NES
impotent est l’objet du bienfait. ἀσθενής signifie sans force, faible de corps, malade. ‘à ἀσθενής est opposé à ὑγιής, Ÿ 10. ἐν τίνι, au moyen de quoi, au datif instrumental ; 1] δ peut être au neutre, en réponse aux deux questions posées au ÿ 7, où 1] n’est pas parlé a
d’une personne, ou moins probablement au masculin : par qui il a été sauvé, guéri. σῴζουσι ἃ les deux sens. οὗτος, celui-ci, dit Pierre, probablement en le montrant du | doigt. L'homme était présent; cela ressort nettement des paroles de Pierre au ÿ sui- A vant. Il a dû être appelé comme témoin ou, si l’on peut dire, comme pièce de conviction; il est possible qu'il ait été arrêté avec les apôtres. — σέσωσται, parfait passif de σώζομαι, Sauver au physique et au moral. αὶ À ont σέσωται, d'un verbe inusité. Mais ne serait-ce pas une faute de copiste ?
Ÿ 10). γνωστὸν ἔστω, apodose, forme déjà expliquée, π, 14. πᾶσιν bufv χαὶ παντὶ τῷ λαῷ Ἰσραήλ : Pierre veut que son affirmation s’adresse non seulement aux sanhédrites, mais aussi à tout le peuple d'Israël, à savoir, ὅτι, (Vlg. quia) ἐν τῷ ὀνόματι Ἰησοῦ Χριστοῦ τοῦ Νιαζωραίου, que c’est dans le nom, dans la personne de Jésus-Christ (sens primitif de ἐν) ou c’est par le nom de Jésus-Christ invoqué, par l’invocation du nom de Jésus- Christ, que vous avez crucifié, que Dieu a ressuscité des morts, ἐν τούτῳ, au neutre,
- par ce nom ou au masculin par celui-ci Jésus, auquel se rapportent les deux relatifs antécédents, que οὗτος, celui-ci, l’impotent, παρέστηχεν ὑγιής, s'est présenté guéri. παρίσru, à l’intransitif, signifie se placer à côté de, s'approcher de, se tenir à côté de. ἐν τούτῳ est plus grec et alors il serait une répélition, un rappel après les sentences intermédiaires intercalées. Pierre ne dit pas que la guérison de l’impotent a été opérée au nom de Dieu, nom que les prophètes invoquaient pour faire des miracles, mais au nom de Jésus-Christ, lui attribuant ainsi indirectement une action réservée à Dieu. Ἰησοῦ Χριστοῦ τοῦ Ναζωραίου, comme 11, 22. Pierre a ajouté ici Χριστός pour aflirmer publiquement que Jésus est le Messie. ὃν ὑμεῖς ἐσταυρώσατε, ὃν ὁ Θεὸς ἤγειρεν ἐκ γεχρῶν : Les deux propositions sont en contraste très net, et n’étant unies par aucune copule, présentent une asyndète très expressive. Pierre attribue la résurrection de Jésus à Dieu, comme Jésus lui-même a attribué à Dieu tout ce qui était d'opération divine, /n. χιν, 10; Mt. χχιν, 36. Pierre affirme nettement que Jésus est ressuscité. Si, comme on l'a soutenu, les prêtres avaient fait enlever le corps de Jésus, ils avaient, nous l'avons déjà dit, une réponse toute prête, en montrant aux apôtres le corps de Jésus. ὃν ὑμεὶς ἐσταυρώσατε : le crucifiement de Jésus est rappelé, τι, 36, ici comme le crime des sanhédrites et aussi comme un avertissement de l’inutilité de combattre contre Dieu qui a ressuscité celui qu’ils avaient crucifié.
ἐν τούτῳ se rapporte grammaticalement à Jésus, mais vu l'importance attribuée « au nom », il pourraitse rapporter à ἐν τῷ ovépart, — ἐνώπιον ὑμῶν : hébraïsme familier à Luce, où on le relève 21 fois ; 1 fois seulement dans Jean, mais il est fréquent dans Paul et l'Apocalypse. Il est inconnu au grec classique et à la langue hellénistique, bien qu'il soit souvent dans les Septante. On trouve cependant τὰ ἐνώπια dans Homère. Après dyufs, E Flor. Harkl. (mg) Gyprien ajoutent ἐν ἄλλῳ οὐδενί; cf, Υ 12.
A Da = » Ξ ͵ ει — ε NA
ς ἤγειρεν EX νεχρῶν, ἐν τούτῳ οὗτ τος. παρέστ ἥχεν ἐνώπιον ὑμῶν ὑγιής.
re εἰς
κ᾿ ν ἕτερον ὑπὸ τὸν οὐρανὸν τὸ de δομένον ἐν ἀνθρώποις ἐν ᾧ δεῖ σωθῆναι ἡμᾶς.
Verba sunt plena fide, fortitudine, acri reprehensione judicum. Quaestioni ita respondet, ut una et removeat scandalum crucis praedicans Jesum crucifixum a mortuis esse suscitatum, et eundem Messiam esse doceat, simul probans divino esse testimonio firmatum quod affirmet; nam ad hujus Jesu invocationem patratum esse miraculum (KNABENBAUER).
ÿ 11) Pierre répète au Sanhédrin les paroles de la sainte Écriture que Jésus avait citées aux grands-prêtres, aux scribes et aux anciens, Mc. x, 10, qui lui demandaient aussi par quelle autorité il faisait ses miracles, Mc. x1, 28. C’est une citation assez
libre du ps. cxvir, 22, des Septante, exvux, de l’hébreu. Pierre l'interprète d'après un
passage d'Isaïe, xxvinr, 16 : Voici, j'ai mis pour fondement en Sion une pierre, une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, passage qui se rapportait au Messie. Dans le psaume, Israël avait été rejeté par ceux qui bâtissaient, c'est-à-dire par les empires paiens, parce que c'était un peuple de peu d'importance, mais ici ce sont les sanhédrites qui bâtissent et rejettent Jésus, qui était la pierre angulaire de l’édifice. Ils auraient dû, eux qui bâtissaient la maison de Dieu, reconnaître Jésus comme le Messie. Ce qu'ils n’ont pas fait, Dieu l’a exécuté en dépit de leur opposition. Il a ressuscité Jésus qu’ils avaient fait mettre à mort et a affirmé ainsi publiquement qu'il était le Messie, l’auteur du salut pour tous les hommes, le seul sur lequel reposait - l'espérance de la vie éternelle. La pierre de l’angle est la pierre qui soutient tout l’édifice. Israël était la maison de Dieu et le Messie en était la pierre d’angle. Pierre, en affirmant que Jésus était cette pierre d’angle, enseignait par là même qu'il était le Messie. Comme pierre d'angle qui réunissait deux murs, il unissait les Juifs et les paiens en un seul royaume; cf. ÆEph. τι, 14-22; 1 Pr. τὶ, 7.
