‹ Les Actes des ApôtresChapitre 199 sur 358 · RAS ES · texte numérisé non relu

RAS ES

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διαχονίᾳ τοῦ λόγου προσχαρτερήσομεν. D. Hal ἤρεσεν ὁ λόγος ἐνώπιον παντὸς. τοῦ \

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πλήθους, χαὶ ἐξελέξαγτο Στέφανον, ἄνδρα πλήρη πίστεως nat Ilvebparos ἁγίου; nai Φίλιππον nai {᾿ρόχορον χαὶ Νικάνορα χαὶ Τίμωγα χαὶ Παρμενὰν χαὶ Νικόλαον προσή-

riels — τῇ προσευχῇ : l’article indique qu'il s'agit d’une prière déterminée, connue, par conséquent de la prière publique de l’Église. Son union avec τῇ διαχονίᾳ τοῦ λύγου, le ministère de la parole, la prédication de l'Évangile nous engage à croire que nous avons là une allusion au culte particulier de la communauté chrétienne en opposition au culte du Temple, auquel les chrétiens prenaient encore part. Cette charge de la prédication ne visait pas seulement l'enseignement donné aux fidèles, mais aussi l'évangélisation de ceux qui n'étaient pas chrétiens.

Preuschen soutient que cette séparation des fonctions liturgiques [prière, prédication] des affaires administratives [service des repas, distribution des aumônes, soin des pauvres] répond à une organisation postérieure de l'Église chrétienne et non à ses commencements. Il suflit de répondre que nous avons ici l'embryon de ce qui plus tard sera développé. C'est le commencement de cette organisation que nous trouverons πὸ réglementée dans la suite.

ἢ 5) ἥρεσεν, aoriste indic. de ἀρέσχω, rendre favorable; au sens neutre, plaire, être agréable à. Après ὃ λόγος, D Flor. (Gig.) ajoutent οὗτος — ἐνώπιον παντὸς τοῦ πλήθους : formule non usitée dans le grec classique; ce serait un hébraïsme; cf. Gen., xxxiv, 48; xL1, 87, etc. Deismann n’est pas de cet avis. On trouve l’adverbe ἐνώπιον employé comme préposition dans un papyrus de la Thébaïde, du n° ou du τὸν siècle avant J.-C. GRENFELL, n° xxxvIN, 11, p. 70. — παντὸς τοῦ mkubouw, toute la foule des disciples, 18 communauté chrétienne a entière; cf, ÿ 2. Après πλήθους D ἃ Flor. ajoutent μαθητῶν,

Les fidèles usent du droit qui leur est concédé. καὶ ἐξελέξαντο : [les fidèles] choisirent; le sujet de la phrase change brusquement sans que rien en avertisse. ἐξελέξαντο, aoriste moyen de ἐχλεγόμαι, choisir pour soi.

Les hommes choisis portent tous des noms grecs. En faut-il conclure qu’ils étaient tous les sept des Helténistes et qu'on les avait choisis pour satisfaire les Hellénistes ? ον S'il en avait été ainsi, les Hébreux, à leur tour, auraient eu Le droit de se plaindre, à

moins de supposer qu'il y avait déjà des ministres hébreux, ce que ne laisse pas supposer le texte oriental et que dément l'affirmation des apôtres que, par le choix des ministres des tables, ils pourront désormais vaquer à la prière et à la prédication. On ‘a donc supposé que sur les sept hommes présentés aux apôtres, il y avait trois Hébreux,

Sept.

᾿ς Στέφανον : cf. ÿ 8. IL est nommé le premier comme le plus connu et celui en qui se manifestèrent le plus pleinement les dons du Saint-Esprit. πλήρη pour πληρέα, d'après BG Ccorr, Pesch. Harkl. Flor.; les Mss. AC® DEHP 614 ont πλήρης, indéclinable. πίστεως, non de la foi, confiance, fidélité naturelle, mais de la foi religieuse, de la foi en Jésus Messie; non modo fidelitate, sed fide spirituali, BenGeL. Πνεύματος ἁγίου, de l'Esprit- Saint, c’est-à-dire des dons de l'Esprit-Saint. καὶ Φίλιππον, cf, vit, 5, ss. Philippe est nommé le second, probablement à cause de son œuvre d'évangélisation.

καὶ Πρόχορον. D'après une tradition tardive Prochoros aurait été évêque de Nicomédie et martyrisé à Antioche, on trouve dans la Magna Bibliotheca Patrum, Golon. Agr. 4618, 1, 49-69, un apocryphe : Æistoria Prochori, Christi Discipuli, de vita B. Joannis Apostolr.

De Nicanor, Timon et Parmenas la tradition ne sait rien.

* trois Hellénistes et un prosélyte. En fait, on ne sait rien de positif sur l’origine des .

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nuerons nous appliquer à la ne et au service de la parole. 5

χαὶ Νικόλαον προσήλυτον ‘Avrtoyéa : il est possible que celte épithète, προσήλυτος, indique

que Nicolas était le seul des Sept qui fut prosélyte et d’Antioche; c'était donc un Grec ou un Syrien; en tout cas un païen de naissance rattaché au judaïsme par la circon-

cision. Il Υ avait donc déjà dans la communauté chrétienne des fidèles qui n'étaient pas:

des descendants d'Abraham: c'était des convertis de la Gentilité.

Le terme προσήλυτος n’est pas classique, il est souvent employé dans les Septante oùil. traduit l’hébreu gér, étranger. On le trouve 4 fois dans le N. T. : Me. xxin, 15; Act, 11, 10; NI, 9; Χπὶ, 43. Le mot a été formé du verbe προσέρχομαι, aller vers et pourrait signifier

au sens littéral « celui qui arrive », advena, l'étranger qui s'établit dans un pays, Ou

æu sens religieux « celui qui 5 approche [de Dieu] », Cf. Hébr. χι, 6 : πιστεῦσαι γὰρ δεῖ τὸν προσερχόμενον [τῷ] Θεῷ; 10. γῃ, 25.

