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ὑπηρέταις ἤγαγεν αὐτοὺς οὐ μετὰ (lus ἐφοδοῦντο Ὑὰρ τὸν λαόν, μὴ λιθασθῶσιν. » x -
ἐστῶτας ἐπί τῶν θυρῶν : ἐπί avec le génitif a le sens de sur et par analogie tout près, marquant l’idée de voisinage : les gardes étaient debout près des portes. La leçon πρὸ θυρῶν soutenue par EP 614 Pesch. Vulg. clém. Lucifer précise la position des gardes. Au lieu de ante de la Vig. clém. Wordsworth White ont adopté ad, mieux souteuu par les
manuscrits. ἔσω, ionien et poétique est toujours employé dans le N. T. au lieu de εἴσω.
Les huissiers affirment que la prison a été trouvée en parfait état, par conséquent qu’elle n’a pas été forcée pour délivrer les apôtres et que cependant ils n’y avaient pas trouvé les prisonniers. Ces paroles rendent ΒεΓρΙρτος le commandant du Temple et les grands prêtres.
ÿ 24) A l'audition de ces paroles, ὅ τε στρατηγός τοῦ ἱεροῦ χαὶ οἱ ἀρχιερεῖς : τε... καί unissent
étroitement ceux dont la responsabilité était en cause : les grands prêtres qui avaient
ordonné l’arrestation, ὺ 17, 18, et le stratège du Temple qui avait, comme préposé à la prison, la garde des prisonniers. Il est nommé le premier parce que sa responsabilité était le plus engagée dans cette évasion des apôtres. La leçon de EP 13 31 6 Bède; oi ἱερεῖς (ὃ ἱερεύς, 614) καὶ ὁ στρατηγὸς τοῦ ἱεροῦ καὶ οἱ ἄρχοντες et les leçons du texte vieux latin : pontifex et princeps sacerdotum, Gig. ; principes et pontifex sacerdotum, Luci- fer; sacerdotes et magistratus templi et principes sacerdotum, e, trahissent une certaine incertitude du texte. — διηπόρουν : διαπορέω signifie être dans l’embarras, dans l’incertitude : περὶ αὐτῶν; les exégètes ne sont pas d'accord sur le genre de αὐτῶν. Est-il masculin et désigne-t-il les apôtres, comme au ÿ 21 ou se rapporte-t-il à λόγους, qui
vient d'être exprimé? Cette seconde supposition est probable, parce que le pronom doit . régulièrement se rapporter au nom le plus proche; le sens paraît d'ailleurs l'appuyer. ο΄ — τί ἂν γένοιτο τοῦτο : seul, dans le N. T., Luc emploie l'optatif avec ἄν et encore rare- . ment; ἄν avec l’optatif dans une question indirecte indique une délibération antérieure, le doute ou la perplexité. Cette apodose suppose une protase non exprimée. Cet emploi
de ἂν avec l’optatif est du style littéraire. τί ἂν γένοιτο ut τί ἂν εἴη, x, 17, quid (hoc) factum esse posset — quomodo hoc factum esse posset, BLass, ou bien ce que cela deviendrait, was da wohl geschehen sei, wie das zugegangen seï, BLass, DEBRUNNER, ou même quel effet cet événement produirait sur le peuple. Cette phrase ἃ été diversement traduite déjà
dans les versions anciennes : ambigebant de illis quidnam fieret, Vulgate; haesitabant de illis quidnam fieret de hoc, ἃ Gig.; confundebantur de ipsis, quidnam hoc esset;
mirari coeperunt et confundebantur mente quid vult esse hoc, 6, ce qui est la traduction de E, ἐθαύμαζον καὶ διηπόρουν τί θέλοι εἶναι τοῦτο. Les traductions modernes sont aussi très diverses; la plus littérale serait : ils étaient embarrassés au sujet de ces [paroles], [se demandant] ce que cela pourrait être (signifier) ou quel pourrait être le résultat de
ceci. Les grands prêtres et les sanhédrites comprirent très bien que les apôtres étaient.
sortis miraculeusement de la prison, maïs cette délivrance les embarrassait, parce qu'ils ne voulaient pas convenir de ce miracle qui condamnait leur acte.
ÿ 25) ὅτι introduit le style direct. ἰδού... εἰσίν : Tous les écrivains du N. T., sauf Luc,
suivent la coutume de l’hébreu et suppriment le verbe εἶναι après ἰδού, ἐστῶτες, antithèse
de ἔθεσθε. Les apôtres ne sont plus en prison, mais ils sont debout et enseignent le
ἘΠΕῚ D AE Ne put
ouvert nous n'avons trouvé personne à l’intérieur. 24. Et quand ils eurent entendu ces paroles, le stratège du Temple et les grands-prêtres furent embarrassés au sujet de celles-ci [ne sachant] ce que cela pourrait bien être (ce qu'il en adviendrait). 25. Mais quelqu'un survenant leur annonça : Voici que les hommes que vous avez mis en prison se tiennent dans le Temple et enseignentle peuple. 26. Alors lestratège du Temple étant parti avec les huissiers les conduisit, mais sans violence, car ils avaient peur d’être lapidés par le peuple. 27. Et les ayant amenés ils les placèrent dans le Sanhédrin, et le grand-prètre les interrogea disant : Par injonction
peuple; ἑστῶτες, renforce l’idée et précise l’action apostolique. καὶ διδάσχοντες τὸν λαόν : les apôtres avaient obéi immédiatement à l’ordre de l’ange. On peut s'étonner de la forme familière de cette communication faite par un homme quelconque, qui entre dans le Sanhédrin, comme dans une assemblée ouverte.
ÿ 26) Habebant synedritae in liberatione apostolorum novum documentum divinae erga eos protectionis; verum a proposito recedere minime iis in animo est, KNABEN- BAUER, #yev à l'imparfait « quia modus quo res gesta est describitur; perfecta res indicatur », BLass. Cependant AEP Vig. des Pères ont employé l’aoriste ἤγαγεν. Il est au singulier, s'accordant avec ὃ στρατηγός le sujet principal. ἐφοδοῦντο et ἔστησαν, ÿ 27, au pluriel, ont pour sujet ὁ στρατηγός et οἱ ὑπηρέται. οὐ μετὰ. βίας : la forme négative est emphatique. μετὰ βίας se retrouve dans un papyrus de Tebtunis, I, 5*7. Un classique aurait
employé le datif βίᾳ ou πρὸς βίαν. ἐφοδοῦντο γὰρ τὸν λαόν; c’est probablement une paren-
thèse. μὴ λιθασθῶσιν : ἵνα μὴ, AP 614, ou μὴ seul avec le subjonctif signifie de peur que. Dans le N. T., après les verbes exprimant la crainte, seul le subjonctif est employé, où l’on aurait attendu l’optatif. Quelquefois le subjonctif est employé pour exprimer plus de certitude dans le résultat qu’on a en vue. Quelques exégètes rattachent μὴ λιθασθῶσιν à ἐφοθοῦντο; ceux qui tiennent ἐφοδοῦντο γὰρ τὸν λαόν pour une parenthèse rattachent μὴ λιθασθῶσιν à μετὰ βίας qui limite ainsi : ἤγεν αὐτοὺς οὐ μετὰ βίας. Floriacensis : metuens ne forte lapidaretur a populo, modifie un peu le texte. Le codex de Bèze présente différemment le texte : ἤγαγον αὐτοὺς μετὰ βίας, φοδούμενοι γὰρ τὸν λαὸν μὴ λιθασθῶσιν ; La négation a dû disparaître très anciennement, car la version latine ne la contient pas non plus. C'est évidemment une faute de copiste. μὴ λιθασθῶσιν : λιθάζειν est 8 ou 9 fois dans le N. T.; il est très rare dans le grec classique qui se servait de χαταλεύειν.
Les apôtres auraient pu en effet soulever le peuple qui leur était favorable, ou le peuple, s’il avait vu les sbires du Sanhédrin maltraiter les apôtres, aurait pu se soulever de lui-même. Il n'avait pas cependant protesté la veille lors de l'arrestation des apôtres.
Υ 27) Floriacensis et Peschitto présentent ainsi le texte : Ut modo perduxerunt eos in conspectu concilii, coepit ad eos princeps sacerdotum (praetor, Flor.) dicere. Il est difficile de comprendre comment Floriacensis a pu attribuer l’interrogatoire des apôtres au commandant du Temple. Zahn adopte cette leçon. ἔστησαν : pendant l’interrogatoire les accusés étaient debout au milieu du Sanhédrin, rangé en demi-cercle. ἐπηρώτησεν : cum sit rhetorica interrogatio [ut 1, 7, al.) impf. (τ, 6 al.) locum non habet, Bzass.
ÿ 28) Le grand prêtre laisse de côté la question de la délivrance des apôtres; il craignait d'avoir à reconnaître une intervention divine. L’accusation porte maintenant sur trois charges : 1° On leur avait défendu expressément d'enseigner en ce nom-là; ils
tr ACTES DES APOTRES, v, 23-27. 169
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2 \ - ΝΕ ΝΗ ἰδοὺ πεπληρώχατε τὴν Ἱἱερουσαλὴμ,. τῆς διδαχὴς ὑμῶν, oi βούλεσθε ἐπαγαγεῖν ἐφ ἡμᾶς τὸ αἷμα τοῦ ἀνθρώπου τούτου. 29. ἀποχριθεὶς δὲ Πέτρος χαὶ οἱ ἀπόστολοι εἶπαν.
n'ont pas obéi. 2° Ils ont rempli Jérusalem de leur doctrine et 3° ils veulent faire retomber sur les autorités juives le sang de cet homme. « Voici le sens de la réprimande du grand prêtre : Jésus est mort par arrêt de justice; son sang a été versé au nom de la loi, il ne peut ni ne doit être redemandé à personne; sa mort n’est pas l'effet d’un crime, mais vous, vous persistez à la présenter sous ce faux jour; vous ameutez le peuple contre les autorités. » Reuss.
