CHAPITRE IV
IV, 1. Or, tandis qu'ils parlaient au peuple, survinrent vers eux les , Ù Ρ
rences sont cependant assez sensibles pour qu’on admette que l’un n'est pas le
doublet de l’autre et que les deux récits sont indépendants. D’après B. Weiss, Feïine, J. Weiss, l’auteur, dans son travail sur la source qui lui a fourni le ch. rv, se serait inspiré des données qu'il trouvait dans la source du ch. v. Spitta, Jüngst voient dans ces deux chapitres le résultat de deux sources racontant le même événement. Dans un travail publié dans Mieuwe Theologisch Tijdschrift, 1921, p. 274-300; Doubletten
in Handelingen, van den Bergh van Eysinga fait observer que les nombreuses répéti- !
tions que lon le dans les Actes : parallélisme de Pierre et de Paul, deux descriptions de la communauté des biens dans la primitive église, trois τοῖς de la conversion de Paul, deux comparutions de l’Apôtre devant un magistrat romain, etc.,
ne sont pas des doublets, mais simplement le résultat de la grande propension de Luc
à se répéter, à se copier lui-même, par exemple, dans les discôurs.
Υ 1) Λαλούντων αὐτῶν; le participe présent indique que le stratège du temple et les Sadducéens survinrent pendant que les apôtres parlaient. αὐτῶν, Pierre et Jean; faut-il en conclure que Jean parlait aussi ou bien qu’il est mentionné ici parce qu'il était présent ὃ — ἐπέστησαν αὐτοῖς, aoriste second moyen de ἐφίσταμαι, signifiant se présenter, survenir brusquement, avec le datif, surprendre, quelquefois dans un but hostile; cf. vr, 12; xvrr, 5. Les gardes et les prètres survinrent donc tout à coup: αὐτοῖς était inutile, Brass. — ἱερεῖς, les prêtres, qui, cette semaine, étaient de service au Temple et en assuraient la garde extérieure, en faisant la police des cours. Au lieu de ἱερεῖς, B C 4 Arm. EXHGop. ont ἀρχιερεῖς. IL est possible que ceux qui avaient occupé la charge de grands-prêtres, ou étaient les chefs des familles dans lesquelles se recrataient les grands-prêtres, aient procédé à la garde du Temple de concert avec le chef de la garde. Il semble cependant plus probable que l’auteur de la variante, se rappelant que dans les évangiles, il était toujours parlé des ἀρχιερεῖς, et jamais des ἱερεῖς, sauf dans Luc, xx, 1 (où la leçon ἀρχιερεῖς est douteuse) comme hostiles à Jésus, ait introduit ici les ἀρχιερεῖς au lieu des ἱερεῖς.
ὃ στρατηγὸς τοῦ ἱεροῦ, magistratus templi, Vig.; d’après l’hébreu, prince de la maison
de Dieu, I Chr. 1x, 41; II Chr. χχχι, 18. Il est appelé προστάτης τοῦ ἱεροῦ dans II Wacc. in, 4, et il est connu dans les écrits juifs par le titre de l’homme du mont du Temple. Il est mentionné dans Luc, xxn1, 4, 52, et encore dans les Actes, v, 24, 26. Le στρατηγός
était le chef des prêtres et des lévites, qui avaient la garde du Temple. C'était un prêtre, qui venait en dignité après le grand-prêtre; cf. Josèpne, Ant. jud., XX, 6, 2, etc. 2
Sonürer, 115, p. 265. Il avait sous ses ordres des στρατηγοί, chargés de la police du Temple, Ze. xx, 52. Patrizzi ne peut croire que le chef et les subalternes portaient le même titre; il présume que le prêtre qui était en service au Temple pendant la semaine était ainsi appelé, de sorte qu'il y aurait eu vingt-quatre στρατηγοί,