La distinction qui a été faite entre le prosélyte de la porte, celui qui observe les sept préceptes noachiques, et le prosélyte de La justice, celui qui ie au judaïsme tout entier, en suit toutes les observances, y compris la circoncision, est de date tardive;

elle appartient au judaïsme rabbinique et ne se trouve pas dans les saintes Écritures. Dans le N. T. outre les προσήλυτοι, nous avons les φοθούμενοι τὸν Θεόν, Act. x, 2, 22; xur, 16, 26, οὐ les σεθόμενοι τὸν θεόν, x, 43; xvr, 14; xvur, 4, 17. Bertholet, Eng biblica, Il, cols 390, soutient que ces trois ἀπε τς sont synonymes, mais 1] est plus probable que

les σεδόμενοι et les φοδούμενοι τὸν Θεόν sont des gentils qui acceptaient les doctrines juives,

principalement l'unité de Dieu, se joignaient même aux Juifs dans les synagogues, mais n’adhéraient pas au judaïsme total par la circoncision; on pourrait les identifier. avec ceux qu'on appela plus tard les « prosélytes de la porte ». Le prosélyte au sens complet du mot, était celui qui était incorporé à la nation juive par la circoncision, qui payait l'impôt du Temple, bref, observait toutes les lois juives : c'était le « prosélyte

de la justice ». Sur la signification de l'expression τῶν σεδομένων προσηλύτων, ΧΠῚ, ἘΣ 1

voir le commentaire in loco.

Th. Reinach, Jewish Encycl. 1x, Ὁ. 370, a bien marqué la façon dont se faisait l'incorporation à la nation juive : « Le Judith possédait la prudence et le tact de ne pas exiger de ses adeptes [convertis] dès le commencement une adoption pleine et com-

plète de la Loï juive. Le néophyte était d’abord simplement un « ami » des coutumes

juives; il observait les moins asservissantes — le sabbat, l'allumage du feu, la veille au soir, certains jours de fête, l’abstention du porc. Ses enfants fréquentaient les synagogues et désertaient les temples, étudiaient la Loi et contribuaient de leurs oboles au trésor de Jérusalem. L’habitude accomplissait par degré le reste. À la fin le prosélyte faisait le pas décisif; il était circoncis et prenait le bain de pureté; il offrait, sans doute en argent, le sacrifice qui signifiait son entrée définitive dans le sein d'Israël. Quelquefois, pour accentuer sa conversion, il prenait un nom juif. À la troisième généra-

tion, suivant le Deutéronome, xx, 8, il n’y avait plus de différence entre ie juif de

race et le juif par adoption. »

Nicolas, prosélyte d'Antioche, n'était donc pas simplement un φοδούμενος τὸν Θεόν, mais

un prosélyte, c'est-à-dire un païen circoncis. — Ἀντιοχέα : il était d'Antioche. Luc, étant probablement d'Antioche, a dû connaître ce détail. Les prosélytes étaient nombreux à Antioche, Josèrne, Guerre juive, VIII, 3,3. D'après saint Irénée, ἀν. Haeres., I, 26,3. ertullien, De Praescript. 46, Epiphane, Haer. 25, Nicolas aurait été le fondateur de la secte des Nicolaïtes, dont il est parlé dans l'Apocalypse, 11, 6,14. D'après Eusèbe, Hist. eccl., II, 19,1, ce seraient les Nicolaïtes qui prétendaient avoir Nicolas, un des

Etla pro position plut à toute la multitude et ils choisirent Étienne, He plein de foi et d'Esprit-Saint, et Philippe, Prochoros, Nicanor, fimon, Parmenas

à tons Dé Ἢ CR NT ed)

PT Verres 0e . χαὶ 6 λόγος τοῦ Θεοῦ nova “αὶ à . ŒUTOLS τὰς χειῤρᾶς. + AA Ο Λογος TOÙ £OU MUSAVEV, KO €

temps de Notre-Seigneur, c'était par l'imposition des mains qu'un Rabbin était consti-

el » Ὁ λυτον ᾿Αντιοχέα, 6. οὕς ἔστησαν ἐνώπιον τῶν ἀποστόλων᾽ χαὶ Es

diacres, comme fondateur. Cf. CLémenr d'Az., Stromates, IIT, 26-26. Ce n’est probablement

pas parce que Nicolas était le fondateur de la secte des Nicolaïtes, qu’il a été nommé le dernier de la liste, comme l'avait été Judas Iscariote dans la liste des apôtres, Le.

vi, 16, mais plutôt parce qu'il était étranger à la communauté de Jérusalem. Nous trouvons dans les inscriptions les noms de Stephanos, Nichanor, Parmenas, Timon, Nicolaos.

Ÿ 6) οὺς ἔστησαν : cf. 1, 23; c'est-à-dire les fidèles les présentèrent, puis changement de sujet, καὶ προσευξάμενοι, c'est-à-dire les apôtres, ἐπέθηχαν αὐτοῖς τὰς χεῖρας. Le texte de 1 D, de la Sahidique ét de la Peschitto est plus clair : οὗτοι ἐστάθησαν ἐνώπιον τῶν ἀποστόλων M et de D : οἵτινες προσευξάμενοι... l’action des apôtres est nettement distinguée de celle des fidèles.

Dans ce texte la prière est intimement unie à l'imposition des mains, ce qui indique ?

᾿ que les Sept n'étaient pas seulement préposés à une fonction matérielle, au service des \

tables, mais remplissaient aussi un ministère spirituel, ainsi que nous le constatons, vi, 10; vin, 3 ss. où ils sont prédicateurs de l'Evangile. L’imposition des mains était déjà en usage dès les temps de l'A. T., Nomb. xxvir, 18, 28; Deut. χχχιν, ἃ : Καὶ Ἰησοῦς υἱὸς Ναυῆ ἐνεπλήσθη πνεύματος συνέσεως. ἐπέθηχεν γὰρ Μούσῆς τὰς χεῖρας αὐτοῦ ἐπ᾿ αὐτόν; elle

signifiait l'imposition d’une charge, d’une fonction. Par l'imposition des mains les lévites étaient séparés du peuple et consacrés au service de Dieu, Nomb. vin, 10. Au

tué dans sa fonction de maitre enseignant. Ce futla constante pratique de Jésus d’opérer des guérisons, Me. vi, 5: vu, 82; vin, 28; 16. 1v, 40, ou d’appeler une grâce sur quelqu'un, Mc. x, 16, par l'imposition des mains. Il en est parlé ici pour la première fois, mais plus loin, vin, 17, nous voyons l’Esprit-Saint descendre sur les Samaritains baptisés par l'imposition des mains de Pierre et de Jean; puis χπὶ, 3, les prophètes et Û les docteurs à Antioche, après avoir jeüné et prié, imposèrent les mains sur Barnabé et