. παραγγελίᾳ παραγγείλαμεν : littéralement : nous vous avions ordonné par un ordre. Cette forme est fréquente dans le N. T. La répétition du verbe par un nom homonyme intensifie le sens du verbe, en tant qu’elle indique que l’action doit être regardée comme recevant son sens le plus entier. Cette forme est de couleur hébraïsante, maïs on en a des exemples en grec et en latin, (curro curriculo). Cependant, Blass-Debrunner,
ΟΡ. 119, fait remarquer que les expressions γάμῳ γαμεῖν, φυγῇ φεύγειν sont seulement accidentellement semblables aux expressions hébraïques. — Le grand prêtre affirme de nouveau l’ordre donné pour demander aux apôtres comment ils ont osé l’enfreindre, quelle raison ils avaient de n’en pas tenir compte. Cette affirmation après ἐπηρώτησεν doit être complétée par cette interrogation : Comment avez-vous eu l’audace de faire cela? Plusieurs manuscrits. Ν 3 DEP Flor. Pesch. Par. Harkl. Arm. Eth. Athan. Bas. emploient l'interrogatif négatif : οὐκ où παραγγελίᾳ παρηγγείλαμεν ὑμῖν. IL est probable que cette interrogation a été amenée par ἐπηρώτησεν ; elle donne plus de vivacité à la phrase et elle est bien en situation. Cette négation est omise par B 13 ἃ Gig. Vilg. Boh. Cyr. Lucif. μὴ διδάσχειν : le motif du procès intenté aux apôtres était d’avoir désobéi à la défense d'enseigner au nom de Jésus.
διδάσχειν ἐπὶ τῷ ὀνόματι τούτῳ : en vous appuyant sur l'autorité de ce nom-là. Le grand prêtre, par haine ou par dédain, ne veut pas prononcer le nom de Jésus. καὶ ἰδού marque vivement le contraste entre la défense et la conduite des apôtres. πεπληρώχατε, au parfait, au lieu de l’aoriste, ἐπληρώσατε, À ; le parfait représente l'action comme étant complète au moment où l’on parle; il marque aussi une action passée dont il affirme le résultat existant. τῆς διδαχῆς est au génitif après un verbe exprimant l’action de remplir. τὴν Ἱερουσαλήμ, au féminin; les noms de place sont ordinairement au féminin. βούλεσθε : vous voulez faire retomber sur nous le sang de cet homme : comprise ainsi, l'accusation est vraie. Ou bien vous voulez exciter le peuple contre nous, le pousser à venger sur nous le crucifiement de Jésus : cette accusation est fausse; les apôtres désiraient que les sanhédrites fussent sauvés par la foi en Jésus ressuscité. Et d'’ailleurs était-il possible que les accusations de petites gens comme les apôtres aient pu atteindre sérieusement l'autorité du Sanhédrin auprès du peuple? ἐπαγαγεῖν, infinitif aor 2 à cause de βούλεσθε, verbe de volonté. ἐπαγεῖν, amener, apporter, diriger contre, jeter sur. αἷμα pour φόνον, le sang pour le meurtre, pour la punition du crime de cet homme. ἐπαγαγεῖν ἐφ᾽ ἡμᾶς τὸ αἷμα : expression unique dans le N. T., mais quelquefois dans les Septante : τοῦ ἐπαγαγεῖν... τὰ αἵματα αὐτῶν, Juges 1x, 24; cf. Gen. xx, 9; Ex.
ΧΧχιν, 7; Jér. χχχπι, 15, Jonas 1, 14; elle est classique; cf. WeTsTein. τοῦ ἀνθρώπου τούτου : le grand prêtre s’obstine à ne pas nommer Jésus. Cependant, τούτου n’exprime pas nécessairement le mépris : cf. Le. xx, 47; Jn. vu, 66; c’est la façon de prononcer cette expression qui marque ici le dédain. D remplace τούτου par ἐκείνου : Ipsis eorum verbis confirmatur magnum jam existere in urbe numerum fidelium et reliquam plebem favere apostolis, Kvasewsauer. En fait, le grand prêtre ne nie pas la part que le Sanhé-
ἌΡ ἐν EE TON D PRET CT Σ AVE AN ç
ΤΉΝ Ὡς ΟΣ EU A AIN TR ἡ
‘ ACTES DES APOTRES, y, 28-30. 171 nous vous avions enjoint de ne pas enseigner en ce nom-là; et voici que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine (enseignement) et que vous voulez faire amener sur nous 16 sang de cet homme. 29. Mais Pierre répondant et les apôtres dirent : Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. 30. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous aviez tué en le suspendant au
drin a prise à la condamnation de Jésus, mais il proteste contre les apôtres qui veulent la venger comme si elle n'avait pas été légale.
.… ÿ 29) ἀποχριθεὶς δὲ Πέτρος : Pierre est séparé des autres apôtres comme étant leur chef; ἀποχριθείς est au singulier, s’accordant avec Pierre seul, parce qu’il est nommé le premier et parce que seul il a parlé; les autres apôtres ont parlé par sa bouche, montrant par leur attitude qu'ils s’unissaient aux paroles de Pierre; c'est ce qu’exprime le pluriel εἶπαν. Cette façon de procéder donne la prééminence à une personne en dehors de l’ensemble des autres. Il y aurait lieu peut-être d'ajouter of ἄλλοι ou λοιποί à ἀπόστολοι, mais ce n’est pas absolument nécessaire. πειθαρχεῖν est employé dans son sens classique : obéir à quelqu'un constitué en autorité, aux magistrats ou aux lois; il est 3 fois dans les Actes, 1 fois dans Paul. Dans le N. T. ὑπαχούω, obéir, est plus souvent employé, 22 fois. Pierre reconnaît la légitimité de l'autorité du Sanhédrin, mais il la met en comparaison avec l'autorité divine et il conclut que, lorsque celle-ci est opposée à celle-là, il faut obéir à celle-ci plutôt qu’à celle-là. L'ordre de Dieu a été confirmé aux apôtres par l’ange, ÿ 20, et il est opposé à celui du Sanhédrin.
. La réponse de Pierre rappelle celle du ch. 1v, 19 : S'il est juste devant Dieu de vous écouter plutôt que Dieu, jugez-en; mais elle est plus nette, plus sobre, plus expressive. Il n'en appelle plus modestement au jugement du Sanhédrin, il ne leur laisse plus le soin de juger, car ils ont mal jugé; il affirme expressément qu'on doit obéir à Dieu, en annonçant la bonne nouvelle au nom de Jésus, ÿ 20 et 1, 8, plutôt qu'aux hommes qui leur défendent d'enseigner en ce nom-là. Leur défense est dénuée d'autorité, car ils parlent contre l’ordre de Dieu. Cette réponse de Pierre est presque identique à celle d’Antigone à Créon; Sopnocze, Antigone, V. 453-456.
Le codex de Bèze a transposé cette sentence et l’a mise dans la bouche du grand prêtre, ce qui évidemment ne répond pas à la situation et constitue un contre-sens dans la bouche du grand prêtre. Floriacensis a dramatisé la réponse de Pierre : Respondens autem Petrus dixit ad illos : Cui obaudire oportet, deo an hominibus? Ille autem ait : Deo, et dixit Petrus ad eum. Gigas et Lucifer ont un texte analogue.
ÿ 30) Après avoir affirmé qu'il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes, Pierre expose devant le Sanhédrin quel était l’ordre qu'ils avaient reçu de Dieu et auquel ils devaient obéir.
ἤγειρεν Ἰησοῦν : Pierre prononce hardiment le nom de Jésus que le grand prêtre n'avait pas voulu prononcer. ἤγειρεν signifie-t-il Dieu a envoyé Jésus dans le monde pour remplir une mission, ou Dieu l’a suscité comme Messie, deux significations à peu près identiques; plusieurs exégètes le croient. Mais presque tous les exégètes et parmi eux, saint Chrysostome et Œcumenius, pensent que Pierre parle ici de la résurrection de Jésus. Il est vrai que lorsque Luc emploie ἐγείρω dans ce sens il ajoute d'ordinaire ἐχ vexpov, πι, 15; 1v, 10; χπι, 30. Mais le contexte indique ici qu'il s’agit de la résurrection. Pierre n’a pas en vue la vie terrestre de Jésas, mais sa mort, sa résurrection et son exaltation à la droite de Dieu. Celui que vous avez tué, ὃν ὑμεῖς διεχειρίσασθε, Dieu l'a élevé à sa droite, τοῦτον ὁ Θεὸς... ὕψωσεν τῇ δεξιᾷ αὐτοῦ. Cela suppose la résurrection. C'est d’ailleurs l'habitude de Pierre d’opposer Jésus tué par les Juifs et ressuscité par
? - A € > Ξ - x 3 N Inooëv, ὃν ὑμεῖς διεχειρίσασθε χρεμάσαντες ἐπὶ ξύλου" 31. τοῦτον ὁ Θεὸς ἀρχηγὸν 2 ets » " » 2 D € χαὶ σωτῆρα ὕψωσεν τῇ δεξιὰ αὐτοῦ δοῦναι μετάνοιαν τῷ ᾿Ισραὴλ καὶ ἄφεσιν ἁμαρτιῶν. » A “- Ἢ “ Δ as) ARE 32. χαὶ ἡμεῖς ἐσμὲν μάρτυρες τῶν ῥημάτων τούτων, χαὶ τὸ [lveüua τὸ ἄγιον, ὃ ἔδωχεν
Dieu, 1, 28, 24; πι, 43-15; 1v, 10. La Vulgate a traduit ἤγειρεν par suscitavit, mais bien que ce ne soit pas son sens ordinaire, ce terme pouvait signifier ressusciter, puisque Tertullien et saint Augustin l’emploient dans ce sens; dans les autres passages saint Augustin traduit aussi ἤγειρεν par suscitavit; saint Irénée a excitavit. διεχει ρίσασθε : aoriste hoyen qui indique que les sanhédrites ont agi pour leur propre bien. διαχειρίζω signifie avoir en main, manier, et au moyen administrer, quelquefois, tuer de sa propre main, Pozvyse, vin, 23, 8; PLurarque, 11, 220b; il est ici et xxvi, 21, seulement dans le N. T. Pierre accuse les Juifs d’avoir tué Jésus de leurs propres mains, puisque les Romains n’ont agi que sur leurs instances. On remarquera cette insistance à justifier les Romains de la condamnation et du crucifiement de Jésus. χρεμάσαντες ἐπὶ ξύλου : xpeμάννυμι signifie pendre, suspendre. Les deux aoristes, διεχειρίσασθε et χρεμάσαντες indiquent une seule et même action. Le second indique la manière dont Jésus a été mis à mort. Mais Pierre doit faire allusion ici au supplice que les Juifs infligeaient à ceux qui sont maudits, Deut. xx1, 22, 23; Gal. mm, 13; ils étaient pendus à une potence après avoir été tués. En ajoutant xpeudoavres ἐπὶ ξύλου, Pierre accuse les sanhédrites d’avoir infligé à Jésus Messie un supplice ignominieux. Dans sa première épitre, τι, 24, il parle encore de Jésus qui a porté dans son corps nos péchés sur le bois, ἐπὶ τό ξύλον.