οὗτος continue l’idée précédente et Le résume; il se rapporte ordinairement au nom 16 plus proche, mais il peut désigner aussi celui qui d’après le contexte est le plus proche psychologiquement; il se rapporte donc à Jésus, la personne principale, et non à λίθος ou à Θεός, ainsi que l'indique le sens de la phrase. — ἐξουθενηθείς, étymologiquement rendre égal à rien, οὐθέν — οὐδέν: ayant été méprisé et regardé comme sans valeur, considéré comme rien; ce terme est employé seulement par Luc et par Paul; 1] est dans les Septante, mais il est inconnu au grec classique. Il marque plus fortement le mépris que ἀπεδοκίμασαν, qui indique rejet après examen, et a été employé par les Séptante et par les évangiles. Luc lui-même dans son nn xx, 17, cite exactement les Septante, ce qui prouve qu'il n’a pas retravaillé ses documents autant qu'on l'a dit. Ici Pierre a dû citer de mémoire et peut-être a-t-il été inspiré par un souvenir du texte original ou de la traduction araméenne. — 6 γενόμενος εἰς, plusieurs fois dans Luc, serait un hébraïsme d'après Blass; mais la forme γίγνεσθαι εἰς est classique, ΒΌΤΥΜΑΝΝ, p. 131; Simcox, The language of ihe N. T., p. 148.
Celui qui est la pierre d'angle de la maison de Dieu, le roi du royaume, vous l’avez rejeté. Dans sa 1196 épître, τ, 3,4, Pierre exprime la même idée sous une forme légèrement différente : 6 Κύριος, πρὸς ὃν προσερχόμενοι, λίθον ζῶντα, ἀπὸ ἀνθρώπωνμὲν ἀποδεδοχιμασμένου παρὰ δὲ Θεῷ ἐχλεχτὸν ἔντιμον... Ÿ 7, ἀπιστοῦσιν δὲ λίθος ὃν ἀπεδοχίμασα οἱ οἰκοδομοῦντες,
εἰς χεφαλὴν γωνίας : la pierre d'angle désigne la pierre qui est à la rencontre de deux murs, formant un ne c'est la pierre fondamentale à la tête de l'angle. Chez les
que Dieu a ressuscité des morts; que c’est par lui que celui-ci s’est présenté devant vous en pleine santé. 11. Celui-ci [Jésus] est la pierre rejetée par vous bâtissant et qui est devenue tête d'angle. 12. Et le salut n’est dans aucun autre : Car pas d’autre nom sous le ciel n’a été donné parmi les hommes, par lequel 11 nous faille être sauvés.
Sémites, on supposait que les angles des bâtiments possédaient une sainteté spéciale. La pierre d'angle était choisie pour sa solidité et sa beauté, afin d’être placée dans la position qui assurait la solidité de l'édifice.
Υ 12) Paisque Jésus est la pierre fondamentale de la maison du royaume de Dieu, le salut est dans lui seul; il n'est pas en quelqu'un d'autre, dans une seconde personne. Quoique Radermacher affirme que ἄλλος et ἕτερος sont employés sans distinction, dans la langue vulgaire, nous croyons qu’ils ont ici leur pleine signification : ἕτερος désigne une seconde personne par rapport à ἄλλος. ἕτερος ne marque pas une différence en nature, mais en nombre. Bien qu'il fût question ici tout d’abord de la guérison d'un infirme et que Pierre ait déclaré que c'était par le nom de Jésus que l’impotent avait été guéri, lui, Pierre, qui, la veille de cette guérison physique, s'était élevé à la vie spirituelle, au salut et avait prêché le royaume messianique, il suit maintenant la même marche, et de la guérison de l’impotent par ou dans le nom de Jésus, conclut que la guérison spirituelle, σωτηρία, n’est dans aucun autre que Jésus. Il est le seul fondement, l'unique source du salut. σωτηρία, avec l’article qui marque un salut déterminé, connu, est le salut par excellence, le salut messianique, la participation au règne messianique, la jouissance de tous les biens désignés précédemment, ur, 19. Aucun autre nom (personne) n’a été donné aux hommes sous le ciel par lequel ils doivent être sauvés. Le salut messianique ne peut ni ne doit venir que par celui que Dieu a désigné luimême comme son Christ, en le ressuscitant des morts. On ne voit pas pourquoi Flor. et Cyprien ont omis ce membre de phrase. — οὐχ ἔστιν... ἐν οὐδενί, double négation qui renforce l'affirmation, comme dans Luc, 1v, 2; vint, 48; xx, 58. Pierre avait d’abord exprimé sa pensée par une image, Υ 11, mais maintenant il affirme hardiment devant le Sanhédrin que Jésus est le sauveur nécessaire; il n’en est pas d'autre que lui. 6xd τὸν οὐρανόν, omis par Peschitto, dans le ciel, c’est-à-dire dans le monde entier. ὄνομα... τὸ δεδομένον : l’article devant le participe équivaut à une proposition relative consécutive:
le participe avec l’article exprime ce que l'écrivain considère comme l’attribut spécial :
et caractéristique de la personne ou de la chose dont il parle. Ici, il faudrait construire : τοῦτο γὰρ τὸ ὄνομα, τὸ δϑδομένον ἐν ἀνθρώποις, μόνον ἐστὶν ἐν ᾧ δεῖ, Cf. Vireau, 1893, p. 184. ἐν ἀνθρώποις, parmi les hommes : Pierre enseigne ici l’universalité du salut, ἐν & indique que Jésus est le fondement du salut. δεῖ affirme que c’est par un décret divin, ordonnant que Jésus serait le sauveur de l'humanité, qu’il est le médiateur entre Dieu et les hommes. — σωθῆναι : σώζω, au passif, a le sens d’être sauvé, conservé, d’échapper à un danger, à une maladie. Divers textes de l'A. T. indiquent le passage du sens physique au sens moral. Les mm. δ ADEP ont σωθῆναι ἡμᾶς tandis que B a ὑμᾶς. Par cette seconde leçon, Pierre restreindrait l’application de son enseignement à ses auditeurs; par la première, il s’étendrait à tous les hommes, ainsi qu’à lui-même et à ses auditeurs. Celle-ci est mieux soutenue et rentre mieux dans l’enseignement de l’Apôtre,
En résumé, Pierre affirme qu'il n’est aucun autre nom que celui de Jésus par lequel les
hommes puissent être sauvés et que ce nom est celui qui a été donné par lequel les hommes peuvent être sauvés.
