Les rois de la terre se sont présentés
serviteur, [parlant] par lEsprit-Saïint. Cela supposerait une phrase grecque assez embrouillée, mais répondrait à une idée exacte. Il semble que la leçon donnée par Irénée : qui per Spiritum Sanctum (Spiritu sancto, Vig.} ore (per os, Vig.) David patris nostri pueri tui dixisti, cf. Pesch. Arm., est une correction destinée à améliorerletexte, mais elle ne supprime pas la seconde difficulté. Le codex de Bèze améliore ua peu le ÿ texte : ὃς διὰ Ἡνεύματος ἁγίου διὰ τοῦ στόματος λαλήσας Δαυεὶδ παιδός σου. La traduction de D a une leçon particulière : qui per Spiritum Sanctum per os locutus est David puero
tuo; c’est conforme à la donnée du psaume τι. Torrey, p.16, déclare que le texte grec, tel qu’il est, est intraduisible ; il ne peut être amélioré, ni en ajoutant des mots,nienen retranchant. Aïnsi que le dit Preuschen, les premiers mots de ce verset spotten jeden Versuchen einer Konstruktion. Torrey croit que l’araméen a été mal traduit. Au lieu de
« ce que notre père » le grec a seulement — 6 τοῦ πατρὸς ἡμῶν. Le texte araméen disait : Ce que notre père, ton serviteur David disait par le (ou par l’ordre du) Saint-Esprit.
Quelques manuscrits ont éludé les difficultés en supprimant, les uns, Πνεύματος ἁγίου. Hilaire, Augustin, d’autres, πατρὸς ἡμῶν, D Pesch. Boh. Didyme; d’autres les deux : ὃ διὰ στόματος Δαυεὶδ τοῦ παιδός σου εἰπών; c'est la leçon de P 4 Chrys. adoptée par Preuschen. Il est possible que Πνεύματος ἁγίου qui brise la construction soit une glose. D'après Loisy, la lecon de la Vulgate : qui Spiritu Sancto per os patris nostri David pueri tui, dixisti, remet tous les éléments du texte à la place qui leur convient. Zahn … construit le texte d’une façon à peu près analogue : ὁ διὰ Πνεύματος ἁγίου, διὰ τοῦ στύμιχτος # λαλήσας Δαυεὶδ παιδός σου. Nous avons tenu compte de ces difficultés en plaçant en crochets les leçons contestées. τοῦ πατρὸς ἡμῶν : auparavant Pierre l’avait appelé πατριάρχης, 5 ir, 29. Ἶ ΟΣ
Les paroles de Dieu, citées icï, sont extraites littéralement des Septante, Ps. 11, 1, & conforme à l’hébreu. Dans le texte original ce psaume ne porte aucun nom d’auteur. IL fat attribué à David, comme tous ceux qui ne portent point de nom d'auteur... Les exégètes juifs et chrétiens, en majorité, tiennent ce psaume pour messianique. -
ἵνα τι, ad quem finem, pourquoi, se retrouve 5 fois dans le Ν. T.; d’après Blass, ᾿ Winer, Burnside, l'expression serait elliptique; il faudait ajouter γένηται où γένοιτο. Ὥς Elle serait hellénistique, mais elle n'est pas inconnue au grec attique d’après Robert- Son, Ὁ. 738. — ἐφρύαξαν : φρυάσσω, employé au moyen, φρυόσσομαι, par les écrivains profanes et dans les Macchabées, signifie frémir, hennir, rugir; au figuré, s’enorgueillir, être hautain, prendre des airs insolents. L’aoriste est employé ici pour indiquer un fait qui se reproduit. Le parfait grec ne rend pas exactement le sens du parfait hébreu. τ ἔθνη, les nations; au pluriel, il signifie dans les Septante les nations autres qu'Iisraël; dans le N. T. il désigne les païens. — λαοί, les peuples : le terme λαός s'applique dans l’usage ordinaire et dans les Septante à un peuple quelconque, mais dans les Actes il désigne d'ordinaire le peuple d'Israël. Il s’agit ici de tous les peuples sans distinction. — ἐμελέτησαν xevé : les peuples ont médité des choses vaines, qui ne pouvalent avoir aucun résultat, aucun succès; leurs efforts sont donc inutiles. μελετάω signifie prendre soin, s'occuper de, méditer, imaginer, construire.