Υ 31) τοῦτον fait ici contraste avec ὅν : celui que vous avez tué Dieu l’a élevé par sa droite, par sa puissance. ὕψωσεν, Dieu a élevé Jésus par la résurrection et l’ascension, τῇ δεξιᾷ αὐτοῦ, cf, 11, 33. τῇ δεξιᾷ est-il un datif locatif, à sa droite ou un datif instrumental, par sa droite? La Vulgate en fait un instrumental : exaltavit dextera sua. Au lieu de τῇ δεξιᾷ, D Irénée, Sah. Par. Aug. ont τῇ δόξῃ; d, caritate; Gig., majestate; Flor. claritate. Pierre ἃ dû se souvenir ici du passage où Isaïe, Lu, 13 célèbre le triomphe du
Serviteur de Yahveh : Voici que mon Serviteur prospérera, il montera, grandira, il s'élèvera bien haut, et si des multitudes l'ont vu avec horreur, par Lui des multitudes seront comblées de joie. La partie entre guillemets est conjecturale : quelques-uns traduisent : « de même qu’il ἃ été pour plusieurs un sujet d’effroi, de même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie ». ἀρχηγὸν καὶ σωτῆρα : ἀρχηγός, Cf. 111, 15, signifie celui qui marche à la tête, qui commande, le chef, le conducteur. Jésus est conducteur en ce sens qu'il conduit au salut celui qui croit en lui. Paul dira aussi que Jésus a conduit la captivité, Æph. 1v, 8. — ἀρχηγὸν καὶ σωτῆρα peuvent être l’attribut de τοῦτον ou le complément de ὕψωσεν; dans ce second cas, δψόω gouvernerait deux accusatifs, ce qui est possible. σωτῆρα : Jésus est le chef, maïs aussi le sauveur d'Israël, terme qu'il faut entendre au sens absolu, exclusif, déjà renfermé dans le nom de Jésus, Yahveh est Sauveur. Ce n'est pas dans ce sens-là que ce titre avait été donné à des personnages de l'antiquité, Ptolémée Sôter, roi d’ Égypte, par ex. — ἀρχηγὸν καὶ σωτῆρα : [6 second terme est corrélatif du premier; il en complète l’idée : c'est une hendyadis. Jésus est le chef qui sauve, le chef du salut, ἀρχηγὸς τῆς σωτηρίας, Hébr. τι, 10. C’est l’idée exprimée précédemment, 11, 15, τὸν ἀρχηγὸν τῆς ζωῆς. Jésus a été élevé par Dieu comme chef et sauveur, comme Moïse l’avait été pour la délivrance des Hébreux, ἄρχοντα καὶ λυτρωτήν, vit, 35.
αὐτοῦ δοῦναι : infinitif de but. En élevant Jésus à la gloire Dieu a eu pour but de donner à Israël la repentance et le pardon de leurs péchés; en d’autres termes, la vie éternelle. Jésus accomplit cette œuvre de salut par l’action de l’Esprit-Saint; la repentance et le pardon des péchés sont des dons de Dieu en vue de notre résurrection. Dieu a ressuscité Jésus et l’a élevé à la gloire pour qu'il soit le fondement de notre résurrection; οἵ. Rom. vi, 4; 1 Cor. xv, 20; Rom. τν, 25 : ἠγέρθη διὰ τὴν διχαίωσιν ἡμῶν. —
ACTES DES APOTRES, V, 30-32. Ne 1178
bois. 31. Celui-là, Dieu l’a élevé par sa droite comme Chef et Sauveur, afin de donner à Israël repentance et rémission des péchés. 32. Et nous sommes
| témoins de ces paroles [choses] aussi bien que l'Esprit-Saint que Dieu à
| Ἰσραήλ : Pierre parle seulement de la repentance d'Israël, parce qu'il s'adresse à des
| Juifs. Mais au Ÿÿ suivant il affirmera que l'Esprit-Saint est donné à tous ceux qui | .obéissent à Dieu. Après ἁμαρτιῶν D. Flor. Sah. ajoutent ἐν αὐτῷ, c’est-à-dire διὰ τοῦ ὀνόμα- | tes αὐτοῦ, x, 43.
Υ 32) Le texte se présente sous trois formes :
1, καὶ ἡμεῖς ἐσμεν μάρτυρες τ. p. τ. N D*. Vig. Sah. Boh. Arm. Did. Chrys. — A Am. ἃ, Pesch. placent μάρτυρες avant ἐσμέν.
IT, καὶ ἡμεῖς ἐσμεν αὐτοῦ μάρτυρες τ. p. τ. D? EP H Harkl. Eth. Par.
III, χαὶ ἡμεῖς ἐν αὐτῷ μάρτυρες τ.ρ.τ. B et Irénée, in eo testes sumus. B. Weiss conjecture que ἐν αὐτῷ serait-une faute de copiste au lieu de ἐσμεν αὐτῷ.
La première leçon est bien soutenue, ainsi qu'il ressort de l’apparat critique de von Soden qui adopte cette leçon; elle est la plus simple et ne présente pas l'irrégularité de la deuxième où deux génitifs sont compléments d’un même nom. Cette construction cependant est possible : le premier génitif se rapporte à une personne et le second à une chose; cf. Philip. n, 8; Hébr. x, 7. La troisième leçon n’a qu’un témoin grec, B, mais il est important et il est soutenu par Irénée. Wendt croit qu'elle pourrait être la leçon originale; mais il ne rejette pas complètement la conjecture de B. Weiss. ἐν αὐτῷ de la 3° leçon peut désigner Israël; nous sommes témoins de ces paroles (choses) dans Israël, comme 1, 8 : ἐσεσθέ μου μάρτυρες ἐν τε Ἱἱερουσαλήμ. Il pourrail aussi désigner Jésus, comme ΧΧΙΙ, 45. αὐτοῦ de la 2e leçon désig'nerait Jésus.
τῶν ῥημάτων τούτων : ρῆμα signifie, dans le grec classique, parole, discours; il est fréquemment employé par Luc, chez qui il signifie, quelquefois, comme l’hébreu dabar, et probablement ici : choses en tant qu'elles sont racontées; τῶν ῥημάτων τούτων est plus expressif que τούτων, seul. Les choses dont les apôtres sont surtout les témoins, c’est la mort, la résurrection et l'ascension de Jésus, mais c’est aussi qu’il est chef et sauveur, apportant à Israël la repentance et le pardon des péchés.
χαὶ τὸ Πνεῦμα τὸ ἅγιον, sous-entendu μάρτυ; ἐστίν : l'Esprit-Saint est témoin de Jésus avec les apôtres en ce sens que c’est par lui que parlent les apôtres, qu’il enseigne historiquement les mêmes faits et qu'il en instruit chaque homme intérieurement.
Notre-Seigneur parle, Jn. xv, 26, 27, du témoignage que’lui rend le Saint-Esprit qui
vient du Père et de celui que lui rendront aussi les apôtres. Paul parle aussi du témoignage du Saint-Esprit, Rom. vin, 16. — πειθαρχοῦσιν αὐτῷ : πειθαρχέω signifie obéir aux magistrats, aux lois, c'est-à-dire aux autorités constituées. L'Esprit-Saint n'est pas donné aux apôtres seuls, mais à tous ceux qui obéissent à Dieu. Et ce témoignage de l'Esprit-Saint apparaît manifeste dans les dons qu'il accorde aux fidèles, la glossolalie,
les miracles opérés par les apôtres. C’est une affirmation de la présence permanente
de l’'Esprit-Saint dans l'Église. On remarquera d’ailleurs que ces ÿ 29-32, sont, comme u, 23 ss. et πι, 13 ss., un court résumé de la foi chrétienne et de la prédication apostolique.
. La réponse de Pierre au grand prêtre est brève, c'est un modèle d’éloquence précise et ferme. L’Apôtre affirme le principe de l’obéissance à Dieu plutôt qu'aux hommes et il établit nettement l’objet de la prédication apostolique — Jésus ressuscité est le chef et le sauveur d'Israël, à qui est offert la repentance et le pardon — et l’action de l'Esprit-Saint dans le cœur des fidèles.