Saul et les laissèrent partir. Cf. 1x, 42, 17; xx, 6. Paul rappelle à Timothée le don qu'il a reçu par l'imposition des mains, I Tom. 1v; 14; 11 T'êm. 1, 6. IL en fut de même dans la primitive Eglise. L’imposition des mains est donc un rite de communication, de transmission des pouvoirs et dons spirituels en vue d’une fonction à exercer dans la communion chrétienne.

ὃ) 7) Suivant sa coutume : cf. 11, 42-47; 1v, 32-86; v, 12-16, etc., Luc avant de commencer un récit.relatant un développement de l'Eglise chrétienne trace un tableau de l’état actuel de la communauté. Le murmure des hellénistes n'a pas empêché celle-ci de s’accroître. Le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem. Faut-il en conclure qu’il ÿ avait aussi des disciples en dehors de cette ville ou que l’auteur a voulu simplement dire que l'Eglise croissait beaucoup à Jérusalem, malgré l'opposition du Sanhédrin, ou supposer qu'il veut marquer par là que la période purement hiérosolymitaine du christianisme est terminée et que va s'ouvrir une période nouvelle d’expansion du christianisme? De Jérusalem il va se répandre à l'extérieur.

χαὶ ὃ λόγος τοῦ Θεοῦ : au lieu de Θεοῦ, DE Pesch. Vie. Flor. ont τοῦ Κυρίου. ηὔξανεν, héllénistique pour l'attique ηὐξάνετο.

Luc fait ressortir ce développement de la communauté chrétienne en ajoutant qu'une grande foule de prêtres obéissaient à la foi. ἱερέων est la leçon des principaux manus-

RON PPT Acree ps APOTRES, bo Ὁ ἀν re 193

οἱ Ne prosélyte antiochien. 6. Ils les présentèrent aux apôtres qui, après avoir prié, leur imposèrent les mains. 7. Et la parole de Dieu croissait

et le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem. Et une grande

foule de prêtres obéissaient (se soumettaient) à | la foi.

crits. Bien que δ, de nombreux minuscules, la Peschitto, Théophylacte aient adopté la leçon Ἰουδαίων, elle ne peut être acceptée; elle est trop faiblement appuyée et semble une correction intentionnelle, vague et superflue puisqu'il était inutile de dire qu’il s'agissait de Juifs, à moins qu'on ne veuille y voir, comme quelques exégètes, des Juifs en dehors de Jérusalem. Mais ils n'étaient pas plus Juifs que les Hierosolymitains. À raison même de sa singularité, la leçon ἱερέων doit être acceptée. Floriacensis présente une autre variante : magna autem turba in templo audiebat fidem.

ὄχλος τῶν ἱερέων. On ἃ supposé que le terme ὄχλος indiquait que les adhérents à la foi étaient des prêtres de rang inférieur, la plèbe sacerdotale et non des prêtres de la haute classe sacerdotale. Richard Simon a traduit dans la version de Trévoux : plusieurs sacrificateurs du commun. On peut trouver dans le Thesaurus linguae graecae d'Estienne des textes donnant ce sens à ὄχλος, par ex. : ὅχλος τῶν στρατιωτῶν, la foule, le commun des soldats. Mais si telle avait été l'intention de Luc il aurait écrit : πολλοί τε ἱερεῖς τοῦ ὄχλου. On ne voit d’ailleurs nulle part dans le N. T. qu’il ait été fait une distinction entre les prêtres, en dehors de ceux qui étaient appelés οἱ ἀρχιερεῖς. ‘Que, même en tenant compte du ton emphatique de la phrase, le nombre de ces prêtres convertis ait été grand, cela s'explique par le fait que le nombre des prêtres juifs était très élevé, 4.289, d’après. d’Esdras, 11, 36 ss., 24.000 au dire de Josèphe. D'ailleurs, cette adhésion à la foi chrétienne n’obligeait pas ces prêtres à cesser leur service au Temple, puisque les fidèles continuaient à en suivre le culte.

ὑπήκουον τῇ πίστει : ὑπήκουον au pluriel, parce qu’il est gouverné par un collectif. L'emploi de l’imparfait indique que l'action avait lieu à diverses reprises et se con-

tinuait ou se répétait. Imperfectum est repetitionis : saepe accidebat ut sacerdotes

fidem amplecterentur, Brass. Il indique aussi la durée. D’esprit, de cœur et de volonté les prêtres acceptaient la vérité divine; Cf. ὑπακοὴ τῆς πίστεως, Rom. 1, 5; xvi, 26; ὑπαχούειν τῷ εὐαγγελίῳ, Rom, x, 16. ὑπαχούω signifie obéir, avec une nuance de soumission, marquée par ré. τῇ πίστει, c’est la foi, les vérités enseignées par les apôtres et en particulier la foi en Jésus ressuscité.

Ces sept premiers versets du chapitre vi, formant l'introduction de l’histoire d'Étienne, ont été attribués à diverses sources par les critiques. Wendt pense qu'ils proviennent de la même source écrite que le reste de l'histoire d'Étienne. B. Weiss, Feine, Hilgenfeld regardent le ÿ 7 comme une addition du rédacteur; J. Weiss, comme provenant d’une autre source que le reste du morceau.

Les raisons pour lesquelles les critiques supposent que ce morceau est emprunté à des sources différentes que les chapitres précédents sontinsuffisantes. On voit, disent-ils, apparaître ici pour la première fois un service quotidien des pauvres dont il n'avait pas

été question auparavant; de plus, il n'avait pas encore été fait mention des Hellénistes, habitant à Jérusalem. Il suffira d'observer que ce ministère des pauvres était nécessité :

par l’état de la communauté, tel qu'il aété décrit auparavant. Le fait que certains des fidèles ont vendu leurs biens et remis l'argent aux apôtres suppose des hommes char-

gés de centraliser cet argent et de le distribuer suivant les besoins de chacun: cf. π; 45.