Il semble que Pierre n’a pas interprété les paroles du psaume de la même façon que Notre-Seigneur ou plutôt qu’il ne s'est pas placé au même point de vue. Celui-ci pré- ACTES DES APOTRES. 9
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a - ᾿ - TTZ À ir) ‘ À 43. Θεωροῦντες δὲ τὴν τοῦ Πέτρου παρρησίαν nat ᾿Ιωάνου, καὶ χαταλαθόμινοι ὅτι
Da ? f. 4 ? Ἃ 29 ὦ 2 14 g 8. ΄ μ > \ “ \ -
Τησοῦ four 1h. τόν τε ἄνθρωπον βλέποντες σὺν αὐτοῖς ἑστῶτα τὸν τεθεραπευμένον. ἢ |
disait que la pierre mise au rebut serait la pierre de touche qui désignerait les bâtis-
seurs rejetés. Pierre enseigne que Jésus sera la pierre fondamentale du royaume messianique. — « Tout le monde s’apercevra qu'ici encore, nous n'avons devant nous que des réminiscences fragmentaires d’un discours qui aura été nécessairement plus étendu, s’il devait produire quelque effet et justifier les remarques faites par le narrateur, Ÿ 8 et13. Nous voyons cependant que l'exposition de Pierre se rattachait essentiellement à un texte scripturaire qui se prêtait parfaitement à servir de base à une prédication assez développée. » Ræuss.
IV, 43-22 : DÉLIBÉRATION DU SANHÉDRIN; DÉFENSE AUX APÔTRES DE PARLER AU NOM DE JÉSUS; LEUR RENVOI.
ἡ 13) Faisant preuve d’une hardiesse de parole qui devait confondre les sanhédrites, les apôtres accusent ceux-ci d’être les meurtriers de Jésus. Les ÿ 13, 14, 15 sont présentés différemment dans Floria censis : ÿ 13) Cum audirent
autem omnes Petri constantiam et Iohamnis, persuasi quoniam homines ilitterati
sunt et idiotae (imperiti sunt et sine litteris, Gigas) admirati sunt. ἢ 14) Videntes autem et illum infirmum cum eis stantem curatum, nihil potuerunt facere (ποιῆσαι, D) aut contradicere. Quidem autem ex ipsis agnoscebant eos quoniam cum Jhesu conversabantur, ÿ 145) ΤΌΠΟ collocuti iusserunt foras extra concilium abduci Petrum et Iohan-
nem et quaerebant ad invicem. — θεωροῦντες δέ : ce terme plus expressif que βλέποντες ᾿ς indique une vue attentive, étonnée; les sanhédrites contemplent avec stupéfaction la
liberté de paroles des apôtres. Le participe présent indique la continuité de l’action.
Πέτρου καὶ ἰωάνου : οἷ, 11, 29. — παρρησίαν, étymologiquement πᾶν ρῆσις, parole libre,
complète, signifie liberté dans le langage, franc-parler, d’où liberté dans les actions,
confance, assurance; Vlg. constantiam. Dans Marc. vin, 32, il est dit aussi que Jésus parlait librement, παρρησίᾳ; dans l’évangile de Jean, il est plusieurs fois répété que l’enseignement du Seigneur était donné en toute liberté, παρρησίᾳ ἐλάλει, wir, 18, 26; xvur, 20. L'expression, 5 fois dans les Actes, est fréquemment employée par Paul
dans le sens de confiance, assurance, Æph. ut, 12; Philip. 1, 20 et par Jean, I, 11, 28; av, 17. Le terme se retrouve dans les Septante et dans Josèphe. χαὶ Ἰωάνου : Jean a donc parlé aussi. Nous n'avons de cette discussion entre les apôtres et les sanhédrites
qu'un court résumé.
