‹ Les Actes des ApôtresChapitre 187 sur 358 · PI IV, 5-12 : CONVOCATION DU SANHÉDRIN ET DISCOURS DE PIERRE · texte numérisé non relu

PI IV, 5-12 : CONVOCATION DU SANHÉDRIN ET DISCOURS DE PIERRE

ÿ 5) Les choses en étaient arrivées à un point tel qu'il n’était pas possible que les autorités, ecclésiastiques et civiles, n'en fussent pas émues; on assembla donc le τς Sanhédrin. ᾿ ἐγένετο δὲ συναχθῆναι : hébraïsme; tristissima periphrasis in evang. et Actis, varia autem constructione. Brass. La tournure est encore plus dure dans le codex de Bèze, où l’hébraïsme est doublé d’une anacoluthe, ἐγένετο συνήχθησαν οἱ ἄρχοντες. La construction avec ἐγένετο est familière à Luc; il l’'emploie de trois façons : 1, il place ἐγένετο côte à côte avec un autre verbe; 2, les deux verbes sont unis par καί; 8. ἐγένετο est suivi d'un infinitif, comme ici. Aucune de ces constructions n’est classique. ἐπὶ τὴν αὔριον : ici seuement et Luc, x, 35. D Flor. ajoutent ἡμέραν. συναχθῆναι αὐτῶν τοὺς ἄρχοντας καὶ τοὺς πρϑβσδυτέρους χαὶ τοὺς γραμματεῖς, C'est-à-dire le Sanhédrin, composé des grands prêtres, des anciens et des scribes. ἄρχοντας est l'équivalent de ἀρχιερεῖς; Luc, Syrien ou Grec de nation, se sert du terme grec ἄρχοντες, δα lieu du terme juif, ἀρχιερεῖς, les deux termes sont interchangeables dans le N. T. et dans Josèphe. On trouve cependant, Ze. xxim, 18 et xxiv, 20, réunis les deux termes, ἀρχιερεῖς et ἄρχοντες. On ἃ supposé qu'ici ἄρχοντες serait une expression désignant les chefs des Juifs en général, πρεσθύτεροι et γραμματεῖς désigneraient des classes spéciales de ces chefs. Mais pourquoi Luc ajoute-t-il αὑτῶν, les chefs des Juifs, comme, Υ 8, Pierre dira ἄρχοντες τοῦ λαοῦ ? Il est possible que lorsque ἄρχοντες est employé seul, il signifie les chefs du peuple, mais quand il s’agit du Sanhédrin et qu’il est joint aux autres classes de cette assemblée, il doit être identifié avec les ἀρχιερεῖς. Le codex de Bèze et Floriacensis ont supprimé la difficulté en omettant αὐτῶν. ἄρχοντας Où ἀρχιερεῖς, si nous admettons l'identification, désignait les membres prééminents du sacerdoce juif, appartenant surtout et peut-être exclusivement au parti sadducéen. πρεσδυτέρους, les anciens; c'étaient probablement les chefs des principales familles de Jérusalem. γραμματεῖς, les scribes ou docteurs de la loi, adhérents pour la plupart du parti pharisien. On les appelait aussi : νομικοί, νομοδιδάσκαλοι, τῶν πατρίων ἐξηγηταὶ νόμων, Josèpne, Ant. jud., XVII, 6, 2. Pour la composition et la compétence

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avaient entendu la parole crurent, et le nombre des hommes fut d'environ cinq mille.

5. Or, il arriva que le lendemain s’assemblèrent leurs chefs, les anciens et les scribes, à Jérusalem, 6. et Anne le grand-prêtre, Caïphe, Jean,

du Sanhédrin en matière juridique, cf. Scnürer, Il, p. 249; O. Horrzmanx 2, p. 224; WVELLHAUSEN, p. 269; HusBann, The prosecution of Jesus, p. 102 ss., et Excursus, Le Sanhédrin.

ἐν Ἱερουσαλήμ, À B D E 61 Chrys. est mieux soutenu que εἰς Ἱερουσαλήυ, N P 31, Harkl. N'oublions pas que dans la langue hellénistique εἰς et ἐν sont interchangeables. ἐν Ἱερουσαλήμ. ne s’appliquerait pas à συναχθῆναι, — indication qui serait inutile puisque tous les événements racontés ici se passent à Jérusalem, — mais à γραμματεῖς; C'est une tournure hellénistique; classiquement, il faudrait τοὺς ἐν Ἱερουσαλήμ. γραμματεῖς. Cette expression désignerait les scribes résidant à Jérusalem pour les distinguer

de ceux qui habitaient les autres parties du pays, la Galilée par exemple, où on les

voit faisant de l'opposition à Notre-Seigneur, Mi. 1x, 3; xn, 38, etc. Il est possible que ἐν Ἱερουσαλήμ. s'applique aux trois classes de Sanhédrin, et signifie que le Sanhédrin qui allait juger les apôtres était composé des membres qui habitaient en ce moment à Jérusalem. Les critiques, qui admettent la leçon εἰς ‘lepousalÂu, supposent que l’auteur a voulu dire que les membres du Sanhédrin, absents de Jérusalem, . étaient convoqués pour venir dans cette ville. Mais comment cette convocation a-t-elle pu sortir son effet dans l’espace d'une nuit? D’après Wendt cette expression ἐν ou εἰς Ἱερουσαλήμ. est sans importance; elle est omise par Floriacensis et la Peschitto.