Quant aux Hellénistes, Luc n'avait pas eu encore à en parler d'une façon précise parce qu'ils n'avaient pas encore joué un rôle distinct dans l'histoire de la communauté. Mais est-ce qu'un bon nombre d’entre eux ne sont pas ces Juifs, dont il est parlé au ch. 1?

194 Pen ACTES DES APOTRES, VI, 8-9.

8. Στέφανος δὲ πλήρης χάριτος nat δυνάμεως ἐποίει τέρατα χαὶ σημεῖα μεγάλα ἐν τῷ λαῷ. 9. ἀνέστησαν δέ τινες τῶν ἐχ τῆς συναγωγῆς τῆς λεγομένης ΔΛιθερτίνων: καὶ

Κυρηναίων nat ᾿Αλεξανδρέων χαὶ τῶν ἀπὸ, [Κιλικίας nat ᾿Ασίας, συνζητοῦντες τῷ

VIe SECTION, vi, 8- 1, 2. — TIENNE, SON ACTION ἃ JÉRUSALEM. SON ARRESTATION, SON DISCOURS ET SA MISE A MORT.

Nous entrons maintenant dans une nouvelle phase de l’histoire de la communauté chrétienne. Jusqu'ici, celle-ci était restée dans l'enceinte du judaïsme et les fidèles avaient continué à fréquenter le Temple. Pierre, dans ses discours, s'était borné à prouver que Jésus était le Messie, sauveur de l'humanité; il restait dans le plan du judaïsme. tienne va plus loin; il démontre le caractère temporaire de la Loi mosaïque et affirme que Dieu n’est pas contenu dans une œuvre faite de main d'homme. En cela il s’inspirait des paroles de Jésus, disant qu'il n’était pas venu pour abolir la Loi, mais pour la perfectionner, et que Dieu était esprit et devait être adoré en esprit et en vérité. Paul développera plus tard ces idées et conclura à la déchéance de la Loi mosaïque et à l'égalité du Juif et du païen dans le royaume de Dieu.

Nous ne savons rien de l’histoire antérieure d'Étienne. D’après Épiphane, Æaer. xx, 4, il avait été un des soixante-dix disciples du Seigneur. C'était un Helléniste et son discours trahit une éducation alexandrine, soit dans la façon d'interpréter les textes, soit dans ses rapports avec Philon. Quatre fois dans le récit et dans le discours, vi, 3, 10; vir, 40, 22, est nommée la sagesse, σοφία, terme caractéristique de la théologie alexandrine.

Στέφανος δέ : δέ rattache ce récit au Ÿ 5; πλήρης, sous-entendu ὧν, qui n'aurait pas été omis dans un langage plus élégant. πίστεως, HP Harkk. Ghrys. au lieu de χάριτος,

N ABD Vlg. Boh. Pesch. E unit les deux termes : χάριτος καὶ πίατεως — πλήρης χάριτος, plein de la grâce de Dieu, métonymie pour les dons provenant de la gràce de Dieu, de l'influence du Saint-Esprit sur Étienne. Il est peut-être fait aussi allusion à la faveur du peuple dont jouissait Étienne et aussi à son talent de parole. χάρις, terme caractéristique de Luc. La grâce de Dieu octroyait le pouvoir de faire des miracles. δυνάμεως : δύναμις siguifie puissance, courage, force intellectuelle, talent, puissance dans la proclamation et la défense de la vérité : ici, il signifie en outre, puissance surnaturelle, pouvoir de faire des miracles, ainsi que Vindique la suite : ἐποίει τέρατα χαὶ σημιεῖοι. L'écrivain veut faire ressortir l’éloquence puissante d’ Étienne sous l'influence de la grâce divine. ἐποίει : imparfait marque la répétition des miracles qu'opérait Étienne. ἐποίει... ἀνέστησαν; la combinaison de l’imparfait avec l’aoriste indique qu ‘Étienne fut une dans le cours de sa vie pleine de grâce et de puissance. ἐν τῷ λαῷ : D 614 Harkl. (mg.) Aug. ajoutent διὰ τοῦ ὀνόματος Κυρίου Ἰησοῦ Χριστοῦ; E Flor. Ve. Gigas, ἐν τῷ ὀνόματι τοῦ Κυρίου ᾿Ιησοῦ Χριστοῦ, expression dont, remarque Zahn, on pouvait se passer et que B ἃ pu effacer sans hésiter.

Nous avons ici un progrès dans le développement de la communauté. Jusqu'à présent les apôtres seuls opéraient des miracles, 11, 43; ur, 3-40 ; τν, 16, 22, 29: v, 12; maintenant, Étienne, Philippe et d’autres en opèrent, γι, 8; σι, 6-8: x1, 28; XI, 15: xx, 28, etc.

Spitta a soutenu que nous avions dans ce récit un doublet de l’histoire de Pierre, opérant des miracles et traduit devant le Sanhédrin. Qu'on observe seulement qu’Étienne n’a pas été traduit devant le Sanhédrin pour avoir opéré des miracles, mais sous le prétexte qu'il blasphémait contre La Loi et le Temple de Dieu.

Cette notice, dit B. Weiss, est, comme v, 17, complètement privée d'importance pour ce qui suit. Est-ce bien sûr?

1 0 En"

+ 4. Or, Étienne, plein de grâce et de puissance, faisait des prodiges et de grands miracles et signes parmi le peuple. 9. Or, se levèrent quelques-uns de la synagogue, dite des Affranchis (Libertins), des Cyrénéens et des

Ÿ 9) ἀνέστησαν : au sens intransitif, ἀνίστημι signifie se lever, d’où se lever contre quelqu'un, pour lutter contre quelqu'un, Zliade, XIV,336. — ἐκ τῆς συναγωγῆς : συναγωγή signifie ici l'assemblée, la société, l'association et non Le bâtiment appelé aussi synagogue, où se réunissaient les membres de la société. Nulle part dans le N. T. συναγωγή n’est employé dans ce dernier sens. Cf. aussi xim, 43; Jeg. n, 2; IGNAcE, ad Polyc. ιν, 2; Hermas, Mand. x1, 9, etc. Partout où le nombre des Juifs était suffisant, il se formait une synagogue; dans les villes, Jérusalem, Alexandrie, Rome, où ceux-ci étaient nombreux, il y en avait plusieurs. La tradition juive en comptait 480 à Jérusalem, mais Schürer, Gesch. des jüd. Volkes, p. 524, n. 77, fait observer que cette légende talmudique est caractéristique du manque de mesure de ces légendes. Cf. Excursus : La synagogue.

