‹ Les Actes des ApôtresChapitre 198 sur 358 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

vi, 1. Or, en ces jours-là, les disciples se multipliant, il y eut un murmure des Hellénistes contre les Hébreux, sur ce que leurs veuves étaient né-

langage. L’‘E6oatos, c’est donc, d’une manière générale, le Juif, né en Palestine et parlant l’araméen ; 1᾿ Ἑλληνιστής, c’est le Juif, né en des contrées étrangères ou y ayant résidé et parlant le grec. Ce ne peut être un chrétien, converti du paganisme, car la foi chrétienne n'avait pas encore été prêchée aux païens. Ce pouvait être des prosélytes juifs, païens, agrégés au judaïsme par la circoncision.

πρὸς τοὺς ‘Ebpaiou, contre les Hébreux, quoique πρός ne signifie pas nécessairement « contre »; le sens est déterminé par γογγυσμός. παρεθεωροῦντο : παραθεωρῶ signifie d’abord regarder auprès, comparer, d’après παρά, auprès, puis, traiter en passant, négliger, omettre, laisser de côté, d’après παρά, en outre, hors de. Ce terme, employé par Démosthène pour l’attique παρορᾶν, est ici seulement dans le N. T. L'imparfait indique que la négligence des Hébreux existait déjà depuis quelque temps et était habituelle. Les veuves hellénistes étaient moins libéralement traitées dans la distribution de la nourriture et des vêtements que les veuves hébraïques. On ne voit pas très bien comment les choses auraient pu se passer à moins de supposer que les veuves qui servaient les tables des hellénistes n'avaient pas reçu ce qui était nécessaire po ce service. Mais cette interprétation ne s'adapte pas au texte.

ἐν τῇ διαχονίᾳ, dans le service, dans le secours, aumônes; il est plusieurs fois employé dans ce sens, dans le N. T., Act. x1, 29; 11 Cor. 1x, 12, etc. Cf. ÿ 2. καθημερινῇ, quotidien; ici seulement dans le N. T., n’est pas classique, mais a été fréquemment employé par les écrivains médicaux. Il se trouve aussi dans Plutarque, Théophraste, Josèphe.

αἱ χῆραι αὐτῶν. La veuve, en Orient, n'ayant pas de protecteur mâle, était dans une condition pitoyable. Elle était déjà spécialement secourue par des ordonnances mosaïques. Les chrétiens durent s'occuper aussi des veuves, cf. 1x, 39, 41; I T'm. v, 3; Jeq. 1, 27, et probablement dresser une liste des personnes qui avaient à recevoir des secours. Il est possible qu'étant étrangères ces veuves aient pu être moins connues des serviteurs qui s'occupaient des pauvres. Cependant, comme il s’agit surtout du service des tables, Ÿ 2, qui était commun, on peut se demander si ce n’était pas de parti pris qu’elles étaient négligées. Les apôtres avaient dû se faire aider dans la distribution des aumônes, dans le service des tables par des membres de l’église, lesquels devaient être des Hébreux, mieux connus des apôtres que les Hellénistes. Mais ce service était-il déjà d'ordre régulier? Ces plaintes des veuves hellénistes étaient justifiées, ainsi qu’il appert du ÿ 2 s. Cependant ce murmure n’était pas contre les apôtres mais contre les Hébreux en général.

Après ai χῆραι αὐτῶν le codex de Bèze ajoute ἐν τῇ διαχονίᾳ τῶν ἹἙδραίων. Le Floriacensis est plus précis : facta est contentio Graecorum adversus Ebreos, eo quod in cotidiano ministerio viduae Graecorum a ministris Hebraeorum despicerentur, Cette leçon ferait supposer qu’il y avait déjà des ministres (diacres) hébreux, supposition qui est corroborée par le fait que les sept hommes choisis, nommés ÿ 5, sont probablement tous des chrétiens hellénistes, si l'on en juge par leurs noms qui sont grecs. Cf. Bezser, Beiträge zur Erklärung der Apostelgeschichte, p. 29. Cette preuve est insuffisante, car les Juifs avaient l'habitude de prendre des noms grecs. Philippe, Didyme, André, Marc, portant des noms grecs ou latins, n'étaient pas hellénistes. Mais si les apôtres avaient déjà établi des diacres hébreux, pourquoi les Actes n’en ont-ils pas parlé puisqu'ils racontent l'élection des diacres hellénistes ? II semble bien que nous avons là un rouage nouveau dans l'administration de la communauté. Antérieurement, il peut y

