‹ Les Actes des ApôtresChapitre 194 sur 358 · TT A · texte numérisé non relu

TT A

FA

v, 1, Mais un certain homme nommé Annanias, avec Sapphire, sa femme, verdit une propriété, 2. et il détourna sur [6 prix, sa femme aussi étant complice; et en ayant apporté une partie il la plaça aux pieds des apôtres. 3. Et Pierre [lui] dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur pour que tu aies menti à (trompé) l’'Esprit-Saint et que tu aies fait um

entier de leur propriété. Saint Chrysostome, Hom. XIT, saint Augustin, Sermo 27; saint Jérôme, Ep. 8 ad Demetr.; saint Grégoire le Grand, Ep. 33 ἐν Venantium croient qu 'Ananie et Sapphire avaient fait vœu de donner leurs biens à Dieu et que, par leur tromperie, leur faute a été double.

Ÿ 3) εἶπεν δὲ ὁ Πέτρος : δέ sert de liaison. On ἃ sfpposé que Pierre avait appris par une dénonciation la fraude des deux époux; mais il aurait fallu pour cela que ceux-ci aient parlé de leur intention de détourner une partie du prix de leur propriété, ce qui n’a pas été le cas; dans la pensée de l’auteur, Pierre avait été instruit par le Saint-Esprit. Les paroles de Pierre, dit Preuschen, doivent prouver que celui qui est plein de l'Esprit pénètre les esprits. L’interrogation adressée à Ananie prouve que celui-ci aurait pu et dû ne pas laisser Satan l’occuper tout entier. Non enim Satanas cor Ananiae implere potuisset,, nisi ille per consensum. cor suum aperuisset, gravae suggestioni Satanae, qua repleretur, Esrius. Satan peut tenter, mais non contraindre l’homme au péché, Jeq..1v,7; 1 Pr.v, 9.— διὰ τί: pourquoi est cela, comment cela est-il arrivé ? plus expressif que διά. --- ἐπλήρωσεν : Cf. /n. xt, 2, 27; Satan à rempli leur cœur de pensées mauvaises, à tel point qu'il ne restait plus aucune place pour une autre influence, Felten pense que cette expression est un hébraïsme dont la signification serait, : Pourquoi. as-tu permis à Satan de te faire prisonnier, de te posséder? Satan a pris possession de son cœur. La Vulgate donne une autre leçon : Cur tentavit Satanas cor tuum,, qui provient, probablement de la leçon ἐπείρασεν de Didyme, Epiphane, Athanase, Fulgence, mais qui ne se trouve dans aucun manuscrit des Actes. De plus implevit, replevit ou adimplevit se trouvent dans plusieurs ‘textes vieux latins et, dans quelques manuscrits de la Vulgate. Si l’on adoptait la leçon, tentavit, Ananie n'aurait pas été coupable de ce que Satan l'avait. tenté, puisqu'il n'était pas en son pouvoir d'empêcher Satan de le:tenter. L'expression n’est pas claire, pour ne rien dire de plus. — Σατανᾶς, employé sous cette forme dans le N. T. pour l’hébreu Av, l'adversaire, l'ennemi. Dans l'A. ΤῸ il est l’accusateur, Zach. ur, 12; Job. τ, 7; l’instigateur des maux dont souffre Job. ἐδ. τ, 6 ΞξΞ 11, 6. Dans le N. T. il est surtout 16. tentateur, Mt. 1v, 10; Mc. r, 18; 46ἱ.. v, 33; L Cor. vi, 5; I Cor. uw, 11; χι, 14; il est le persécuteur, l’auteur ‘des maux physiques, etc.

ψεύσασθαί σε, sous-entendu ὥστέ, de sorte que tu aies menti; c'est un infinitif de but ou de πρώ Ge verbe est avec l’accusatif de la personne; ici seulement dans le N. T. mais fréquemment dans les Septante et dans les classiques. σέ, sujet de l’infinitif est ajouté contrairement à l'usage classique. ψεύσασθαι et νοσφίσασθαι, à l'aoriste pour indiquer que l’action est achevée, tout au moins en ce qui concerne Ananie. ψευσάσθαι avec l’accusatif de la personne, τὸ Πνεῦμοι, serait mieux traduit : pour que tu aies trompé le Saint-Esprit, c'est-à-dire essayé de tromper, au sens de mentir; ψεύδω gouverne le datif, cf. ἡ 5.