χαὶ χαταλαδόμενοι : et ayant su ou ayant compris par leur tenue, leur manière de présenter les idées, leur langage, leur prononciation; participe aoriste second moyen; le moyen exprime l'intensité de la pensée des sanhédrites; le changement du temps, —
θεωροῦντες au présent, — marque que nous avons là le résultat d’une enquête faite sur
les antécédents des apôtres. ὅτι εἰσιν... ὅτι ἦσαν : après ὅτι le N. T. emploie le présent et
. l'imparfait au lieu de l’imparfait et du plus-que-parfait, Bass. — ἄνθρωποι ἀγράμματοι :
ἄνθρωποι ainsi employé comporte un sens péjoratif. ἀγράμματος, dans le grec classique, signifie qui ne sait pas lire, illettré, ignorant. Dans la pensée des sanhédrites, ce sont des hommes qui ne connaissent pas les lettres sacrées, τὰ ἱερὰ γράμματα et aussi probablement les enseignements des rabbins ; ils n’avaient pas appris les lettres sacrées et la façon de les exposer à l'école des rabbins, ainsi que le prouvait la façon simple, directe, claire de Pierre dans son explication des Ecritures. Mais ἀγράμματος est fréquemment employé dans les papyrus pour désigner un homme qui ne sait pas écrire. ἔγραψα ὑπέρ τινος ἀγραμμάτου, B G U 1 11817, ne siècle après J.-C. Les apôtres seraient
ARRETE ds À
ACTES DES APOTRES, 1V, 13-14 Ne 131
13. Or, voyant l'assurance (la liberté de paroles) de Pierre et de Jean et ayant su qu'ils étaient des hommes illettrés et du commun peuple, ils étaient étonnés et ils s’apercevaient qu'ils [les apôtres] avaient été avec Jésus. 1%. Mais voyant avec eux l’homme qui avait été guéri, ils n'avaient
donc des illettrés. — idürarsignifie particulier, simple citoyen, par opposition à un homme public; par extension, homme du peuple, homme d’un esprit ordinaire, ignorant, d'où notre terme idiot. Chez les Grecs où la vie publique était très développée, celui-là seul qui s’en occupait était tenu pour un homme de bonne éducation. ἰδιώτης pouvait aussi désigner un homme quelconque, en opposition avec l’homme d’une spécialité, un médecin (Taucevpins), un prêtre (PaiLox), un prince (Héropore). Paul l’emploie pour désigner celui qui ne comprend pas le fidèle qui parle par l'Esprit, 1 Cor. x1v, 46, ou ceux qui parlent en langues, Ÿ 23, ou celui qui prophétise, ÿ 24. De lui-même ül dira qu'il est ἰδίωτης ἐν λόγῳ, II Cor. χι, 6. D'ordinaire on croit qu'il est fait allusion ici au rang social des apôtres : ce sont des gens du peuple, ἀγράμματοι et ἰδιῶται étant réunis pourraient désigner un même ordre de choses : ἀγράμματοι affirmerait que les apôtres | étaient dépourvus de formation littéraire et ἰδιῶται qu'ils ne possédaient aucune culture sociale; Cf. Lucizius, 649, éd. Marx : Quidni et tu idem inlitteratum me atque idiotam diceres.
ἐθαύμαζον, ils admiraient, ils s'étonnaient que des hommes, ignorant les doctrines rabbiniques, pussent leur parler ainsi, citer les Fcritures, les interpréter. Excités par ce prodige, ils observèrent les apôtres plus attentivement et ils reconnurent à ce moment par les paroles de Pierre que les apôtres avaient été avec Jésus, dont euxmêmes avaient éprouvé la puissance de parole, mais dont il avait été dit aussi qu'il n'avait pas appris les lettres sacrées ὑπ. vit, 15. ἐπεγίνωσχον devrait être à l’aoriste; 1 est au même temps que ἐθαύμαζον pour marquer son intime union avec lui, sa dépendance de celui-ci. Mais il semble que les apôtres devaient être connus comme disciples de Jésus par plusieurs des sanhédrites. Jean, xvur, 15, le disciple qui accompagnait Pierre était connu du grand-prêtre. Floriacensis répond à cette difficulté en ajoutant au ÿ 14: Quidam autem ex ipsis agnoscebant cos, quoniam cum Ihesu conuersabantur:; il n'avait pas écrit au ÿ 13 : cognoscebant eos quoniam cum Jesu fuissent. Preuschen pense que ἐπεγίνωσχον... ἦσαν est une addition qui rompt la régularité du contexte. Blass croit que la réflexion serait mieux placée après ἀντειπεῖν, Ÿ 14, comme l’a fait Floriacensis. Ce trait paraît inattendu à Loisy parce que, après la prédication de la Pentecôte et celle de la veille, les sanhédrites devaient savoir à quoi s'en tenir au sujet des apôtres. ‘Comment n’y avait-il pas eu enquête sur leur identité ? Le texte occidental de 14-18 présente diverses variantes qui l'établissent sous une forme différente du texte oriental. Nous relevons ces variantes au fur ef à mesure; voici le texte tel qu’il a été restitué par Zahn : 44) βλέποντες δὲ χαὶ ἐχεῖνον τὸν ἀσθενῆ σὺν αὐτοῖς ἐστῶτα τὸν τεθεραπευμένον, ὀυδὲν εἶχον ποιῆσαι ἢ ἀντειπεῖν, τινὲς δὲ ἐξ αὐτῶν ἐπεγίνωσχον. αὐτούς, ὅτι σὺν τῷ Ἰησοῦ ἀνεστράφησαν. 15) τότε ἐκέλευσαν ἔξω τοῦ συνεδρίου ἀπαχθῆναι τὸν Πέτρον χαὶ Ἰωάνην χαὶ συνέδαλον πρὸς ἀλλήλους, 16) λέγοντες" τί ποιήσομεν τοῖς ἀνθοώποις τούτοις; ὅτι γνωστὸν σημεῖον γενόμενον δι᾽ αὐτῶν πᾶσιν τοῖς χατοιχοῦσιν Ἱερουσαλὴμ. φανερότερόν ἐστιν, χαὶ οὐ δυνάἀεθα ἀρνεῖσθαι, 17) ἀλλ᾽ ἵνα ἐπὶ πλεῖον διανεμηθῇ εἰς τὸν λαὸν τὰ ῥήματα ταῦτα, ἀπειλῇ ἀπειλησόμεθα αὐτοῖς μηχέτι λαλεῖν ἐπὶ τῷ ὀνόμαπι τούτῳ μηδενὶ ἀνθρώπων. 18) συγκατατιθεμένων δὲ αὐτῶν τῇ γνῴμῃ φωνήσαντες αὐτοὺς παρήγγειλαν τὸ χαθόλου un οϑέγγεσθαι μηδὲ διδάσχειν ἐπὶ τῷ ὀνόματι τοῦ "1505. Zahn trouve ce texte plus complet et bien dans la langue de Luc,