οἱ Σαδδουχαῖοι : on s'explique difficilement la raison d’être de cette mention des Sadducéens. Leur présence au Temple n’est pas justifiée, car ils ne sont pas fonctionnaires du Temple et n’y jouent aucun rôle. Que faisaient-ils ici, à côté des prêtres et du stratège du Temple? Il est possible qu'il y ait eu des Sadducéens parmi les auditeurs de Pierre. Peut-être avaient-ils été prévenus et eux-mêmes probablement
EE À (nat χαταγγέλλειν ἐν τῷ Τησοῦ τὴν ἀνάστησιν τὴν Ex one 3. χαὶ ἐπέῤαλον. αὐτοῖς ἃ .}
firent appeler ceux qui étaient chargés de la police du Temple. ἃ cette époque, les familles sacerdotales, dans lesquelles étaient choisis les grands-prêtres, étaient sadducéennes, ce qui a pu donner naissance à la leçon ἀρχιερεῖς, Ÿ 1. Il y avait cependant des Sadducéens parmi les prêtres d’ordre inférieur; mais les Sadducéens formaient la classe riche et puissante du sacerdoce juif, cf. Scaürer, 115, p. 406; O. Hocrzmann 2, p. 212; Hôzscuer, der Sadducäismus, 1906. Voir Excursus, les Sadducéens.
L'auteur des Actes était donc bien informé quand il nous montre les Sadducéens, adjoints aux prêtres et au chef de la police dans leur intervention pour empêcher les ᾿ apôtres de prêcher la résurrection des morts. Les Sadducéens sont dans les Actes les / ennemis acharnés des chrétiens, tandis que les Pharisiens leur sont assez favorables.
* Plusieurs de ceux-ci se convertirent, xv, 5; d’autres, suivant l’exemple de Gamaliel,
restaient dans l’attente. Aucun Sadducéen ne s’est, dit-on, converti. Cependant, vi, 7, il est dit qu'un grand nombre de prêtres se soumirent à la foi. Il est possible que Ep quelques- uns νος eux fussent sadducéens. On a fait observer que, contrairement à ce qui s’est passé pendant la vie publique de Jésus, les Sadducéens sont les adver- saires acharnés de l'Évangile et non plus les Pharisiens, qui avaient si violemment attaqué Jésus: Mais remarquons que déjà les Sadducéens avaient tendu des pièges à Jésus, Mt. xx, 23 et qu'ils avaient participé à la mort de Jésus, comme membres du Sanhédrin, et dans la personne de leurs grands-prêtres, Anne et Caïphe. Les Pharisiens n'ont pas non plus abdiqué leur haïne contre Jésus; Paul était un pharisien.
ΟΥ̓ 2) διαπονούμενοι, employé dans le N. T., ici seulement et xvr, 18, se trouve dans un papyrus de l’an 2 avant J.-C. Son sens ordinaire est travailler avec peine, de πόνος, douleur. Au moyen il signifie travailler à, s'occuper de; quelquefois, s’affliger, se chagriner; il peut s'entendre d’une peine physique ou morale. διὰ τὸ διδάσχειν αὐτοῦς τὸν λαόν : διά avec l’infinitif remplace une proposition causale : tournure fréquente
dans Luc; διδάσχειν gouverne deux accusatifs. Les Sadducéens étaient en peine, à cause de l'influence que pouvaient prendre les apôtres sur le peuple, de l’enseignement qu'ils | donnaient et surtout parce qu'ils proclamaient la résurrection des morts. Ils n’admettaient pas non plus que, n'étant pas rabbins, ceux-ci pussent prétendre enseigner une doctrine. ἐν τῷ ’Insoë, dans la personne de Jésus, qu’ils disaient être ressuscité, et non par le pouvoir de Jésus. Faut-il rattacher ἐν τῷ ᾿Ιησοῦ seulement à χαταγγέλλειν et traduire annoncer dans Jésus? La lecon du codex de Bèze : ἀναγγέλλειν τὸν Ἰησοῦν ἦν τῇ ἀναστάσει τῶν νεχρῶν, annoncer, prêcher Jésus dans la résurrection des morts, change le sens de la phrase. Serait-ce la leçon originale? τὴν ἀνάστασιν τὴν ἐκ νεχρῶν : de soi ἀνάστασις ne signifie pas résurrection; le sens est précisé par τὴν ἐν vexpüv. À remarquer qu'au temps de Notre-Seigneur, les Juifs croyaient que l’âme habitait encore avec le corps dans le sheol.