Le crime d'Ananie n’a donc pas été précisément d’avoir conservé une partie du prix de la vente de son bien, mais d’avoir menti, et son crime était d'autant plus grand que c’est à Dieu qu'il a menti et non aux hommes. Ananie a menti contre l’Esprit-Saint

NE

LE v 4e

᾿ ἀπὸ τῆς τιμῆς τοῦ χωρίου; M. οὐχὶ μένον σοὶ Epevev, χαὶ πραθὲν ἐν τῇ σῇ ἐξουσίᾳ Ἵ

ὑπῆρχεν; τί ὅτι ἔθου ἐν τῇ χαρδία σου τὸ πρᾶγμα τοῦτο; οὐχ ἐψεύσω ἀνθρώποις ἀλλὰ, TAXE Ξ εν τῇ Χαάροιϊς πρᾶγμα τ « EYE pu c

4 SIÈre) E = τῷ Θεῷ. 5. ἀχούων δὲ ὁ ᾿Αγανίας τοὺς λόγους τούτους, πεσὼν ἐξέ ἀν χαὶ ἐγένετο

φόδος μέγας ἐπὶ πάντας τοὺς ἀχούοντας. 6. ἀναστάντες δὲ ci γεώτεροι συνέστειλαν

dans son propre cœur; il a tenté l'Esprit-Saint en s’efforçant de savoir si celui-ci découvrirait son mensonge et “par conséquent à quel degré il inspirait les apôtres.

Mentir à ceux-ci c'était mentir à l’Esprit-Saint qui les inspirait. « Le péché d'Ananias n'est donc pas un simple acte de fraude dans une affaire civile, maïs un crime théocratique appelant la vengeance de la majesté divine, outragée directement ». Reuss. Ce passage, 1v, 5, prouve avec évidence la personnalité du Saint-Esprit.

ÿ 4) οὐχί, interrogatif pour où, mais avec plus dè force. μένον σοὶ ἔμενεν : littéralement, est-ce que restant, n'étant pas vendu, il ne restait pas pour toi; exemple d’assonance, de jeu de mots. μένον désigne τὸ χωρίον ou τὸ χτῆμα qui est le sujet sous-entendu de ἔμενεν. Le sujet de ὑπῆρχεν est πραθέν qui équivaut à τὸ τοῦ πραθέντος χωρίου ἀργύριον. πραθέν, . participe aor. passif : et quand il ἃ été vendu, le prix, l’argent résultat de la vente, ἐν τῇ σῇ ἐξουσίᾳ ὑπῆρχεν, ne demeurait-il pas en ton pouvoir, dans ta propre possession ? Cette question de Pierre prouve que les biens restaient en la possession de chaque

fidèle, qu'il n’y avait aucune obligation pour les fidèles de vendre leurs biens et d'en remettre le prix aux apôtres, afin de subvenir aux besoins des frères indigents.

᾿ τί ὅτι, c'est-à-dire τί ἐστὶ ὅτι, ellision pour τί γέγονεν ὅτι ou διὰ τί : le verbe qui unit τί à ὅτι peut tomber. ἔθου ἐν τῇ καρδίᾳ σου : cf. Le. τ, 66; χχι, 14; pourquoi as-tu résolu cette action? Dans la psychologie hébraïque, le cœur, centre de la vie, correspond surtout à

la volonté. Qu'est-ce, pourquoi as-tu mis dans ton cœur cette action? Pourquoi as-tu permis que cette action prenne possession de ton esprit? Il n’y a pas contradiction entre cette interrogation et la précédente : Pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur? Satan a suggéré l’idée et Ananie l'a entretenue dans son cœur. Le verbe est à l’aoriste au lieu du parfait pour marquer que la pensée criminelle est achevée par l’action. Cette

phrase a une couleur hébraïque, Dan. 1, 8 (Théodotion), maïs on en trouve d’analogues

dans Homère, ἐν φρεσὶ θέσθαι. τὸ πρᾶγμα τοῦτο, fréquent dans les Septante; plus expres-

sif que τοῦτο seul. Α la place de τὸ πρᾶγμα, D Sah. ont ποιῆσαι τὸ πονηρὸν τοῦτο, qui semble