Υ 26) πᾶρέστησαν : παρίστημι n’a pas de soi un sens péjoratif;, il signifie mettre ou
pre cie ἈΝ ΤΣ ΡΣ
ἄς Τὰς, ne ed 4
χατὰ τοῦ Κυρίου nat χατὰ τοῦ Χριστοῦ αὐτοῦ.
27. συνήχθησαν γὰρ ἐπ᾿ ἀληθείας ἐν τῇ" πόλει ταύτῃ ἐπὶ τὸν ἅγιον παῖδά σοὺ ᾽ NE « ᾿ À τ Τησοῦν, ὃν ἔχρισας, “Ἡρώδης τε χαὶ Πόντιος “Πειλᾶτος σὺν ἔθνεσιν χαὶ. λαοῖς ᾿Ισραήλ,
28.. αἰ ἶϑαι ὅσα ἣ χείρ σου nai ἡ βουλή σου προώρισεν γενέσθαι. 29. χαὶ τὰ νῦν,
placer auprès. Astiterunt de la Vulgate est une traduction littérale de l’hébreu ΣΝ ΠῚ lequel implique une révolte contre quelqu'un : « Les rois se lèvent pour le
combat ». ἐπὶ τὸ αὖτό : faut-il traduire dans le même lieu ou ensemble? Le premier sens paraît préférable à cause du ἐν τῇ πόλει du ὃ suivant. κατὰ τοῦ Κυρίου καὶ χατὰ τοῦ Χριστοῦ αὐτοῦ, contre le Seigneur, c'est-à-dire Yahveh, et contre son Oint, c’est-à-dire David. La majorité des exégètes pensent que l'Oint du Seigneur est ici le roi David.
D'après Preuschen, ce psaume décrit la fin des temps avec leurs combats et répondait bien aux préoccupations des premiers chrétiens qui la croyaient prochaine.
Ÿ 27) Les fidèles font l'application directe des paroles du psaume à Jésus et aux divers personnages qui ont pris part à la mort du Seigneur et qui maintenant persécutent ses disciples.
συνήχθησαν γάρ : γάρ affirme la réalité historique de la prophétie qui s’est réalisée dans les attaques des rois et des peuples contre Jésus, que Dieu avait oint. L'aoriste indique un état passé et transitoire. — ἐπ᾽ ἀληθείας, re vera, véritablement; expression classique, et dans les Septante, 2 fois dans Marc. Les écrivains du N. T. emploient ἐν ue sauf Luc qui ἃ toujours ἐπ᾽ ἀληθείας, 3 fois dans l’évangile, 2 fois dans les Actes. ἐπ’ ἀληθείας, marque l’accord de la réalité avec les ΕΗ: du psaume. — ἐν τῇ
πόλει ταύτῃ, Jérusalem, répond à la parole du psaume, 11, 6 ; « C’est moi qui αἱ oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte », c’est-à-dire dans Jérusalem. P 614 omettent ἐν τῇ πόλει ταύτῃ. --- Ent τὸν ἅγιον παῖδά σου : ἅγιον c'est-à-dire consacré.
παῖδά σου, ton serviteur; cf. 11, 13. Cependant, il semble qu’il devrait y avoir ici υἱόν
σου, comme dans le psaume, 11, 7. Ἰησοῦν ὃν ἔχρισας, que tu as oint; Jésus est identifié avec le Messie nommé dans le psaume τι, 2. Il fait écho au Χριστός du ÿ précédent. Il est fait allusion ici au baptême de Jésus où, après que l’Espit Saint fut descendu sur lui, Dieu a déclaré qu'il était son Fils bien-aimé, Ze. int, 22.