Υ 14). τόν τε ἄνθρωπον : τε unit plus fortement que «at, Les sanhédrites ne pouvaient rien répondre aux paroles de Pierre, dont la vérité était attestée par l'homme anté-
À 5! > SX - ΄ ΄ 2 2 οὐδὲν εἶχον ἀντειπεῖν. 15. χελεύσαντες δὲ αὐτοὺς ἔξω τοῦ συνεδρίου ἀπελθεῖν, συνέόαλλον πρὸς ἀλλήλους 10. λέγοντες᾽ Τί ποιήσωμεν τοῖς ἀνθρώποις τούτοις ; ὅτι μὲν \ τ δ 7: τς ἜΝ Η γὰρ γνωστὸν σημεῖον γέγονεν δι᾿ αὐτῶν, πᾶσιν τοῖς χατοιχοῦσιν ἱερουσαλὴμ, φανερόν,
% À Tone) & LS 2 x χαὶ où δυνάμεθα ἀρνεῖσθαι. 17. ἀλλ᾽ ἵνα μὴ ἐπὶ πλεῖον διανεμνηθῇ εἰς τὸν λαόν, D
rieurement impotent et qui maintenant se tenait debout à côté des apôtres. Cet homme guéri était le meilleur argument de la puissance des apôtres, exercée au moyen du nom de Jésus. — ἑστῶτα, l’homme était debout; il n’était plus un paralytique, ses membres s'étaient affermis. ἑστώς au lieu de ἑστηχώς : Luc emploie cette forme abrégée dans . l'évangile et dans les Actes. σὺν αὐτοῖς : par reconnaissance l’homme s'était attaché aux apôtres. Il est probable d’ailleurs, ainsi que nous l'avons dit, qu'il avait été conduit devant le Sanhédrin comme témoin, ou peut-être même qu'il avait été arrêté comme complice. |
Les sanhédrites n'avaient rien à répliquer pour contredire les paroles de Pierre; et pourtant il était dur pour eux d'entendre affirmer que la guérison du paralytique avait été opérée par le nom de Jésus dont ils avaient exigé le crucifiement. οὐδὲν εἶχον ἀντειπεῖν : forme classique; cf. le latin, habeo dicere; elle est employée par Luc seulement. Le Codex de Bèze ajoute ποιῆσαὶ À ; Floriacensis, facere avant ἀντειπεῖν ; ils n'avaient rien à faire ou à dire. Cette addition est une glose, car la suite indique qu'ils avaient quelque chose à faire.
Υ 15) Les sanhédrites ne pouvant nier la réalité du miracle — ils n’y songent pas d’ailleurs — délibèrent entre eux. Ils ordonnent d’abord aux apôtres de sortir de la salle du conseil; ἀπελθεῖν ἔξω est moins expressif que ἀπαχθῆναι du Codex de Brèze : on . ordonna qu’ils fussent conduits hors du Sanhédrin. D’après Floriacensis il y avait eu délibération pour l'exclusion des apôtres : tunc collocuti jusserunt foras extra concilium abduci Petrum et Johanem.
Les séances du Sanhédrin étaient publiques; un des assistants a donc pu renseigner Luc sur la délibération qui suivit la sortie des apôtres. D'ailleurs, parmi les prêtres qui plus tard se convertirent, il y en eut peut-être qui étaient présents, peutêtre même Saul de Tarse.
συνέδαλλον πρὸς ἀλλήλους, Ssous-entendu λόγους : ils échangèrent des propos mutuels, ils se consultèrent entre eux, ils délibérèrent. συνδάλλειν πρὸς ἀλλήλους signifie mettre en commun, échanger les uns avec les autres. Expression employée ici seulement par Luc dans le sens de conférer les uns avec les autres.
ÿ 16). τί ποιήσωμεν : dans les questions exprimant le doute ou la délibération on emploie le subjonctif dans le grec classique et non l'indicatif, comme l'ont fait DP Flor.Gig. Vig. Bas. Chrys.; mais le sens reste le même, quel que soit le temps employé. L’'aoriste indique un acte isolé, mais immédiat, cf. 11, 37. τοῖς ἀνθρώποις τούτοις, datif de la personne, usité dans la langue vulgaire; les attiques emploient l’accusatif. τούτοις ἃ une nuance de mépris. Les sanhédrites ne pouvaient punir les apôtres, car le miracle qu'ils avaient opéré était connu de tout le peuple de Jérusalem, qui se serait peut-être révolté si les apôtres avaient été condamnés.
ὅτι μέν, puisque à la vérité; μέν à comme opposition ἀλλά, Υ 17. γνωστόν indique que le miracle est manifeste, qu'il est connu comme un fait certain par opposition à δοξαστόν, ce qui est matière d'opinion. Ce mot est caractéristique de Luc : 2 fois dans l’évangile; 10 fois dans les Actes‘ 3 fois seulement dans le reste du N. Τὶ. — δι᾽ αὐτῶν, par le moyen de ceux-ci, Pierre et Jean, les agents d'un pouvoir supérieur; Floria-
|rien à répliquer. 15. Et leur ayant ordonné de sortir du sanhédrin, ils se |consultèrent entre eux, 16. disant : Que ferons-nous à ces hommes? Qu’un Imiracle manifeste soit arrivé par eux, [qu’il a été] visible (chose évidente) {pour tous les habitants de Jérusalem et nous ne pouvons pas Le nier. 17. Mais afin que [cela] ne se répande pas davantage parmi le peuple, défendons-leur javec menaces de parler à aucun homme en ce nom 18. Et les ayant appelés | censis change la nuance du sens en mettant ab eis. — φανερόν, visible, qui se montre, par opposition à χρυπτόν, caché. D est plus expressif : φανερώτερον pour le superlatif φανερώτατον. ὅτι et ἑστίν sont sous-entendus. La ponctuation de la Vulgate est défectueuse. Floriacensis semble meilleur : Nam manifestum signum factum ab eis omnibus habitantibus Hierosylimis apparet.
