‹ Les Actes des ApôtresChapitre 183 sur 358 · EN ἘΠῚ ΣΎ ME ET TON AE STE · texte numérisé non relu

EN ἘΠῚ ΣΎ ME ET TON AE STE

ÿ 21) Ainsi donc, lors de son premier avènement, le Messie a dû souffrir, comme l'ont annoncé les prophètes; lors de son second avènement, il apportera la restauration de toutes choses; maïs, en attendant cet événement, il doit habiter le ciel, où ilest actuellement.

: . ὃν δεῖ οὐρανὸν μὲν δέξασθαι : δεῖ indique la nécessité, établie par le décret divin et ο΄ prédité par les prophètes. δεῖ est au présent pour indiquer sa durée présente. οὐρανόν, __ accusatif sujet de δέξασθαι. δέχεσθαι est prégnant et signifie recevoir et conserver, FELTEN. ο΄ μέν n'a pas un δέ corrélatif, mais est en opposition avec ἄχρι χρόνων ἀποχαταστάσεως : le ciel à la vérité doit recevoir Jésus jusqu’à ce qu’il revienne sur la terre au temps de la restauration, de la régénération. ὃν δεῖ οὐρανὸν δέξασθαι peut être traduit de trois manières : lequel le ciel doit recevoir, jusqu'au jour de la parousie, c’est-à-dire le

jour où il reviendra sur la terre, ce que suggère οὐρανὸν μέν, Philip. πι, 20; Col. πι, 4, ou bien en prenant ὅν pour sujet : lequel doit occuper ou remplir le ciel, mais δέχομαι n’a pas ce sens-là; il faudrait κατέχειν. Ou encore : le ciel qu'il doit recevoir, sousentendu du Père. Cette traduction ne répond pas au contexte. Pierre veut corriger ici l'idée populaire que le Messie resterait éternellement sur la terre, ὑπ. x, 34. ᾿ ἄχρι χρόνων ἀποχαταστάσεως : ἀποχατάστασις signifie rétablissement du he ou d’une personne dans son état antérieur; au sens médical, il marque un complet rétablisse- * ment de la santé. Il n’est employé qu'ici dans Le N. T., mais on le trouve chez les écrivains grecs, Polybe, Plutarque, Diodore. Josèphe l’emploie pour désigner la restauration des Juifs dans leur pays, au retour de la captivité. Moulton, Milligan citent des papyrus du πιὸ siècle av. J.-C. où il a le sens de restitution, restauration. Au sens astronomique ἀποχατάστασις signifie retour périodique [d'un astre]. PLaron. Le verbe ἀποχαθίστημι est plusieurs fois employé dans le N. T. et 2 fois au sens de restauration de toutes choses, Mt. xvir, 16 ou Me. 1x, 12 et Act. τ, 6. Les χρόνοι ἀποχαταστάσεως Sont la suite des χαιροὶ ἀναψύξεως, ÿ 19. Les premiers décrivent la période inaugurale du retour du Christ et les seconds RÉ la plénitude de ces temps messianiques. Jésus restera donc au ciel jusqu'aux que de la restauration, c’est-àdire jusqu’à sa parousie.

ie

la personne (de la face) du Seigneur (de devant Le Seigneur), et qu'il envoie

celui qui vous a été destiné d’avance comme Messie, Jésus, 21. qu'il faut

que le ciel recoive jusqu'aux temps de la restauration de toutes choses,

La pensée de Pierre ἃ été interprêtée de diverses façons; Knabenbauer, p. 75,

l'explique ainsi : « Verbum restituere ἀποχαθιστάναι, dicitur de sanatione, restitutione