Ἡρώδης représente les βασιλεῖς du psaume, bien qu'il n'ait été que tétrarque et Πειλᾶτος, les ἄρχοντες; σὺν ἔθνεσιν, les soldats romains et λαοῖς Ἰσραήλ, les peuples d'Israël, c’est-à-dire probablement les douze tribus d'Israël; peut-être est-il fait allusion aux Juifs de la Diaspora, présents à Jérusalem, lors du crucifiement de Jésus? Il est probable que, plus simplement, le pluriel est pour le singulier et qu’il répond au λαοί du psaume, 11, 1. Luc seul raconte la part que prit Hérode à la condamnation de Jésus, xx, 8-12; 11 semblerait qu’il avait une connaissance spéciale de la famille d'Hérode,
, 19; vint, 8: 1x, 7; ΧΠΙ, 831; Actes, xiu, 1. Dans l’évangile de Pierre, Hérode est
l’acteur principal de la condamnation de Jésus. Il n'y a aucune raison de supposer, ainsi que l’ont fait quelques exégètes, que ce ÿ 27 est une addition tardive. Il est parfaitement en situation. Le psaume a parlé des adversaires du Messie; ici on fait l’application de cette prophétie, application très naturelle après la citation du psaume avec lequel elle cadre parfaitement.
Ÿ 28) ποιῆσαι, infinitif de but, de dessein, τι, 23; in, 18 : les ennemis de Jésus se sont ligués afin de faire tout ce que ta main et ton conseil avaient déterminé d'avance devoir arriver, Les rois et les peuples ont projeté des choses vaines puisque, sans le savoir ni le vouloir, ils ont accompli ce que la main et le conseil de Dieu avaient
Etles princes se sont ligués ensemble,
Contre le Seigneur et contre son Oint (Christ).
27. Car c'est véritablement contre ton saint Serviteur Jésus, que tu as oint, que se sont réunis dans cette ville Hérode et Ponce Pilate avec les nations et avec les peuples d'Israël, 28 pour faire tout ce que ta main et. ton conseil avaient déterminé d'avance qui serait. 29. Et maintenant,
déterminé d'avance. — ἣ χείρ σου, hébraïsme, οἵ, χι, 21. Expression signifiant le pouvoir agissant ou directeur de Dieu; elle est particulière à Luc, 1, 66; Act, x1, 21; xur, 11. « La main de Dieu est sa toute-puissance, qui exécute ce que sa sagesse a résolu; et ce n’est pas, à proprement parler, « la maïn « qui décide; mais en Dieu conseil et pouvoir vont ensemble, » Loisy.
ñ βουλή σου employé aussi seulement par Luc, quand τοῦ Θεοῦ est joint à βουλή : cf. vi, 30; Act. n1, 23; ΧΠΙ, 36, xx, 7. βουλή signifie volonté, dessein. — προώρισεν, verbe . gouvernant l’infinitif; employé ici seulement par Luc, mais il est 5 fois dans Paul. L'idée exprimée se retrouve dans les discours de Pierre, 11, 23; x, 42 et dans sa première épître, 1, 2, 20; 11, 4-6. προώρισεν est au singulier parce qu’il répond seulement exactement à βουλή auquel est joint indissolublement à χείρ. Le singulier peut être justifié si l’on suppose que, par le zeugma, χείρ n’est pas un pouvoir qui exécute, mais un pouvoir qui décrète ce qui est affirmé par βουλή, qui serait explicatif. Le decreverunt de la Vulgate, ainsi que notre traduction ne tiennent pas compte du sens de ce singulier. Dieu avait décrété d'avance que le Sauveur de l’humanité souffrirait, mais il n'avait pas ordonné d'avance que les rois et les peuples le mettraient à mort. Le grec γενέσθαι signifie seulement ce qui devait arriver, ce qui serait; il n’a pas la force de ποιεῖν. Bene notant dici : decreverunt fert (non, ut illi facerent) fieri, scilicet, illis volentibus et paratis sua prava voluntate ad inferendam mortem, SALMERON, BEELEN. « Multum diversum multumque contrarium est id quod in Judaeorum malignitate praecognitum et quod in Christi est passione dispositum... non enim impias furentium manus immisit in se Dominus, sed admisit, nec, praesciendo quod faciendum esset, coegit ut fieret » 5. Leo, Serm. 16, de Passione; M, 54, 369.