La délibération du Sanhédrin n’a pas porté sur le fait en lui-même, qui ne pouvait être nié — 11 l'aurait fait, si cela avait été possible — mais sur les moyens à prendre pour empêcher une plus grande divulgation du miracle et surtout pour restreindre les effets de cette divulgation, qui aurait prouvé la puissance de Jésus et amené un mouvement religieux; les sanhédrites défendent alors aux apôtres de parler et d'enseigner au nom de Jésus. Ce n’est donc pas la divulgation du miracle qu'ils veulent empêcher mais la prédication au nom de Jésus,
ÿ 17) ἀλλά τος au μέν du ÿ 10 pour exprimer une antithèse. ἐπὶ πλεῖον : classique;
ἐπὶ πλέον, D p; ἐπὶ πλεῖον, peut ‘être traduit : plus au loin, latius, ou plus longtemps, diutius; il peut être compris dans les deux sens, mais le premier sens paraît préférable : il fallait empêcher la diffusion de ce miracle plutôt dans l’espace que dans le temps. — διανεμηθῇ, ici seulement dans le N. T., signifie distribuer, disperser, répandre. διανέμω est fréquemment employé dans les ouvrages de médecine pour décrire un cancer qui se répand, νέμεται, dans tout l'organisme humain; cf. HoBarrT, p. 196, 197. On a supposé que Luc s’est servi de ce terme pour faire comprendre que les sanhédrites voulaient empècher que les enseignements des apôtres se répandissent comme un cancer.— Après εἰς τὸν λαόν, Εἰ Harkl. (mg) Pesch. Gig. ajoutent τὰ ῥήματα ταῦτα et Floriacensis, verba istorum. D’après cette leçon, ces enseignements ou mieux les enseignements de ceux-ci serait le sujet de διανεμηθῇ et non σημεῖον du Ÿ 16, ce qui répondrait mieux à la pensée des sanhédrites; ils ne veulent pas empêcher que le miracle soit connu puisqu'il l’est déjà, mais ils veulent empêcher la diffusion de l’enseignement des apôtres, ainsi que le prouve la suite du texte. On peut croire, il est vrai, qu'ils veulent empêcher que le miracle soit connu plus au loin, mais leur but principal est d'interdire aux apôtres de parler au nom de Jésus.
L'’hébraïsme ἀπειλὴ ἀπειλησώμεθα, leçon de EP Harkl. Chrys., omis par NABD est assez usité dans le N. T.; Act. v, 28; xx, 14; 11, 17, 30, etc. On en trouve des exemples chez les classiques, mais sa fréquence dans le Ν. T. provient de l’hébreu. Il intensifie l'expression ἀπειλησώμεθα, à l’aoriste moyen, indiquant que cette défense avec menaces est en faveur des sanhédrites. ἀπειλέω est 1 fois dans les Actes et 1 fois dans I Pierre. μηχέτι après ἀπειλησώμεθα renforce et développe la défense. — λάλειν ἐπι τῷ ὀνόματι τούτῳ, de parler en s'appuyant sur ce nom, c'est-à-dire en faisant de ce nom le fondement de leur enseignement : les apôtres parlaient au nom de Jésus-Christ, dont 115 sont les délégués; ἐπί équivaut à ἐν. Luc a plusieurs fois employé cette expression dans ce sens, Ιχ, 48; xx1, 8; xx1v, 47. Elle pourrait être traduite : touchant le nom de Jésus. On défendrait aux apôtres d'enseigner Jésus et sa qualité de Messie. τούτῳ, terme de mépris; les sanhédrites ne veulent pas prononcer ici le nom de Jésus. Ils le prononcent cependant au ÿ suivant.
fa. Morse
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᾿ “Ὁ | =) À ex ΓΕΖ 3 ὀνόματι τοῦ Τησοῦ. 19. ὁ δὲ Πέτρος nat ᾿Ιωάνης ἀποχριθέντες εἶπον πρὸς αὐτούς" » ‘5 Ne as 200 RP: et κα » “τ r ; ἰ δίκαιόν ἐστιν ἐνώπιον τοῦ Θεοῦ, ὑμῶν ἀχούειν μᾶλλον ἢ τοῦ Θεοῦ, χρίνατε’ 20. οἱ
7, a e 3 υνάμεθα γὰρ ἡμεῖς ἁ εἴδαμεν Kai ἠχούσαμεν μὴ λαλεῖν. 91. οἱ δὲ προσαπειλησάμιενοι
Υ 18). Au lieu de καλέσαντες αὐτούς, les ayant appelés, D Harkl. (mg) Gigas, Lucifer
complètent la description : συγχατατιθεμένων δὲ αὐτῶν τῇ γνώμῃ, φωνήσαντες : consentien-
tibus autem omnibus sententiae, vocaverunt, d. Est-ce seulement une glose ou une première rédaction du texte? Le verbe συγχατατίθεσθαι n’est qu'une autre fois dans le N. T. et dans la même signification : οὐχ ἣν συγχατατεθειμένος τῇ βουλῇ, Le. xx, 51. On le retrouve dans le codex de Bèze, Act. xv, 12. — χαθόλου signifie en tout, en général, tout à fait, Vlg. omnino; il est ici seulement dans le N. T. Faut-il le joindre à παρήγγειλαν et traduire : ils défendirent absolument, ou à φθέγγεσθαι et traduire : de parler de quelque manière que ce fût, ce qui signifierait qu’on leur défendit de prononcer aucun son : φθέγγεσθαι, sec. att. sit ne muttire quidem, multoque fortius quam λαλεῖν (λέγειν), cum φθέγγεσθαι ad sonum magis quam ad verba referatur (Brass), Les sanhédrites espéraient
pouvoir faire taire les apôtres par crainte. — μηδὲ διδάσχειν ἐπὶ τῷ ὀνόματι ᾿[ησοῦ, ni
d'enseigner en s'appuyant sur le nom, sur la personne de Jésus. ἐπέ avec les verbes de discours désigne le sujet qui est la matière du discours. On spécifie la doctrine qu’il leur était défendu d'enseigner. Cet enseignement est déclaré illégal. Au lieu de χαθόλου D ἃ χατὰ τὸ μή, ce qui doit être une faute de copiste; la version latine de D,
omnino, suppose χαθόλου.