Omnibus obedientibus : omnibus des manuscrits de la Vulgate est probablement une glose ; il est omis par de h Gig. Irénée.
ὁ Θεὸς τοῖς πειθαρχοῦσιν αὐτῷ. 33. οἱ δὲ ἀχούσαντες διεπρίοντο rat ἐδούλοντο ἀνελεῖν αὐτούς. 34. ἀναστὰς δέ τις ἐν τῷ συνεδρίῳ Φαρισαῖος ὀνόματι Ἰ'αμαλιήλ, νομοδι-δάσχαλος τίμιος παντὶ τῷ λαῷ, ἐκέλευσεν ἔξω βραχὺ τοὺς ἀνθρώπους ποιῆσαι, 35. εἶπέν
es , TT NEA 3 2 ΄ € LE , 5 ᾽ lé # 2 TE πρὸς αὐτούς Ανδρες Ἰσραηλεῖται προσέχετε ἑαυτοῖς ἐπὶ τοῖς ἀνθρωποῖς τούτοις τί
ÿ 33) οἱ dé, mais eux, les sanhédrites, ou tout au moins les Sadducéens, frémissaient de fureur; δέ est adversatif. διεπρίοντο, imparfait passif de διαπρίω qui signifie à l'actif scier en deux, rompre, briser et au passif être courroucé, torturé, déchiré, disséqué. dissecabantur, Vlg. Il n’est pas employé au passif en dehors des Actes et des écrivains ecclésiastiques, d'après Blass; cependant Kennedy, Sources of Ν. T. Greek, p. 73, signale διαπρίομαι chez Eubule, poète comique du 1v° siècle avant J.-C. Il ne faut pas traduire : ils grinçaient des dents, car Luc aurait ajouté τοὺς ὀδόντας, ou mieux il aurait écrit διέπριον où E6puyov τοὺς ὀδόντας.
La fureur des sanhédrites était tellement violente qu'ils voulaient, ἐδούλοντο, tuer les apôtres. ἐδούλοντο, à l’imparfait moyen de βούλομαι, leçon de ABE, marque que la résolution n’a pas eu d'effet, n’a pas produit de résultat. Il signifie la volonté des sanhédrites, corrélative à leur fureur. Les manuscrits N DHP, des min. Vlg. Flor.
Pesch. Gig. Lucif. ont ἐδουλεύοντο, imparfait moyen de βουλεύω, tenir conseil, délibérer, projeter après délibération; au moyen, se consulter, délibérer avec soi-même ou . d’autres; c’est ce qui devait se passer dans un jugement régulier, mais διεπρίοντο n'indique pas que les sanhédrites fussent disposés à délibérer, qu'ils fussent même dans l’état de tenir un conseil; la fureur les dominaïit. Sans l'intervention de Gamaliel, 115. se seraient conduits à l'égard des apôtres, comme plus tard ils ont agi envers Etienne. ᾿ἀγελεῖν, 19 fois dans les Actes, 2 fois dans l’évangile et 2 ou 3 fois dans le reste du N. T. Infinitif aoriste 2 de ἀναιρέω qui signifie enlever, ôter, faire disparaître, détruire, souvent tuer. Bien que ce terme soit employé souvent par les médecins, il n’y ἃ pas de raison ΑὟ voir un terme strictement médical.
ÿ 34) δέ marque la suite de l’action. τις ἐν τῷ συνεδρίῳ ; ἐχ τοῦ συνεδρίου. DE Flor., sens légèrement différent. 11 n’est parlé ici que du Sanhédrin; la γερουσία n'est pas mentionnée, ce qui prouverait qu'elle n'était pas une assemblée complémentaire, mais un terme explicatif. Φαρισαῖος, un Pharisien, un homme du parti opposé au grand prêtre et à la majorité du Sanhédrin, disposé par conséquent à s'opposer à leur dessein. Γαμαλιήλ : étymologiquement; SR, Dieu est ma récompense ou mon bien. Gamaliel
était, dit-on, mais ce n’est pas certain, fils de Simon et petit-fils de Hillel; Paul étudia à ses pieds, xx, 3. Célèbre docteur de la loi, Gamaliel représentait l’école juive de Hillel plus libérale dans ses décisions que celle de Schammaï. Son enseignement tendait à une interprétation plus large de la loi mosaïque et il encourageait ses compatriotes à des rapports familiers avec les étrangers, auxquels il accorde des droits égaux à ceux des Juifs dans le glanage du blé. Il s’efforça de libérer les veuves des abus de la loi du divorce. Il s’intéressait même aux lettres grecques et engageait ses élèves à les étudier. Il était tenu en haute estime par la tradition rabbinique. On croit qu'il est mort avant l’an 70.
D’après quelques documents de l’ancienne littérature chrétienne, Récogn. Clément. 1, 65 55.; Aucusrix, de Cüivitate Dei, 17, 8; Sermo 311; Paorius, cod. 171, p. 199; cf. Scnürer, Gesch. des Jüd. Volkes, IVe Aufl. p. 429, n. 49, Gamaliel se serait converti au christianime. Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire eccl.,t. 11, p. 25, accepte cette tradition. D’après le Talmud, Gamaliel est mort Juif.
On a soutenu que Saul, persécuteur acharné des fidèles, n’avait pu être le disciple d’un homme aussi tolérant et aussi libéral que se montre Gamaliel dans son discours.
donné à ceux qui lui obéissent. 33. Mais eux, entendant [cela], frémissaient de fureur et ils voulaient les faire mourir. 34. Alors se leva dans le Sanhédrin, un certain pharisien, nommé Gamaliel, docteur de la Loi, honoré de tout le peuple, et il ordonna de faire sortir un moment ces hommes. 35. Et il leur dit : Hommes Israélites, prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard
Mais le disciple ne ressemble pas toujours à son maître et l’on a de nombreux exemples de ces contradictions dans l’histoire de la Révolution française, où l’on a vu de sanguinaires représentants du peuple, anciens élèves des religieux. Gamaliel n'aurait pas d’ailleurs été d’un caractère aussi doux et aussi libéral qu'on le dit si, comme plusieurs le pensent, il est l’auteur de l’anathème contre les chrétiens, inséré dans le Schemoné Esré. Mais il est plus probable que cet anathème est l’œuvre de Gamaliel II. Gamaliel n’était pas, comme on l’a prétendu, président du Sanhédrin; à l’époque où nous sommes, le Sanhédrin était présidé par le grand prêtre, ainsi qu'il ressort de plusi urs passages on N. T. et ce n'est qu'après ΕΣ destruction du Temple et que le sacerdoce eut perdu ‘son influence que le président du Sanhédrin fut un rabbin. D'ailleurs, si Gamaliel avait été le président du Sanhédrin, Luc l'aurait dit et ne l'aurait pas qualifié de τις ἐν τῷ συνεδρίῳ. Belser croit que, malgré l'affirmation de la littérature talmudique, Bab. Sanh. 11b, Gamaliel, vers la fin de sa vie, était président d’une assemblée. Mais il ne s’agit pas là du Sanhédrin, mais d’un comité pour la solution des questions légales. L'influence de Gamaliel dans le Sanhédrin s'explique par sa réputation de savant docteur de la Loi; il fut le premier des sept docteurs auxquels on attribua le titre de Rabban, plus élevé que celui de Rab ou de Rabbi. ᾿ τίμιος παντὶ τῷ λαῷ, au datif, parce qu’il est joint à un terme exprimant une opinion, un jugement. βραχύ, ad breve; le terme a deux significations; il peut signifier une courte distance ou un court espace de temps. IL est classique dans les deux sens. Dans Act, xxvir, 28, il signifie un petit espace, mais ici il désigne le temps. Luc est seul, dans le N. T. à employer βραχύ dans ce sens. ἔξω ποιεῖν : ici seulement dans ce sens. Gamaliel ordonne de faire sortir ces hommes afin qu'ils n’assistent pas à la délibération et que chacun puisse donner librement son avis. Il est probable que Luc veut dire qu’à sa demande le grand prêtre ordonna la sortie des apôtres. Saint Chrysostome pense qu’il agit ainsi, parce qu'il ne veut pas que l’on croie qu’il est d'accord avec les apôtres. N'oublions pas que saint Chrysostome croyait que Gamaliel était chrétien. Au lieu de ἀνθρώπους, N AB Vig. Boh. Arm., les MM DEP Parisinus, Flor. Gig. Sah, Pesch. Harkl. Eth. Chrys. ont ἀποστόλους. Il est difficile de croire que Gamaliel ait appelé les accusés ἀποστόλους; dans le reste de son discours il les nomme toujours ἀνθρώποι.
Υ 35) L’argumentation de Gamaliel consiste à assimiler l'affaire des apôtres à certains mouvements insurrectionnels dont la génération actuelle avait gardé le souvenir ou qu'elle avait vus elle-même. Ces insurrections ne venaient pas de Dieu mais des hommes; elles ont été détruites. Il en sera de même de l’œuvre de ces hommes, si elle est purement humaine. Gamaliel ne se prononce donc pas sur la question de l’enseignement apostolique, mais il envisage la question au point de vue du résultat de cet enseignement. εἰπέν te πρὸς αὐτούς : régulièrement αὐτούς devrait se rapporter à ἀνθρώπους, le nom le plus rapproché, mais le sens exige de le rapporter aux sanhédrites, dont il est parlé au ÿ 33. Le codex de Bèze et la Sahidique ont corrigé l’irrégularité grammaticale en remplaçant αὐτούς par πρὸς τοὺς ἄρχοντας χαὶ τοὺς συνέδρους (συνεδρίους).