La résurrection portait donc tout à la fois sur l’âme et sur le corps; c'était le retour du corps à la vie sur la terre. La résurrection générale des morts découlait de celle de Jésus, et c’est ce qui inquiétait les Sadducéens; maïs elle n’était enseignée qu'indirectement par les apôtres. Ils prêchaient tout d’abord la résurrection de Jésus : leur point de vue était plutôt historique que dogmatique.
D'après B. Weiss, il est historiquement te que la prédication de la résurrection des morts dans la personne de Jésus ait causé l'arrestation des deux apôtres, puisque la résurrection des morts était une doctrine publiquement enseignée par les Pharisiens; c'est donc une description complémentaire du rédacteur. Wendt
| prêtres et le stratège du Temple ainsi que les Sadducéens, 2. vexés de οὐ τὰν
qu’ils enseignaient le peuple et annoncaient en Jésus la résurrection d’entre
les morts. 3. Et ils portèrent les mains sur eux et ils les mirent en prison jusqu'au lendemain, car c'était déjà le soir. #. Or, beaucoup de ceux qui
remarque que la négation de la résurrection des morts n'avait qu'une importance secon-
daire pour les Sadducéens, hommes plutôt pratiques; l’auteur des Actes aurait conclu de leur discussion avec Jésus sur ce sujet, Mc. xu, 18, que les Sadducéens y atta-
chaient une importance capitale.
Ÿ 3) χαὶ ἐπέδαλον αὐτοῖς τὰς χεῖρας : Les prêtres, le stratège et les Sadducéens portèrent les mains sur les apôtres, c’est-à-dire les firent arrêter par la garde du Temple pour
avoir prononcé des paroles qui pouvaient troubler le peuple; c'était une mesure de précaution, en attendant le procès qui ne pouvait avoir lieu que le lendemain. ἐπέδαλον est employé avec le même nom, τὰς χεῖρας, 2 fois dans l’évangile et 4 fois dans les”
Actes, mais le nom de la personne, au lieu d’être au datif, est à l’accusatif avec ἐπί, Il n’est qu’une fois dans Matthieu, Marc et 2 fois dans Jean. Le codex de Bèze ἃ ἐπιθαλόντες, ce qui donne à la phrase une tournure plus grecque. Floriacensis ajoute, et tenuerunt
eos, que Zückler et Belser tiennent pour la leçon originale. τήρησιν, 2 fois dans les’ Actes, 1 fois dans Paul; ce terme signifie observation, action de surveiller, d’où
action de tenir quelqu'un sous sa garde, emprisonnement, et par métonymie, prison; il est entendu ici dans ce dernier sens. Cf. Deissmann, N. B$t. p. ὅδ. C'était peut-être
un poste de garde et non la prison proprement dite, δεσμωτήριον, v, 22. D'ordinaire, le
lieu où l’on gardait les accusés n'était pas, comme de nos jours, un bâtiment spécial. C'était un édifice destiné à d’autres usages, une forteresse, un palais. On y plaçait les accusés en attendant leur jugement, ou les condamnés avant leur supplice, 1v, 3; v, 18.
C'était même quelquefois une maison particulière, ainsi qu'il fut fait pour Paul à Rome,
xxvut, 46, 30. Avant tout procès, on jeta les apôtres en prison, ce qui était contraireà
la légalité, puisqu'on ne relevait contre eux aucun délit.