D'après Hilgenfeld, les ÿ 27, 28 auraient été insérés par l’auteur de cette prière, car il n’y ἃ pas de raison de joindre la mention de la mort de Jésus aux paroles du psaume. Pour nous, nous y voyons une adjonction que nécessitait le contexte.
Ÿ 29) Κύριε, Seigneur, c'est-à-dire Dieu; c’est à lui, Υ 24, qu’est adressée la prière. L'invocation des fidèles se termine par des demandes pratiques. « Petunt pro se robur, constantiam, fortitudinem ut medias inter infestationes cum omni alacritate commisso sibi munere fungantur, Kwasewsauer. Si Dieu regarde les menaces de leurs ennemis, il ne permettra pas qu'elles se réalisent. Cependant les fidèles ne demandent pas à Dieu d'être vengés ou même délivrés de leurs ennemis, mais d'annoncer avec assurance . la parole de Dieu et le pouvoir de faire des miracles par le nom de Jésus, miracles qui attesteront la vérité de leur enseignement.
τὰ νῦν, maintenant, présentement, expression classique, employée seulement dans les Actes, 4 fois. ἔπιδε pour ἔφιδε (ou ἔφειδε) ADE; ἐπί pour relier davantage le complément au verbe; ἔπιδε est ici seulement et dans Luc, 1, 25; la demande s’adresse à Dieu dont la sollicitude doit rendre vaines les menaces des puissants : s’il regarde leurs menaces, il ne permettra pas qu’elles se réalisent et que ses fidèles les redoutent, afin que malgré leurs menaces ils poursuivent leur œuvre avec assurance. — τοῖς δούλοις fait contraste avec παρρησίας. μετὰ παρρησίας πάσης signifie, malgré l'absence de l’article, avec toute assurance; ordinairement, πᾶς avec un nom sans l’article signifie chacun. μετὰ παρρησίας,
λαλεῖν τὸν λόγον σου, 80. ἐν τῷ τὴν χεῖρα Eur
VELV σε εἰς ἴασιν a σημεῖα χαὶ
KO ENT Ve = € ù À \ τέρατα γίνεσθαι διὰ τοῦ ὀνόματος τοῦ ἁγίου παιὸ s couv Ιησοῦ. 34. χαὶ δεηθέντων
αὐτῶν ἐσαλεύθη ὁ τόπος ἐν ᾧ ἦσαν συνη Hs χα
Cf ur, 29; τν, 18,29, 31; xxvin, 31. Cette assurance, παρρησία, est une vertu qui caractérise
le πο ήταν Ébrbien, enseignant l'Évangile. τὸν λόγον σου est employé par Luc 4 fois
dans l’évangile et 12 fois dans les Actes, où l'expression ὁ λόγος τοῦ Θεοῦ désigne l'Évan-
gile. La parole de Dieu ou simplement la parole est l’enseignement divinement révélé;
quelquefois la parole est comme une personnification de la religion, vi, 7; χα, 24; x1x, 20.
χαὶ δὸς τοῖς δούλοις σου μετὰ παρρησίας πάσης λαλεῖν τὸν λόγον σου. En d’autres termes :
Seigneur, donne-nous d'annoncer ta parole comme des hommes libres qui parlent avec assurance et non comme des esclaves qui parlent en tremblant.
ἡ 30) ἐν τῷ ἐχτείνειν : en étendant la main pendant que ta puissance est en activité
pour une guérison. ἐν τῷ peut signifier pendant que, ou bien en étendant la main. Gette
expression est hébraïstique en ce sens qu'elle est fréquente dans l'A. T., mais elle se trouve dans Thucydide, Platon, Xénophon et chez les tragiques. Blass remarque cependant que les classiques ne l’emploient pas au sens temporel de, pendant que, durant.
Cf. Roserrson, p. 1072. Cette tournure est familière à Luc dans l’évangile et les Actes.