être une précision du terme indéfini πρᾶγμα.

οὐχ ἐψεύσω ἀνθρώποις : cette négation n'implique pas qu'Ananie n’a pas menti aux hommes; elle est employée dans le premier membre de phrase, pour faire ressortir l'affirmation du second membre,/pour renforcer l’antithèse. ἀλλὰ τῷ θεῷ : tu n'as pas menti aux hommes mais plutôt à Dieu; son péché est surtout contre Dieu. ἐψεύσω gouverne ici le datif, comme dans les Septante, mais non chez les classiques.

Ces paroles de Pierre établissent nettement la divinité du Saint-Esprit, puisque

mentir à l’Esprit-Saint, Ÿ 3, c'est mentir à Dieu, ÿ 4. Le Saint-Esprit est donc une

personne divine. Cf. CyriI£Le D'ALEXANDRIE, de Trinit. xxv; CYRILLE DE JÉRUSALEM, Catena, 16; Pérau; de Trinitate, τι. 13, 13; 1.

Ÿ 5) Le codex de Bèze présente le texte un peu différemment : ἀκούσας δὲ ᾿Ανανίας τοὺς λόγους τούτους παραχρῆμα πεσών, Après πεσών Par. ajoute in terra.

ἀχούων, au participe présent, équivaut à μεταξὺ ἀκούων, pendant qu'il écoute ces paroles, il tomba et rendit l'âme. Le participe présent indique que la mort subite d'Ananie est la

suite immédiate de l'audition des paroles de Pierre. Les deux actions se produisent

ensemble, nuance que ne reproduit pas le codex de Bèze. ἐξέψυξεν, à l'aoriste historique pour exprimer une action momentanée ou instantanée. ἐκψύχειν verbe très rare, n’est

, pas classique; il est seulement dans les Actes, v, 5,10: x, 28, et 2 fois dans les Sep-

détournement sur le prix du champ? 4. Est-ce que [cela] restant, ne restait pas à toi? Et, vendu, ne demeurait pas en ta possession? Comment as-tu mis en ton cœur cette action ? Tu n’as pas menti aux hommes, mais ἃ Dieu. 5. Et Ananias, en entendant ces paroles, étant tombé, expira. Et il y eut une grande crainte (frayeur) sur tous ceux qui l’avaient entendu. 6. Or, les plus jeunes, s'étant levés, l’enveloppèrent et l'ayant emporté ils l’enseve-

tante, Juges, νι, 21; Æz. xx1, 7. Moulton et Milligan le signalent dans Herodas, 1v, 29, poète du 1° siècle avant J.-C. Il se trouve chez les écrivains médicaux : Hippocrate, Galien, Arétée; cf. Hogarr, p. 37. Terrore divini judicii Ananias oppressus animain efflavit; minime autem illi, ut putavit Porphyrius (Æieron. ep. 130) Petrus mortem imprecatus erat, Brass. Origène, Tract. 9 in Matth., croit qu'Ananie fut saisi d’une telle honte et d’un tel chagrin par le reproche de Pierre qu'il en mourut. Cette explication naturelle de la mort d'Ananie n’est pas recevable, car it faut voir dans celle-ci un châtiment de Dieu.