- προσέχετε ἑαυτοῖς : seulement dans Luc. ΧΙ, 1; χχι, 34; Act. xx, 28. Dans les Septante on trouve fréquemment, προσέχω σεαυτῷ. Classiquement, on a προσέχω ἐμαυτῷ, c’està-dire τὸν νοῦν, ou simplement προσέχειν pour signifier prendre garde à soi. Gamaliel
ἔλλετε πράσσειν. 36. πρὸ γὰρ τούτων τῶν ἡμερῶν ἀνέστη Θευδᾶς, λέγων εἶναί τινα D CE ἑαυτόν, ᾧ προσεχλίθη ἀνδρῶν ἀριθμὸς ὡς τετραχοσίων᾽ ὃς ἀνηρέθη, καὶ πάντας ὅσοι \
adjure les sanhédrites de réfléchir, de ne pas précipiter leur jugement. Son raisonnement est un dilemme : Si la religion de ces hommes est une doctrine purement humaine, elle se dissoudra d'elle-même; si elle vient de Dieu, c’est en vain que vous la combattrez. ἢ] prouve la première partie du dilemme par deux exemples d'entreprises messianiques avortées.
ἐπὶ τοῖς ἀνθρώποις τούτοις peut être uni à προσέχετε : prenez garde à ces hommes-là, quoique régulièrement il faudrait alors, ἀπὸ τῶν ἀνθρώπων. La Vulgate est favorable à ce sens : Attendite vobis super hominibus istis. Mais ces mots sont mieux rattachés à τί μέλλετε πράσσειν : prenez garde à ce que vous allez faire à l'égard de ces hommes-là ; ἐπὶ τοῖς ἀνθρώποις est mis en avant. προσέχετε τι ἐπί τινί est une forme commune, tandis qu'on ne trouve jamais προσέχειν ἑαυτῷ avec ἐπί. τι μέλλετε πράσσειν, quid acturi sitis. test ici pour le relatif ὃ τι, comme Ze. xvu, 8; Act. 1x, 6 et signifie : je vous avertis au sujet de ce que vous avez l'intention de faire; ou bien pour l’interrogatif : Qu’avezvous l'intention de faire? μέλλειν signifie être sur le point de, se préparer à; il est employé pour remplacer le futur des verbes : μέλλω ποιεῖν ou ποιήσειν, je vais faire ou je ferai. Il indique donc une action que l'on a l'intention de faire. Il est employé dans les Actes avec le présent de l'infinitif, excepté dans la phrase μέλλειν ἔσεσθαι, x1, 28.
ÿ 36) γάρ introduit le raisonnement de Gamaliel. πρὸ γὰρ τούτων τῶν ἡμερῶν : car avant ces jours-ci, c'est-à-dire ceux que nous vivons. ἡμέραι a ici un sens indéterminé d'années, d'époque; l'expression signifie donc : avant notre époque. La phrase est emphatique; Gamaliel en appelle au souvenir des sanhédrites et, pour appuyer son affirmation. il cite deux faits connus, ÿ 36, 37; ἀνέσθη : locution employée dans les Septante en parlant des juges, des rois, des prophètes. Θευδᾶς, Theodas, VIg. étymologiquement, Θεόδωρος, Θεόδοτος. Floriacensis ajoute quisdam après Theudas, leçon qui ne peut venir du discours de Gamaliel. Celui-ci et les sanhédrites connaissaient bien Theudas. λέγων εἶναί τινα ἑαυτον : Cf. Gal., 11, 6; vi, 8; JosèPHE, Ant. juives, XX, 5, 1 : προφήτης γὰρ ἔλεγεν εἶναι La construction classique serait εἶναί τις : quand le sujet de l’infinitif est identique au sujet de la proposition principale et qu'on veut le mettre en relief, on le met au nominatif; mais on a dans le N. T. des phrases analogues à celle des Actes : Ze. xx, 20; χχιπ, 2; Act., χχν, 4; Ap., τι, 2, etc. — εἶναι τινα ἑαυτόν : être soi-même quelqu'un, par conséquent: quelqu'un d’important. Cet emploi du pronom réfléchi viendrait-il du latin? Kaelker affirme que cet usage s’est introduit dans les écrits de Polybe sous l'influence du latin. τις a souvent cette force emphatique. Le codex de Bèze fait ressortir ce sens en ajoutant μέγαν; Floriacensis : dicens se esse magnum; Εἰ : τινὰ ἑαυτὸν μέγαν. Origène, Contra Celsum, 1, 57 : μέγαν τινὰ ἑαυτὸν λέγων. La Sahidiqne emploie le style direct : ᾿λέγων ὅτι ἐγώ εἰμι. Theudas, par ces paroles, affirme qu’il est le Messie, cf. Jn. vin, 24. λέγων εἶναί τινα: la position de τινα après εἶναι prouve qu’il est employé d’une façon dédaigneuse. Gamaliel exprime son dédain pour les prétentions de Theudas. & προσεχλίθη : aoriste passif pour l’aoriste moyen; προσχλίνω signifie transitivement appuyer contre ou sur, incliner vers; intransitivement et au moyen, pencher vers, du côté de. Le minuscule 13 et Chrysostome ont προρσεχολλήθη qui rend plus nettement l’idée : προσχολλάω, au passif, signifie être fortement attaché. ὃς ἀνηρέθη, qui fut tué de mort violente. Au lieu de ὃς ἀνηρέθη, etc., D a ὃς διελύθη αὐτὸς δι’ αὐτοῦ, ipse per se, καὶ πάντες ὅσοι ἐπίθοντο αὐτῷ, ἐπείθοντο, imparfait moyen de πείθομαι, se laisser persuader, se fier, croire à quelqu'un, obéir. D ἃ ἐπίθοντο, aor. 2 moyen. La description est faite par deux conjonctifs : ᾧ προσεχλίθη et ὃς ἀνηρέθη, employés à des cas différents, comme τι, 24; mnt, 3. διελύθησαν, dissoluti sunt : ici seulement, mais d'emploi classique. ἐγένοντο εἰς οὐδέν, employé aussi
de ces hommes-là. 36. Car, avant ces jours-ci, s’éleva Theudas, se disant être quelqu'un, et auquel se joignit un nombre d'environ quatre cents
ici seulement, mais se trouve dans les Septante. γίνομαι εἰς, expression classique, fréquente dans Luc et aussi dans les Septante. Cette construction implique une idée de développement ou de changement; cf. Le. xu1, 19; ὑπ. xvi, 20. Le raisonnement de Gamaliel n’était pas très probant. Si Theudas et Judas ont été mis à mort et leurs adhérents dispersés, la conclusion des sanhédrites devrait être : si nous tuons les apôtres, leurs disciples se disperseront,
Le récit que Luc met dans la bouche de Gamaliel sur la révolte de Theudas présente tout à la fois des ressemblances et des différences avec celui de Josèphe sur le même personnage. L’historien juif, An. juiv., XX, 5, 1, raconte qu’au temps où Fadus était procurateur de la Judée un certain magicien du nom de Theudas persuada à un peuple nombreux, τὸν πλεῖστον ὄχλον de le suivre à la rivière du Jourdain; car il disait qu'il était prophète, προφήτης γὰρ ἔλεγεν εἶναι et qu'il diviserait la rivière en deux et leur permettrait de la traverser facilement. Fadus envoya un régiment de cavalerie qui tua beaucoup d’entre eux et fit le reste prisonnier. Theudas fut pris vivant et décapité. Ge récit de Josèphe pourrait être rapproché de celui de Luc, n'était la question chronologique. Gamaliel déclare que Theudas s’est élevé avant leur époque; donc avant l’année 35-37, date probable du discours de Gamaliel. De plus, il dit qu'après lui s’est élevé Judas le Galiléen qui s’est élevé au temps du recensement, Or, ce recensement peut être celui qui eut lieu au temps de la naissance de Jésus, 4-6 avant J.-C. ou celui qui eut lieu vers l’an 6-7 après J.-C. D'après Origène, Contra Celsum, 1, 57, Theudas se serait révolté avant la naissance de Jésus : ὅτι Θευδᾶς πρὸ τῆς γενέσεως ᾿Ιησοῦ γέγονέ τις παρὰ ᾿Ιουδαίοις, μέγαν τινὰ ἑαυτὸν λέγων.
Or, d’après Josèphe, Theudas se serait révolté au temps du procurateur Cuspius
Fadus, vers l’an 44-46, donc longtemps après la révolte de Judas le Galiléen et non :
avant. Gamaliel qui parlait vers l’an 37 n’a pu mentionner cette révolte de Theudas. À première vue, il y a une contradiction irréductible au sujet de la date des deux récits. Zeller n’a pas hésité à déclarer que le discours de Gamaliel était dénué de toute valeur historique. Harnack a vu là une grosse erreur chronologique. Les exégètes ont présenté diverses hypothèses pour expliquer la divergence entre les deux historiens. La question ἃ été exposée dans toutes ses phases par W. Schmiedel : Theudas dans Encyclopaedia biblica, col. 5049, :
1. On a pensé que le Theudas des Actes n’était pas le même que celui de Josèphe. Si l'on examine les deux récits il semble bien qu’ils ne se réfèrent pas au même personnage, ni surtout au même événement. D’après Gamaliel la révolte de Theudas se serait éteinte d’elle-même, tandis que d’après Josèphe elle aurait été réprimée avec vigueur par le procurateur Fadus. Les insurgés étaient au nombre de 400 d’après les Actes; pour Josèphe, Theudas entraîna une grande multitude de peuple. Pour les Actes, la révolte de Judas le Galiléen eut lieu après celle de Theudas, tandis que, d’après Josèphe, elle eut lieu avant. Il est donc possible que le Theudas des Actes soit un de ces nombreux agitateurs qui jetèrent le trouble dans la Judée, lors de la mort d'Hérode. Josèphe en ἃ mentionné trois, mais il n’a pas nommé Theudas. Ce nom était assez commun chez les Juifs et il n’y a donc rien d’improbable que parmi tant d’insurgés il y en ait eu deux qui se soient appelés Theudas.