Elle est employée dans l'A. T. pour exprimer un acte de punition de la part de Dieu :
Ex., vu, 5; Jér., xv, 6, etc. « Extendere manum τὴ dici de magna quadam divinae potentiae manifestatione », Kwasexpauer. Cf. Ex. τι, 20; Deur., 1v, 34; v, 15 etc. —
γίνεσθαι est gouverné par δὸς, Ÿ 29 : donne à tes ne de perles avec assurance
pendant que tu étends la main pour une guérison et donne-leur qu'il se fasse des ‘miracles. La construction changerait donc après εἰς ἴασιν. γίνεσθαι pourrait être gouverné
par ἐν τῷ ἐχτείνειν : et alors il faudrait réunir les trois substantifs : en étendant la main afin qu'il se fasse une guérison, des miracies et des prodiges. La première partie de la phrase pourrait aussi se rattacher à λαλεῖ) : de parler avec assurance quand tu étendras la main pour une guérison et qu'il se fasse des signes et des miracles. En tout cas, la tournure grecque est assez embrouillée et la traduction s’en ressent. La
Vulgate a traduit : in eo quod manum tuam extendas ad sanitates et signa et prodigia
fieri. εἰς ἴασιν, terme médical employé par Luc seulement dans le Ν. T., 3 fois. Les miracles et les prodiges seront une preuve de la vérité de ce qu’enseignent les apôtres, διὰ τοῦ ὀνόματος τοῦ ἁγίου παιδός σου Ἰησοῦ : allusion aux paroles de Pierre, 1v, 40, affirmant que la guérison de l’impotent avait été opérée par le nom de Jésus. τοῦ ἁγίου παιδός σου Ἰησοῦ, de ton saint serviteur, pueri, comme précédemment et non filii tui, comme dans la Vulgate. Les manuscrits vieux latins, ἃ 6 p ont pueri.
ἡ 31) Par un signe de sa présence et de sa puissance sur les éléments, Dieu, invoqué comme le maître et le créateur, répond par l’ébranlement du lieu où 165 fidèles étaient assemblés qu’il a entendu leur prière et qu’il l'exauce par l'envoi du Saint-Esprit qui leur donnera de prêcher l'Évangile avec hardiesse. La manifestation de Dieu est tout à là fois physique et spirituelle.
δεηθέντων αὐτῶν. Le verbe δέομαι, au sens de prier, est caractéristique de Luc qui l'a employé 8 fois dans l'évangile et 6 fois dans les Actes. Il l'emploie souvent pour indiquer une demande à Dieu comme ici; ef., x, 2; χχι, 36, ete. Luc parle souvent de la prière dans son évangile, 1, 21; v, 46; νι, 12, etc. et dans les Actes, 1, 14; τι, 42; vx, 4; x, 8; χιν, 23, etc. — So : σχλεύω, au passif signifie être agité, ébranlé, Le lieu
en ACTES DRE AporRes, ΤΥ; 29-31. à 443
D regarde à leurs menaces et done à tes serviteurs de proclamer ta parole en toute assurance, 30. en étendant ta main afin qu'il se fasse guérison, et miracles, et prodiges par le nom de ton saint serviteur Jésus. 31. Et lorsqu'ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés fut ébranlé et ils furent tous remplis du Saint-Esprit et ils disaient la parole de Dieu avec assurance.
où les fidèles étaient assemblés fut ébranlé. Le même phénomène se produisit à la
suite de la prière de Paul et de Silas, xvr, 26. Dans l'A. T. le tremblement de la terre était aussi regardé comme un signe de la présence de Dieu; Ps. xxix, 8; LxVIN, 8; Amos, IX, 5; saïe, γι, 4; χχιχ, 6; Joël, nr, 16, etc. Les anciens voyaient aussi dans un onbienent de terre : ἘΠΕ ΟΛΉΈΡΙ ΒΗ la divinité, ψικαι, En. 111, 89; Ovipe, Mét. xv, 699; cf. WeTsrein, ἔπ loco. Il en était de même des rabbins, Scnôrrcen, Horae hebr., in loco.