χαὶ ἐγένετο ἐπί, οἵ, 1v, 88; τοὺς ἀχούοντας : est-ce seulement sur ceux qui étaient présents que se répandit une grande crainte ou aussi sur tous ceux qui entendirent raconter cet événement ? Il semble qu’il faut l'entendre dans ce dernier sens; il était inutile de dire que ceux qui étaient présents avaient été frappés de crainte. Ce serait donc une anticipation de ce qui sera dit, ÿ 11. Mais s’il faut l'entendre ainsi, comment Sapphire a-t-elle pu rester ignorante de la mort de son mari? 9660 : chez Luc, la manifestation de la puissance miraculeuse de Dieu est toujours suivie de la crainte : Ze. 1, 12, 65; MDI LOS ὙΠ 974, Etc: ACreS 1, 43: Ὑ, 5. ΤΥ ΧΙ͂ΣΧ» 17,

Υ 6) ἀναστάντες δὲ οἱ νεώτεροι : or, les plus jeunes s’étant levés; qu'étaient ces νεώτεροι ἢ Était-ce simplement des hommes jeunes par rapport aux autres personnes présentes et à cause de leur jeunesse et de leur vigueur désignés pour ce travail, ou des sortes de fonctionnaires, chargés des soins matériels, par opposition aux πρεσθύτεροι, les anciens, qui formaient le conseil de la communauté et étaient les aides des apôtres au point de vue spirituel. Ils seraient analogues aux serviteurs de la synagogue, chargés de maintenir le bon ordre dans l’assemblée. On bien encore ces νεώτεροι seraient-ils un corps séparé d'hommes qui s’occupaient des funérailles, analogue à celui dont parle Hzéchiel, xxxix, 12-16? Ces dernières hypothèses paraissent peu fondées, car elles supposent que la communauté chrétienne était déjà arrivée à un certain état d'organisation que nous ne distinguons pas à ce moment dans les Actes. Il n’y avait pas même encore des ministres pour le service des tables et nous ne verrons apparaître les πρεσθύτεροι que beaucoup plus tard, χι, 30; χιν, 23. Qu'il y ait eu plus tard dans l’organisation ecclésiastique des fossoyeurs, cela n'implique pas leur existence à l’époque dont nous parlions. D'ailleurs, que cette appellation de νεώτεροι soit l’opposée de celle de πρεσδύτεροι et désigne une fonction spéciale, cela est détruit par le fait que, Υ 10, ces mêmes jeunes gens sont appelés νεανίσκοι. De plus, dans les textes de l'époque où les γεώτεροι sort placés à côté des πρεσδύτεροι; 1 Tim. v, 1; Tite, τι, 1-6; 1 Clém. τ, 3; 11, 8; Poryc. ad Philip. ν; 3, l'apposition vient de l’âge des personnes et non de leurs fonctions. En fait, il fallait emporter le cadavre d’'Ananie; ce soin revint aux membres jeunes de la communauté.

οἱ νεώτεροι συνέστειλαν αὐτόν : συνστέλλειν signifie contracter, resserrer, réduire, envelopper; d'où envelopper d’un linceul. συστέλλω, convolvere, corpus mortuum alicujus fasciis et linteis obvolvere, funus parare, Grimm, cf. ArisToPHANE, Gren. 999. 11 signifie aussi retirer, mettre de côté. 11 est probable que les jeunes gens enveloppèrent Ananie d'un manteau. On a supposé que συνέστειλαν signifierait qu'ils resserrèrent, arrangèrent

De ΣΕ ον τὰ σε DM Le Ter ΡΟΝ et Ἧ αὐτὸν χαὶ ἐξενέγχαντες ἔθαψαν. T. ἐγένετο δὲ ὡς ὡρῶν τριῶν διάστημα Kat À γυνὴ εἰὸ

el τοσούτου. τὸ χωρίον ἀπέδοσθε; ἥ δὲ εὖπεν᾽ val, τοσούτου. 9.