Les Juifs de la Diaspora revenaient habiter Jérusalem, Me. xv, 24, et ils se rassemblaient pour former une synagogue, réunissant ceux du pays où ils avaient habité. Ainsi s'explique l'expression suivante. Mais de combien de synagogues est-il question ici? Y en avait-il une, deux, trois ou cinq? La construction grecque n'est pas très régulière et cela s'explique du fait que Luc reproduisait un renseignement oral. I1 semblerait qu’il n’est parlé que d'une synagogue, celle des Affranchis, τινες τῶν ἐχ τῆς συναγωγῆς τῆς λεγομένης, BCDEHP Vig Pesch. Harkl. Arm. ou τῶν λεγομένων N Α 18 47 Gig. Boh. Sah. Chr., Διδερτίνων ; les âutres noms indiquent de quel pays étaient ces affranchis, de Cyrène, d'Alexandrie, de Cilicie et d'Asie. Il est difficile de croire que des peuples venus de pays si différents aient pu se réunir en une seule synagogue. Ils auraient même eu de la peine à se comprendre, vu les différences dialectales entre le grec de V'Afrique du Nord et celui de l’Asie Mineure. De plus, le changement de construction de la seconde partie de la phrase : καὶ ᾿Αλεξανδρέων.... καὶ τῶν ἀπὸ Κιλιχίας καὶ Ἀσίας ἃ suggéré l'idée qu'il y avait deux synagogues : celle des Affranchis et des Cyréniens et des Alexandrins, et celle des Juifs de Cilicie et d'Asie. Si l’on ne veut pas, dit Zahn, dénier à l’auteur des Actes, toute capacité de s'exprimer en grec, on doit reconnaître que la phrase désigne les adhérents de communautés, appartenant à deux cercles différents de nationaux, ceux d'Afrique et ceux d'Asie. « Probablement, on s'unissait entre groupes déjà formés à l'étranger et rapprochés à Jérusalem par la communauté d'idées ou d’origine. C’est ainsi que... les Affranchis.. avec ceux de Cyrène et ceux d'Alexandrie, paraissent appartenir à la même synagogue. Ceux de Cilicie et d'Asie forment une autre fraction. » LAGRANGE, Saint- Étienne et son sanctuaire à Jérusalem, | 1894, p. 12. :

- Pour serrer davantage le texte, on ἃ supposé trois synagogues ; celle des Affranchis, - celle des Cyréniens et des Alexandrins et celle des Juifs de Cilicie et d'Asie. On unissait ainsi les Juifs de même région. Enfin, comme il y avait dans les pays mentionnés un assez grand nombre de Juifs, on a pensé qu'il y avait eu à Jérusalem assez . de Juifs, venus de ces pays pour y former chacun une synagogue. Il y aurait donc eu cinq synagogues. Cf. ΤῊ. Reinacn, Revte des études juives, LXXI, p. 54.

τῆς λεγομένης Λιδερτίνων : Λιδερτῖνοι, du latin libertini, affranchis. Saint Chrysostome, Hom. XV, explique que les Διδερτῖνοι sont des affranchis des Romains : οἱ Ῥωμαίων ἀπελεύθεροι. C'était probablement des descendants des Juifs, emmenés en captivité, à Rome, - par Pompée, en l'an 63 avant J.-C. et plus tard affranchis. Quelques-uns même reçurent le titre de citoyens romains. Tacite, Ann. II, 85, parle de 10.000 Juifs, Libertini - generis et Philon, Leg. ad Caium, ο, 23, des Juifs romains qui étaient des Affranchis :

"Στεφάνῳ. 10. χαὶ οὐχ ἴσχυον ἀντιστῆναι τῇ σοφίᾳ χαὶ τῷ Πνεῦματι ᾧ ἐλάλει. 11. τότε, ER DAS 7 et ᾽ 1 ᾽ Στ 5 ς 7 ὑπέῤαλον ἄνδρας λέγοντας ὅτι ἀχηχόαμεν αὐτοῦ λαλοῦντος ῥήματα βλάσφημα εἰς

Ῥωμαῖοι δὲ ἦσαν οἱ πλείους ἀπελευθερωθέντες. On sait que plusieurs d’entre eux retournèrent ἃ Jérusalem, surtout à la suite dé l’édit de Tibère, en l’an 19, expulsant les Juifs de Rome, et eurent une synagogue appelée συναγωγὴ Λιδερτίνων (1).

En 1913-1914, le capitaine du génie, R. Weill a mis au jour une inscription grecque, relatant la construction à Jérusalem de la Synagogue des Affranchis; en voici la traduction, telle qu'elle a été donnée dans la Revue biblique, avril 1921, p. 251 : Théodote, fils de Ouettènos, prêtre et archisynagogue, fils d'archisynagogue, petit-fils d’archisynagogue, a construit la synagogue pour la lecture de la Loi et pour l’enseignement des Commandements, ainsi que l'hôtellerie et les chambres et les aménagements des eaux pour servir d’auberge à ceux qui [venus] de l'étranger, en auraient besoin — synagogue qu'avaient fondée ses pères, et les Anciens, et Simonidès. Clermont-Ganneau n'accepte pas cette identification et le P. Vincent s’est rallié à ses conclusions (2).

Il y avait aussi à Pompeï une synagogue portant ce nom, συναγωγὴ Λιδερτίνων, Scnü- RER, III, 67, n. 113.