Υ 19). ἀποχριθέντες εἶπον : expression très fréquente dans les évangiles ; 7 fois daris les Actes. Les apôtres ne furent pas intimidés et répondirent fièrement, tout en employant une façon indirecte (ei δίκαιόν ἐστιν... xplvare) de s'exprimer qui ne permettait pas de les accuser d'impudence.— et introduit l'interrogation: et δίκαιον, s’il est juste, ἐνώπιον τοῦ θεοῦ, en la présence de Dieu, devant Dieu, c’est-à-dire au jugement de Dieu, qui est juste et que les hommes doivent prendre comme règle de leur conduite, de vous écouter (obéir} plutôt qu’à Dieu, sous-entendu, lorsque les ordres, les loïs, les institutions humaines sont opposés aux lois de Dieu. Tous les apôtres affirmeront encore plus énergiquement cette règle : πειθαρχεῖν δεῖ Θεῷ μᾶλλον ἢ ἀνθρώποις, v, 29. Il existe plusieurs réponses analogues à celle-ci dans lhistoire grecque et romaine et dans la littérature talmudique ; on les trouvera rassemblées dans Wetstein, in loco. La plus connue est celle de Socrate disant à ses juges : πείσομαι τῷ Θεῷ μάλλον ἢ ὑμῖν. CF. Josirne, Ant. jud., XVETE, 8, 2. — ἢ τοῦ Θεοῦ, le génitif à cause de ἀκούειν, sous-entendu. ἀχούειν a ici le sens de πειθάρχειν, obéir aux magistrats. χρίνατε, impératif aoriste de xpivw, séparer, distinguer, choisir,
d'où décider, juger. Tanta est veritatis confidentia ut Petrus etiam statuat hostes ipsos
judices; nam saltem pudore victi non potuerunt negare hanc veritatem, Sazweron, Le principe posé ici par Pierre suppose que celui qui y fait appel pour refuser d'obéir à autorité légitime appuie son refus sur un ordre clair et positif de Dieu, ce qui était ici le cas, et qu’en outre son refus ne devient pas une rébellion. Pierre savait bien qu’il était en opposition avec l’autorité suprême de sa nation, à laquelle il devait obéir, I Pr. τι, 13, 14, mais il avait conscience que la défense de prêcher Jésus était une exigence contre la volonté de Dieu. Les apôtres avaient été témoins de la vie terrestre de Jésus; ils l'avaient vu vivant après sa résurrection; ils avaient écouté ses derniers enseignements, reçu de lui l’ordre de prêcher à toutes les nations, M. xxvurr, 49 et de lui rendre témoignage dans le monde entier, Act. 1, 8. Ils affirment donc l'impossibilité morale qu'il y ἃ pour eux de se taire et la nécessité où ils sont de rendre témoignage
à la résurrection de Jésus.
ils leur ordonnèrent strictement de ne plus parler ni d'enseigner au nom
de Jésus. 19. Mais Pierre et Jean répondant leur dirent : S'il est juste devant
Dieu de vous écouter (obéir) plutôt que Dieu, jugez-en. 20. Car nous ne pouvons pas, quant à nous, ne pas parler de ce que nous avons vu et
entendu. 21. Et leur ayant fait des menaces, ils les relâächèrent, ne trouvant
ÿ 20). Οὐ δυνάμεθα.... μὴ λαλεῖν : contrairement à la règle ordinaire, les deux négations se détruisent et équivalent ici à une affirmation; les deux négations conservent chacune leur force et établissent le refus plus fortement. ἡμεῖς est emphatique; εἴδαμεν est à l’aoriste 1 et non au parfait. Car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu. Dans sa première épitre,-1, 1, 2. Jean répétera la même aflir-
mation, avec un plus ample développement. Les apôtres avaient reçu de leur maître
l'ordre d’être ses témoins dans le monde entier, Act. τ, 8; Le. xxiv, 47. En affirmant
qu'ils devaient obéir à Dieu, ils professaient la divinité de Jésus, puisque c’est de lui qu'ils avaient recu l'ordre de prêcher son nom. Pierre posait done le problème ς ! ] et invitait ses juges à le résoudre. « Vous, magistrats, dont le pouvoir est établi sur Vautorité de Dieu, vous avez le droit d'imposer des ordres, maïs à la condition que ces ; Ρ ; ordres ne seront pas opposés à ceux de Dieu, comme il en est ainsi dans le cas présent. Votre défense de prècher le nom de Jésus est infirmée par l’ordre de Jésus. » Il est possible que la question ait été ainsi développée par Pierre. Les sanhéà PP drites ont dû repliquer, l'obligeant ainsi à expliquer son affirmation. Iei se pose 16 premier conflit entre les chrétiens et les autorités juives, entre l'Eglise et la Synagogue.
Υ 21) Pierre et Jean furent renvoyés indemnes après qu’on [65 eut menacés, probablement de les punir sévèrement, s'ils continuaient à prêcher le nom de Jésus. Luc mentionne seulement les menaces sans dire en quoi elles consistaient. οἱ δὲ προσαπειχησάμενοι, participe aoriste 1 moyen de προσαπειλέω qui signifie menacer encore, ajouter
[πρός] des menaces à ce que l’on dit : à la défense, ÿ 18, ils avaïent ajouté des menaces. :
— ἀπέλυσαν, ils les renvoyèrent sans les avoir absous. Ce n’est pas par un sentiment de justice qu'ils agissent ainsi, ni parce qu’ils étaient convaincus, mais parce qu'ils cratgnaient le peuple qui admirait le miracle et glorifiait Dieu à son sujet. Saint Chrysostome, Æomélie xu, insiste sur le contraste entre la hardiesse des apôtres et la crainte, la lacheté des juges. — μηδὲν εὑρίσχοντες : un classique aurait écrit οὐδέν, car il s’agit ici d’un fait et non d’une supposition. D Pesch. ont μή. Les οὐ AH dEe ne trouvaient pas τὸ πῶς, le comment, c’est-à-dire non la façon dont ils puniraïent les apôtres, mais la raison pour laquelle ils châtieraient les apôtres, le prétexte qu'ils mettraient en avant
pour les punir sans exciter la révolte du peuple. — τὸ πῶς : cet emploi de l’article devant Ὁ un adverbe interrogatif est classique; cette formule appelle Fattention sur l'importance de la proposition suivante : elle forme un composé substantif ordinairement exprimé ἡ
par une interrogation. Luc ἃ employé plusieurs fois cette formule dans son évangile, 1, 62; 1x, 46, etc.; Act. xx, 30; elle est donc une de ses caractéristiques. — κωλάσονται, subjonctif aoriste moyen de χολάζω; au subjonctif à cause de πῶς; le subjonetif est employé pour exprimer quelque chose qui pourrait ou devrait avoir lieu; ici il indique
Ta délibération. Ce verbe est employé ici seulement dans le N.T. et dans IT Pr. 1, 5.