, - x fou αὐτῶν. 2. προσχαλεσάᾶμιενοι δὲ à

» Mis ds Le Sn RE

avoir eu simplement des serviteurs subalternes, ministri, Flor. employés par les apôtres pour les besognes matérielles, et il est possible que ces serviteurs, débordés par le nombre des chrétiens toujours croissant, se.soient occupés davantage de leurs compatriotes, et cela, d'autant plus qu’ils ne comprenaient pas la langue des veuves hellénistes. N'oublions pas non plus que le Juif, né dans la Terre sainte, tenait en moindre estime le Juif, né en terre étrangère. Le Galiléen, bien que né en Palestine, était déjà regardé de haut par le Hiérosolymitain, parce que son pays et sa langue © étaient regardés comme mêlés d'éléments étrangers.

ὃ La situation, que nous présentent les Actes, s’explique par le fait de Paccroïssement du nombre des disciples qui ne permet pas aux apôtres de donner tous leurs soins aux détails matériels, comme ils le font pour les intérêts spirituels de la communauté. Il n’en faudrait pas conclure que les apôtres s’occupaient du service des tables. Ils ont voulu dire, ÿ 2, qu'ils ne devaient pas abandonner leur fonction principale, I Cor. τ,

. 47, qui était la prière et la prédication, pour se consacrer à des travaux matériels.

Ÿ 2. προσχαλεσάμενοι : participe aoriste moyen, placé en tête de la phrase pour indiquer l'importance de cet appel des apôtres. προσχαλέω, mander en outre; au moyen, appeler à soi, faire venir. Les apôtres ont reconnu le bien-fondé des plaintes des Hellénistes et, afin de porter remède-au mal, ils convoquent Fassemblée des disciples, probablement au Portique de Salomon, qui leur était toujours ouvert, ν, 12, et paraît être leur lieu de réunion. ot δώδεκα : fréquemment employé dans les évangiles pour désigner les apôtres choisis par le Seigneur au nombre de douze; ici seulement dans [68 Actes (1, 26; tr, 14, οἱ ἔνδεχα), 1 fois dans Paul. Ailleurs, les Actes emploient οἱ ἀπόστολοι; aurions-nous ici une source particulière ?

τὸ πλῆθος : la foule, la multitude; ici, l’ensemble de la communauté chrétienne. Deissmann fait observer, Neue Bibel-Studien, Ὁ. 59, s., que ce terme ἃ un sens technique dans l'usage des assemblées religieuses ; il désigne les associés dans leur totalité, la communauté, la congrégation; cf. xv, 30 où il n’est pas suivi de τῶν μαθητῶν. On ἃ supposé du fait de cette convocation de la communauté que la constitution de l'Église était démocratique en ces premiers temps; mais il en ressort, au contraire, que le pouvoir de commander appartenait en dernier ressort aux apôtres qui, 5115 laissent aux fidèles le choix des Sept, afin que tous soient satisfaits, se rés ervent cependant le droit de leur conférer le pouvoir de leur ministère.