εἰς τὴν αὔριον, pour le lendemain; expression classique; D ἃ ἐπαύριον, terme hellénistique... ἦν γὰρ ἑσπέρα ἤδη : c'était déjà le soir, probablement vers six heures. Paul et Jean étaient montés au Temple à l’heure de la prière, à la neuvième heure, par conséquent à trois heures de l'après-midi. Ils avaient assisté à la prière, puis ils s'étaient rendus au portique de Salomon, où Pierre avait prononcé son discours, beaucoup plus long pro-
bablement que celui que nous avonsici. Il ne faut pas oublier que les des des Actes ne sont que des résumés. La nuit devait être prochaine. Il était donc impossible de réunir le Sanhédrin afin de faire comparaître les apôtres devant lui. Or, le Sanhédrin ne devait pas porter un jugement pendant la nuit. La justice devait être rendue
dès le matin, Jér. xx, 12; Ze. xxnr, 66. Un procès ne devait donc pas être engagé dans
l'après-midi, cf. ‘Scmeec, Bibl. Archäol., p. 682, ἑσπέρα, seulement dans Luc, xxiv, 29; Act. iv, 3; ΧΧΥΠΙ, 23, terme classique.
Ÿÿ 4) Malgré l'arrestation des apôtres, beaucoup de ceux qui avaient entendu le discours de Pierre crurent. πολλοὶ δὲ τῶν ἀχουσάντων τὸν λόγον : l’aoriste marquant une action dans un passé indéterminé, il peut désigner ceux qui venaient d'entendre la parole de Pierre et ceux qui précédemment l'avaient entendue. καὶ ἐγενήθη, aoriste passif pour ἐγένετο; forme hellénistique, originairement du dialecte dorien, employée ici seulement par Luc et vu, 13, dans le codex de Bèze. — ἀριθμὸς τῶν ἀνδρῶν ὡς χιλιάδες πέντε : le nombre des hommes ont s'éleva jusqu’à cinq mille environ. Il semble bien que ce chiffre est un total approximatif de tous les croyants, ainsi que l'indique la conjonction ὡς ou os,
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τ ΄ \ = 2 € NA ΧΡ 27 CMP) \ \ “7 τεροὺς HAL τοὺς Ὑβρᾶυψματεις EV Ἱερουσαλήρμ.. 0. χαὶ Avyac © ἀρχιερεὺς χαὶ Καϊάφας
omise par δὶ À 61 Vle., et que des critiques tiennent pour une addition rédactionnelle. Il comprend donc les trois mille qui ont été déjà convertis, n, 41. Luc se sert du terme ἐγενήθη, devint, commença d'être, et ne dit pas, comme 11, 41, que ces cinq mille furent ajoutés, προσετέθησαν, aux convertis précédents. ἀνδρῶν doit signifier les hommes seulement, à l'exclusion des femmes. Le terme ψυχαί, employé précédemment était plus général et indiquait que dans le nombre de trois mille étaient compris les hommes et 165 femmes. Cependant, Wendt pense que ce terme ἄνδρες était général et désignait, a parie potiori, de façon globale, les hommes etles femmes comme dans Matthieu, xiv, 35 et Marc, vi, 44. Il aurait la même portée que ὀνόματα, 1, 15 et ψυχαί, 11, 41. Toutefois, remarquons que, v, 14, nous avons πλήθη ἀνδρῶν ai γυναιχῶν, ce qui fait
supposer que le terme ἄνδρες désigne les hommes seuls. Harnack, 11, , n'accepte supp que le t ivdpes désigne les I e ls. H k, 11, 148, n° t
(out
pas ce nombre et pense qu’on aura ajouté un zéro; ce devait être Le nombre cinq cents, indiqué par 1 Cor. xv. 6. — Cette supposition n’a qu’une bien faible base.