Mais comme les Atfeprivot sont joints aux Cyréniens et aux Alexandrins, peuples de l'Afrique du Nord on a supposé l'existence d’une ville nommée Libertum, située aux environs de Carthage; l’auteur ajoute τῆς λεγομένης, parce que cette ville était peu

τ connue. Cette ville est même inconnue, et il n’y a pas dû y avoir à Jérusalem assez de

Juifs venant de cette ville d'aussi peu d'importance pour y établir une synagogue.

Blass, Philology of the Gospels, p. 409, suppose qu’au lieu de Λιδερτίνων il faut lire ΔΛιδυστίνων, habitants de la Libye, forme qui est dans Catulle; Leaena moutibus Libustinis. Nous aurions ainsi l’énumération des peuples de l'Afrique septentrionale, à. l'est, Libyens, Cyréniens, Alexandrins.

ΠΝ ΠΣ de Merv parle d'un philosohe grec, Lubertinos, dont les disciples, Λιδερτῖ-

, sont les Hellénistes, mentionnés ici.

‘Enfin, il est possible que les adversaires d'Étienne aient été d'abord les affranchis

de la synagogue des Cyréniens et des Alexandrins, puis des Juifs de Cilicie et d'Asie. Ainsi s’expliquerait la présentation de la phrase. “Κυρηναίων, cf. πι, 9. χαὶ ᾿Αλεχανδρέων : Les Juifs étaient nombreux à Alexandrie; cf. La Diaspora juive, κατ: cf. xv, 23. Paul, né à Tarse en Cilicie, devait faire partie de cette synagogue. ᾿Ασίας, la province romaine d'Asie; cf. xvi, 6. τῆς Ἀσίας est omis par À D*, mais il est bien soutenu par δὶ Β ὁ Vig Sah. Boh. Pesch. etc.

συγζητοῦντες, participe présent de συνζητέω chercher avec ou ensemble, examiner ensemble; au sens neutre, discuter ensemble. Ce mot est employé plusieurs fois dans Marc et Luc dans le sens de questionner, ou de discuter à propos de questions. τῷ Στεφάνῳ, au datif, ils discutaient avec Étienne. Nous verrons plus loin, 1x, 29, Paul discuter aussi avec les Hellénistes, συνεζήτει πρὸς τοῦς “Ἑλληνιστάς ; l'aconsatié au lieu du

datif,

Ÿ 10) καὶ οὐχ ἴσχυον ἀντιστῆναι : ἴσχυον suivi d'un infinitif est, dit-on, un sémitisme, mais cette tournure se trouve dans un papyrus d'Éléphantine, IIIe Siècle avant J.-C. et. dans Plutarque. ἀντιστῆναι, inf. aor. 2 de ἀνθίστημι qui, à l’intransitif, signifie s'opposer à, résister, contredire, Jésus avait promis à ses apôtres de leur donner une bouche et une sagesse à laquelle leurs adversaires ne pourraient résister ou contredire,

(1) ScnürERr, Gesch. des jüd. Volkes, II, n. 247. (2) Revue biblique, 1921, p. 247-277.

ACTES DES APOTRES, Vi, 9-11.

| Alexandrins, et de ceux de Cilicie et d’Asie [qui] disputaient contre Étienne. 10. Et ils ne pouvaient résister à sa sagesse et à l'Esprit par lequel il parlait. 11. Alors ils subornèrent des hommes qui disaient : Nous l'avons entendu

16. χχι, 15. — τῇ σοφίᾳ : comme Notre-Seigneur, Mr. xur, 54; Le. 11,52, Étienne possédait la sagesse, σοφία n’est pas ici, comme au ÿ 3, la sagesse pratique, la connaissance des choses pratiques de la vie, mais la connaissance des choses religieuses. ᾧ ἐλάλει : l'Esprit par lequel il Paie le relatif désigne d'ordinaire le nom le plus proche. La

Vulgate ἃ traduit : Spiritui qui loquebatur; le traducteur au lieu de & a dû lire 6. Plusieurs manuscrits de la Vulgate ont quo.

Étienne, instruit par l'Esprit-Saïnt, employait des arguments d’une puissance si convaincante que ses adversaires ne trouvaient rien à répliquer; ils n'y pouvaient répondre avec succès. Et cela d'autant plus que ses arguments étaient appuyés par ses miracles. On peut supposer aussi que les Juifs de la Diaspora étaient peu instruits de la théologie juive et peu habitués aussi à la discussion, mais il ne faut pas oublier cependant que, parmi eux, était probablement Saul de Tarse, rompu à la dialecte rabbinique et possédant à fond les Écritures. D’autre part, on peut supposer que les Hellénistes, adversaires d’Étienne, instruits, soit à Alexandre, soit dans les pays grecs, du caractère spirituel de Dieu et de la religion, ne pouvaient rien répondre à l'argumentation d'Étienne, basée sur ce principe.

Après σοφίᾳ, DE Flor. ajoutent τῇ οὔση ἐν αὐτῷ; après Πνεύματι, DE Flor. Gig. Par. ajoutent τῷ ἁγίῳ; après ἐλάλει D Harkl. (mg) Flor. Wern. ajoutent διὰ τὸ ἐλέγχεσθαι 0x” αὐτοῦ μετὰ πάσης παρρησίας; μὴ δυνάμενοι οὖν ἀντοφθαλμεῖν τῇ ἀληθείᾳ. E ἃ διότι ἠλέγχοντο ἐπειδὴ οὐχ ἠδύναντο ἀντιλέγειν τῇ παρρησίᾳ. Le texte se présente alors de la façon suivante : Οἵἴτινες οὐχ ἴσχυον ἀντιστῆναι τῇ σοφίᾳ τῇ οὔσῃ ἐν αὐτῷ nat τῷ Πνεύματι τῷ ἁγίῳ, ὦ ἐλάλει, διὰ τὸ ἐλέγχεσθαι αὐτοὺς ὑπ᾽ αὐτοῦ μετὰ πάσης παρρησίας, μὴ δυνάμενοι οὖν ἀντοφθαλμεῖν τῇ ἀληθείᾳ. Floriacensis : Qui non valebant contradicere sapientiae, quae erat in eo, et Spiritu Sancto, quo loquebatur, et quod revincerentur ab eo cum omni fiducia. Tunc itaque non valentes resistere adversus veritatem. Quiconque lit les mots grecs, dit Zahn, non

seulement de l’œil, mais aussi avec l'oreille, conviendra que ce passage ne sonne pas comme le ravaudage de considérations pédantesques, mais comme une œuvre d'art de bon goût et surtout de pur style lucanien. Combien cette description est pleine de vie en comparaison de la maigre représentation du texte oriental! Le texte occidental parait en effet d’un bon grec, mais il a le tort de ne pas être homogène : les témoins, ainsi qu’on l’a vu, ne s'accordent pas entre eux. Cette glose ne réussit pas d’ ARGUS à

. établir la situation d’une façon nette.