Οὐχ ἀρεστόν ἐστιν ἡμᾶς : non est aequum nos, Vlg., qui ne rend pas le sens ordinaire de ἀρεστός, qui plaît, agréable, comme dans Act. χη, 3. Gigas et ἃ ont placet; e p est placitum. Au lieu de ἡμᾶς D ἃ ἡμῖν et Flor. nobis : donc, ïl ne nous plaît pas, il ne nous est pas agréable, ce qui répond mieux à la signification de ἀρεστός. Dans Jean, vint, 29; 1 Jn. ur, 22, ἀρεστός se rapporte à Dieu — καταλείψαντας, forme hellénistique de l’aoriste de χαταλείπω; les Attiques préféraient l’aor. 2, καταλίποντας, BLass, Gram. 43; . Rapermacner, p. 75. L’aoriste est employé ici au lieu du présent Dour indiquer que Ἢ déjà les τσ s'étaient adonnés au service de la parole plutôt qu'à celui des tables. ο΄ -- τὸν λόγον τοῦ Θεοῦ, la parole de Dieu, c’est-à-dire la prédication de l'Évangile que leur avait ordonnée leur Maître, Mr. xxvrr, 19; Me. xvr, 15; Act., τ, 8.

διαχονεῖν, terme employé pour marquer le service d'un homme envers un homme, 1.6. vi, 3; x, 40, aussi bien que le service d'un homme envers Dieu. Dans les Actes et les épitres, il est employé surtout pour indiquer les ministères spirituels. διακονεῖν τραπέζαις : terme technique pour signifier le service des veuves qui consistait surtout dans la nourriture quotidienne. Les apôtres ne refusent pas de se livrer au service

eligées dla le service de on. jour. 2. ne les Douze, ayant convoqué la multitude des disciples, dirent : Il ne nous est pas agréable (il n’est pas convenable) d'abandonner la parole de Dieu pour servir aux tables.

des tables, mais ils font remarquer que ne pouvant s'acquitter tout à la fois du service de la parole et de celui des tables, il ne leur convient pas d'abandonner le premier pour le second, ce qui est 16 plus nécessaire pour ce qui l’est moins. Les apôtres, en effet, ne cessaient pas d'enseigner et d'annoncer dans le Temple et dans chaque

maison le Christ Jésus, v, 42. Ces paroles des apôtres ne veulent donc pas dire que

les apôtres s’acquittaient auparavant de ce ministère des tables. « Putandum non est

apostolos mensis ministrasse, neque tunc de hoc actum esse ut ipsi hoc munus sibi sumerent, sed ita loquuti sunt sicut loqui mos est, quum negare volumus nostrarum

esse partium ut certa quadam de re curam adhibeamus, et méinistrare mensis dixerunt pro cogitare de iis quae ad huiusmodi ministerium pertinent. » Parrizzi; c’est aussi.

ACTES DES Arornxs, vi, a Ne D ren

l'opinion de Felten, Belser, Wendt. Les apôtres recevaient l'argent, mais l'emploi de

l'argent pour les achats, l'administration étaient confiés à d’autres.

διαχογνεῖν τραπέζαις : locutio aliquam indignitatem exprimit, antitheton : ministerium

verbi, BENGEL. τραπέζα a divers sens : table à manger, repas, table ou comptoir des changeurs. Est-ce dans ce dernier sens qu’il est employé ici, comme dans M, xv, 27; xx1, 12; etc. en supposant que les τραπέζαι étaient les tables, où lon distribuait des aumônes en argent aux pauvres de la communauté, ou bien les apôtres font-ils allusion aux repas communs des chrétiens? Le fait que ce service était quotidien indique ce dernier sens. Les agapes, d'après Lietzmann, Exc. 1 sur 1 Cor. ΧΙ, 21, comportaient le partage de la nourriture, maïs aussi une distribution d’aumônes.

ÿ 3. En tête de la phrase, le codex de Bèze place cette interrogation : τί οὖν ἐστιν, ἀδελφοί ; et le Floriacensis : Quid est ergo, fratres? Qu'y at-il donc [à faire] frères?

Cette interrogation est destinée à enchaîner les deux membres de ‘phrase, remplacée

dans les autres témoins par δέ, δή, οὖν.