. “ SN L \ -- A Y RER » 397 x ot x v rdv ἄγδρα σου. ἐπὶ τὴ θύρᾳ, χαὶ ἐξοίσουσίν σε. 10. ἔπεσεν δὲ παραχρῆμα πρὸς τοὺς

les membres du cadavre afin qu'il fût plus convenablement enseveli. Cette signification paraît moins naturelle que la précédente. La Vulgate l’a traduit par amoverunt qui offre un tout autre sens : les jeunes gens retirèrent le. corps du milieu de l'assemblée —.ce qu'indiquera encore efferentes qui suit — afin de le préparer pour l’ensevelisse-

ment. Les textes vieux latins présentent diverses leçons : involverunt, ἃ; collexerunt, e; sustulerunt, Lucifer; tulerunt, Gig. συστέλλειν. a été souvent employé par les écrivains médicaux au sens de bander, comprimer par un bandage, HogarT, p. 37, 384 Josèphe, Anr. juives, XVIII, 3; XIX, par ce terme, désigne les soins préparatoires pour

un enveloppement. Cf. Euririne, les Troyens, 382 : 115 ne furent pas ensevelis, ouve-

πεστάλησαν, par les mains d'une épouse.— ἐξενέγχαντες : les jeunes gens l'emportèrent hors 2x σᾶν, P Ἶ 1

des murs de la ville, aux lieux où se trouvaient les tombeaux des particuliers. Seuls, les rois et les grands personnages avaient Leurs tombeaux dans la ville. Le terme est classique dans ce sens. ἔθαψαν, et ils l’ensevelirent immédiatement, ce qui était l’usage chez les Juifs pour des raisons sanitaires : la chaleur de la température causait une prompte décomposition du cadavre. Il faut y ajouter la crainte qu’on avait des cadavres, causes de souillure légale. L’ensevelissement avait lieu quelques heures après la mort.

ÿ 7) dé joint cette scène à la précédente. La construction, ἐγένετο δέ... χαὶ ἣ γυνὴ αὐτοῦ εἰσῆλθεν, au lieu de l’accusatif avec l’infinitif, τὴν yuvnv τὸ εἰσελθεῖν, est hébraïsante,

Brass, DeBRuNNER, p. 255, et non aramaïsaute; elle est fréqueute dans le N. T., prin-

cipalement chez Luc, v, 1, 12, 17; vin, 1 22 et surtout 1x, 28. χαί unit deux membres de phrase, deux états coordonnés, PLuMMER, p. 45. διάστημα, intervalle de temps, est un nominatif absolu; c’est une parenthèse introduite par ὡς — ὡσεί, Patrizzi pense que ἐγένετο δέ, placé seul en tête de la phrase, pourrait être analogue à l’hébreu ἹΠῚ qui sert d'introduction aux récits. IL est possible encore que ἐγένετο ef διάστημα soïent unis; le sens serait alors : il y. eut un intervalle de trois heures environ. μὴ εἰδυῖα : μή, presque constamment dans le N. T. est employé, au lieu de où avec un participe; c'était aussi l'usage vulgaire, μή pour οὐ. εἰσῆλθεν : La femme d’Ananie, ne sachant pas

ce qui était arrivé et probablement cherchant son mari ou venant le rejoindre, entra

dans l'assemblée.

Ÿ 8) ἀπεχρίθη... ὃ Πέτρος : ἀποχρίνομαί τινι, au moyen, signifie répondre à quelqu'un; Sapphire a peut-être demandé où était son mari. Daus le N. T. ἀποχρίνομαι a souvent le sens de prendre la parole, dire, comme s’il était répondu à une question antérieure.

Bengel observe : Pierre répondit à la femme; l'entrée de celle-ci dans l'assemblée des

saints équivalait à une interrogation. εἰπέ μοι εἰ : ei, interrogation indirecte, peut se

rattacher à εἰπέ μοι... τοσούτου : Dis-moï est-ce pour tant ou pour autant, où, comme

l’admet Blass, non pour davantage, non pluris. Pierre: à peut-être nommé la somme; il est possible que Luc ne la connaissant pas aït employé ce terme indéfini. En interrogeant, Pierre montrait la somme déposée à ses pieds. τοσούτου, génitif de prix, par sa position dans la phrase, est emphatique; il peut être employé sans le substantif. ἀπεδόσθε; aoriste second moyen de ἀποδίδομαι, vendre pour soi; il marque la pleine complicité de Sapphire dans l'acte de vente. « Pierre veut la sauver, σῶσαι, car c'était son mari qui avait été le promoteur, ἀρχηγός, du péché. Et à cause de cela il Jai donne aussitôt le temps de se défendre, ἀπολογίας, et le pouvoir de se repentir,

