Or, comme il tenait Pierre et Jean, tout le peuple accourut vers eux au portique, dit de Salomon, frappé de stupeur.
ment découvert de Ménandre une bonne illustration de l’usage néotestamentaire de ἔχστασις : Bouynôube ἔνδον, τιλμὸς, ἔκστασις συχνή : dans la maison il s’ensuivit un cri de fureur, un arrachement des cheveux, un délire Continuel.
ἐπὶ τῷ συνδεδηχότι αὐτῷ : l’action était terminée, mais le participe parfait indique que son résultat durait encore. Floriacensis et Par. !, au lieu de θάμδους καὶ ἐχστάσεως ont : impleti sunt omnes ammiratione et stupebant de eo quod illi accidit sanitas : c'est une explication de l'effet produit par le miracle.
ÿ 11) Ce verset est présenté de la façon suivante dans Dd Flor. : ἐκπορευομένου (exeuntibus, F1.) δὲ τοῦ Πέτρου καὶ Ἰωάνου συνεξεπορεύετο χρατῶν αὐτούς; D seul continue ainsi : où δὲ θαμδηθέντες ἔστησαν ἐν τῇ στοᾷ τῇ χαλουμένῃ ΣΙολομῶντος ἔχθαμόοι. --- θαμόηθέντες et ἔχθαμόοι forment pléonasme. Il est difficile de croire que Luc soit responsable de ce pléonasme si k évident. Belser, Beitr. z. Erkl. d. Ap. voit dans le texte α (texte oriental) une abréviation et un éclaircissement du texte B (texte occidental). « L'écrivain du texte occidental a établi évidemment une distinction entre l'enceinte du Temple et le portique de
. Salomon, « nam porticus ille extra arcam sacram fuit » Bzass. ἱερόν peut être tenu
pour distinct de la cour extérieure des cloîtres. S'il en est ainsi, le texte occidental - présente le récit le plus précis d’un écrivain, qui veut conduire les apôtres et le boîteux de la cour intérieure à la çour extérieure, suivant la topographie à laquelle il était habitué », KNowLinc.
Blass est du même avis : disertius 8 quam «. Il reconnaît cependant que « indique le même état de choses que β, ce que n'admet pas Preuschen, car d’après le texte a, après que les apôtres et l’impotent furent entrés dans la cour intérieure, le rassemble: ment du peuple eut lieu au ‘portique de Salomon, ce qui ne pouvait être puisque ce
portique était dans la cour extérieure au ἱερόν. IL en conclut que l'écrivain du texte β montre ici une connaissance exacte de la topographie du Temple.
χρατοῦντος, tenente, retinente, τι, 24, ob gaudium gratumque animum, Bass. 614,. d’autres min., Chrysostome, Théophylacte out τοῦ ἴαθέντος χωλοῦ à χρατοῦντος. Luc n’a pas voulu dire que l'homme s’attachait à Pierre et à Jean d’une manière physique, c’est-à-dire en serrant leurs mains ou leurs vêtements, mais qu'il les suivait, ne vou-
lant pas se séparer de ses bienfaiteurs qui sortaient du temple; cependant, χρατέω
implique l'idée de puissance, χράτος, donc tenir fortement; mais cela peut s'entendre au moral aussi bien qu’au physique. ἐπὶ τῇ στοᾷ, τῇ καλουμένῃ Σολομῶντος : ἐπὶ τῇ 950%, au datif pour marquer la contiguité. Étant sortis par la porte orientale, les apôtres arrivè-
rent au portique de Salomon qui était situé aussi à l’orient, mais dans un vestbule
extérieur. Salomon avait comblé la dépression de terrain située à lorient du Temple et avait fait bâtir sur le remblai un portique, ou galerie couverte, soutenue par des colonnes. Il est probable que ce portique fut détruit lors de la ruine du Temple, en 587 avantJ.-C. Cependant, d'après Josèphe, Anr. jud., XX,9, 7, il était le seul de tout l'édifice qui fut resté debout. Lorsqu'on rebâtit le Temple, Zorobabel ou plus probablement Hérode fit élever un autre portique sur le même emplacement. On lui donna le nom de portique de Salomon pour rappeler celui qui avait été bâti par ce roi. On sy abritait contre la chaleur et la pluie. On venait y écouter les docteurs et ceux qui
ίᾳ cie ἢ nicht πεποιηγόσιν τοῦ à 12
avaient un enseignement à donner, ὕη. x, 23; Act. τπ, 11; v, 12. Les changeurs de monnaie et les marchands d'animaux pour les sacrifices étaient réunis aussi sous ce portique. τῇ καλουμένῃ : ce participe présent indique que ce portique existait encore au temps où écrivit l'auteur ou au temps Ge ceux qui lui transmirent ce récit. ἔχθαμθδοι, mot rare, ἃ la même sens que ἔχφοθοι, Me. 1x, 6, frappé d'effroi ou de stu- __ peur; effrayé outre mesure; on l’a trouvé seulement dans Polybe. Le pluriel pour le singulier est une construction ad sensum. Cet accord de l'adjectif d'après le sens du nom est plus ancien que l'accord grammatical, RoBErtsow, p. 655.