2. D'autres exégètes ont pensé que Josèphe a raconté cette révolte dont parle Gamaliel, mais qu’il a donné à son chef un autre nom que celui de Theudas. Ce nom est grec; le personnage avait peut-être un autre nom juif et c'est de ce nom que l'aurai appelé Josèphe. On a donc identifié Theudas avec Simon, un des révolutionnaires qui parurent au temps d'Hérode, Anr. juiv., XVIT, 10, 6; 6. υ. 11, 4, 2, On peut même trouver
ACTES DES APOTRES. ὁ 12
ni) > -»
2 À \ \ \ = NY ἀπώλετο, χαὶ πάντες ὅσοι ἐπείθοντο αὐτῷ διεσχορΊ πίσθησαν. 38. χαὶ τὰ νῦν λέγω ὑμῖν
des noms rapprochés : Theudas serait Theudion, frère de Doris, la première femme d'Hérode, lequel épousa Bérénice, la veuve d'Aristobule et se mêla à des complots contre Fr Ant, juiv., XVII, 4, 2. Ou bien Theudas serait à identifier avec Matthias, qui, vers la fin du règne d'Hérode, excita ses disciples à jeter à bas l'aigle d’or placé sur'la grande porte du Temple. Θευδᾶς, Θεοδᾶς est l'abréviation de Θεόδωρος; or, Θεόδωρος est la ain de l’hébreu Matthias, haie . Cette révolte dont fait mention Gamaliel serait donc une des révoltes que relate Josèphe, mais ne serait pas celle qui eut lieu sous Cuspius Fadus.
3. Quelques exégètes admettent que les deux récits visent le même personnage et le même événement, mais il n’est pas prouvé que ce soit Luc qui est en faute. Luc a
cf. Ramsay, Was Christ born at Bethleem, Ὁ. 252-260, ce que, il est vrai, contesté Schmiedel, Art. cit., col. 5051. Il n’en est pas de même de Josèphe qui se trompe quelquefois ; cf. Bezser, T'heol. Quart. 1896, p. 64. En chronologie spécialement il se montre, dit von Dobschütz, art. Josephus, dans Dictionary of the apostolie Church, 1915, p. 654, un guide très peu sûr; celui-ci donne de nombreux exemples de ses erreurs chronolo-
l'un de l’autre. Luc ἃ mentionné, x, 1, une révolte des Galiléens dont Josèphe ne parle pas, tandis qu’il raconte trois révoltes, arrivées au temps de Pilate et que Luc n’a pas mentionnées. Josèphe aurait donc commis une erreur en attribuant à Theudas la révolte qui a été réprimée par Fadus. Blass croit que le texte de Josèphe a été interpolé. Il n’aurait pas nommé le chef de la rébellion ou lui aurait donné un autre nom que celui de Theudas. Un copiste chrétien sous l'influence des Actes, v, 36, aurait corrigé le texte en y insérant le nom de Theudas.
4. D'après B. Weiss la référence serait une interpolätion rédactionnelle. D'après Krenkel, l'erreur serait le fait de Luc. Après avoir raconté la révolte de Theudas, Josèphe raconte que, bientôt après, les fils de Judas le Galiléen auraient été mis à mort. Luc a confondu les fils de Judas avec Judas lui-même. Racontant l’histoire de Judas le Galiléen, il l'a placée au temps du recensement exécuté par Quirinius, d'après Josèphe; donc vers l'an 6, 7 après J.-C. Mais ayant lu dans Josèphe qu'après la mort de Theudas les fils de Judas avaient été tués, en avait conclu, confondant les fils avec le père, que la révolte de Theudas avait eu lieu avant celle de Judas. C’est attribuer ἃ Luc une bien grande distraction. C’est en outre supposer que ce discours est entière- ment l'œuvre de Luc, car Gamaliel n’a pas pu commettre cette erreur. ᾿ Aucune de ces hypothèses ne nous paraît donner une solution satisfaisante de la difficulté, Le mieux sera d'accepter l'observation du P. Durand : « Dans le cas -d’une ξ contradiction irréductible, le croyant prendra le parti de la Bible, à moins qu’il ne τ préfère attendre de l’avenir la solution de la difficulté. L'histoire des découvertes mo-
dernes nous apprend que des objections réputées insolubles il y a cent ans, et hautement invoquées contre l'autorité du texte sacré, ont fini par tourner à sa justification. Demain, | peut-être, quelque document nouveau permettra d'accorder l’auteur des Actes, v, 36, 37, et l'historien Josèphe sur la question des soulèvements provoqués par Theudas et Judas le Galiléen. Mais, mettons les choses au pire, en supposant que les deux récits sont réellement incompatibles, pourquoi l'autorité de Josèphe l'emporterait-elle, sur l'autorité de 5. Luc »? Diction apol. de la foi catholique, art. Inerrance biblique, Hot LP COL 780.
g = γ ΄ \ } LAS 3 ! ε ἐπείθοντο αὐτῷ διελύθησαν χαὶ ΠΡ τὸ εἰς ne 87. μετὰ τοῦτον ἀνέστη [ούδας ὁ
en sa faveur qu’il est toujours exact dans ses indications historiques et géographiques,
giques. Pour la question de Theudas il croit que les deux historiens sont indépendants
hommes; il fut tué, et tous ceux qui lui obéissaient furent dispersés et devinrent à rien. 37. Après celui-ci s’éleva Judas le Galiléen, aux jours du recensement, et 1] entraina du peuple derrière lui; lui aussi périt et tous. ceux qui avaient été persuadés par lui (lui obéissaient) furent dispersés.
ÿ 37) ᾿Ιούδας ὁ Ταλιλαῖος : Josèphe l'appelle une fois ὁ Γαυλανίτης, χνπι, 1, 1, parce qu’il
était natif de Gamala, bourg de la basse Gaulanitide, à l’est du lac de Tibériade. Mais,
comme Luc, il l'appelle ordinairement 6 Γαλιλαῖος, Ant. Jud., XVIII, 1,6: 5,2; Guer. Juive, III, 17, 7, non pour le distinguer d'un autre révolté du nom de Judas, maïs parce que c'était son surnom, qui lui venait de ce que la Galilée avait été le théâtre de ses exploits. ἐν ταῖς ἡμέραις τῆς ἀπογραφῆς ; ce recensement est celui qui eut lieu en l'an 6, 7 après J.-C.
sous les: ordres de Sulpicius Quirinius, gouverneur de la Syrie, lorsque la Judée
devint partie intégrante de la province de Syrie et Coponius établi procurateur. Ge
recensement était fait en vue d’un impôt de capitation et c'est à cause de cet impôt :
qu’eut lieu la révolte de Judas. Payer un impôt à un pouvoir étranger, c'était violer la fidélité d'Israël à son Dieu. Le Juif n'a pas de Seigneur ou de Maître sinon Dieu. Josèphe, Ant. Jud., XVIII, 1, 6, expose la doctrine de Judas, qui, d’après lui, a fondé une quatrième secte chez les Juifs, à côté de celle des Pharisiens, des Sadducéens et des Esséniens. Oecumenius l’a reproduite en partie. En voici le résumé d’après une Scholie citée par Matheis, Actus apost., p. 312 : Οὗτος ἐδογμάτιζε μὴ δεῖν τινὰ λέγειν κύριον μηδὲ μέχρι στόματος μηδὲ χατά τινα τιμὴν καὶ φιλοφροσύνην, ἀλλὰ μηδὲ αὐτὸν τὸν χρατοῦντα, ὥστε πολλοὺς τῶν αὐτῷ πειθαργούντων μὴ ἀνεχομένους Καίσαρα κύριον εἰπεῖν πολλὰς τιμωρίας ὑπομεῖναι --ἀπέστησεν λαὸν ὀπίσω αὐτοῦ : ἀπέστησεν, aoriste indic. de ἀφίστημι, séparer, écarter, pousser à la révolte, employé ici seulement dans le N. T. au sens transitif. ἀπέστησεν indique un acte séditieux mais ἐπείθοντο suggère que c'était une agitation de fanatiques plutôt qu'une révolte militaire. Cette construction, ἀπέστησεν λαὸν ὀπίσω αὐτοῦ est prégnante, c'est-à-dire réunit deux idées : Judas éloigna, sépara le peuple [de l'autorité romaine]
et il l’attacha à son parti. Α λαόν, D e h w Gig. Par. Harkl. Pesch. ajoutent πολύν, EHP.
ὅδ, 614, ἱχανόν, pour indiquer l'étendue du soulèvement. ὀπίσω, toujours adverfbe chez les classiques, est employé ici comme préposition en imitation de l’hébreu “AN. ἀπώλετο, périt, aoriste 2 moyen de ἀπόλλυμι, être arraché, perdu, périr; πάντες ὅσοι ἐπείθοντο
αὐτῷ, tous ceux qui avaient été persuadés, s'étaient laissés persuader par lui, ou qui
lui obéissaient : πείθεσθ χί τινι signifie obéir à quelqu'un. Le consenserunt de la Vulgate se rapprocherait de ce second sens. διεσχορπίσθησαν : furent dissipés, dispersés : διασκορ-
πίζω, non classique, se trouve dans un texte du ive siècle avant J.-C., souvent dans
les Septante et dans la Didachè, 1x, 4.