L'élection des Sept va se füre comme avait lieu dans l’Église primitive l’établisse-

ment des ministres sacrés : la désignation des sujets était faite par les fidèles et l'in-

vestiture était conférée par l’apôtre, l’évêque ou le corps presbytéral 4 μὰν τς les mains à l'élu pour lui transmettre les pouvoirs de sa fonction, I Tim. 1v, 14; v, 22; ὦ Tim. 1, 6. Il Cor. vin, 19: Did. xv, 1; Icnacr, Philad. x, 1; Smyrn. Ὁ 2; Polyc.

, 2. Cf. Bariror, La None primitive, dans Études he ὦ ét de théologie

ue 4902, p. 225-275.

ἐπισχέψασθε dé : ἐπισχέπτοραι signifie visiter, inspecter, examiner avec attention pour

faire un choix, jeter les yeux sur pour choisir. Cf. xv, 14. Il est employé ici seulement dans ce sens. La Vulgate l'a traduit par considerate, d, prospicite, Gigas, Origène, eligite. Au lieu de δέ, NBA a δή et CEHP ont οὖν, la Vulgate vero. δέ ἃ le sens

adversatif : Puisqu’il ne nous est pas agréable à nous apôtres de laisser la parole de

Dieu, pour le service des tables, vous, frères, choisissez sept hommes pour ce service. Δή et οὖν marquent un commandement ou une exhortation. μαρτυρουμένους, boni testimonii, Vlg ; bonum testimonium habentes, p t; testificationem

habentes, e; probatos, h; expression prégnante attestant que ces sept hommes sont

garantis et éprouvés. μαρτυρέω, rendre témoignage; au moyen, sur lesquels on a rendu témoignage. De soi μαρτυρεῖσθαι n'implique pas que le témoignage est bon; c’est le Contexte qui spécifie sa qualité. Il peut être mauvais, Mi. xxxu, 31; /n. χνπὶ, 23.

On a fait plusieurs conjectures pour expliquer le choix de ce nombre sept. En voici quelques-unes : Sept était un nombre sacré chez les Juifs, Gen. xx1, 28; Ex. xxxvu, 23; il y avait Sept dons du Saint-Esprit, fsaie, xt, 2; sept anges rés idaicnt devant le

υἱῶν μαρτυρουμένους ἑπτὰ TA χαὶ σοφίας, οὃς χαταστήσομεν ἐπὶ τῆς χρείας ταύτης᾽ L. ue \

trône de Dieu, Apoc. 1, &. Ce nombre répondait aux sept quartiers de la Jérusalem de l'époque; ou bien il y avait sept communautés de fidèles ou sept maisons où se tenaient les repas en commun. Il dérivait de l’usage romain des septemviri epulones, Ramsay, Paul, p. 375. On a cherché des emplois analogues chez les Juifs. On ἃ assimilé les diacres au Chazzan de la synagogue, mais il n’y avait qu'un serviteur de la synagogue et son emploi était restreint à la synagogue. On a pensé aussi aux tsedakah gibae, mais ceux-ci étaient des collecteurs d’aumônes et non des distributeurs. Enfin, Wendt, Zahn ont pensé que ces sept hommes ont été.choïisis en imitation des autorités locales qui se composaient de sept membres, Josèpae. Ant. jud., IV, 8, 16; Scuürer, Gesch. des jüd. Volkes, II, Ὁ. 225.

Quel rapport y a-t-il entre les sept hommes choisis, que le texte des Actes ne qualifie jamais de διάκονοι et Les διάχονοι que nous voyons mentionnés dans la littérature chrétienne primitive? Les Sept représentaient-ils.les premiers diacres au sens technique du terme, et doivent-ils être identifiés avec les diacres que nous retrouvons dans l'histoire de l'Église? Les Pères l'ont cru. Irénée affirme, adv. Haer. τι, 2, 10; 1v, 45, 1, qu'Étienne a été élu diacre par les apôtres et πι, 12, 10, que Nicolas a été un de ceux qui, les premiers, ont été appelés au diaconat. D’après Clément Romain, 42, les

diacres ont été établis par les apôtres; cf. CyPRIEN, Æpist. 8, 3. Nous trouvons dès .