Be . ii, 12-26 : DISCOURS DE PIERRE AU PEUPLE.
Ce discours de Pierre se divise naturellement en trois parties : 19 Le miracle dont.
les Juifs sont étonnés n’a pas été opéré par la puissance des sa il est l’œuvre
de Jésus qu'ils ont mis à mort, mais que Dieu a ressuscité, mr, 42-16. 2° Mais ils ont
agi par ignorance, n'ayant pas compris que, d’après le dessein de Dieu, le Messie,
serviteur de Yahveh, devait souffrir, 17, 18. 30 Pierre les exhorte à la repentance, afin
qu'ils obtiennent le salut annoncé par les prophètes et qui leur ἃ été promis à eux,
les fils de l'alliance, à qui Dieu a envoyé premièrement son serviteur Jésus pour les bénir, 19-26.
Overbeck et Holtzmann ont soutenu Le second discours de Pierre n'était pas historique, sous prétexte qu’il ne serait qu’un doublet da précédent, π, 15-39. Il est - vrai que ce discours est présenté de la même façon : d’un fait Pierre déduit la mes-
sianité de Jésus et conclut de même, les Juifs doivent faire pénitence. Mais on doit
reconnaître que la doctrine de la messianité de Jésus recoit ici un nouveau développement. Jésus est le serviteur de Yahveh, le Saint et le Juste, le chef de la vie; son nom, c'est-à-dire sa personne, opère des miracles. Il est un prophète plus grand que Moïse; en lui sera accomplie la promesse faite à Abraham : Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité. Si donc dans sa substance, c'est-à-dire dans ce que ce discours tend à prouver, il ressemble au précédent, dans tous les | arguments il en diffère. Felten trouve que ce discours de Pierre se distingue du précédent parce qu’il est de caractère moins dogmatique et polémique, et qu'il est plutôt parénétique. Les critiques, Jüngst, Hilgenfeld ont relevé dans ce discours des parties provenant de sources différentes. ΠῚ ne paraît pas à Wendt qu'il y aït dans la suite des pensées des à-coups tels qu’il soit impossible de tenir ce discours, tel qu'il est, comme une composition suivie de l’auteur des Actes.
GE
Ÿ 12) Au lieu de ἰδὼν ὃὲ ὁ Πέτρος ἀπεχρίνατο, Dd Flor. Par. ont ἀποχριθεὶς δὲ ὁ Πέτρος εἶπεν πρὸς αὐτούς, formule qui se rapproche tout à fait de celle qui est employée dans les évangiles. ἀπεχρίνατο est au moyen, comme dans Luc, xim, 44; χιν, 8 et ici seulement dans les Actes, tandis que dans le reste du N. T. et dans la langue hellénistique on emploie plutôt le passif, ἀπεχρίθη ou surtout ἀποκριθείς. « Dans le grec biblique la voix moyenne est mourante; dans le grec moderne elle est morte », PLUMMER. — ἀπεχρίνατο, aoriste second moyen de ἀποχρίνομαι, répondre à une question. IL y a eu probablement
de la part de la foule des questions demandant aux apôtres des explications sur ce qui s'était passé; il y a eu certainement de l’étonnement, des exclamations; c’est à cela que répond l'Apôtre. T1 est possible cependant que nous ayons là tout simplement la formule qui dans le N. T. introduit les discours et qui signifie : il se mit à parler.
ACTES DES APOTRES, au, 12-18. 4103
43. Mais Pierre, voyant [cela|, répondit au peuple : Hommes Israélites, pourquoi vous éfonnez-vous de ceci? {au sujet de celui-ci) ? Ou pourquoi avez-vous les yeux arrêtés sur nous comme si c'était par [notre] propre puissance ou par [notre] piété que nous l’eussions fait marcher? 43. Le Dieu d'Abraham et d'Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son
ΤΌ LA GUÉRISON DE L'IMPOTENT EST L'ŒUVRE DE DIET QUI A VOULU GLORIFIER SON SERVITEUR JÉSUS, ΤΠ, 12-16.