. ÿ 11) Ne pouvant répondre aux arguments d'Étienne, ses adversaires emploient la calomnie. ὑπέδαλον, aor. 2 de ὑποδάλλω, jeter dessous, placer dessous, placer une personne à la place d’une autre, d’où substituer. Le submiserunt de la Vulgate indique ce sens. Les Hellénistes substituèrent d’autres personnes; ils mettent en avant des accu-

. Sateurs, tandis qu'ils restent dans la coulisse. Mais ὑποδάλλω peut signifier aussi suggérer, inspirer, dicter, d'où suborner. Les Hellénistes auraient inspiré à des témoins l'accusation contre Étienne. Ce terme ὑπέθαλον indique déjà la fausseté de cette accusation.

ἀκηχόαμεν, indicatif parfait, dramatise la narration par le passage au style direct, ῥήματα βλάσφημα : ces paroles blasphématoires sont rapportées aux ÿ 13, 24. La leçon Ῥήματα ND est un hébraïsme. Le blasphème, d'après son étymologie, βλάπτω φήμη, blesser la réputation, signifie toutes les paroles injurieuses à quelqu'un. Chez les Juifs, il était employé surtout pour indiquer les injures à Dieu, à sa Loi, à son

Muicÿy καὶ τὸν Θεόν. 12, συνεχίνησάν τε τὸν λαὸν χαὶ τοὺς πρεσδυτέρους χαὶ τοὺς

γραμματεῖς; καὶ ἐπιστάντες συνήρπασαν αὐτὸν χαὶ ἤγαγον els τὸ συνέδριον, 13. ἔστησάν τε μάρτυρας ψευδεῖς λέγοντας ὁ ἄνθρωπος οὗτος οὐ παύεται λαλῶν ῥήματα χατὰ τοῦ €

f τὰ ἀνα ΤΣ 1 = ! 2 ! \ > Ἐν 2 St 2 τόπου τοῦ ἁγίου nat τοῦ νόμου. Îh. ἀχηχόαμεν Yap αὐτοῦ λέγοντος" ὅτι Ἰησοῦς ὁ Ναζωραῖος οὗτος χαταλύσει τὸν τόπον τοῦτον χαὶ ἀλλάξει τὰ ἔθη ἃ παρέδωχεν ἡμῖν

Temple, aux serments par son nom, ἃ l'idolâtrie. I1 était puni de mort lorsque le blasphémateur avait prononcé le nom sacré, ΠΤ", Léo., χχιν, 14, 16.

εἰς Moëoñv : le nom de Moïse était saint, tout comme celui de Dieu. Chez les Esséniens, dit Josèphe, Guer. juive, II, 8, 5, le nom du législateur était grand chez eux avec le nom de Dieu. καὶ τὸν θεόν, par conséquent contre Dieu. Le mépris de Moïse et de sa Loi était le mépris de Dieu, qui lui avait donné la Loi.

Cette expression λαλοῦντος ῥήματα βλάσφημά els Mouoiy signifie qu'Étienne parlait mal de Moïse, tandis que ὃ 13, λαλῶν ῥήματα κατὰ τοῦ τόπου τοῦ ἁγίου, indique qu'Etienne attaquait de Lieu saint.

ÿ 12) Les adversaire d'Étienne en viennent maintenant à la violence. συνεχίνησαν, aoriste de συνχινεῖν, verbe hellénistique, seulement dans Luc, signifiant mouvoir ensemble, émouvoir, agiter ensemble, exciter. τὸν λαόν : ils excitèrent le peuple qui jusqu'alors était favorable aux apôtres. La raison de ce changement provenait de ce. que jusqu'à ce moment les frères s'étaient montrés fidèles observateurs de la Loi mosaïque, mais maintenant ils étaient accusés d'en vouloir l'abolition. Le peuple, non plus que les anciens et les scribes, ne pouvait supporter un tel dessein. L’accusation était bien choisie pour dresser toutes les classes de la nation contre Étienne.

καὶ ἐπιστάντες, participe aoriste 2 de ἐφίστημι, au sens intransitif, se placer sur, se tenir auprès de; avec l’idée d’hostilité, se tenir contre, lutter contre. La Vulgate, concurrentes, ne rend pas exactement le sens. συνήρπασαν, aoriste de συναρπάζω, saisir plusieurs personnes ensemble, enlever tout à la fois. Le rapuerant de la Vulgate est. faible — εἰς τὸ συνέδριον. Hilyenfeld supprime ces mots sous prétexte qu'il n’a pas été parlé précédemment de la convocation du Sanhédrin. Mais l'écrivain était-il obligé d'entrer dans tous les détails? Il est peu probable que ces quatre verbes, ὑπέδαλον, συνεκίνησαν, συνήρπασαν, ἤγαγον aient tous pour sujet seulement les Hellénistes qui avaient discuté avec Étienne. Les anciens, les scribes et le peuple peuvent s'être joints à ceuxci pour enlever Étienne et le conduire devant le Sanhédrin.