On a accusé Luc d'inexactitude parce que le parti de Judas se reforma sous le nom de Zélotes et joua un rôle actif dans la dernière révolte des Juifs contre l'autorité romaine, mais le fait de la mort de Judas et de la dispersion de ses partisans est rap- - pelé ici pour établir ce que Gamaliel veut démontrer. Josèphe, il est vrai, ne mentionne ni la mort de Judas ni la dispersion de ses partisans. Wendt croit que Luce ἃ confondu ici Judas avec ses fils qui, effectivement, ont été mis à mort. Pour le récit de la révolte de Judas, cf. Saaizer Maruews, art, Judas the Galilaean dans Diction. of the apost. Church., t. 1, p. 657.
Ÿ 38) καὶ τὰ νῦν : τά, accusatif neutre absolu, et jam ad rem praesentem quod attinet, Bzeen, Il est joint à λέγω ὑμῖν. D'après Blass, καὶ τὰ νῦν doit être joint à ἀπόστητε : λέγω duiv est une enclave. ἀπόστητε, impératif aoriste 2 de ἀφίστημι, placer hors de : ἃ l'intransitif, être éloigné de, être séparé : desinite vexare, Bzass; ab eis abstinete, Brecex, ne vous mêlez pas de, καὶ ἄφετε, imp. aor. 2 de ἀφίημι, laisser aller; ne vous occupez plus
Ἂς ER
et
ms
ve D αὕτη ἢ τὸ ἔργον τοῦτο, “καταλυθήσεται᾽ 39. εἰ δὲ ἐχ Θεοῦ αὐτό, pm ποτε χαὶ θεομάχοι πος 0. ἐπείσθησαν δὲ αὐτῷ, χαὶ προσχαλεσάμενοι
d’eux, laissez-les libres de faire ce qu’ils veulent. Après αὐτούς D E ajoutent μὴ μιάναντες τὰς χεῖρας (E ἃ μολύναντες); Flor., non maculetis manus vestras; e, non coinquinantes manus. Il semble que nous avons ici un développement de l’idée : vous ne devez pas mettre à mort les apôtres afin de ne pas souiller vos mains. Floriacensis présente ainsi la
suite du discours. Quoniam si haec potestas humanae voluntatis est, dissolvetur virtus ejus. Si autem haec potestas ex Dei voluntate est, non potestis dissolvere illos. ὅτι ἐὰν ἢ : avec ἐάν le subjonctif présent exprime l'acte avec l’idée accessoire de durée et par suite de simultanéité de la condition avec l’acte qui en dépend; la condition ici est éventuelle ; l'événement montrera si elle est purement humaine. Dans le premier membre de phrase ἧ est au subjonctif avec ἐάν pour marquer que le résultat décidera de la nature de la condition; l'indication de la conclusion est le futur χαταλυθήσεται. Dans le second membre εἰ δὲ ἐκ Θεοῦ ἐστιν, le verbe est à l'indicatif pour marquer que la condition est certaine,
Gamaliel pose ici d’un côté l'incertitude des desseins humains et de l’autre la certitude de la volonté de Dieu; il applique ces principes généraux à la situation actuelle. βουλή ne signifie pas ici conseil, mais dessein, projet, plan. καταλυθήσεται : futur passif de χαταλύω, dissoudre, détruire renverser; le dessein de ces hommes sera renversé sans l'intervention des sanhédrites, s’il vient des hommes.
Ÿ 39) Au contraire, s’il vient de Dieu vous ne pourrez le détruire. Ainsi que nous venons de le dire, ἐστίν à l'indicatif indique que la deuxième alternative est certaine, tandis que le subjonctif dans la première indiquait qu’elle était seulement possible. On a supposé que Gamaliel, étant sympathique aux apôtres, a voulu indiquer par ce changement de temps que l’œuvre venait de Dieu : l'indicatif est affirmatif, tandis que le subjonctif est dubitatif. D’autres, ont attribué ce changement de temps à Luc qui ἃ marqué ainsi que le Sanhédrin avait à statuer sur l'affirmation positive des apôtres que leur œuvre venait de Dieu : ce conseil de Gamaliel rappelle une parole de Rabbi Jochanan, Pirgè Aboth, 1v, 41 : Toute association qui [se fait] au nom de Dieu se maintiendra définitivement [mais celle] qui n’est pas faite au nom de Dieu ne se maintiendra pas définitivement. — καταλῦσαι αὐτούς : ce verbe n’est pas uni d'ordinaire avec un nom de personne. L'idée de Gamaliel ressortirait mieux si on adoptait la. leçon xatadoat αὐτό, C*HP Vig. Clém. Sah. Boh. Peschitto, et non αὐτούς, αὶ ABC2DE, Vlo. (Amiat. F aid) Harkl. Arm. Eth. On détruit une œuvre et non des hommes; au ÿ précédent, il est parlé de l’œuvre, ἔργον, des apôtres qui sera détruite si elle est humaine; ἔργον étant le nom le plus proche, αὐτό doit s’y rapporter; αὐτούς représenterait une construction ad sensum. Le parallélisme et la grammaire demanderaient donc αὐτό, bien que cette leçon soit moins bien appuyée que αὐτούς.
Après αὐτούς Εἰ Gig. Wern. ajoutent οὔτε ὑμεῖς οὔτε οἱ ἄρχοντες ὑμῶν; D Flor. Harkl. (mg.) Demid. : οὔτε buis οὔτε βασιλεῖς οὔτε τύραννοι. D Harkl. (mg.) Flor. Demid. 33 (mg.) 180 ajoutent : ἀπέχεσθε οὖν ἀπὸ τῶν ἀνθώρπων τούτων; discedite ou abstinete vos ab hominibus istis. Ces additions paraissent être un développement explicatif. Mais si l’œuvre est de Dieu (si ce pouvoir vient de la volonté de Dieu ΕἸ.) vous ne pourrez les détruire, ni vous, ni les roi, ni les tyrans; tenez-vous donc éloignés de ces hommes, ‘ de peur que par hasard vous ne soyez trouvés ayant fait la guerre à Dieu.
μήποτε : ἄφετε αὐτούς sous-entendu; ne forte, de peur que jamais et avec 16 subjonctif, prenez garde que : le verbe marquant la crainte n’est pas exprimé, mais il est suggéré
ACTES DES APOTRES, V, 38-40. lol
38. Et maintenant, je vous le dis, écartez-vous (ne vous occupez plus) de ces hommes et laïssez-les, car si ce dessein (entreprise) ou cette œuvre vient des hommes, elle sera détruite, 39 maïs si elle vient de Dieu, vous ne pourrez l'abattre et prenez garde que vous ne soyez trouvés faisant la guerre: à Dieu. 40. Et ils se rangèrent à son avis, et ayant appelé les apôtres, après
par le contexte. μήποτε χαί, prenez garde qu'aussi ou mieux en rapportant xal à θεομάχοι, prenez garde que vous soyez non seulement ennemis des hommes, mais aussi de Dieu. καί est omis par D Pesch. Harkl. θεομάχοι, combattant contre Dieu. Ce terme est employé ici pour la première fois; il se trouve dans la version de Symmaque, Job., xxvI, 5; Prop. 1x, 18 et dans Vettius Valens, πὸ siècle après J.-C. θεομαχεῖν et θεομαχία sont classiques.
Ce dilemme de Gamaliel ne répond pas cependant à la réalité des événements de chaque jour; il n’est vrai qu'à un point de vue général. Il est certain que la vérité triomphera en définitive de l'erreur, mais dans le cours ordinaire de la vie l’iniquité est souvent prospère. Le succès d’une œuvre n’est donc pas une preuve certaine pour le moment que cette œuvre est de Dieu, ou l’insuccès, qu’elle est des hommes.
Ce discours de Gamaliel porte tous les caractères de l’authenticité et de la véracité historique; il répond bien à la situation. Les sanhédrites ont cité les apôtres devant leur tribunal pour juger leur propagande au nom de Jésus; 115 doivent donc se poser tout d’abord la question : cette œuvre des apôtres vient-elle des hommes ou de Dieu ? et répondre comme Gamaliel : si elle vient des hommes, elle périra d'elle-même et nous n'avons pas à nous en occuper; si elle vient de Dieu, nous ne pouvons la détruire, et même nous serions ennemis de Dieu si nous essayions de la détruire.
Ge discours répond bien au caractère de Gamaliel qui nous est représenté comme un homme tolérant, de tendances larges et libérales, porté aux décisions raisonnables et humaines. Ce n’est pas par sympathie pour les apôtres que Gamaliel ἃ émis cet avis, mais par prudence; son conseil est dicté par le bon sens. La tradition qui rapporte que Gamaliel était chrétien n’a aucune base historique. Le Talmud qui tient Gamaliel en honneur a toujours vu en lui un juif sincère. C’est bien à tort aussi qu’on l'a accusé d'être un politique rusé, un homme «cynique qui affectait cette largeur d'esprit parce que les apôtres enseignaient la résurrection des morts, doctrine qu'il acceptait comme Pharisien, mais qui était abhorrée des Sadducéens.
Wendt dénie toute authenticité à ce discours de Gamaliel, maïs croit qu’il a pour base une sentence de la sagesse rabbinique que Luc met dans la bouche de Gamaliel, parce qu'il avait appris par la tradition que celui-ci avait parlé en faveur des chrétiens dans le procès devant le Sanhédrin, Luc aurait donc composé ce discours sur cette donnée. — Ceci n’est qu'une suppasition.
Ÿ 40) ἐπείσθησαν δὲ αὐτῷ ; aoriste 2 moyen de πείθω, persuader, convaincre; au moyen, se laisser persuader, obéir à quelqu'un, se fier à, croire à; les sanhédrites crurent en lui, ajoutèrent foi à lui et non à ce qu'il disait, car avec πείθομαι le nom de la chose crue se met à l’accusatif. On peut supposer que les Pharisiens qui, dans le Sanhédrin, étaient supérieurs en nombre aux Sadducéens, se rangeant à l'avis de leur coréligionnaire, entraînèrent l’assentiment de leurs collègues.