Avdpes Ἰσραηλεῖται : apostrophe honorifique; τί θαυμάζετε ἐπὶ τούτῳ : ce mot peut être au neutre : Pourquoi vous étonnez-vous au sujet de cela, de cette guérison, ou au
masculin : au sujet de celui-ci, de l’homme guéri. τούτῳ est plutôt au masculin, se rap-.
portant à αὐτόν. ἡμῖν τί ἀτενίζετε : Pourquoi nous regardez-vous avec attention? ἡμῖν au datif au lieu de εἰς avec l’accusatif, comme dans Lue, iv, 20; xx, ὅθ; Actes, x, ἄν χῖν, 9; xxu1, 4. Pierre répond aux marques d'étonnement des Juifs; leur attitude était une demande d'explication du miracle.
"Ὡς... πεποιηχόσιν ἣμῖν, Le participe avec ὡς exprime 18 pensée que l’on prête à celui - dont on parle; ici le contexte indique que la supposition est contraire à la réalité, VireAU. ἰδίᾳ δυνάμει, [c'est] par notre puissance, par un pouvoif inné ou acquis, ou par un effet de notre piété, εὐσεδείᾳ, que nous l'avons fait marcher? εὐσεδεία ; cf. fs. mt, 21: Pros. 1, 7; ici seulement dans Luc, souvent dans Paul; quatre fois dns 18 πες épître de Pierre. εὐσεδεία signifie toujours dans le Ν. T. la piété envers Dieu; le latin pietas et aussi εὐσεδεία dans le grec classique expriment l'amour ou ie respect ΠΉΔΙ. La Vulgate clémentine et Floriacensis, Pesch. Arm. ont potestate au lieu de pietate, ce qui suppose le grec ἐξουσία qui est dans saint Chrysostome. Avec Amiat. Fuld. Demid. Cassiodore, Wordsworth- White ont pigtate. Au lieu de ὡς ἰδίᾳ. δυνάμει ἢ εὐσεδείᾳ πεποιηκόσιν... Dd Flor. Gig. Severianus ont ὡς ἡμῶν τῇ ἰδίᾳ δυνάμει 7 εὐσεδείᾳ πεποιηχύτων τοῦ περιπατεῖν αὐτόν; le génitif absolu est caractéristique du texte occidental; 1a phrase est ainsi d’ailleurs plus correcte. « Avant tout, les apôtres s'efforcent de détourner
d'eux-mêmes l'attention du peuple et la gloire de ce miracle que nulle puissance et
nulle piété humaine n’auraïent pu accomplir afin d'en rapporter tout l'honneur à Dieu », Boywer. Cette première phrase du discours de Pierre est harmonieuse et bien ordonnée, presque parallélique.
13) Cette guérison doit donc être attribuée à Dieu qui par elle a glorffié Jésus. Et Pierre, avant de déclarer que c’est par le nom de Jésus que l’impotent a été pi ς ei aux Juifs que Jésus était le Messie promis par Dieu.
"ὃ Θεὸς ᾿Αὐραὰμ. χαὶ ᾿Ισαὰκ χαὶ ᾿Ιαχῴδ est la leçon de BEP 61 Sah. Pesch. Harki. et aussi de 1 Rois, xvmi, 36, tandis que KA CD Vig. Chrys. ont ὃ Θεὸς ᾿Αὔραὰμ,, καὶ ὃ Θεὸς ᾿Ισαὰκ, καὶ ὁ 'θεὸς axé, comme Æx. mr, 6; Mt. xxm, 32, Me. χιι, 26. Blass fait remarquer que l'article ne devrait pas être répété devant Θεός, comme s'il y avait Ps dieux.
Cette appellation solennelle, par laquelle Pierre rappelle l'alliance que Dieu a contractée avec son peuple, représenté par ses grands ancêtres, ‘et les bienfaits dont il la comblé, devait émouvoir ses auditeurs en exaltant la puissance de l’action de Dieu qui a glorifié son serviteur. ὁ Θεὸς τῶν πατέρων ἡμῶν est une addition épexégétique. Pierre veut démontrer que la doctrine qu'il enseigne est appuyée sur l'autorité du Dieu €e leurs pères; il ne dit rien de nouveau, maïs proclame la réalisation de ce que Dieu a promis par ses prophètes. — ἐδόξασεν τὸν παῖδα αὐτοῦ Ἰησοῦν : ἐδόξασεν, «οἵ. Jn. vit, 54;
, 4. Dieu ἃ glorifié son serviteur désus par le miracle opéré en son nom, mais
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