Ÿ. 6) xat ἔλννας : suppléez ἦσαν, c'était aussi Anne. Il faudrait mettre ce ÿ entre parenthèses ou en note. Cette anacoluthe, καὶ "Awwxç, au nominatif singulier, tandis que les noms précédents sont à l’accusatif fait croire à B. Weiss que nous avons là un morceau tiré d'un document plus ancien, maladroïtement lié avec le ÿ 5. Dans le codex de Bèze la phrase est régulière : συνηχθῆσαν οἱ ἄρχοντες χαὶ οἱ πρεσδύτεροι... χαὶ ”Avvac ὁ ἀρχιερεύς. Luc a-t-il voulu désigner par cette énumération la classe des ἀρχιερεῖς Ὁ Nous aurions d’abord la dénomination générale, τοὺς ἄρχοντας, puis l’énumération des trois classes du Sanhédrin. Cette explication ne serait admissible que si l’on adoptait la leçon de E P 614 61 Chrys. ’Avvav τὸν ἀρχιερέα. D'ailleurs dans toutes les énumérations des ordres du Sanhédrin les ἀρχιερεῖς sont placés en tête. Il est plus probable que καί est simplement épexégétique et signifierait, à savoir Annas, et tous ces noms propres seraient le sujet de ἐπυνθάνοντο, ÿ 7.

’Avvac, en hébreu 127, Hanan, miséricordieux, Ἄνανος, chez Josèphe, Ant. jud., XVIII,

2, 1. La forme régulière serait donc ’Aves : elle ne se trouve nulle part dans les manuscrits du N. T. Anne, fils de Séth, était probablement, d'après Derenbourg, d’origine alexandrine. Nommé grand-prêtre par Quirinius, en l’an 6 ou 7 après J.-C., il exerça ses fonctions jusqu’en l'an 15, où il fut destitué par Valerius Gratus. Il perdit ainsi le titre, mais non ke pouvoir. Quoiqu'il ne fût plus grand-prêtre en fonction, Anne continua à jouir auprès des Juifs d'une grande influence, soit par ses immenses richesses, soit par ce fait inoui dans l'histoire juive qu’il vit cinq de ses fils et son gendre, Joseph Caïphe devenir grands-prètres. Josèphe raconte que, de son temps, on regardait Anne comme l’homme le plus heureux de sa nation. Maïs il était détesté de tous les Juifs à cause de son orgueil et de son avarice. Il avait acquis ses richesses par l'établissement de boutiques ou bazars, qui possédaient le monopole de la vente de tout ce qui était requis pour les sacrifices. Anne mourut dans un âge très avancé,

᾿ > el Ἕ 4 3 AB }s yat ᾿Ιωάνης nat ᾿Αλέξανδρος χαὶ ὅσοι ἦσαν Ex γένους ἀρχιερατιχοῦ᾽ 1. χαὶ στήσαντες αὐτοὺς ἐν τῷ μέσῳ ἐπυνθάνοντο᾽ ἐν ποίᾳ δυνάμει ἢ ἐν ποίῳ ὀνόματι ἐποιήσατε τοῦτο

que ce titre n’est pas donné ἃ Caïphe, qui était le grand-prêtre du moment. De même

toujours tenu par les Juifs pour le grand- prêtre légitime et qu'ici Luc dépendait d'une source juive. Mais Luc devait bien savoir la vérité sur ce point. Rendall croit qu'Anne

grand-prêtre en fonction. Il est donc probable que Luc a donné à Anne le titre de

et certains droits, mais surtout à cause de l'influence réelle qu'il exerçait sur les

vénérable des grands-prêtres. « La charge conférait à celui qui en était investi un

mais on ne peut préciser la date de sa mort, Il était certainement mort en l'an 70.

ὃ ἀρχιερεύς. Ce titre ἀ᾽ ἀρχιερεύς était donné à tous ceux qui avaient été grandsprêtres, car la fonction était à vie; et probablement aussi aux chefs des familles dans lesquelles on choisissait les grands-prêtres et à ceux des vingt-quatre classes de

prêtres. La difficulté gît dans ce fait qu'Anne seul est qualifié de grand-prêtre, tandis

dans son évangile, 1, 2, Luc a appelé Anne, le grand-prêtre. Des exégètes n’ont pas hésité à conclure à une erreur de l'écrivain, mais celui-ci ne devait pas ignorer un fait qui était de notoriété publique, puisque Caïphe a été dix-huit ans grand-prêtre. On a donc présenté d’autres hypothèses.

Anne et Caïphe auraient exercé le souverain pontificat alternativement, chacun une année (Marpowar, BÈze, Huc), ou même ils l'auraient exercé ensemble (Zuwrr). Anne aurait été le sagan des prêtres, c’est-à-dire le vice-grand-prêtre (Licærroor, GRorIus, Wozr), ou le nasi, président du Sanhédrin (Secpex, Reiscur). Ces hypothèses ne M s'accordent pas avec ce que nous savons des institutions juives, ou bien, en s'appuyant sur les données talmudiques, elles transportent aux temps anciens ce qui est relativement moderne. On a supposé encore qu'Anne qui avait été longtemps grand-prêtre était

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