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lirent. 7. Or, il y eut environ un intervalle de trois heures et sa femme, ne sachant pas ce qui était arrivé, entra. 8. Pierre lui adressa la parole : Dismoi, est-ce tant que vous avez vendu Le champ? Et elle dit : Oui, c’est tant. 9. Alors Pierre lui [dit] : Qu'est-ce, pourquoi vous êtes-vous concertés pour éprouver l'Esprit du Seigneur? Voici, les pieds de ceux qui ont enseveli ton

mari|sont] à la porte et ils t'emporteront. 10. Et elle tombaau même instant à

ἐξουσίαν μετανοίας », CHrysosrome, om. XII. — vai, oui; c'est le prix vendu. Endurcie dans la fraude, Sapphire ment nettement.

Le codex de Bèze présente le texte un peu différemment : εἶπεν δὲ πρὸς αὐτὴν ὁ Πέτρος ἐπερωτήσω σε εἰ ἄρα τὸ χωρίον τοσούτου ἀπέδοσθε. Sauf le commencement du passage : dixit autem ad eam, la traduction latine est conforme au texte oriental. La leçon de D paraît être une précision de ce texte. Blass croit bonnes les deux leçons.

Υ 9) τί ὅτι : qu'est-ce, pourquoi? cf. Ÿ 4. συνεφωνήθη, au passif, ὑμῖν : littéralement, il a été mis en accord par vous. ou, au datif, comme avec tous les verbes construits avec σύν. Le datif de la personne accompagne quelquefois, mais rarement, un verbe: passif au lieu de ὑπό, παρά, sauf quand la personne est l’agent de l’action et que celle-ci a été faite à son bénéfice. Blass fait observer que cette construction, suywveïraæi τισι est plutôt latine que grecque et répondrait à convenit inter aliquos : haec constructio facile in commercio Romanorum Graecorumque nasci potuit. — πειράσαι, infinitif de but. τὸ Πνεῦμα Κυρίου, pour éprouver l'Esprit du Seigneur, c’est-à-dire pour s’assurer si cet Esprit, inspirant les apôtres, leur faisait pénétrer le cœur des hommes et par conséquent leur découvrirait leur fraude. ἰδοὺ οἱ πόδες : expression hébraïstique, Isaïe, vu, 7; Le. 1, 79; voici que l’on entend à la porte les pieds des jeunes gens qui reviennent d’ensevelir ton mari. οἱ πόδες. τινος équivaut à un homme marchant. ἐπὶ θύρᾳ : datif locatif, pour indiquer simplement la place; ἐπὶ θυρῶν, ÿ 23, avec Le: génitif, indique la manière d’être. ἐξοίσουσιν, σε : ils t’emporteront, de ἐχφέρω, porter dehors. Pierre sait par le Saint-Esprit le sort qui est réservé à Sapphire,

ÿ 10) Sapphire tomba au même instant, παραχρῆμα. L'auteur indique par ce terme que la mort n'eut pas une cause naturelle. πόδας πρός — παρὰ πόδας : les deux prépositions sont interchangeables. χαὶ ἐξενέγχαντες : Le codex de Bèze a complété la description d'après le ÿ 6 : χαὶ συνστείλαντες ἐξήνεγκαν,

On a accusé Pierre de cruauté dans le châtiment infligé à Ananie et à Sapphire, maïs, comme le remarque saint Jérôme, Æp. 130 : Apostolus nequaquam eïs imprecatur mortem, ut stultus Porphyrius calumniatur, sed Dei judicium prophetieo spiritu annuntiat, ut poena duorum sit doctrina multorum.