l’origine la mention des diacres dans les épiîtres pauliniennes, Philip. τ, 1; 1 Tim. ΠΙ, 8 ss., peut-être Col. 1v, 17; dans les premiers écrits chrétiens, Did. xv, 1; IenAcE, ad Polyc. 8; ad Magn. 2, 6; ad Trall. 2; ad Philip. 5; Jusrin, 1 Apol. 65, 5; 67, 5, etc. Ces diacres semblent bien être les successeurs des Sept établis ipar les apôtres pour le service des tables, pour la distribution des aumônes, pour les aider d’abord dans le service matériel. De même, les diacres ci-dessus mentionnés donnaient l’eucharistie aux fidèles, la portaient aux absents, distribuaient des aumônes aux indigents, en un mot, étaient le bras droit des évêques. — Primitivement et encore au milieu du mme siècle, le nombre des diacres était, à Rome, limité à sept en souvenir des Sept; il en était de même dans les grandes églises.

Il est difficile de croire que Luc n'ait parlé dans son récit que d’une institution temporaire. Il raconte en détail l’histoire de cette nouvelle organisation, il insiste sur les causes de son origine, sur la manière dont elle a été formée, sur les hommes qui devaient être choisis pour la composer, sur les qualités qu'ils devaient posséder, bref, tout concourt à indiquer un office nouveau et permanent dans l'Église chrétienne. Enfin, si ces Sept ne sont pas appelés διάκονοι dans ce récit, Luc définit leur emploi par les termes διαχονία et διαχονεῖν, qui sont étroitement apparentés à celui-ci. Saint Chrysostome, Hom. XIV, ne paraît pas être certain de cette identification des Sept avec les diacres de la première littérature chrétienne. Il semble toutefois ressortir de ses paroles que si on ne leur donnait pas le nom de diacres, on leur confia néanmoins des fonctions saintes : Ὁποῖον δὲ ἄρα ἀξίωμα εἴχον οὗτοι χαὶ ποίαν ἐδέξαντο χειροτονίαν, ἀναγχαῖον μαθεῖν. Ἄρα τὴν τῶν διακόνων ; καὶ μὴν τοῦτο ἐν ταῖς ἐχχλησίαις οὐχ ἔστιν, ἀλλὰ τῶν πρεσόυτέρων ἐστὶν ἣ οἰχονυμία" καίτοι οὐδέπω οὐδεὶς ἐπίσκοπος ἦν, ἀλλ᾽ οἱ ἀπόστολοι μόνον. Ὅθεν οὔτε διαχόνων, οὔτε πρεσδυτέρων οἴμαι τὸ ὄνομα εἶναι δῆλον χαὶ φανερόν" ἀλλὰ τέως εἰς τοῦτο ἐχειροτονήθησαν. saint Chrysostome fait observer seulement que le nom de diacre n’était pas encore admis, mais que l’ordination des Sept avait eu lieu pour produire un effet essentiel et cet effet était de les investir des fonctions saintes.

À la suite de Vitringa, de Synag. 1m, 2, 5, plusieurs exégètes ont soutenu que les Sept n'étaient pas les diacres au sens technique du terme. Voici leurs principaux arguments : 1) Les Sept ne sont pas appelés διάκονοι et ce terme n'est dans aucun

3. Cherchez donc, frères, sept hommes d’entre vous qui aient un bon témoignage (une bonne réputation), remplis d’Esprit et de sagesse et que nous constituerons pour cet emploi (ce besoin). ἐν. Mais, pour nous, nous conti-

passage des Actes. 2) Les Sept ont été établis d’abord pour suppléer les apôtres dans l’administration temporelle de la communauté, puis en même temps ils les suppléaient dans leurs fonctions spirituelles; ils sont donc rangés à côté des apôtres. Aussi Étienne et Philippe sont, après leur ordination, désignés comme remarquables par leur ministère de la parole. Philippe fait l'office d'évangéliste vu, 12; c’est même ce titre qui lui est donné, xx1, 8. 3) L'office des Sept fut de courte durée; le martyre d'Étienne et la persécution qui le suivit y mirent un terme. Il n’est plus ensuite question de cet office; à leur place nous rencontrons les πρεσδύτεροι. Lorsque Paul et Barnabé apportèrent à Jérusalem les aumônes de la communauté d’Antioche, ils les remirent aux πρεσδύτεροι, x1, 30, et non aux διάχονοι; c'est donc les premiers qui tenaient maintenant la charge de distribuer les aumônes.