Belser fait remarquer que le Sanhédrin, cour réunie pour juger des crimes contre la Loi, a été sur le point de condamner les apôtres à mort, Υ 33, et cela sans l’autorisation du procurateur. Le Sanhédrin avait donc une certaine indépendance dans les affaires de justice criminelle. Mais est-il bien certain que le Υ 88 fait allusion à une condamnation légale? N'avons-nous pas ici la même situation que dans le procès d'Etienne ?
‘482: ACTES DES es à v, 40-42.
Fe ὄνομα désigne aussi le nom par excellence,?celui de Jésus. Ὡς IGNacE, Eph. πὶ, 1; ς ὙΠ; 4; Philad. x, 1. ὄνομα désigne la personne : Act. 1, 15; τι, 4, etc. Ienace, Rom.
ἔα DRE) Ξ τοὺς ἀποστόλους, δείραντες πᾶρ ἤτον μιὴ λαλεῖν ἐπὶ τῷ ὀνόματι τοῦ Τησοῦ, χαὶ
RTE L é x 3, 3 ἐ ΩΝ el ἀπέλυσαν. M. οἱ μὲν οὖν ἐπορθύοντο χαίροντες ἀπὸ προσώπου τοῦ συνεδρίου, ὅτι f τ
rare Ξιώθησαν ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος ἀτιμασθῆναι, #2. τ ον Te ἡμέραν ἐν τῷ ἱερῷ. καὶ
δείραντες, aoriste de δέρω, écorcher, battre jusqu’à écorcher; δέρω n'indique pas nécessairement la flagellation ; il s'applique aussi au châtiment par les verges infligé par les licteurs, xvi, 37. Bien que la bastonnade fût le châtiment employé autrefois chez les Juifs, il est probable que les apôtres furent soumis à la flagellation, le supplice employé d'ordinaire dans les synagogues. Les apôtres furent flagellés parce qu'ils avaient enfreint la défense qui leur avait été faite de prêcher au nom de Jésus. Les sanhédrites ne se rendent pas compte qu'infliger aux apôtres le supplice de la flagel-
lation, c’est prononcer un jugement, donc faire la guerre à Dieu, mais ils veulent punir
la désobéissance à leurs ordres. Le châtiment eut lieu séance tenante, puis les sanhédrites, après avoir renouvelé leur défense de parler en s'appuyant sur le nom de Jésus, relâchèrent les apôtres. La prédication apostolique se reportait à Jésus comme
l'auteur original de la doctrine.
La Vulgate insiste sur la défense faite aux apôtres : caesis denuntiaverunt ne omnino loquerentur; les majuscules Ee Gig. Lucif. complètent la défense de parler en ajoutant τινι; il leur est défendu de parler au nom de Jésus à qui que ce soit.
Υ 41) οἱ μὲν οὖν : comme assez souvent, μέν n’a pas son conséquent δέ; il sert de conclusion. En conséquence de leur élargissement les apôtres s’en allaient. Dd 614 Harkl, ajoutent ἀποστόλοι; Flor. ajoute dimissi. ἐπορεύοντο : πορεύω au moyen signifie
aller, marcher. Imperfectum quia describitur modus, Brass. χαίροντες, le participe
présent marque la durée de la joie des apôtres. ἀπὸ προσώπου τοῦ συνεδρίου : expression hébraïque; cf. Nomb. xx, 6 : ἀπὸ προσώπου τῆς συναγωγῆς et Act. 11, 19. ὅτι donne la raison de la joie des apôtres. — χατηξιώθησαν... ἀτιμασθῆναι : oxymoron — union de termes qui paraissent s’exclure — littéralement : ils avaient été jugés dignes d’être déshonorés pour le nom. La flagellation était tenue pour déshonorante chez les Juifs : τιμωρία alsylorn, le châtiment le plus infamant, dit Josèphe. χατηξιώθησαν ἀτιμασθῆναι, locution chrétienne cf. Philip. τ, 29; IT Cor. χι, 24.
Les apôtres obéissent à l’ordre de leur Maître de se réjouir quand ils seront persécutés à cause de lui, Mt. v, 41, 12. ὑπὲρ τοῦ ὀνόματος : ὑπέρ, pour, dans l'intérêt de;
τοῦ ὀνόματος : dans "Δ. Τὶ où désignait déjà le nom par excellence, celui de Yahveh,
Léo. xxiv, 11; en hébreu rabbinique, le nom, sans autre addition, est un Peu très usité pour désigner Dieu, dont on évitait de prononcer le nom propre. Dans le N. T.
x, 1; Smyr. xt, 2. Après τοῦ ὀνομάτος E 58 614 Pesch. ont ajouté τοῦ Κυρίου ᾿Ιησοῦ; Gig. Floriacensis, Vie. Jesu. On ne peut donc affirmer, comme Loisy : « L'emploi absolu du mot est significatif, parce qu'il montre La no qui s'attache au nom comme tel, à la valeur mystique du nom comme forme ou double de la personnalité. »
Le don du Saint-Esprit a transformé 16 cœur des apôtres : Apparet maxima apostolorum perfectio et tam ingens mutatio ut gauderent se contumeliose caesos, Cayerax.
* 42) Brève description de l’état des choses à la suite des événements racontés. πᾶσαν ἡμέραν équivaut à χατὰ πᾶσαν ἡμέραν, accusatif de ‘durée, marquée encore par l’im-
| parfait; re joint ἐπαύοντο à ce qui précède; οὐκ ἐπαύοντο spécifie que les apôtres conti-
nuaient leur prédication malgré les menaces et les défenses du Sanhédrin. Le conseil
[les] as avoir fait Battre de verges, ils leur défendirent de parler au nom de
Jésus et ils [les] relâchèrent. #1. Ceux-ci donc s’en allaient ; joyeux de devant le Sanhédrin parce qu'ils avaient été jugés dignes d’être outragés à cause du nom [de Jésus]. 42. Et chaque jour, dans le Temple et dans (à travers) les maisons ils ne cessaient d'enseigner et de prêcher le Christ Jésus.
de Gamaliel produisait son effet et le chef de la garde du Temple n’empêchait plus les apôtres de parler au portique de Salomon. ἐν τῷ ἱερῷ χαὶ κατ᾽ οἴχον ; ils enseignaient donc dans le Temple, par conséquent publiquement et dans chaque maison où se tenaient les assemblées des fidèles; χατά est pris au sens distributif, de maïson en maison. διδάσχοντες χαὶ εὐαγγελιζόμενοι : comme complément du verbe intransitif, παύεσθαι, le grec emploie le participe et non l’infinitif; les participes, au nominatif, peuvent être considérés comme les sujets du verbe et employés au présent marquent aussi la
continuité de la prédication des apôtres. διδάσχοντες καὶ εὐαγγελιζόμενοι : καὶ est épexé-
gétique et marque en quoi consistait surtout l’enseignement des apôtres; ils annonçaient que Jésus était le Messie. Χριστόν, placé avant ᾿Τησοῦν, appelle l'attention sur
l’idée de Messie; la lue apostolique portait tout entière sur ce point : Jésus est
le Messie.
Remarquons que Les autorités textuelles divergent sur ce passage du texte : Ν᾿ AB 614 Philox. ont τὸν Χριστὸν ᾿ωσοῦν; HP, Ἰησοῦν τὸν Χριστόν; Dd Pesch. Sahid. Flor. Gig., τὸν Κύριον Ἰησοῦν Χριστόν; C, τὸν Κύριον ᾿Ιησοῦν; Irénée, Christum Jesum filium Dei.
5e SECTION, vi, 1-7 : ÉLECTION DES SEPT.
. ᾿ Η . 5 Aie ie 4 , Comme introduction à l’histoire d'Etienne, Luc raconte comment celui-ci fut élevé avec six compagnons à la dignité de collaborateurs des apôtres. Les événements ont
dû se passer quelque temps après ce qui est raconté précédemment, probablement
l’année suivante. Le murmure des Hellénistes s'explique par le fait de l'accroissement
du nombre des fidèles et, par conséquent, de ceux qui étaient assistés. Les Juifs
hellénistes avaient été les premiers convertis, u, 40, et il est probable que la communaüté primitive en contenait autant que de Juifs, natifs de Jérusalem.
Loisy croit que le froissement survenu entre Hébreux et Hellénistes à propos des repas en commun fut seulement l’occasion du choix des Sept. D’après lui, les faits
n'ont pas été présentés par les Actes dans leur vérité historique. En réalité, dès que les croyants hellénistes ont été assez nombreux, la séparation d’avec les croyants hébreux s’est faite d'elle-même. II y eut donc d’un côté le groupe hébreu ayant à sa tête les apôtres, et de l’autre, le groupe helléniste dont les sept étaient les chefs. C'est la raison pour laquelle les sept hommes présentés sont tous des hellénistes. Si la présentation n'était pas le fait du seul groupe helléniste, on ne voit pas pourquoi les Hébreux ne seraient pas représentés dans ce comité des Sept. Qu'il y ait eu deux groupes de croyants, cela ressort de ce fait que les Hellénistes seuls ont été persécutés après le martyre d’Étienne, tandis que les Hébreux représentés par les apôtres restèrent tranquillement à Jérusalem.
Tout ceci est pure conjecture, car nous ne voyons nulle part mention de l'existence de ces deux groupes. Qu'il y ait eu des fidèles ayant des vues plus larges les uns que * les autres sur la prédication aux païens de la foi en Jésus-Christ, sur l'admission des païens dans la communauté chrétienne, cela ressort des textes, mais ceux-ci ne nous disent pas que ces fidèles ayant des vues différentes se sont séparés en deux groupes. L'union, au contraire, est trop étroite entre les apôtres et les Hellénistes propagateur 5 de l'Évangile pour qu'on suppose une séparation quelconque.