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Or, la multitude de ceux qui avaient cru n'avait qu’un cœur et qu'une âme, et nul ne disait que quoi que ce soit de ses biens lui appartenait en propre, mais toutes choses étaient communes entre eux. 33. Et
et spirituelle, siège des affections et des désirs. Cf. Dictionnaires de Grimm, Zorell, Preuschen, etc. Ces deux termes conjugués impliquent certainement une union intime, complète de cœur et d'âme entre tous les croyants. Cf. Philip. τ, 27, ἐν EN πνεύματι, μιᾷ ψυχῇ. La même foi et le même amour pour Jésus les unissaient et cette réunion des cœurs se reflétait dans la communauté des biens temporels.
Après μία DE Cyprien, Ambroise, Zénon de Vérone ajoutent avec des variantes : καὶ οὐχ ἦν διάχρισις (χωρισμός, E) ἐν αὐτοῖς οὐδεμία {τις. E). D’après Hilgenfeld et Belser, cette
leçon originale aurait été supprimée par raison de brièveté. Weiss remarque que ces + mots ne sont pas un développement des précédents qui décrivent plutôt l'accord par-.
fait que la division des cœurs. Mais ils pourraient être regardés comme un complément de l’état d'esprit des fidèles. Preuschen croit que cette leçon est d'origine latine. Cyprien et Zénon continuent ainsi : nec quidquam suum judicabant ex bonis.
καὶ οὐδὲ εἷς : aucun d'eux. « Distinguitur ab οὐδείς, ne unus quidem. » Brass. οὐδε εἷς se retrouve chez les classiques; il est plus emphatique que οὐδείς — ἔλεγεν εἶναι : classiquement, les verbes déclaratifs sont suivis soit de la proposition affirmative, soit de la proposition infinitive. Dans le N. T. l’usage est en faveur de la première; la seconde tend à disparaître; on la rencontre dans Luc et Paul, comme vestige de la langue littéraire, Vrreau, 1893, p. 51. L’infinitif présent du discours indirect répond au présent de l'indicatif du discours direct, BurTow, p. 52. — τι τῶν ὑπαρχόντων : quelque chose, quoi que ce soit des ressources dont on disposait, des biens de chacun. ἴδιον signifie ordinairement propre, particulier, qui appartient en propre.
ἣν αὐτοῖς πάντα χοινά : ἦν est au singulier parce qu'il est placé le premier et que le sujet est un pronom neutre indéterminé : αὐτοῖς πάντα χοινά désigne d’une façon plus complète que IT, 44, la communauté entière des biens, B. Weiss. Cependant, rappelons que πᾶς, dans Luc, n'a pas toujours le sens de tout entier : le terme ne doit pas être pris dans un sens absolu, d'autant plus qu’il est restreint par ce fait qu’on distribuait des secours aux nécessiteux. C’est donc qu’il y en avait qui n’en avaient pas besoin. Cette disposition de chacun des fidèles à regarder toutes choses leur appartenant comme appartenant à tous venait de ce qu’ils n’avaient qu'un cœur et qu'une âme. Cette communauté des biens avait pour fondement l'amour qu’ils avaient les uns pour les autres.
Nous n'avons pas ici un doublet de 11, 44-45, où Luc avait rappelé d’une manière générale la générosité enthousiaste des premiers chrétiens; ici il montre cet esprit en acte, il décrit l'établissement dans l'Église d'un fond commun de biens sous la direction des apôtres. Ce qui est dit de la générosité de Barnabé et de l’égoïsme hypocrite d’Ananie et de Sapphire fait ressortir la façon dont il fut constitué et les difficultés qu'on rencontra.