Il est inutile de discuter l'hypothèse des rationalistes qui voient dans ce tremblement de terre une simple coïncidence. Ce n'est qu'une affirmation ne reposant sur aucune preuve. D'après B. Weiss ce miracle a été inséré dans le récit par le reviseur pour marquer le résultat miraculeux de la prière de l’Église. Nous y verrons avec saint Chrysostome une réponse de Dieu entre les mains de qui sont le ciel et la terre.
συνηγμένοι : le participe parfait indique un état permanent, tandis qu'au ὃ 27 l’aoriste συνήχθησαν marquait un acte transitoire. xal ἐπλήσθησαν : l’aoriste indique la réponse immédiate à la prière des fidèles. καὶ ἐλάλουν, à l’imparfait, marque qu'ils se mirent à prêcher. Leur prédication était la conséquence de l’effusion du Saint- Esprit. τοῦ ἁγίου Πνεύματος : tous les assistants furent remplis du Saint-Esprit. Τί ἐστὶν, ἐπλήσθησαν ; ἀντὶ τοῦ, ἀνεπυρώθησαν τῷ Πνεύματι. Καὶ γὰρ ἀνεχαίετο ἐν αὐτοῖς τὸ χάρισμα, Cuarysosrome, //om. XI. ἐλάλουν, ἃ l’imparfait pour marquer la continuité de l’action; ils parlaient la parole de Dieu, c’est-à-dire ils annonçaient l'Évangile, et cela avec assurance, avec hardiesse, par l’action du Saint-Esprit, esprit de force; fiducia de la Vulgate est faible.
S'agit-il ici des apôtres seulement ou d’autres personnes aussi? En tout cas tous les assistants, ἅπαντες, tous sans exception, furent remplis du Saint-Esprit et annonçaient la parole de Dieu. Si l’on restreint la prédication de l'Évangile aux seuls apôtres, il s'ensuit qu'ils sont seuls visés ici, mais ne peut-on pas croire que les fidèles eux aussi parlaient la parole de Dieu? Dans ce cas il faudrait admettre qu’il ÿ avait ici, outre les apôtres, des membres de la communauté chrétienne, ce qui paraît en harmonie avec le contexte qui semble décrire les actes d’une assemblée.
L'auteur annonce ainsi que la prière du ÿ 29 est exaucée et que les menaces du Sanhédrin sont vaines : Dieu approuve les apôtres. Admirons le ton élevé de cette prière, magnifique élan de la foi apostolique envers Dieu et Jésus Messie, son saint serviteur, et la disposition de cette prière qui adapte si exactement Les paroles prophétiques à la situation actuelle. Nous y retrouvons des päroles de Pierre dans ses discours. Comme ici, 1v, 27, 30, Jésus est appelé le serviteur de Dieu, πὶ, 13, 26; comme ici, 1v, 37, Jésus est oïnt du Saint-Esprit, x, 38; comme ici, 1v, 27, il est fait allusion -à la passion et à la mort de Jésus, τι, 13. C'est donc probablement à Pierre que nous devons cette prière, à moins de supposer, cemme l'ont fait quelques critiques que discours et prière sont l'œuvre de Luc, ce qui d’ailleurs est inadmissible, « Cet hynme au point de vue littéraire est une rhapsodie, puisque les titres donnés à Dieu sont fournis par l'Ancien Testament et que le Ps. est le thème principal des développements. Il ressemble aux prières juives. La simplicité de la composition, les réminiscences scripturaires sont pour nous la preuve de son improvisation, Si saint
32. Τοῦ δὲ πλήθους τῶν πιστευσάντων ἦν χαρδία χαὶ ψυχὴ mix, χαὶ οὐδὲ εἷς τι
- La = 7 , ἊΝ μ᾿" 1 S τῶν ὑπαρχόντων αὐτῷ ἔλεγεν ἴδιον εἶναι, ἀλλ᾽ ἦν αὐτοῖς πάντα χοινά. 33. χαὶ δυγάμει
Luc l’eût créé intégralement il l'aurait conçu avec d’autres pensées, s'inspirant surtout, d’une christologie plus développée. Le nom donné à Jésus est encore celui de serviteur de Yahveh, 27 et 80; c’est le Dieu d'Israël, le créateur et le maître du monde qui est invoqué et qui occupe la première place. Ce n’est pas encore le Christ glorieux, comme dans toute la section paulinienne. » Rose.