L'office des Sept a donc été unique, comme l’a été celui des Douze; de même que pour ceux-ci, on les a énumérés par leur nom. Quoique uniques, les Sept, comme les Douze, ont eu dans la suite des ministres chargés du même office qu'eux. Les diacres ont été les successeurs des Sept, comme les évêques ont été les successeurs des apôtres. ts

Ces arguments n'infirment pas ceux que nous avons donnés plus haut, et qui établissent que les sept hommes sur lesquels les apôtres ont appelé l'Esprit-Saint sont les premiers diacres, dont les fonctions se sont perpétuées dans l’Église chrétienne.

πλήρεις Πνεύματος : bien que les Mss. Ν᾿ B C2D 614 180 Vlg (Am. Fuld. Lux.) Harkl. Chrysostome omettent &ylov, il est certainement question du Saint-Esprit. Les Mss. AC*E 58 Vlg Clém., ajoutent ἁγίου --- μαρτυρουμένους est au sens laudatif, étant déterminé par πλήρεις Πνεύματος, dont la présence dans chacun d'eux devait être décelée par un des dons extérieurs du Saint-Esprit. — σοφίας, sagesse pratique, prudente; les Sept devaient être doués de prudence pour administrer sagement les biens de la communauté. Οὐχ ἁπλῶς δὲ πνευματιχοὺς, ἀλλὰ Πνεύματος πλήρεις χαὶ σοφίας εἶπε, δηλῶν, ὅτι μεγάλης φιλοσοφίας [ἢν] φέρειν χατηγορίας χηρῶν ». ἀππκΥυϑοϑτ. οηι. XIV. Ils devaient donc avoir un bon témoignage, être remplis de l'Esprit de Dieu et de sagesse, car le ministère de la charité doit être exercé avec foi et prudence, n'ayant pas seulement pour objet le

corps seulement, mais aussi l'âme des pauvres. — où; καταστήσομεν : futur ind. moyen,

après un verbe indiquant le but, le dessein; καθίστημι signifie mettre dans un lieu, placer, établir constituer, mettre en fonction; même sens au moyen avec le retour sur soi.

χρείας ταύτης, hoc opus, Vlg. χρεία peut signifier emploi, affaire, negotium, ou besoin,

opus. Le grec doit être traduit : que nous établirons sur ce besoin, dont il a été question, ὃ 1. Cependant, cela ne veut pas dire que les Sept s’occuperont seulement des veuves hellénistes, mais qu’ils seront attachés au service des tables.

Υ 4, Le codex de Bèze, ἢ Gig. Vig emploient la phrase périphrastiqué : ἡμεῖς δὲ ἐσόμεθα τῇ προσευχῇ χαὶ τῇ διακονίᾳ τοῦ λόγου προσχαρτεροῦντες. ἡμεῖς δέ marque nettement l'opposition entre l'œuvre des apôtres et le travail des Sept, entre le service de la parole de Dieu et celui des tables : l’un purement spirituel et l’autre concernant principalement les intérêts temporels de la communauté — προσχαρτερήσομεν, futur de προσχαρτερέω, mettre à qq. chose de la constance, persévérer dans; cf. τ, 14; 11, 42, etc. Ceci n'implique pas que les apôtres avaient été jusque-là détournés de leur devoir propre, mais qu’ils craignaient qu'il n’en füt ainsi dans l’avenir, à cause du nombre croissant des fidèles, et ils voulaient y obvier en remettant à d’autres le soin des intérêts maté-

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