— διὰ τὸν λαόν se rapporte à ἀπέλυσαν et non à μηδὲν εὑρίσχοντες. — ἐδάξαξζον : δοξάζω Mona estimer, avoir pour opinion, prFsnae célébrer et, dans le grec biblique, αἰρετ τ surtout en parlant de Dieu. — ἐπὶ τῷ γεγονότι, sur ce qui était arrivé; τ peuple glorifiait Dieu, auteur du miracle opéré par les apôtres.
Ta fcon de la Vulgate clémentine : quia omnes clarificabant id, quod factum fuerat in eo quod acciderat, ne reproduit pas le texte grec. S'appuyant sur des manuscrits
NX: CANNES | “ἤ
Ε , 2 \ r 4 / A x f el ἀπέλυσαν αὐτούς, μιηδὲν εὑρίσχοντες τὸ πῶς χολάσωνται αὐτούς, διὰ Toy λαόν, ὅτι
2 x \ 23. ᾿Απολυθέντες δὲ ἦλθον πρὸς τοὺς ἰδίους χαὶ ἀπήγγειλαν ὅσα πρὸς αὐτοὺς of
υ ἀρχιερεῖς χαὶ οἱ πρεσόύτεροι εἶπαν. 24. οἱ DÈ ἀχούσαντες ὁμοθυμαδὸν ἦραν φωνὴν
de la Vulgate, Wordsworth-White adoptent la leçon : clarificabant Deum in eo quod factum fuerat. Ils constatent que Deum est omis par de nombreux manuscrits; quod factum fuerat est une nets Ce de in eo quod acciderat, provenant de deux traductions de ἐπὶ τῷ γεγονότι.
On ἃ supposé que les apôtres avaient été renvoyés indemnes, parce que les Pharisiens, enseignant comme eux la résurrection des morts, leur étaient favorables, mais alors comment n'ont-ils pas empêché que les apôtres ne fussent pas de nouveau emprisonnés et flagellés, v, 18, 40?
Ÿ 22) Pour faire ressortir combien le peuple avait raison de glorifier Dieu, Luc observe que l’homme en qui avait eu lieu ce miracle était âgé de quarante ans. Le miracle était d'autant plus grand que l’homme était infirme depuis plus longtemps. Ce n’est pas à l’âge de quarante ans qu’un homme est guéri d’une infirmité des os. Luc, avec le soin minutieux d’un médecin, ἃ l'habitude de préciser l’âge des infirmes guéris, ὙΠ; 43; XIII, 11 ; Act. 1x, 338; XIV, 8.
ἐφ ὅν : cf, γίνεσθαι ἐπί τινα, v, 5, 11; χη, 1. ἐπί exprime le but ou le dessein. Le génitif avec εἶναι ou γίνεσθαι, au lieu de l’accusatif, lorsqu'il est question de l’âge, est caractéristique de Luc. — γεγόνει, plus-que-parfait de γίνομαι, et non ἐγεγόνει, comme dans le
Textus receptus. Dans la langue du N. T. le plus-que-parfait, qui y est d’ailleurs très rare, ne prend pas l’augment. Luc emploie ici le plus-que-parfait et non l’aoriste
parce que le miracle continuait son effet. — σημεῖον τοῦτο τῆς ἰάσεως, ce miracle de gué-
rison, génitif d’apposition, épexégétique, hébraïsme : pour cette guérison miraculeuse. Sous prétexte qu'il est extraordinaire que l’âge de l’impotent soit spécifié ici et que ἀπολυθέντες du ÿ 23 soit joint à ἀπέλυσαν du ÿ 21, Harnack, nt, p. 167, pense que le ÿ τι est une addition du rédacteur. Il semble cependant bien compléter l’idée du ÿ 21 :
peuple glorifiait Dieu de ce qui était arrivé, ce qui était d'autant plus étonnant que 1 miraculé avait plus de quarante ans. « Le médecin Luc, en finissant, relevait cette guérison extraordinaire, expliquant pourquoi les témoins en avaient été impression-
nés. » Loisy.
Knabenbauer expose, p. 86, les objections de B. Weiss et de Feine sur la valeur historique de ce récit et le rejet de 1v, 15,17, 19 par Feine. Preuschen trouve insoutenables les deux motifs qui sont donnés de la libération des apôtres : 1° on ne peut établir aucun acte coupable de la part des apôtres; 2° la crainte du peuple a été la cause de l’indulgence du Sanhédrin. « Ici, ajoute-t-il, comme dans tout l'exposé de l’affaire, on n'a pas un clair exposé de ce qui s’est passé. L’accusation qui a nécessité la réunion du Sanhédrin n’est pas nettement exprimée. La suite des débats du procès qui a conduit les sanhédrites à conclure à l'innocence des apôtres ne fait pas ressortir leur non culpabilité. Le motif de la crainte du peuple n’est pas compréhensible, puisque ce motif aurait dû d’abord empêcher l'arrestation, v. 2. Il ressort de cela que l’auteur n’a pas voulu écrire un récit historique, mais ἃ poursuivi un but apologétique. Il met en opposition directe les apôtres et les autorités juives hostiles. » Évidemment nous n’avons pas là un procès-verbal du procès, mais simplement un résumé de ce qui s’est passé.
RE μα μὰ EPA IEEE POTERIE ἐν LUDO A) A RE Tr ne I A τ Pat re 2e
pas comment les punir, à cause du peuple, parce que tous glorifiaient Dieu de ce qui était arrivé. 22. Car l’homme, en qui ce miracle de guérison avait été fait, était âgé de plus de quarante ans.
23, Après avoir été relâchés, ils allèrent vers les leurs et [leur] racontèrent . tout ce que les grands prêtres et les anciens leur avaient dit. 24. Et eux, ayant entendu, d’un commun accord, élevèrent la voix vers Dieu et dirent :