Après μετὰ παρρησίας D ἃ E Irénée, Augustin ajoutent παντὶ τῷ θέλοντι πιστεύειν (Augustin omet πιστεύειν, ce qui donne un sens meilleur). Cette addition semble une glose complétive. On ne voit pas pourquoi on aurait retranché ces mots s’ils avaient été dans le texte original, car ils s'adaptent bien à l’idée générale.
Ille Secrion, 1v, 32 — v, 16 : L’ÉTAT INTÉRIEUR DE LA COMMUNAUTÉ.
IV, 32-37 : UNION DES FIDÈLES, COMMUNAUTÉ DES BIENS, GÉNÉROSITÉ DE BARNABÉ.
Dans la pensée de Luc le morceau1v, 32— v, 16, forme un ensemble : le thème général c’est la communauté des biens, représentée par l’acte généreux de Barnabé et par l'acte hypocrite d’Ananie et de Sapphire. Les ὃ 32-35 sont une introduction établissant l’idée générale de la communauté des biens; le récit de l’activité apostolique en forme la conclusion. Luc, ainsi qu'il en a l'habitude, cf. 11, 42-47; v, 12-16, etc. après chaque événement important, trace un tableau général de l’état de la communauté chrétienne, surtout de sa vie intérieure. La présente description devait précéder le récit de la générosité de Barnabé et de l’avarice de Sapphire et d’Ananie. Avant de rappeler ces ombres au beau tableau, il fallait le présenter.
L’effusion du Saint-Esprit sur les fidèles avait produit chez ceux-ci l'union complète,
morale et matérielle, la puissance du témoignage apostolique sur la résurrection de:
Jésus et sur eux tous la grâce de Dieu.
Υ 32) dé introduit la description de l’état de la communauté chrétienne et la sépare du récit précédent, Ÿ 23-31. τοῦ δὲ πλήθους : Luc emploie fréquemment les mots indiquant la plénitude. Deissmann, Neue Bibel-S1., Ὁ. 59, observe que, dans les inscriptions, πλῆθος avec le génitif a une signification technique, non seulement de la vie politique officielle, mais aussi de la vie des communautés religieuses. Ici et vi,2, 5; xv, 12, 30; χιχ, 9; Χχι, 22, πλῆθος ἃ donc plutôt le sens de communauté, assemblée que celui de multitude, foule. Ce qui vient d'être raconté, 1v, 23-31, se rapportait seulement à une partie de la communauté, à une ἐχχλησία κατ᾽. ofxov; maintenant, il s’agit de l'ensemble de la communauté chrétienne. — τῶν πιστευσάντων : l'aoriste indique que l'acte d’avoir embrassé la foi a eu lieu dans le passé; le présent indiquerait l’état actuel de l'esprit des croyants. — καρδία χαὶ ψυχὴ μία : expression proverbiale pour désigner l’ensemble de la partie spirituelle de l’homme : le cœur et l’âme combinés englobent l’intelligence et la sensibilité. On trouve très souvent dans les Septante χαρδία et ψυχή réunis : Jér. 1v, 12; Ps. χχιν, 4; ainsi que dans le N. T., M4. xx, 37, citation du Deu-
téronome, vi, 5. Faut-il distinguer nettement καρδία de ψυχή et penser que l'être spiri= \
tuel tout entier, à ψυχή, doit personnifier ce qu’a produit le cœur, ἣ καρδία La réponse semble devoir être affirmative. L'union du cœur, comme siège de l'amour, est forti-
fiée encore par cela que l’âme, par laquelle était désignée l’individualité, était une aussi, B. Weiss. On remarquera cependant que les diverses significations de χαρδία et de ψυχή se recouvrent : tous les deux signifient principe de la vie naturelle, végétative
eus ns νῶν χὰ.