On s’est demandé aussi si la punition des deux coupables, infligée sans que le temps leur aït été donné de rentrer en eux-mêmes et de se repentir n'avait pas été au delà de leur crime. Mais, remarque-t-on, cet exemple était nécessaire : Opportunum quippe fuit illa aetate nascentis Ecclesiae, quemadmodum miracula quae Christianorum fidem confirmarent, ita et severiora et ierribiliora divinae justitiae specimina frequentius exhiberi, quae illos a peccatis admittendis absterrerent, Parrizzr. Ita obviam ïtur periculo interno ; id quod necesse fuit etiam ob periculum quod ab externo imminebat, KwaBenpauer. Saint Augustin, Sermo 448, d’ailleurs observe : Credendum est autem quod post hanc vitam eis pepercerit Deus; magna est enim ejus misericordia.

Il est inutile de discuter les explications naturelles qu’on a données de cet événement; du moment qu’on ne veut pas admettre la possibilité du miracle, il est toujours facile de lui trouver une explication plus ou moins plausible, par des conjectures qui souvent ne reposent sur rien.

DO Pr ACTES DES APOTRES, V, 10-11.

πόδας αὐτοῦ nat ἐξέψυξεν. εἰσελθόντες δὲ of νεανίσχοι εὗρον αὐτὴν NA χαὶ ΠΩΣ ἐξενέγχαντες ἔθαψαν πρὸς τὸν ἄνδρα ne 11. χαὶ de. po6oc μέγας ἐφ᾽ ὅλην ο΄ τὴν ἐχχλησίαν χαὶ ἐπὶ πάντας τοὺς ἀχούοντας ταῦτα.

ΕΥ̓ ε1 L'écrivain expose le résultat de cet événement prodigieux. καὶ ἐγένετο φόδος μέγας : ORNE. Cette crainte était probablement le but pour lequel Dieu avait mice ce dur ee out. à Ananie et à Sapphire; en tout cas, elle en fut le résultat. ἐφ’ ὅλην τὴν ἐχχλησίαν, sur toute l'Église, c'est-à-dire sur toute la société des fidèles; καί ἐπὶ πάντας τς τοὺς ἀχούοντας ταῦτα et aussi sur tous ceux qui entendaient ces choses, qui entendaient - parler de cet événement, mais ne faisaient pas partie de la société des fidèles. Ils étaient enrapport avec ceux-ci, mais ne s'étaient pas encore joints à eux. — τοὺς ἀκούοντας, au présent et non au passé; audierunt, Vig. indique qu'il s’agit ici de ceux qui, à ce moment-là, entendaient raconter ce prodige. ταῦτα met l'idée en relief; il aurait pu être supprimé, ce que fait ordinairement Luc. Cette phrase forme la transition avec ce qui suit.

ΤᾺ Le terme ἐχχλησία est employé ici pour la première fois par Luc, puisque très proτς bablement la leçon : προσετίθει τῇ ἐχχλησίᾳ, τι, 47, n’est pas authentique, n'étant pas adop-

tée par les meilleurs manuscrits. Jusqu'à présent l'écrivain avait parlé des frères, 1,15, . de nombreux croyants. 11, #4, de la multitude des croyants, 11, 32; ici, il sépare officiel-

lement les croyants de ceux qui ne font pas partie de l'Église; il parle de 1 ἐχχλησία comme d’un tout fermé et il affirme ainsi l'unité intime qui était constituée par l’union

des fidèles. Il emploie le terme qui dans les Septante, Deut. xvur, 16; χχπι, 1; Ps.

xvi, 42; Lxvin, 86, désignait l’assemblée des Hébreux et qui a servi à traduire le terme araméen qu'avait employé Notre-Seigneur Mt. xvi; 18; χυπι, 17. L'ëxxAnote chez les Grecs était l'assemblée plénière des citoyens. L'Église chrétienne a été fondée par

Jésus-Christ, mais quelle était l'état exact de l’organisation chrétienne à cette époque? c’est ce que nous ne savons pas. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que l'Église était gouvernée par les apôtres dont Pierre était Le chef.

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