Υ 33) D’après Beelen, Felten, γάρ du Υ 34 se rapporterait au ÿ 32 et Le ÿ 33 aurait interrompu la description de la communauté des biens chez les premiers fidèles. Patrizzi est du même avis : « Facile sentias ut hic versus 33 descriptionem morum interrumpat comprehensam versibus 32, 34, 35, utque alia sit hujus atque illorum materies. Ad haec, quemadmodum versum 33 cum versu 31 ipsa materies arcte connectit, ita et versum 34 cum versu 32, neque modo materies sed et orationis contextus. Quare non dubito versum 33 de loco suo incuria librariorum remotum esse reponendumque inter versus 31 et 22. » Wendt trouve aussi que la suite des idées, ÿ 33-34, n’est pas naturelle: il présume que la discordance Des de la façon dont Luce ἃ employé ses sources. IL aurait trouvé dans une source le ÿ 33 après le ÿ 32, mais le ÿ 34 ne le suivait pas; il a
dû employer une autre source. Knabenbauer, Belser ne croient pas que le ÿ 33 interrompe l'exposé entre 32 et 34. Les Υ 32 et 33 décrivent l'état général des choses, l'union des cœurs d'où résulte la mise en commun des biens, le témoignage des apôtres et la grâce répandue sur tous. Au ÿ 34, Luc aborde un nouvel exposé. γάρ serait une simple particule de liaison pour éviter l'asyndète. En tout cas, s’il y a eu déplacement de verset ce fut dans la copie primitive, car tous les manuscrits, de quelque type qu’ils soient, possèdent le texte ainsi disposé.
Après avoir constaté l'union complète des fidèles entre eux, Luc fait ressortir da valeur du témoignage des apôtres sur la résurrection du Seigneur Jésus et la grâce répandue sur tous. ἀπεδίδουν, forme hellénistique pour ἀπεδίδοσαν. ἀποδίδωμι signifie don- ἢ ner à quelqu'un ce qui lui est dû. Les apôtres rendaient donc témoignage sur la résur- rection de Jésus, parce que ce témoignage était dû à Jésus et que c'était un devoirqui leur était imposé; cf. τ, 8,22; u, 325; an, 15; av, 10, 20, etc, ---- τὸ μαρτύριον « proprie (att. Le. v, 14 al.) res quae testimonio est, sed N. T. interim et pro μαρτυρία, testimonium, dictum, I Cor, 1,6; «1, 1, al. » Brass.
οἱ ἀπόστολοι τοῦ Κυρίου ᾿Ιησοῦ τῆς ἀναστάσεως, leçon de Β; τῆς ἀναστάσεως τοῦ Κυρίου Ἰησοῦ Χριστοῦ, Ὁ ΕἸ; τῆς ἀναστάσεως Κυρίου Ἰησοῦ, 614 Harkl. (mg); τῆς ἀναστάσεως τοῦ Χριστοῦ τοῦ Κυρίου, N A, Amiat. Testimonium resurrectionis Jesu Christi Domini (nostri), Vle. Les manuscrits latins présentent de nombreuses variantes. La traduction sera différente suivant la leçon que l’on adoptera. D’après celle de B, il faut traduire : les apôtres du Seigneur Jésus rendaient témoignage au sujet de sa résurrection. C'est sur μαρτύριον et ἀναστάσεως qu'est portée l'attention. Cependant, dans les Actes, nous ne trouvons jamais cette expression, ἀπόστολοι Ἰησοῦ Χριστοῦ qui est plusieurs fois dans Paul. On peut supposer qu'elle vient de la source que Luc ἃ employée ici. D'après les autres leçons, Ἰησοῦ avec addition ou non de Κυρίου ou de Χριστοῦ est relié à ἀναστάσεως; il faudrait donc traduire : les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus-[Christ], ce qui nous paraît le plus conforme à l’ensemble des faits.
δυνάμει μεγάλῃ, avec une grande puissance, c’est-à-dire par des miracles et des prodiges ou par une affirmation constante, inébranlable de la résurrection du Seigneur Jésus. δυνάμει définit l’action puissante découlant du témoignage des apôtres, action qu'ils exerçaient conformément à leur charge. D'où résultait χάρις τε μεγάλη ἐπὶ πάντας αὐτούς : te unit χάρις à δυνάμει et fait ressortir que cet acte produisait une grâce chez tous : χάρις peut être entendu ici de deux manières : il signifierait que la faveur du peuple était accordée à tous les fidèles, comme "1, 47, et proviendrait de l'amour mutuel des fidèles et de leur bienfaisance. Ou bien χάρις serait la grâce de Dieu qui serait répandue sur tous. La χάρις ne serait pas le résultat de la libéralité des fidèles, mais sa cause. Quelques exégètes, Beelen, Patrizzi, Felten croient que πάντας désigne seulement les apôtres, mais comme il est dit : ἐπὶ πάντας αὐτούς, il désigne tous les fidèles. La suite de la phrase : οὐδὲ γὰρ ἐνδεής τις indique d’ailleurs qu'il s’agit de tous les fidèles. ἐπὶ πάντας au lieu de πάντων. Les cas sont interchangés comme les prépositions εἰς et ἐν.
ne.