ÿ 13) Le procès d'Étienne est ouvert devant le Sanhédrin. On trouve dans le Talmud les détails de la procédure suivie par le Sanhédrin pour le jugement des accusés devant lui. Cf. Sraprer, La Palestine au temps de J.-C., p. 109. Un des premiers actes était l'audition des témoins, M. xxvr, 60; Me. x1v, 55. Deux témoins au moins étaient nécessaires, Deut., xix, 15. Nous avons ici la déposition des témoins. L’accusation contre Étienne, énoncée au ÿ 11 d'une façon générale, est précisée ici : il a parlé contre le lieu saint (le Temple) et contre la Loi — μάρτυρας ψευδεῖς : c'était de faux témoins, en ce sens qu'ils n'avaient pas rapporté fidèlement les paroles d’Étienne et surtout qu'ils en avaient faussé ou dénaturé 16 sens. Celui-ci avait vu dans le Christianisme une économie religieuse supérieure à celle de Moïse. Il avait donc probablement enseigné, comme nous le laisse soupçonner son discours, que la Loi mosaïque devait être pratiquée en esprit et en vérité et non étroitement et par des pratiques extérieures, et que ses rites ne pouvaient par eux-mêmes produire la justice. Il avait aussi enseigné que le vrai culte de Dieu ne devait pas être pratiqué seulement dans des maisons faites de mains d'hommes. Il avait dû rappeler la prophétie de Notre-

ACTES DES APOTRES, Vi, 11-14. 199

proférer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. 12. Et ils excitèrent le peuple et les anciens et les scribes et, survenant, ils l’enlevèrent et le conduisirent au Sanhédrin. 43. Ils produisirent de faux témoins qui disaient : Cet homme ne cesse de proférer des paroles contre le lieu

saint et contre la Loi, 14 car nous l'avons entendu dire que Jésus, le Nazaréen Ὁ

détruira ce lieu et changera les coutumes que Moïse nous ἃ transmises.

Seigneur sur la destruction du Temple. Mais on ne l'avait pas compris, pas plus qu'on n'avait compris les paroles de Jésus, qu’on avait détournées de leur vrai sens.

Il semble que l’enseignement d'Étienne, quels qu’aient été les termes employés, devait aboutir à ceci, bien qu'il ne l'ait pas dit nettement : le Temple et la Loi, institutions transitoires, ont produit leurs effets, et doivent laisser la place à un Temple spirituel et à une Loi plus universelle. La théocratie juive, à laquelle participaient seulement les fils d'Abraham, doit faire place au royaume de Dieu, auquel sont appelés tous les peuples de la terre. C’est l’enseignement que professera plus tard et nettement l’apôtre Paul.

οὗτος, iste, au sens péjoratif, οὐ παύεται λαλῶν : exagération qui marque l’acharnement des accusateurs d'Étienne. Οἱ xal οὐχ εἶπον, ὅτι λαλεῖ, ἀλλ᾽, Οὐ παύεται λαλῶν, αὔξανες τὴν χατηγορίαν, Gur. om. XV. παυόμαι est toujours accompagné du participe et non de l’infinitif. Après τοῦ τόπου τοῦ ἁγίου, BC Sah. Harkl. ajoutent τούτου; si ce pronom est authentique, il désignerait non seulement le Temple, mais aussi le lieu où siégeait je Sanhédrin; ce qui est possible, car celui-ci tenait ses séances dans la salle « en

pierres de taille » laquelle était dans l'enceinte du Temple, Cf, Scnürer, Il, p. 263 5.

Υ 14) Les accusateurs d’Étienne précisent les points d'accusation. ὁ Ναζωραῖος οὗτος n'est pas une parole d'Étienne, mais un qualificatif que ses accusateurs ajoutent au nom de Jésus en signe de mépris; c'est une sorte d’invective contre Jésus, ce Nazaréen. — χαταλύσει τὸν τόπον τούτον : Le verbe χαταλύειν est employé dans des synoptiques par Notre-Seigneur prédisant la destruction du Temple, Mt. χχιν, 2, etc. Cette accusation fut portée au Sanhédrin contre Jésus : ὅτι ἡμεῖς ἠκούσαμεν αὐτοῦ λέγοντος ὅτι ἐγὼ χαταλύσω τὸν ναὸν τοῦτον, Mc. χιν, 58. Les Juifs qui insultaient Jésus crucifié l'ont rappelée, Me. xv, 29. Cette prophétie du Seigneur avait dû frapper les disciples de Jésus et aussi ses ennemis. — ἀλλάξει τὰ ἔθη : il changera les coutumes que Moïse nous a données. ἔθος, fréquent dans Luc, signifie coutume, institution, rite, Le. τ, ὃ; π, 42; Act., xvi, 21: xx1 21, etc. Il est parlé ici de l’ensemble de la Loi mosaïque qui embrassait toute la vie juive, au point de vue religieux et civil. La Loi était tellement vénérée chez Îles Juifs qu’on la disait descendue du ciel tout écrite, Scuürer, ἐδ, II, p. 365. Étienne avait pu, dans ses discours, donner un sens spirituel aux ordonnances rituelles de la Loi, insinuer que la circoncision et les prescriptions sur la nourriture avaient perdu leur

valeur religieuse, et surtout que les traditions surajoutées étaient d’origine humaine. ,

À la place des sacrifices sanglants on offrirait un sacrifice pur et spirituel; la prière sera en esprit et en vérité, Jn. 1v, 24. Rien ne pouvait donc plus que cette accusation exciter contre Étienne la fureur des Juifs et surtout des Pharisiens dont le dogme fondamental était lintangibilité de la Loi.

ÿ 15) Étienne avait été conduit devant le Sanhédrin, καὶ ἀτενίσαντες, mot familier à Luc pour signilier un regard attentif. Cf. τ, 10. Tous ceux qui étaient assis dans le Ὁ 8 δ Sanhédrin le regardaient fixement, attendant sa défense. Τ] pouvait y avoir aussi de la curiosité dans le regard des assistants qui peut être ne connaïssaïent pas tous Etienne. — τὸ πρύσωπον αὐτοῦ ὡσεὶ πρόσωπον ἀγγέλου : expression hébraïque pour signifier la beauté

200 ACTES DES APOTRES, VI, 14, 45 --- vit, À, 2. Ἷ δὴ Ὁ ù ms r Eu 5 Μωῦύσῆς. 15. χαὶ ἀτενίσαντες εἰς αὐτὸν πάντες οἱ χαθεζόμενοι ἐν τῷ συνεδρίῳ εἶδον τὸ πρόσωπον αὐτοῦ ὡσεὶ πρόσωπον ἀγγέλου.

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