sanitatis, Mt. xu, 18; Mc. τι, 5; vin, 25; Le. vi, 10; dicitur de Elia qui venturus est et restituet omnia, Me. xvir, 11. Unde ἀποχατάστασις omnium, quae locutus est Deus per os sanciorum suorum & saeculo prophetarum idem est, atque cuncta quae ἃ prophetis promissa sunt tum demum integrum ac perfectum sortiuntur effectum, tum omnia illa in statu ac conditione perfecta restituentur, quae eousque inchoatione quadam et imperfectione habebantur. Servatur notio restitutionis, vel translationis in novum statum, in qua prior status deterior removetur (cf. ἀπό); quare illud ὧν recte refertur ad πάντων, neque opus est illud referre ad χρόνους (cum Beel. Felt. Wendt, antea in éd. v, 1880; sed 1888 aliter). Per prophetas olim ab antiquo tempore Deus promiserat se esse Deum foederis, daturum benedictionem, pacem (cf. Gen. 1x, 26; x, 3; χυπι, 18; xLIX, 10); imo, ut Iudas nos docet in epistola, Ÿ 14, jam septimus ab Adam Enoch prophetavit : ecce venit Dominus in sanctis millibus suis facere judicium; porro imago illa summae pacis ac felicitatis quam prophetae de regno messiano exhibent hisce in terris solum imperfecta quadam adumbratione in effectum deducitur. Restat itaque, ut illa omnia ex conditione imperfecta et manca restituantur in statum perfectum; cf. 15. Lxv, 17 : ecce enim ego creo coelos novos et terram novam; II Pr. II, 13. »

« Le rétablissement de toutes choses, dit Bonnet, sera donc leur restitution, ou réintégration dans leur état normal, parfait, voulu de Dieu : telle sera l’œuvre finale

du Sauveur à sa seconde venue. C’est là ce que Jésus appelle la palingénésie ou

renaissance et qu’il accomplira quand il s’assiéra sur le trône de sa gloire, Mt. xIx, 28. » Le rétablissement de toutes choses sera donc une révolution universelle qui remettra toutes choses dans l’ordre voulu par Dieu et qui a été troublé. Ce temps coïncidera avec la parousie de Jésus.

D'après Preuschen, ἀποκατάστασις signifie le rétablissement, la restauration, DiTten-

BERGER, 97y21.2, 552; Tuieme, Or. gr. Inscript., p. 483; au sens de rénovation du monde, PuiLon, Quis dives; OricÈNe, in Jn, 1, 16 et cette rénovation sera le signe caractéris-

tique des temps messianiques. Preuschen croit avec Overbeck que le terme doit être restreint à la conversion des Juifs. Mais alors Pierre enseignerait encore les conceptions messianiques du peuple juif, contre lesquelles a si souvent protesté le Seigneur, <e qui est inadmissible.

ὧν peut se rapporter à πάντων : de toutes les choses desquelles Dieu ἃ parlé; mais alors la rénovation serait bornée aux choses dont les prophètes ont parlé; ou à χρόνων, des temps de rénovation desquels Dieu a parlé. Dans ce cas il aurait fallu οὕς, Brass, mais on a ici un exemple d'attraction, γρόνων ὥν. διὰ στόματος τῶν ἁγίων προφητῶν : cf. Ze. 1, 70; paraphrase familière à Luc et employée par lui seul dans le N. 7°, τ, 16;

ΠῚ, 18, 21; 1v, 25, etc., excepté une fois par Mt. 1v, 4, et encore dans une citation.

ἀπ᾽ αἰῶνος : Luc est seul à employer au singulier cette expression; Le. 1, 70; Act. mr, 21; xv, 18; le pluriel est 2 fois dans Paul, Col. 1, 26; Eph. πι, 9. Elle signifie simplement comme Gen. vi, 4, du temps ancien, d'autrefois : les prophètes anciens, ce qui prépare l'introduction d’une prophétie de Moïse, ÿ 22.

Avant ἀπ᾽ αἰῶνος, N° BE ajoutent τῶν; ἀπ᾿ αἰῶνος est omis par Dd Flor. Gig. Par.

Irénée, Tert.

NEA : ἘΝ ͵ ᾿ vi ACTES DES APOTRES, III, 20-21. PIS

€ Ἀ NAT ré Le CSS 2 2 ο Θεὸς Οοιὰ στομῶτος τῶν αγιὼν απ ἀιωνὸς ἃ “ 4 -

> 2 x ὅτι προφήτην ὑμῖν ἀναστήσει Küproc ὁ Θεὸς €

ΩΣ ͵ Y r el 31 f x € ἀχούσεσθε χατὰ πᾶντα Ὅσα ἂν λαλήσῃ πρὸς ὃ p

ἡ 22) Pierre rapporte de mémoire les paroles de Moïse le plus ancien des prophètes. Μοῦσῆς μέν : Moïse d’une part. μέν établit l'opposition entre Moïse et tous les autres prophètes du ÿ 24 : πάντες δὲ of προφῆται. D'après la Vulgate μέν équivaudrait à quidem et signifierait, en effet. P 614, Pesch. ajoutent γάρ, ce qui est une glose explicative. Après εἶπεν Dd Flor. Gigas ajoutent πρὸς τοὺς πατέρας ἡμῶν, omis par NABC 15 61 Vig. Pesch. Boh. :

A l'exhortation au repentir et à la conversion qui devaient amener les temps de rafraîchissement et de régénération, Pierre ajoute les paroles de menace qu'a prononcées Moïse contre celui qui ne veut pas écouter les paroles de Dieu. Si des Juifs refusent de se repentir, ils seront exterminés du milieu du peuple.

La citation est extraite librement des Septante, Deur. xxvur, 15, qui eux-mêmes traduisent peu littéralement l'hébreu : Yahveh ton Dieu te suscitera du milieu de toi, d’entre tes frères, un prophète comme moi, écoutez-le. Les promesses du Seigneur que rapporte Pierre se réalisent en Jésus, le Christ qui a enseigné la loi nouvelle, qui a annoncé la volonté de Dieu. C’est de lui que parle l'épitre aux Hébreux, 1, 1: « Après ‘avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à mos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers jours, nous a parlé par son Fils. »

ὅτι est récitatif : le Seigneur a dit que, et Pierre cite le texte. Si l’on peut croire que le prophète dont il est parlé dans 16 1v° évangile, 1, 21, 25; νι, 14; vu, 40, est distinct de Jésus, il n’en est pas de même ici. Pour Pierre, le prophète annoncé par Dieu c’est Jésus. ἀναστήσει, futur de ἀνίστημι, qui au sens transitif, signifie faire lever, faire naître, susciter, ressusciter. Pierre a-t-il eu en vue ici la résurrection de Jésus ? ὡς ἐμέ, comme moi, sous-entendu ἀνέστησεν, ce qu'indique le ὥσπερ des Septante. Dieu a suscité Moïse du milieu de son peuple comme un prophète et un libérateur; il suscitera un autre prophète et libérateur, affirme Moïse. Le point de ressemblance le plus marqué entre Jésus-Christ et Moïse, c'est, en effet, que tous deux sont médiateurs entre Dieu et les hommes, Gal. πὶ, 19; Hébr.1x, 18. La comparaison entre Jésus et Moïse est développée dans Hébreux, 11, 1-6. Aucun prophète n'avait autant de droit que Jésus à être dit le successeur de Moïse. Mais, pour un Juif, comparer Jésus à Moïse était un blasphème.

αὐτοῦ ἀχούσεσθε κατὰ πάντα ὅσα ἂν λαλήσῃ πρὸς ὑμᾶς : vous l’écouterez en tout ce qu'il vous dira. Ce que Pierre veut faire ressortir, en citant ces paroles de Moïse, c'est l'obligation où est le fidèle d'écouter le prophète, c’est-à-dire Jésus Messie et le sort qui attend ceux qui ne l’écouteront pas.

Υ 23) La formule ἔσται δέ sert pour l'avenir; elle indique ce qui se passera dans le

futur royaume messianique; elle appelle l'attention sur ceux qui en seront exclus. C’est une traduction libre de l’hébreu et du grec. Cette citation, empruntée au ÿ 19 du

ch. xvur du Deutéronome, est moins littérale que celle de xvur, 45, du même livre :

xa ὃ ἄνθρωπος ὃς ἐὰν μὴ ἀκούσῃ ὅσα ἐὰν λαλήσῃ ὁ προφήτης ἐχεῖνος ἐπὶ τῷ ὀνόματί μου, ἐγῶ: ἐχδικήσω

ἐξ αὐτοῦ. Pierre appuie sur la menace de Dieu. Celui-ci avait dif : Μοὶ, je lui en

demanderai compte, texte hébreu, que les Septante ont traduit : J'en ferai justice.

Interprétant ce texte, Pierre menace ceux qui ne veulent pas écouter le prophète de la peine dont il est souvent parlé dans l'A. T.; il sera exterminé du milieu du peuple,

Gen. χυῖι, 14; Lév. vir, 20, 21; Nomb, xx, 18, 20, etc. Pierre étend cette peine : celui

qui n’écoute pas la parole du prophète sera exterminé du milieu du peuple de Dieu,

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